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VIH/SIDA en milieu de travail

Qu'est-ce que le VIH et le SIDA?

Le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) est un virus qui infecte le système immunitaire. Le Syndrome d'immunodéficience acquise (SIDA) est le dernier stade de l'infection par le VIH. Le VIH rend le système immunitaire vulnérable aux autres infections. Il est également appelé le « virus du SIDA ».

Le nom complet de l'acronyme SIDA sert à décrire diverses caractéristiques de cette maladie.

Syndrome veut dire que la maladie se manifeste par divers symptômes.

Immunodéficience signifie que le système immunitaire de la personne atteinte se détériore.

Acquise veut dire que cette maladie n'est pas héréditaire.

Il s'écoule, en moyenne, dix ans entre le moment de l'infection initiale et celui du diagnostic de SIDA. À l'heure actuelle, il n'existe aucun traitement ou vaccin qui permet de guérir l'infection au VIH.


Quels sont les effets du VIH sur la personne atteinte?

Le système immunitaire d'une personne renferme normalement différents genres de cellules qui défendent l'organisme contre les microbes porteurs de maladies. Les plus importantes de ces cellules protectrices sont les cellules B et les lymphocytes T; deux genres de cellules blanches (leucocytes) qui s'allient pour lutter contre tout microbe s'attaquant au corps humain.

Les cellules B sécrètent un genre de protéine appelé anticorps qui s'attaque aux microbes introduits dans l'organisme. Une fois l'infection vaincue, ces anticorps continuent de circuler dans le sang, agissant comme une sorte de mémoire. C'est ce qui explique pourquoi une personne est rarement atteinte deux fois d'une maladie infectieuse comme la rougeole. L'organisme porteur d'anticorps reconnaît le microbe et le neutralise. Les cellules T s'attaquent directement au microbe pour essayer de le détruire.

Des cellules blanches spéciales appelées cellules T auxiliaires activent les cellules B et les cellules T pour qu'elles combattent l'infection. Lorsqu'un virus pénètre dans le courant sanguin, les cellules T auxiliaires devraient normalement déclencher entre les cellules B et les cellules T une collaboration visant à éliminer ce microbe. Or, c'est précisément ce qui ne se produit pas dans le cas du VIH, car ce virus, ayant envahi les cellules T auxiliaires, se multiplie jusqu'à ce que les cellules T auxiliaires soient toutes détruites. Sans les cellules T auxiliaires, les cellules B et T ne passent pas à l'action. Lorsque le nombre de lymphocytes T atteint une certaine concentration et que des anticorps anti VIH sont présents dans le sang, on considère que la personne est atteinte du SIDA.


Comment le VIH est-il transmis?

Le VIH est transmis par les liquides corporels d'une personne infectée, p. ex. le sang, le sperme ou autres secrétions contenant du sang. Par conséquent, toute personne qui est exposée au travail (ou autrement) à ces liquides corporels risque de contracter la maladie. Les mesures préventives consistent à porter des vêtements, une blouse, des gants, un masque et des lunettes de protection afin d'éviter la propagation du VIH chez les travailleurs à risque.

Ce sont les rapports sexuels sans protection, avec des personnes infectées, qui posent le plus grand risque d'infection. Le virus du SIDA peut également passer d'une personne infectée à son partenaire en présence de lésions cutanées ou même d'égratignures.

Les toxicomanes qui se piquent peuvent être infectés en partageant une aiguille avec une personne porteuse du SIDA. Les hémophiles, ayant souvent besoin d'une transfusion de sang ou de produit sanguin (facteur VIII), sont exposés au risque de recevoir du sang contaminé. Depuis novembre 1985, la Croix-Rouge du Canada soumet tout le sang qu'elle reçoit des donneurs à un test de dépistage des anticorps SIDA. Le sang qui donne un résultat positif est détruit. Quant au facteur coagulant VIII, il est traité à une température assez élevée pour détruire le virus du SIDA.

