Un programme d'hygiène et de sécurité au travail est un plan d'action précis visant à prévenir les accidents du travail et les maladies professionnelles. Dans la plupart des régions administratives canadiennes, une loi sur l'hygiène et la sécurité du travail dicte les provisions minimales d'un tel programme.
Puisque les entreprises sont toutes différentes, un programme conçu pour une d'entre elles ne convient pas nécessairement aux autres. Le présent document résume les principaux éléments d'un programme d'hygiène et de sécurité au travail. Ceci devrait aider les petites et moyennes entreprises à formuler un programme adapté à leurs besoins particuliers. Dans les petites et moyennes entreprises, qui n'ont souvent pas autant de ressources que les plus grandes, la participation des employés revêt une importance particulière et plus le programme est détaillé, plus il y a de participation de la part des employés.
Chaque entreprise doit énoncer les principes et les règles générales sur lesquelles elle entend baser ses interventions en matière d'hygiène et de sécurité au travail. La haute direction veillera alors à ce que la politique ainsi énoncée soit appliquée sans exception, accordant à cette politique la même importance qu'aux autres règlements de l'entreprise.
Tout en demeurant bref, l'exposé de politique fera mention des points suivants :
La politique devra être :
Voici un exemple d'énoncé de politique sur l'hygiène et la sécurité.
Transports ABC
À tous les employés, le premier janvier 1998
Pour la société Transports ABC, la sécurité des employés vient en premier. La direction tient à assurer par tous les moyens possibles la prévention des blessures et le maintien d'un environnement salubre.
À cette fin :
1. tous les superviseurs sont tenus responsables d'assurer aux employés la formation nécessaire pour effectuer leurs tâches avec efficacité et sans danger d'accident ni de blessure, ainsi que de veiller au respect de toutes les règles de sécurité;
2. tous les employés doivent appuyer le programme d'HST et faire de l'hygiène et de la sécurité une partie de leurs tâches quotidiennes en observant toutes les règles de sécurité;
3. tous les employés sont responsables de démontrer leur observation de ce programme;
4. toutes les lois pertinentes et les règlements afférents sont incorporés à notre programme d'hygiène et de sécurité du travail à titre de norme minimale.
Jean Lachance, Président
(Traduit d'un exemple donné dans une publication de Développement des ressources humaines, Ottawa 1994, Canada.)
Chaque entreprise retiendra dans son programme divers éléments auxquels elle accordera une importance relative selon ses besoins particuliers, mais les points suivants doivent être considérés dans tous les programmes d'hygiène et de sécurité du travail :
L'hygiène et la sécurité sont la responsabilité conjointe de la direction et des travailleurs. C'est la direction qui est toutefois tenue responsable de toute non-conformité à la législation sur l'hygiène et la sécurité du travail. Toutes les activités d'hygiène et de sécurité sont basées sur les responsabilités particulières décrites dans la législation pertinente. II arrive que ces responsabilités soient méconnues, mais il est possible d'améliorer cette situation en incluant les détails des responsabilités individuelles dans les programmes de sécurité.
La responsabilité d'une personne peut être définie comme étant son obligation d'effectuer les tâches qui lui sont confiées. Pour s'acquitter de ses responsabilités, une personne doit être autorisée à prendre les décisions nécessaires et à diriger les autres au besoin. Bien qu'un supérieur puisse donner à un de ses employés l'autorité d'agir en son nom, c'est le supérieur qui demeure responsable des résultats obtenus par la personne ainsi déléguée.
Ce principe de la responsabilité individuelle s'applique à tous les employés d'une entreprise, y compris au premier dirigeant. Des responsabilités particulières sont confiées à la personne chargée de coordonner l'hygiène et la sécurité, mais tous les employés doivent savoir ce que l'on attend d'eux dans ce domaine.
Pour être capables de s'acquitter de leurs responsabilités individuelles, les gens doivent :
Une fois ces conditions remplies, les superviseurs peuvent évaluer le rendement de chaque employé en matière de sécurité au même titre que les autres exigences de son emploi. L'hygiène et la sécurité ne sont pas des éléments ajoutés en surcroît, mais plutôt des aspects nécessaires et permanents de la responsabilité de chaque employé.
