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Hygiène du travail - Limites d'exposition en milieu de travail

Qu'est-ce que l'hygiène du travail?

L'hygiène du travail est une branche de la santé et sécurité au travail qui est axée sur la prévention des maladies professionnelles. L'exposition à des dangers pour la santé risque d'entraîner des maladies qui peuvent se manifester immédiatement ou longtemps après la période d'exposition en milieu de travail (d'où la désignation « maladies professionnelles »). L'hygiène du travail prévoit des mesures pour déterminer et évaluer l'exposition grâce à des techniques d'anticipation, d'identification, d'évaluation et de contrôle. L'objectif est de trouver des solutions pour éliminer ou atténuer le danger et faire un suivi pour éviter d'autres préjudices. Les limites d'exposition en milieu de travail sont un des outils du processus.


Quelles sont les limites d'exposition en milieu de travail?

De façon générale, la limite d'exposition en milieu de travail (LEMT) est la concentration maximale d'une substance toxique dans l'air à laquelle un travailleur peut être exposé pendant une certaine période de temps sans subir d'effets nuisibles.

Ces limites sont établies par différentes organisations professionnelles dans le monde, comme l'American Conference of Governmental Industrial Hygienists (ACGIH) et le National Institute for Occupational Safety and Health (NIOSH) des États-Unis. Les limites sont établies en fonction des propriétés chimiques d'une substance, d'études expérimentales sur des animaux et des humains et de données toxicologiques et épidémiologiques. Les organisations peuvent utiliser des terminologies différentes pour désigner les LEMT. Par exemple, l'ACGIH utilise le terme « Threshold Limit Value (TLV)® » alors que le NIOSH utilise « recommended exposure limits (REL) ».

Les LEMT établies par les organisations professionnelles servent de lignes directrices. Seules les valeurs adoptées et prescrites par la loi sont applicables. Au Canada, les provinces, les territoires et le Programme du travail (pour les lieux de travail de compétence fédérale) définissent les limites d'exposition en milieu de travail exécutoires en vertu de leurs lois en santé et sécurité au travail. Il existe une liste de références législatives pour les limites d'exposition aux substances chimiques et aux agents biologiques par province et territoire au Canada. Bien que la liste soit accessible gratuitement, il est nécessaire de s'inscrire pour accéder aux documents cités. 

À retenir! Une limite légale ou une ligne directrice (comme une limite d'exposition en milieu de travail) ne devrait jamais être considérée comme une ligne entre ce qui est sécuritaire et ce qui ne l'est pas. La meilleure approche est de maintenir le niveau d'exposition ou le risque le plus bas possible.

Par exemple, il n'existe généralement pas de limite d'exposition pour les agents cancérogènes. Dans de nombreux cas, il est difficile d'affirmer avec certitude que si l'exposition est inférieure à une certaine mesure, l'agent n'a pas d'effets nocifs. Ainsi, pour les agents cancérogènes et d'autres agents particuliers (comme des allergènes), le principe à suivre est « le niveau le plus faible qu'il soit raisonnablement possible d'atteindre » (ou ALARA en anglais). Concrètement, cela signifie que l'exposition devrait être évitée ou atténuée le plus possible.


Y a-t-il différents types de limites d'exposition?

L'ACGIH définit trois catégories de valeurs limites d'exposition (TLV) :

Valeur limite d'exposition – moyenne pondérée dans le temps (TLV-TWA) : Concentration moyenne d'une substance dangereuse dans l'air en fonction d'une journée de travail de 8 heures et d'une semaine de 40 heures, à laquelle on estime que les travailleurs peuvent être exposés de façon répétée, jour après jour, durant toute leur vie professionnelle, sans subir d'effets néfastes sur la santé.

Valeur limite d'exposition – pour une exposition de courte durée (TLV-STEL) : Exposition moyenne pondérée dans le temps de 15 minutes qui ne devrait en aucun cas être dépassée au cours d'une journée de travail, même si la moyenne pondérée dans le temps pour 8 heures est inférieure à la TLV­TWA. Les travailleurs ne devraient pas être exposés plus de quatre fois par jour à des concentrations entre la TLV-TWA et la TLV-STEL, et il devrait y avoir un intervalle d'au moins 60 minutes entre les périodes d'exposition. La valeur limite pour une exposition de courte durée a été établie pour tenir compte des effets aigus de substances dont les effets nocifs sont essentiellement de nature chronique.

