Fiches d’information Réponses SST

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Usine de fabrication d'armoires de cuisine

Quel genre de travail fait-on dans une usine de fabrication d'armoires de cuisine?

La fabrication d'armoires de cuisine est un processus complexe qui comporte de nombreuses opérations et qui nécessite bien des aptitudes. Nous avons choisi les trois opérations les plus représentatives :

  • Le façonnage : tâches comportant l'utilisation de machinerie .
  • Le ponçage : tâches repetitives comportant des mouvements corporels excessifs.
  • L'assemblage : tâches comportant l'utilisation de divers outils dans de nombreuses postures de travail.

Quelles tâches comporte le façonnage?

Il s'agit de modeler les pièces de bois à l'aide d'une machine à façonner selon le style d'armoire de cuisine fabriqué (figure 1).

Pour effectuer cette tâche, un ouvrier doit :

  • Prendre une pièce de bois.
  • La placer sur la façonneuse.
  • L'appuyer sur la façonneuse et la pousser sur les côtés.
  • Empiler les pièces de bois en vue d'un traitement ultérieur.

Cette opération dure environ trois secondes. Elle se fait en se tenant debout sur un plancher de béton.

Figure 1 - Façonnage du bois
 Figure 1 - Façonnage

Quels facteurs de risque comporte le façonnage?

Des mouvements très répétitifs, une force excessive lorsqu'ils appuient du bois sur la façonneuse, et l'exposition à des vibrations exposent les travailleurs à des risques de lésions dues aux mouvements répétitifs (LMR), particulièrement aux poignets, au cou et aux épaules. De plus, une station debout prolongée, en position penchée, et des mouvements latéraux répétés peuvent causer des lésions lombaires. La section de l'ergonomie du répertoire de Réponses SST contient de plus amples informations sur les facteurs de risque associés avec les troubles musculo-squelettiques.

Le fait de rester longtemps debout sur un plancher de béton peut causer un inconfort dans le bas des jambes et dans le dos, qui peut se traduire, avec le temps, par des lésions.

Tous ces facteurs ont un effet cumulatif. Autrement dit, chacun d'eux augmente les effets des autres.


Quelles tâches comporte le ponçage?

L'opération du ponçage consiste à rendre lisse la surface de planches de bois en utilisant une ponceuse à main, électrique (figure 2). L'ouvrier se sert de ses deux mains lorsqu'il effectue cette opération. La main dominante sert à faire fonctionner l'outil, et l'autre à retenir la planche de bois (figure 3). Pour effectuer cette tâche, le travailleur doit :

  • Prendre une planche de bois.
  • La placer sur l'établi.
  • La poncer.
  • Empiler les planches de bois en vue d'un traitement ultérieur.

Le ponçage exige des mouvements excessifs, comme se pencher et tendre le bras tout en gardant le coude au-dessus de la hauteur des épaules. L'ouvrier fait des mouvements violents pour tenir à la fois la ponceuse et la planche de bois. Le ponçage se fait debout.

Figure 2 - Ponçage du bois
Figure 2 - Ponçage
Figure 3 - Ponçage du bois
Figure 3 - Ponçage

Quels facteurs de risque comporte le ponçage?

Le ponçage expose les travailleurs à un risque élevé de lésions dues aux mouvements répétitifs, particulièrement aux mains, au cou et aux épaules. Le stress mécanique élevé dû aux mouvements violents et répétés tout en manoeuvrant la ponceuse et l'effort musculaire soutenu nécessaire pour tenir les objets à travailler sont à l'origine de ce risque.

Les mouvements violents et répétés et l'exposition aux vibrations exposent également les ouvriers à un risque de LMR au coude et au poignet du bras qui manœuvre l'outil. Le fait de rester longtemps debout et voûté et de devoir se pencher en exerçant une force crée un risque de lésion lombaire.


Quelles tâches comporte l'assemblage?

L'assemblage de tous les éléments qui formeront une armoire de cuisine exige d'utiliser divers outils comme des pistolets agrafeurs, des tournevis et des marteaux. Il s'agit d'une opération manuelle qui comporte de nombreuses étapes et qui nécessite bien des aptitudes. Les ouvriers prennent diverses postures : ils se penchent, pivotent et s'étirent (figures 4, 5, 6, 7 et 8). Ils doivent également se voûter et s'accroupir tout en travaillant (figure 9).

Figure 4 - Assemblage des armoires
Figure 4 - Assemblage des armoires de cuisine
Figure 5 - Se pencher
Figure 5 - Se pencher pour assembler les armoires de cuisine
Figure 6 - Se pencher
Figure 6 - Se pencher pour assembler les armoires de cuisine
Figure 7 - S'étirer
Figure 7 - S'étirer pour assembler les armoires de cuisine
Figure 8 - S'étirer
Figure 8 - S'étirer pour assembler les armoires de cuisine

Quels facteurs de risque comporte l'assemblage?

Dans une usine de fabrication d'armoires de cuisine, les tâches de l'assemblage créent des conditions qui favorisent le développement de LMR, ainsi que des lésions lombaires. Le fait de manœuvrer des outils lourds dans des postures très inconfortables (figures 9, 10 et 11) et d'exercer une force dans une direction « hors alignement » est extrêmement dangereux pour les LMR des membres supérieurs.

Il y a également risque de LMR pour le cou et les épaules. Des mouvements et le levage de tout le corps tout en assemblant les cabinets exposent les ouvriers à un risque de lésions au dos.