Les exemples suivants représentent des responsabilités qui reviennent aux travailleurs :
Les exemples suivants représentent des responsabilités rattachées à la surveillance immédiate :
Les exemples suivants représentent des responsabilités rattachées à la direction :
Les exemples suivants représentent des responsabilités rattachées à la coordination de l'hygiène et de la sécurité du travail :
Pour qu'un programme de sécurité soit efficace, il faut que tous les employés y participent. Le comité d'hygiène et de sécurité au travail est un forum de collaboration entre les travailleurs et la direction d'une entreprise. Dans la plupart des administrations canadiennes, la loi stipule que les entreprises atteignant une certaine taille doivent former un comité d'hygiène et de sécurité. Les responsabilités générales de ces comités sont parfois précisées dans la législation.
C'est au sein du comité mixte d'hygiène et de sécurité que le rapprochement se fait entre les connaissances pratiques des travailleurs, la vision d'ensemble des directeurs et les politiques et procédures générales de l'entreprise. Ce travail d'équipe rend possible une efficacité dont aucun individu ne dispose à lui seul pour régler les problèmes d'hygiène et de sécurité de son entreprise.
Pour bien fonctionner, le comité d'hygiène et de sécurité doit avoir la structure appropriée. Ses objectifs et ses tâches doivent être bien définis, et ses réunions doivent se dérouler selon une procédure bien établie. À cette fin, l'employeur établira le mandat de ce comité et lui accordera les ressources nécessaires. Notre site Web renferme une section consacrée à ce sujet.
En principe, toute documentation qui aide à établir un comité conjoint de santé et de sécurité ainsi que son rôle au sein d'une organisation peut être considéré comme étant un « mandat ». L'employeur doit établir un comité qui soit organisé et fonctionne conformément à la loi, qui soit efficace et qui comprenne la plus grande représentation possible des employés. Il doit aussi fournir des ressources (temps, argent, salles de réunion, etc.) afin que le comité puisse faire son travail. Ces exigences sont connues sous le nom de « mandat ». Les mandats les plus courants sont les suivants :
Chaque organisation devrait établir son propre mandat. De plus amples renseignements sont disponibles dans les documents sur les comités de santé et de sécurité figurant ci-dessous :
Une fois choisis, les membres du comité établissent la structure, les tâches et les procédures de leur comité. Une des premières décisions importantes qui s'imposent est celle de la hiérarchie des responsabilités.
De façon générale, les membres du comité sont responsables devant la présidence du comité et le comité est responsable devant tous les employés. De façon plus précise, quand vient le temps de donner suite à une recommandation, quelqu'un doit être chargé d'agir en la matière et cela sera de préférence un directeur ayant l'autorité voulue pour entreprendre ou accélérer l'exécution des mesures nécessaires.
Les membres du comité mixte d'hygiène et de sécurité au travail doivent prendre une part active à la mise au point, à l'implantation et au contrôle de toutes les phases du programme d'hygiène et de sécurité.
Les règlements en vigueur dans diverses administrations ne stipulent que les exigences minimales d'hygiène et de sécurité du travail. Chaque entreprise trouve ordinairement nécessaire d'ajouter ses propres règlements pour assurer la sécurité de son milieu de travail particulier.
Bien qu'il soit nécessaire d'avoir des règlements pour protéger la santé et la sécurité des travailleurs, il faut se garder d'en avoir trop ou pas assez. S'il n'y a pas assez de règlements, les gens ont l'impression que l'hygiène et la sécurité du travail importent peu ou que c'est une simple question de bon sens. S'il y a trop de règlements, les employés peuvent sentir que leur intelligence est sous-estimée et que les règlements sont ordinairement superflus. Les principes suivants peuvent servir pour établir des règlements utiles :
Le respect des règlements sur l'hygiène et la sécurité doit être considéré comme une condition d'emploi. Les règlements sont expliqués aux employés lorsque ceux-ci entrent en fonction, lorsqu'ils sont mutés à un nouveau poste ou à la suite d'une période de réadaptation. Après un délai raisonnable, on vérifiera si l'employé a bien compris les règlements qui s'appliquent à son travail.