Valeur limite maximale d'exposition (TLV-C) : Concentration qui ne devrait à aucun moment être dépassée durant la période d'exposition au travail. Les expositions maximales devraient toujours être contrôlées. Dans le cas des substances pour lesquelles aucune TLV-TWA ou TLV-C n'a été établie, les concentrations maximales admissibles ne doivent pas dépasser :

  • trois fois la TLV-TWA pendant au plus 15 minutes, quatre fois par journée de travail. Un intervalle d'au moins une heure doit être respecté entre les périodes d'exposition de la journée;
  • cinq fois la TLV-TWA, en toutes circonstances.

Les valeurs limites d'exposition sont exprimées en ppm ou en mg/m3, notamment pour les gaz et les vapeurs. Dans le cas des produits en aérosol, les valeurs sont généralement indiquées en mg/m3.


Qu'en est-il des cas d'exposition à plusieurs substances chimiques en même temps?

Il arrive qu'un travailleur soit exposé simultanément à différentes substances chimiques dans son milieu de travail. Si les effets toxicologiques des substances sont semblables (p. ex. les substances affectent le même organe ou ont des effets similaires), il est considéré que l'effet combiné équivaudra à la somme des effets de chacune. Un exemple courant est l'exposition à plusieurs solvants organiques.

Dans ce cas, l'ACGIH recommande de calculer les valeurs comme suit :

Si la somme de :

C1/T1 +C2/T2+….Cn/Tn 

est supérieure à 1, la valeur limite d'exposition du mélange est dépassée.

(« C » étant la concentration de la substance dans l'air et « T » la valeur limite)

Cette formule ne doit pas être utilisée dans les cas suivants :

  • Mélanges de substances ayant des effets toxicologiques non additifs (les effets toxicologiques individuels et les organes ciblés sont différents)
  • Mélanges de substances inhibant les effets d'autres substances
  • Substances susceptibles d'avoir un effet de synergie
  • Substances cancérogènes (l'exposition à des mélanges de telles substances devrait être évitée ou réduite au plus faible niveau possible)
  • Mélanges complexes (p. ex. échappement des diesels)

Qu'en est-il des journées de travail de plus de 8 heures ou des semaines de plus de 40 heures?

Les valeurs limites d'exposition s'appliquent pour une journée de travail de 8 heures et une semaine de 40 heures. Lorsqu'une journée excède 8 heures, le temps d'exposition augmente et l'intervalle entre les périodes d'exposition diminue. Il faut ainsi ajuster la limite d'exposition de façon à ce qu'au bout du compte, la charge corporelle maximale n'excède pas la charge établie pour une journée de travail normale de 8 heures. 

Il existe plusieurs modèles mathématiques, certains simples d'autres plus complexes, pour calculer la valeur limite d'exposition (TLV) en fonction d'un horaire de travail particulier. L'ACGIH recommande le modèle de Brief et Scala, plus simple, qui réduit la TLV par un facteur qui tient compte des heures de travail par jour et des périodes de repos.

TLV ajustée

Le nombre de jours de travail par semaine n'est pas pris en compte, sauf lorsqu'il s'agit d'une semaine de sept jours de travail (p. ex. 56 jours de travail consécutifs suivis de 21 jours de congé). La formule à appliquer dans le cas d'une semaine de sept jours de travail est la suivante :

TLV ajustée

Par exemple, la TLV-TWA ajustée pour le toluène (TLV-TWA = 20 ppm) pour un horaire de travail de 14 jours (cinq jours de travail une semaine et deux jours la semaine suivante) à raison de 12 heures par jour est la suivante :

TLV ajustée

(Le facteur de réduction est calculé pour la journée de travail de 12 heures sans égard au nombre de jours [5 ou 2] travaillés pendant la semaine).

Une des lacunes du modèle de Brief et Scala est que le facteur de réduction pour un nombre déterminé d'heures de travail est le même pour toutes les substances chimiques, sans égard à la demi-vie biologique de chacune. Ce postulat risque de surestimer le niveau suivant lequel la limite devrait être abaissée.

La formule ne s'applique pas dans les cas suivants :

  • Horaires de travail comptant moins de 7 à 8 heures de travail par jour ou moins de 40 heures par semaine
  • Horaires de travail donnant lieu à une exposition continue pendant 24 heures (p. ex. dans les sous-marins ou les navettes spatiales)
  • Certains produits irritants

Dernière mise à jour du document le 15 février 2017

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