Une femme enceinte atteinte du VIH peut transmettre cette infection à son enfant avant ou durant l’accouchement. Selon des études préliminaires, le VIH est capable de traverser le placenta. L'accouchement par césarienne ne peut donc pas empêcher la transmission de ce virus à l'enfant.

Selon certains rapports, le VIH pourrait être transmis par des greffes du coeur, du pancréas, du rein, du foie et des os, ainsi que par l'insémination artificielle. Bien qu'aucun receveur de greffe n'ait jusqu'ici contracté le SIDA, tous les organes destinés à la greffe sont soumis à un test de dépistage des anticorps du VIH.

Puisque le VIH n'est contracté que s'il pénètre dans le courant sanguin, des contacts occasionnels avec un sujet atteint du VIH ne posent pas de danger. Diverses études indiquent qu'il n'y a aucun risque à partager des appareils téléphoniques, des piscines, des toilettes ou d'autres articles ménagers avec des sujets atteints du VIH. La préparation et le service des aliments et boissons ne propagent pas le VIH et il ne semble pas que cette maladie soit transmise par l'air ni par des piqûres de moustiques ou d'insectes.

Certaines études ayant indiqué que le VIH n'avait pas été transmis à des personnes mordues par un porteur, il semblerait que le seul contact avec de la salive ne suffise pas à transmettre ce virus.


Combien de temps la maladie prend-elle à se développer?

Le délai entre le premier contact avec le VIH et l'apparition de la maladie n'est pas fixe. En effet, les symptômes peuvent se manifester graduellement, n'apparaissant chez certains qu'à la suite d'une période à peu près exempte de symptômes. Certains demeurent exempts de symptômes pendant des années, alors que d'autres commencent à éprouver des symptômes dès les trois premières années.

Les symptômes du VIH sont les poussées de fièvre, l'enflure des ganglions lymphatiques dans le cou et les aisselles, la transpiration, la douleur, la lassitude, la perte de poids inopinée et la diarrhée.

Dans les huit ans suivant l'infection, environ 50 pour cent des personnes atteintes manifestent des affections caractéristiques du SIDA. Il s'agit notamment d'une affection pulmonaire appelée « pneumonie à pneumocystis carinii », de tumeurs cutanées appelées « sarcomes de Kaposi », d'infections fongiques et virales comme la candidose et l'herpès zoster, et de diarrhée grave.

Une personne atteinte du SIDA présente parfois une forme de démence caractérisée par des troubles de la mémoire et de la pensée. Les gens qui souffrent du SIDA sont sujets à diverses infections du cerveau ainsi qu'à toutes sortes de cancers et d'infections bactériennes et virales.


Comment reconnaît-on le VIH?

Les médecins obtiennent des analyses de laboratoire pour confirmer l'infection au VIH. Les techniques d'analyse appelées « Elisa » et « Western Blot » permettent de conclure qu'une personne a été exposée au VIH et que certains anticorps sont présents dans son sang. Elles ne permettent toutefois pas de savoir quelles sont, parmi les personnes exposées au VIH, celles qui finiront par manifester la maladie. Ceci est impossible à prédire.

Les médecins établissent un diagnostic de SIDA par des tests sanguins (qui indiquent moins 200 lymphocytes T-CD4+ par millimètre cube de sang, en comparaison des 1 000 lymphocytes T-CD4+ environ chez les personnes saines, comptant pour moins de 14 % de tous les lymphocytes, un type de leucocytes.) et par l'apparition de maladies particulières, comme la pneumonie à pneumocystis carinii et le sarcome de Kaposi. Ces maladies, après avoir eu raison d'un système immunitaire affaibli, entraînent une mortalité élevée chez les sujets atteints du SIDA.


Peut-on se remettre du VIH et du SIDA?

Il n'existe actuellement aucun remède au VIH ou au SIDA, malgré l'amélioration des soins dispensés aux porteurs du VIH, notamment en matière de prophylaxie. Il existe de nombreux médicaments antirétroviraux. Mais jusqu'ici, ces traitements peuvent seulement ralentir le virus et non l'éliminer.