Des procédures devront être établies à l'égard des contrevenants chroniques. Les superviseurs ont la responsabilité de corriger les actions dangereuses, notamment les manquements aux règlements, et ils doivent être appuyés dans l'exécution de cette tâche. Les principes suivants entrent en considération dans l'établissement de ce genre de procédure :
Les procédés de travail approuvés tiennent compte de la façon la plus sécuritaire d'effectuer une tâche, des instructions relatives à la tâche, du contrôle de rendement et des enquêtes après accident.
Les procédés de travail qui mènent à la sécurité sont basés sur une analyse de la sécurité des tâches (AST) ou une analyse des risques professionnels (ARP). Chaque tâche qui compose le travail d'un employé est examinée séparément pour voir quelle est la façon la plus sécuritaire de l'accomplir. Une méthode en quatre points est proposée pour faire cette analyse :
1. Sélectionner une tâche.
2. Identifier les diverses étapes de cette tâche.
3. Identifier les risques possibles à chaque étape.
4. Établir les mesures préventives qui s'imposent.
II importe de commencer par analyser les tâches ou les postes considérés dangereux, notamment:
L'analyse de la sécurité des tâches se fait ordinairement en observant l'employé au travail. Les membres du comité mixte d'hygiène et de sécurité devraient prendre part à ce procédé. La raison de cet exercice doit être clairement expliquée aux travailleurs pour qu'ils comprennent que c'est la tâche qui est sous observation et non pas eux. L'analyse peut être faite au moyen d'une discussion de groupe lorsqu'il s'agit d'une tâche qui n'est effectuée que rarement ou qui est encore à l'état de projet.
Lorsqu'un procédé se divise en diverses tâches, les risques occasionnés par chacune d'entre elles doivent être analysés séparément. La version finale du procédé de travail recommandé doit décrire étape par étape la façon d'accomplir la tâche en question. Ces étapes doivent être formulées en termes positifs et il faut expliquer pourquoi il vaut mieux procéder de la façon recommandée. Il est parfois bon de mentionner les règlements et les articles législatifs qui s'appliquent, ainsi que l'équipement de protection individuelle recommandé, le cas échéant. Les procédés de travail doivent être élaborés en consultation avec les employés qui effectuent les tâches.
| Exemple d'une feuille de travail Analyse de la sécurité des tâches Industrie : Construction Opération : Voierie Procédé : Réparation du pavé | |||
|---|---|---|---|
| Tâche | Effectuée par : | Risques | Comment prévenir les accidents ou lésions |
| Manier le marteau perforateur | Pierre Untel | – bruit – vibration | – protecteurs auditifs – gants anti-vibration |
Législation applicable :
Loi et règlements sur l'HST, ________________________
(référence à la législation de votre région administrative)
Date : ________________________________________
Analyse effectuée par :____________________________
L'éducation sur l'hygiène et la sécurité doit commencer dès qu'un employé entre en fonction ou qu'il est muté à un nouveau poste. Il est reconnu que l'incidence d'accidents est plus élevée chez les travailleurs inexpérimentés. Bien que l'expérience ne soit acquise qu'avec le temps, il est possible de diminuer l'incidence d'accidents en donnant aux travailleurs de la formation sur l'hygiène et la sécurité ainsi que sur les rudiments de leur métier. Les séances d'orientation expliquent normalement les fonctions de l'unité de travail, les relations au sein de l'organisme, les arrangements administratifs, les politiques et divers règlements.
Les points d'hygiène et de sécurité suivants devraient faire partie de toute séance d'orientation :
Un nouvel employé ne retient souvent qu'une partie de l'information qui lui est présentée les premiers jours. C'est pourquoi il est utile de distribuer de la documentation au cours de la séance d'orientation. Ceci peut également servir d'aide-mémoire à l'instructeur. L'apprentissage pourra ensuite être renforcé en situation réelle par la présence d'un compagnon de travail expérimenté qui deviendra ainsi, pour sa part, plus vivement sensibilisé aux questions de sécurité.
