Les troubles musculo-squelettiques liés aux travail sont attribuables à ces facteurs :
Certaines conditions de travail, par exemple, l'aménagement du lieu de travail, la rapidité du travail (plus particulièrement les emplois dont la cadence est régie par la vitesse d'un convoyeur) et le poids des objets manipulés influent sur ces facteurs.
Toute position du corps peut entraîner un certain inconfort et une fatigue si elle est maintenue pendant une longue période. La position debout, par exemple, est une posture naturelle du corps, et ne pose en elle-même aucun problème de santé. Toutefois, le fait de demeurer debout pendant une période prolongée peut causer des douleurs aux pieds, une fatigue musculaire généralisée et des douleurs dans la région lombaire. De plus, un aménagement inadéquat du lieu de travail et certaines tâches peuvent obliger les travailleurs à adopter des positions qui ne sont pas naturelles.


Deux éléments peuvent contribuer aux blessures. En premier lieu, il y a la position du corps. Par exemple, le fait de travailler le torse penché vers l'avant (figure 1), incliné vers l'arrière ou dans un mouvement de torsion peut imposer un trop grand stress à la région lombaire. Lever les bras au-dessus des épaules (figure 2), atteindre un objet derrière soi (figure 3), effectuer un mouvement de rotation des bras (figure 4) et de flexion du poignet (figure 5) vers l'avant, vers l'arrière et de côté, sont tous des gestes qui supposent un certain stress pour le corps.



Lorsque certaines parties du corps se trouvent près des limites de l'amplitude du mouvement, les tendons et les nerfs s'étirent et se compriment. Plus une position fixe ou incommode est maintenue longtemps, plus les risques de troubles musculo-squelettiques liés aux travail sont importants.
Le fait de maintenir le cou et les épaules en position fixe est le second élément qui contribue aux lésions troubles musculo-squelettiques liés aux travail. Pour effectuer tout mouvement contrôlé avec le bras, les muscles des épaules et du cou se contractent et demeurent contractés aussi longtemps que la tâche le requiert.
Les muscles contractés compriment les vaisseaux sanguins, ce qui nuit à la circulation du sang vers les muscles de la main qui sont en activité.
Toutefois, c'est à cet endroit précis que le sang est le plus nécessaire en raison de l'effort musculaire intense qui est déployé. Il se produit alors deux choses : les muscles du cou et des épaules se fatiguent, même s'il y a peu ou aucun mouvement dans cette région. En même temps, l'apport sanguin réduit vers le reste du bras accélère l'épuisement des muscles qui travaillent, ce qui les rend plus vulnérables aux blessures.
Les mouvements répétitifs sont particulièrement dangereux lorsqu'ils font appel aux mêmes groupes de muscles et d'articulations de façon répétée, trop souvent, trop rapidement et pendant trop longtemps.
Pour analyser le caractère répétitif d'une tâche, il faut décrire celle-ci sous forme d'étapes ou de cycles. Par exemple, dans le travail d'empaquetage de bouteilles (figure 6), le travailleur doit remplir des caisses de 24 bouteilles.
Un cycle peut se décrire comme suit :

Si un travailleur prend quatre bouteilles à la fois, le même cycle doit se répéter six fois avant que la caisse ne sont pleine. Si l'on suppose qu'un cycle dure 2 secondes, il faudrait alors 12 secondes pour remplir une caisse de 24 bouteilles.
Il n'existe pas de règles pour déterminer si la répétition du mouvement est faible ou élevée. Certains chercheurs désignent certains emplois comme très répétitifs si le temps nécessaire pour effectuer une tâche est de moins de 30 secondes, ou peu répétitifs si le temps nécessaire est de plus de 30 secondes. Même si personne ne sait vraiment à quel moment les troubles musculo-squelettiques liés aux travail apparaissent, les travailleurs qui effectuent des tâches répétitives risquent de développer ce type de pathologie.
Le travail qui suppose un mouvement répétitif est très fatigant parce que le travailleur ne peut pas récupérer pleinement entre chaque mouvement. Il faut donc déployer plus d'effort pour effectuer les mêmes mouvements répétitifs. Si l'activité se poursuit malgré la fatigue, des blessures peuvent survenir.
La force est la quantité d'effort que notre corps doit déployer pour soulever un objet, utiliser des outils ou se déplacer.
La quantité de force que nous appliquons pour effectuer un travail dépend de nombreux facteurs, notamment du poids des objets et de leur emplacement par rapport au corps. Il faut plus de force pour soulever et transporter une boîte les bras tendus devant soi (figure 7a) ou pour soulever un objet par pincement (figure 7b) que pour la soulever grâce à une prise en crochet (figures 8a, 8b).
Une force de plus de quatre kilogrammes ou de neuf livres est considérée importante. Il s'agit de la force requise pour enfoncer un clou à l'aide d'un marteau, par exemple. Même si personne ne sait vraiment à quel moment les lésions dues aux mouvements répétitifs apparaissent, les travailleurs qui effectuent des mouvements exigeant une certaine force sont à risque. Ces mouvements sont très fatigants parce que le travailleur ne peut pas récupérer pleinement entre les mouvements. Il faut donc déployer beaucoup d'efforts pour effectuer la même tâche. Lorsque le mouvement se poursuit malgré la fatigue, les blessures apparaissent.




Les vibrations affectent les tendons, les muscles, les articulations et les nerfs. Les travailleurs peuvent être exposés à des vibrations de tout le corps ou à des vibrations localisées.
Par exemple, les conducteurs de camion ou d'autobus subissent des vibrations de tout le corps. Les outils électriques produisent des vibrations localisées. Le travailleur peut devoir appliquer plus de force et prendre une posture incommode parce que les vibrations produites par ces outils les rendent plus difficiles à contrôler.
Une exposition à trop de vibrations peut également entraîner une perte de sensation au niveau des mains et des bras. Par conséquent, le travailleur peut mal évaluer la quantité de force nécessaire pour contrôler son outil, ou en appliquer trop, ce qui accroît la fatigue.
En général, lorsqu'il fait trop froid, ou lorsque l'on touche des objets froids, nos mains s'engourdissent. Lorsque nos mains sont engourdies, nous sommes plus susceptibles de mal évaluer la force nécessaire pour effectuer le travail et d'appliquer trop de force. Un environnement froid réduit également la souplesse du corps. Chaque mouvement effectué et chaque position adoptée supposent plus d'effort; c'est alors que les troubles musculo-squelettiques liés aux travail risquent d'apparaître.
Il n'y pas suffisamment de données dans la documentation pour établir un lien entre la chaleur et les troubles musculo-squelettiques liés aux travail.
Dernière mise à jour du document le 12 juin 2002
Droit d'auteur ©1997-2013 Centre canadien d'hygiène et de sécurité au travail