Le VIH et le SIDA présentent-ils des risques professionnels?

Au Canada, il n'y a eu qu'un petit nombre de cas probables d'exposition au VIH en milieu de travail. Les travailleurs devraient toutefois prendre les précautions nécessaires pour éviter toute possibilité d'exposition à du sang contaminé, que ce soit par la peau, par les yeux ou par les muqueuses (dans la bouche par exemple).

Pour empêcher l'exposition professionnelle au VIH, le Laboratoire de lutte contre la maladie recommande des « Précautions standard ». Les précautions standard sont fondées sur le principe selon lequel le sang, les liquides corporels, les secrétions, et les excrétions à l'exception de la sueur, les lésions cutanées et les muqueuses, à moins qu'ils ne contiennent du sang visible, peuvent comporter des agents infectieux transmissibles. Les précautions standard prévoient l'utilisation de vêtements de protection comme des gants, une blouse ou un tablier, un masque et un protecteur oculaire lorsqu'on manipule le sang et autres liquides corporels contaminés, comme le sperme et les secrétions vaginales. Ces précautions ne s'appliquent pas non plus à la salive, sauf en dentisterie, où la salive est susceptible de renfermer du sang. Les précautions standard sont parfois appelées pratiques courantes.

Pour réduire le risque d'infection, il est également recommandé de se laver les mains après tout contact avec du sang, des liquides organiques contaminés par le sang ou des objets souillés.

La prévention est encore la meilleure méthode à adopter envers les maladies, que ce soit au travail ou ailleurs. Dans le cas du VIH, la prévention est la seule façon de se protéger.

Groupes professionnels risquant d'être exposés au VIH

Divers professionnels exposés au VIH dans leur milieu de travail sont listés dans le tableau ci-dessous, de même que les mesures préventives pertinentes. Dans bien des cas, il n'est pas nécessaire d'utiliser tous les moyens de prévention mentionnés dans ce tableau, mais tous devraient être accessibles en cas d'urgence.

Chirurgiens et personnel infirmier

Très peu de cas d'exposition au VIH ont été déclarés chez les travailleurs de la santé. Les chirurgiens et le personnel infirmier devraient toutefois prendre les précautions nécessaires pour éviter de se piquer avec des aiguilles, de se couper avec des instruments ou de s'exposer la peau à du sang ou à des liquides organiques possiblement contaminés.

Médecins et laborantins

Ces professionnels entrent continuellement en contact avec des spécimens contaminés : les médecins au moment de l'examen des malades et de la cueillette des spécimens; les laborantins au moment de l'analyse de ces spécimens. Bien qu'aucune contagion n'ait été déclarée chez ce groupe de professionnels au Canada, les précautions de laboratoire usuelles doivent être observées.

Ambulanciers

Les ambulanciers qui se rendent sur les lieux d'accidents et de sinistres risquent d'être exposés à des maladies contagieuses en administrant les premiers soins à des sinistrés dont les antécédents médicaux ne sont pas connus. En déplaçant des blessés, ces travailleurs risquent souvent d'entrer en contact avec du sang.

Travailleurs dentaires

Les travailleurs dentaires sont exposés quotidiennement au sang et à la salive des personnes traitées. Ils devraient donc adopter les précautions nécessaires pour se protéger, non seulement contre le VIH, mais aussi contre divers agents d'infection susceptibles de se trouver dans la bouche.

Embaumeurs

En embaumant une personne morte du SIDA, l'embaumeur risque d'être exposé au VIH, car ce virus peut demeurer vivant des heures après la mort du malade.

Policiers et pompiers

En s'occupant des accidentés, ces professionnels risquent de contracter le VIH s'ils ont des lésions cutanées qui entrent en contact avec du sang contaminé.

Travailleurs d'établissements psychiatriques et de services correctionnels

Ces personnes risquant d'être exposées au VIH en nettoyant du sang répandu ou en administrant les premiers soins.