Les nouveaux employés et ceux qui viennent d'être mutés doivent être encouragés à poser toute question qui leur vient à l'esprit concernant les procédés de travail approuvés. Des questions comme les suivantes feront partie de l'orientation du nouvel employé :
Peu après la séance d'orientation, il faudra vérifier les connaissances acquises par l'employé pour évaluer à la fois la qualité de la formation et le niveau de compréhension de l'employé.
La formation a pour objet d'incorporer la mise en pratique des règlements sur l'hygiène et la sécurité aux procédés de travail ainsi que de créer un niveau de sensibilisation et d'aptitudes répondant à la norme en la matière. Tous les employés bénéficieront d'une formation sur l'hygiène et la sécurité, mais une importance particulière doit être accordée à la formation des superviseurs, des instructeurs et des travailleurs affectés à chaque tâche. Dans diverses administrations canadiennes, il devient réglementaire de faire accréditer les superviseurs ou les employés directement responsables de l'hygiène et de la sécurité.
La formation des employés peut être nécessaire dans les cas suivants :
Aux États-Unis, le National Safety Council propose que la formation des superviseurs porte sur les points suivants :
Le superviseur est ordinairement responsable d'une grande partie de la formation des travailleurs, mais cette tâche est parfois déléguée à un employé expérimenté. Pour être un instructeur efficace, cet employé devra :
Tout instructeur doit recevoir la formation nécessaire sur la façon de former le nouvel employé ou celui qui n'a pas l'expérience nécessaire :
Une bonne documentation sur les procédés de travail appropriés constitue une aide inestimable à la formation professionnelle. Des ressources externes peuvent être obtenues de la part des associations professionnelles, syndicats, organismes gouvernementaux ou experts-conseils compétents.
L'inspection des lieux de travail aide à identifier les dangers actuels afin que les mesures correctives appropriées soient effectuées. La législation sur l'hygiène et la sécurité du travail recommande ces inspections pour promouvoir une attitude proactive envers l'hygiène et la sécurité du travail. Certaines administrations donnent des directives sur la tenue d'inspections régulières.
Les superviseurs et les travailleurs sont responsables de déclarer sans délai toute condition ou action dangereuse et de prendre aussitôt les mesures nécessaires. La fréquence des inspections officielles est parfois stipulée dans la législation. Pour décider si des inspections doivent être faites plus souvent, on peut se baser sur la fréquence et la gravité des accidents et lésions documentés par le passé.
Les membres du comité mixte d'hygiène et de sécurité semblent tout désignés pour effectuer les inspections officielles, surtout s'ils ont été formés ou accrédités à cette fin. Pour choisir les inspecteurs, on peut aussi se baser sur les critères suivants:
II est toujours bon de prévoir toute inspection à l'avance et de consulter des documents comme les rapports d'inspection, d'enquête après accident et d'entretien déposés par le passé, ainsi que les procès-verbaux du comité de sécurité. Si une liste de contrôle est utilisée, il convient de vérifier sa pertinence actuelle.
Les listes de contrôle sont très utiles pour empêcher d'oublier des points importants au moment de l'inspection. Ces listes prennent parfois la forme d'une énumération « d'éléments critiques » faisant ressortir les principales défaillances qui risquent d'entraîner un accident grave. Il existe des listes préparées d'avance, mais celles-ci doivent être adaptées aux conditions qui existent dans chaque entreprise. Le comité mixte d'hygiène et de sécurité devrait participer à l'établissement d'une liste de contrôle appropriée.