Figure 9 - Posture inconfortable
Figure 9 - Posture inconfortable lors de l'assemblage des armoires

Le fait de rester longtemps debout sur un plancher de béton peut causer un inconfort dans le bas des jambes et dans le dos, qui peut se traduire, avec le temps, en lésions.

Tous ces facteurs ont un effet cumulatif. Autrement dit, chacun d'eux augmente les effets des autres.

Figure 10 - Utilisation d'outils lourds
Figure 10 - Utilisation d'outils lourds dans une position très inconfortable
Figure 11 - Utilisation d'outils lourds
Figure 11 - Utilisation d'outils lourds dans une position très inconfortable

Comment pouvons-nous réduire les facteurs de risque de LMR?

Généralités

Les trois tâches qui ont été choisies posent des risques semblables de lésions dues aux mouvements répétitifs. Elles nécessitent cependant des approches différentes pour limiter les risques de LMR.

Façonnage

La posture de travail constitue le principal risque de LMR au cours de cette opération. Cela peut être amélioré en procédant ainsi :

  • Offrir plus de place pour les jambes - permettre à l'ouvrier de se rapprocher du poste de travail, lui évitant d'avoir à se pencher souvent (figure 12).
  • Mettre à sa disposition un tabouret « debout-assis » et un appui-pieds - cela permet une posture de travail plus flexible et réduit le stress sur les bas du dos et les jambes.
  • Lui faire porter des gants anti-vibrations. Il ne faut cependant pas porter des gants épais ou lourds si la manœuvre de l'outil exige des mouvements précis. Le document Réponses SST intitulé Vibrations – Mesure, réduction et normes contient de plus amples informations sur les gants anti-vibrations.
  • Mettre à sa disposition un tapis anti-fatigue - cela réduit l'inconfort dans le bas des jambes et dans le dos causé par le fait de rester longtemps debout.
Figure 12 - Travail debout
Figure 12 - Travail debout avec suffisamment d'espace pour les jambes et avec un tabouret « debout-assis »

L'adoption d'un régime de travail par rotation complète des tâches permettrait d'améliorer davantage les conditions de travail.

Ponçage

Des postures inconfortables et des mouvements violents constituent les principaux facteurs de risque de LMR. Le fait de rester longtemps debout crée de l'inconfort pour le bas des jambes et le dos. Ces conditions peuvent être améliorées en faisant les changements suivants :

  • Fournir aux ponceurs des surfaces de travail inclinées, équipées de dispositifs faciles à manœuvrer (figure 13).
  • L'utilisation de butées (figure 14) sensiblement réduirait l'effort nécessaire pour tenir des objets à travailler ainsi que la nécessité de se pencher.
  • Fournir des appui-pieds aux ouvriers pour améliorer davantage la posture de travail.
  • Utiliser un tapis anti-fatigue pour réduire l'inconfort causé par le fait de rester longtemps debout.
  • Songer à porter des gants anti-vibrations. Il ne faut cependant pas porter des gants épais ou lourds si la manœuvre de l'outil exige des mouvements précis. Le document des Réponses SST intitulé Vibrations - Mesure, réduction et normes contient de plus amples informations sur les gants anti-vibrations.
  • Choisir des ponceuses à faibles vibrations afin de réduire davantage les effets des vibrations.

Le ponçage exige un effort qui peut être assez ardu et répétitif. Des améliorations peuvent être apportées : repenser la tâche, introduire une rotation des tâches ou enrichir et élargir la tâche.

Figure 13 - Surface de travail inclinée
Figure 13 - Surface de travail inclinée
Figure 14 - Butées pour retenir la pièce de bois
Figure 14 - Butées pour retenir la pièce de bois à travailler

Assemblage

Lors de l'assemblage, les postures inconfortables et les mouvements violents constituent les principaux risques de LMR. Les vibrations et le stress dû au fait de rester longtemps debout contribuent également au développement de LMR.

Pour réduire les postures inconfortables, utiliser des butées et des dispositifs pour maintenir les objets à travailler (figure 15). Un dispositif qui permet à l'ouvrier de tourner l'armoire de cuisine, par exemple, réduit la nécessité d'allonger le corps ainsi que la manutention de l'armoire.

Il est également important de choisir le bon outil pour la tâche, ce qui permet de réduire les postures inconfortables aux niveaux du poignet, du coude et des épaules (figure 16).

Figure 15 - Dispositif de maintien de l'objet à travailler
Figure 15 - Dispositif de maintien de l'objet à travailler

L'utilisation d'un dispositif d'équilibrage réduit la force nécessaire pour tenir et manœuvrer l'outil (figure 17).

Figure 16 - Choisir le bon outil pour la tâche
Figure 16 - Choisir le bon outil pour la tâche

L'utilisation d'un dispositif d'équilibrage réduit la force nécessaire pour tenir et manœuvrer l'outil (figure 17).

Pour réduire le stress sur les jambes et le dos dû au fait de rester longtemps debout, les ouvriers devraient utiliser un tapis anti-fatigue.

Figure 17 - Équilibreur pour outil lourd
Figure 17 - Équilibreur pour outil lourd

Remerciements

Le Centre canadien d'hygiène et de sécurité au travail, de concert avec l'Occupational Health and Safety Branch du Department of Employment and Labour Relations du Gouvernement de Terre-Neuve et du Labrador, aimerait remercier Mother Hubbard's Kitchen Cabinets qui nous a généreusement accordé temps et ressources pour nous aider à faire cette étude de cas.

Dernière mise à jour du document le 30 octobre 1998
Document á jour au 8 janvier 2016

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