Tout comme les policiers, les employés des services correctionnels sont appelés à s'occuper de personnes violentes. Le travailleur mordu dans de telles circonstances doit obtenir des soins médicaux immédiatement, car non seulement le VIH, mais aussi bien d'autres maladies contagieuses peuvent être transmises par la morsure.

Préposés au nettoyage

Les préposés au nettoyage risquent d'être exposés à du sang ou à des liquides organiques contaminés dans l'exercice de leurs fonctions. C'est pourquoi il faut leur apprendre le port approprié des vêtements de protection et les techniques de nettoyage qui s'imposent. Tout équipement utilisé pour nettoyer le sang ou les liquides organiques répandus doit être enfermé dans une zone d'accès réservé et ne doit servir dans aucune autre partie de l'hôpital.

Travailleurs de buanderie

Dans les établissements de santé, les travailleurs de buanderie risquent d'être exposés à du linge contaminé. Tout article entré en contact avec une personne atteinte d'une maladie infectieuse doit être mis dans un sac à lessive étiqueté selon le risque en cause.

Préposés aux incinérateurs

Les préposés aux incinérateurs des établissements de santé risquent d'être exposés au VIH lorsqu'ils traitent des déchets contaminés.

Préposés à la salle d'autopsie

Ces travailleurs courent un risque particulier lorsqu'une autopsie est faite sur une personne atteinte du VIH.

Mesures préventives pour réduire l'exposition au VIH en milieu de travail
Profession Mesures préventives
Chirurgiens et personnel infirmier
  • Se laver les mains.
  • Porter des gants.
  • Porter des lunettes étanches, un sarraus et un masque s'il y a risque de projection d'un liquide organique.
  • Utiliser des aiguilles, des seringues et des appareils de réanimation bouche à bouche jetables.
  • Mettre tout linge contaminé dans un sac à lessive étiqueté.
Médecins et laborantins
  • Se laver les mains.
  • Porter un sarrau et des gants.
  • Porter des lunettes étanches, un sarrau et un masque s'il y a risque de projection d'un liquide organique.
  • Utiliser des aiguilles et des seringues jetables, des appareils à pipetage mécaniques et des enceintes biologiques.
  • Désinfecter toute surface et tout équipement utilisés avec un désinfectant de qualité médicale.
Ambulanciers
  • Se laver les mains.
  • Porter des gants.
  • Utiliser des aiguilles, des seringues et des appareils de réanimation bouche à bouche jetables.
Dentistes et leur personnel
  • Se laver les mains.
  • Porter des gants.
  • Utiliser des aiguilles et des seringues jetables.
  • Porter des lunettes étanches, un sarrau et un masque s'il y a risque d'une projection de sang.
Embaumeurs
  • Se laver les mains.
  • Porter des gants, un sarrau, des couvre-bottes, des lunettes étanches, et un masque.
  • Utiliser des instruments chirurgicaux jetables.
  • Stériliser tout équipement réutilisable.
  • Désinfecter les surfaces de travail avec un désinfectant de qualité médicale.
Policiers et pompiers
  • Se laver les mains.
  • Porter des gants.
  • Utiliser des appareils de réanimation bouche à bouche jetables.
Travailleurs d'établissements psychiatriques et de services correctionnels
  • Se laver les mains.
  • Porter des gants.
  • Stocker l'équipement de nettoyage dans des zones à accès réservé.
  • Utiliser des appareils de réanimation bouche à bouche jetables.
Préposés au nettoyage
  • Se laver les mains.
  • Porter des gants.
  • Stocker l'équipement de nettoyage dans des zones à accès réservé.
Travailleurs de buanderie
  • Se laver les mains.
  • Porter des gants.
Préposés aux incinérateurs
  • Se laver les mains.
  • Porter des gants.
Préposés à la salle d'autopsie
  • Se laver les mains.
  • Porter des gants.
  • Porter des lunettes étanches, un masque et des couvre-chaussures s'il y a risque de projection de sang et de liquides organiques.
  • Mettre les déchets dans des sacs étiquetés et les incinérer.

Dernière mise à jour du document le 13 janvier 2010

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