Exemple d'une liste d'inspection
Date: ___________________________________
Lieu/Service: ______________________________
| Oui = Satisfaisant Non = Non satisfaisant, attention nécessaire | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| Oui | Non | Pratiques sécuritaires | Oui | Non | Protection-incendie |
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| Équipements de protection individuelle | Outils et machines | ||||
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| Ordre et propreté | Premiers soins | ||||
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| Sécurité en électricité | Divers | ||||
Mise à la terre des machines, interrupteurs de défaut |
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Notes:
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Au moment de l'inspection, il faut observer à la fois les conditions et les procédés de travail. Si un danger immédiat est découvert, il faut prendre sans tarder les mesures préventives appropriées, avant même de poursuivre l'inspection. Les détails de la situation dangereuse et l'endroit précis où elle existe doivent être mentionnés. Il est conseillé d'indiquer dans le rapport le degré de gravité de chaque risque et de ses conséquences possibles, par exemple: A = très grave, B = grave, C = léger. Il sera ainsi plus facile de prioriser les mesures correctives.
Rapport d'inspection des lieux de travail
Lieu _______________________________________________
Service/ zones visées __________________________________
Date d'inspection _____________________________________
Heure de l'inspection __________________________________
| Situation(lieu) | Danger observé | Récurrence (Oui/Non) | Priorité | Recommandation | Responsable | Action | Date |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Analyse et remarques : | |||||||
Code de priorité : A = Faire immédiatement B = Faire en 3 jours C = Faire en 2 semaines D = Autre
Les inspections ne sont utiles que si des mesures correctives sont prises pour remédier aux manquements remarqués. Il est important de s'en prendre aux causes plutôt qu'aux symptômes et de passer à l'action sans tarder, accordant une importance particulière aux mesures d'ingénierie, de gestion ou de formation qui s'imposent.
Toutes les administrations canadiennes ont des règlements sur l'hygiène et la sécurité stipulant que les blessures et certaines catégories d'accidents doivent être déclarées et précisant parfois des exigences minimales d'enquête. Reconnaissant l'importance des enquêtes, certaines entreprises ont décidé d'inclure même les accidents qui n'occasionnent pas de blessure ou qui sont évités de justesse. Les programmes d'hygiène et de sécurité devraient donner les précisions suivantes au sujet des enquêtes :
L'enquête sur un accident ou un incident doit permettre de découvrir comment faire pour éviter leur récurrence. Même s'il est trop tard pour intervenir au moment de l'enquête, la découverte des faits pertinents permet d'agir sans tarder pour éliminer le danger, contribuant ainsi à la prévention qui motive l'enquête.
Les procédures d'urgence sont un plan d'action à suivre en cas d'événement dangereux et inattendu : incendie, explosion, libération accidentelle d'une grande quantité de substance nocive ou sinistre naturel. En pareil cas, une prise de décision tardive ou le manque de temps, de ressources et de personnel qualifié peuvent permettre à la situation de se transformer en désastre.
Pour atteindre son objectif, qui est d'empêcher ou de limiter l'incidence de décès, de blessures et de dommages, le plan d'urgence doit clairement définir les détails d'organisation et de procédure permettant de faire face à l'imprévu.
Le plan doit être élaboré selon une suite logique :
La communication, la formation et les exercices pratiques réguliers sont nécessaires pour que tout se déroule selon le plan dans une situation d'urgence éventuelle.
La législation sur l'hygiène et la sécurité du travail ou sur l'indemnisation des travailleurs stipule ordinairement les exigences relatives aux premiers secours et aux soins médicaux. Le programme d'HST doit toucher les points suivants:
La politique sur le retour au travail après un accident ayant entraîné une période d'incapacité peut figurer dans cette partie du programme. Une politique claire et bien connue des employés est d'autant plus importante à cet égard du fait que la question du travail modifié ou du service réduit demeure controversée. Dans certaines administrations, les règlements concernant le travail modifié sont stipulés dans la législation.
En général, les conditions suivantes doivent être remplies lorsque des tâches modifiées sont offertes à un employé :
Une réduction des cotes de gravité ne devrait jamais être invoquée pour justifier un programme de « travail modifié ».
Même après l'implantation d'un programme d'hygiène et de sécurité efficace, il faut continuer à entretenir l'enthousiasme et l'intérêt des employés. Des études ont démontré que l'efficacité des techniques éducatives d'hygiène et de sécurité dépend en grande partie de l'importance que la direction manifeste pour l'hygiène et la sécurité du travail. Lorsque la direction fait preuve d'un intérêt réel pour les questions d'hygiène et de sécurité, l'enthousiasme des employés se maintient à un niveau élevé. Chaque personne peut être fortement motivée par la necessité de justifier son rendement en matière d'hygiène et de sécurité au travail.
La sensibilisation à la sécurité peut être favorisée par les moyens suivants :
Les programmes d'encouragement portent à controverse, car ils semblent souvent être basés sur la supposition que toute mesure servant à sensibiliser les gens à la prudence est valable en soi. Certains soutiennent au contraire que les programmes d'encouragement peuvent pousser les travailleurs à ne pas déclarer un accident et à continuer à travailler alors même qu'ils sont blessés. Pour parer à cette éventualité, il faut que les programmes d'encouragement assurent une surveillance rigoureuse. Le comité mixte d'hygiène et de sécurité peut jouer un rôle de premier plan dans toute activité visant à promouvoir le programme et à encourager la participation des employés.
Les points discutés jusqu'ici s'appliquent à tous les programmes de base d'hygiène et de sécurité au travail. D'autres points spécifiques peuvent être nécessaires pour répondre aux besoins de chaque entreprise, par exemple:
Un bon programme d'hygiène et de sécurité au travail fournit des directives claires qui, en étant rigoureusement suivies, permettent de réduire l'incidence d'accidents et de maladies professionnelles. La clé du succès tient à la façon dont le programme est mis en œuvre et maintenu.
La haute direction de l'entreprise doit démontrer son appui du programme par des moyens comme les suivants:
Il faut faire connaître le contenu du programme à tous les employés, mais surtout aux travailleurs, superviseurs et membres du comité mixte d'hygiène et de sécurité qui viennent d'entrer en fonction. Toute modification de politique ou de procédure doit être portée à l'attention de tous.
Tous les éléments du programme doivent être rassemblés en un document principal, mais si certains de ces éléments, par exemple les enquêtes après accidents, ont fait l'objet d'ouvrages à part, la consultation de ces ouvrages doit être mentionnée dans le document principal.
On ne saurait compter sur les statistiques de fréquence et de gravité des accidents pour évaluer l'efficacité d'un programme d'hygiène et de sécurité, car ces statistiques font peu de cas des maladies professionnelles et elles ne comptent que les accidents qui ont entraîné des blessures. Puisque les accidents sont des événements relativement rares, ces statistiques n'offrent pas une base d'évaluation suffisante, surtout dans les petites entreprises.
Plutôt que de recourir aux statistiques, qui ne font que constater l'incidence des accidents, il vaut mieux adopter un procédé de vérification qui permet de contrôler l'efficacité du programme et d'intervenir avant que les accidents ne se produisent. La vérification s'appuie sur une liste de contrôle où chaque domaine d'HST est divisé en ses divers aspects. Chaque aspect est alors coté selon son importance, puis le rendement sous chaque aspect est évalué au moyen d'études de dossiers, d'observations, d'entrevues et de questionnaires.
Il existe divers systèmes de vérification basés sur les normes de rendement considérées acceptables par les principaux organismes concernés. Chez le Programme du travail (Développement des ressources humaines Canada), par exemple, on utilise un système en dix points, alors que le British Safety Council utilise un système en trente points.
Bien que la vérification se fasse ordinairement une fois par année; il peut être souhaitable d'évaluer plus souvent certains aspects critiques du programme. L'équipe de vérification devrait compter des représentants du comité mixte d'hygiène et de sécurité et tous les membres de cette équipe devraient recevoir la formation nécessaire sur la nature des procédures de vérification.
Une fois que le processus de vérification a permis d'identifier des faiblesses dans le programme d'hygiène et de sécurité, il faut adopter promptement des mesures pour remédier à la situation, fixer le calendrier de réalisation de ces mesures et confirmer leur exécution.
Dernière mise à jour du document le 3 janvier 2007
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