Les lasers et les électrocautères sont utilisés en chirurgie pour pulvériser, coaguler et couper les tissus. Les vapeurs, la fumée et les débris de particules produits durant les interventions chirurgicales constituent ce qu'on appelle le « panache d'un laser ».
Le panache d'un laser peut contenir des substances cancérigènes, des agents mutagènes, des irritants et des poussières fines. Selon le type d'intervention, il peut aussi renfermer des bioaérosols, des virus, des cellules cancéreuses, des particules sanguines et des spores bactériennes. Il contient aussi du monoxyde de carbone, des hydrocarbures aromatiques polycycliques et divers gaz toxiques. Des produits chimiques tels que le formaldéhyde, le cyanure d'hydrogène, l'acrylaldéhyde et le benzène peuvent aussi être présents.
Le personnel médical tout comme les patients des hôpitaux et des cliniques peuvent, au cours d'un traitement, être exposés au panache d'un laser.
Les symptômes associés à une exposition au panache des lasers sont les suivants : irritation des yeux, du nez et de la gorge, nausées, vomissements, congestion nasale, oppression thoracique, crampes abdominales, symptômes pseudogrippaux et fatigue. Ces symptômes sont de courte durée et ne se manifestant habituellement que pendant 24 à 48 heures. À l'heure actuelle, on ne connaît aucun effet chronique sur la santé qui pourrait résulter d'une exposition à long terme au panache d'un laser. Cependant, on a déjà trouvé des substances cancérigènes, des agents mutagènes et des irritants dans le panache d'un laser.
On a déjà trouvé également de l'ADN du virus du papillome humain (VPH) dans le panache d'un laser provenant de tissus pulvérisés par des lasers à dioxyde de carbone (CO2). On croit qu'il pourrait exister un danger de transmission de virus viables tels que le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) par le panache d'un laser.
Il est possible de se protéger des contaminants produits par les lasers et les appareils d'électrochirurgie par :
Pour de plus amples renseignements, consulter le tableau suivant.
| Panache des lasers : constituants, sources, risques possibles pour la santé et la sécurité, et moyens de protection | |||
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| Constituants du panache d'un laser | Sources | Risques possibles pour la santé et la sécurité | Moyens de protection |
| Poussière | Interventions effectuées à l'aide delasers à CO2 |
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| Produits chimiques toxiques* | Contact d'un faisceau laser avec des tissus humains ou animaux, des plastiques, des polymères de perfluoropolyéthylène (p. ex. Téflon), des produits enduits |
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| Agents biologiques | Contact d'un faisceau laser avecdes tumeurs, le VIH, des milieuxde culture, des bactéries, desverrues et de la peau traitée |
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| Fumée (en général) | Pulvérisation par faisceau laser,incision, contact d'un faisceaulaser à CO2 avec la peau |
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*Les produits chimiques toxiques peuvent être les suivants : benzène, formaldéhyde, acrylaldéhyde, aldéhydes, hydrocarbures aromatiques polycycliques, cyanures, méthane et cyanure d'hydrogène.
La ventilation générale d'un local (ventilation par apport d'air neuf) ne permet pas d'extraire de ce local tous les contaminants aéroportés. Deux types de ventilation par extraction peuvent éliminer efficacement les contaminants contenus dans le panache d'un laser : un système d'extraction des fumées et un système de ventilation par aspiration à la source.
Les systèmes d'extraction des fumées sont des ensembles mobiles composés d'une pompe à dépression, de filtres, de conduits et d'un pavillon d'aspiration placé à proximité de la source de fumée. Le débit d'air que doit assurer le ventilateur d'extraction des fumées pour éliminer les contaminants en suspension dans l'air (aéroportés) dépend de la vitesse de dégagement des fumées.
Un système mécanique d'extraction des fumées muni d'un filtre à haute efficacité (HEPA) ou à très haute efficacité (ULPA) doit être utilisé pour évacuer le panache. Le pouvoir d'aspiration des filtres est considérablement réduit lorsque le filtre est chargé de particules ou de contaminants. Chaque système d'extraction doit par conséquent être conçu ou équipé de manière à déceler (par une chute de la pression par exemple) le colmatage éventuel d'un filtre. De plus, le pavillon d'aspiration du ventilateur doit être disposé de façon à capter la plus grande partie possible du panache (soit à au plus 2 à 5 cm de la zone ciblée par le laser).
Enfin, le système d'extraction des fumées doit être assorti de dispositifs appropriés d'aspiration des fluides.
Les systèmes de ventilation par extraction à la source éliminent le panache des lasers avant que ceux-ci ne pénètrent la zone d'inspiration des travailleurs. Dans les établissements de santé, le réseau de prises murales de vide est souvent utilisé à cette fin. Une ventilation par extraction à la source doit, pour être efficace, comprendre chacun des éléments ci-après :
Un programme de sécurité des lasers doit être mis en œuvre et tout le personnel appelé à se servir d'un appareil à laser ou à travailler près d'un tel appareil doit obtenir ce qui suit :
La norme CSA Z386-01 intitulée « Laser Safety in Health Care Facilities » préparée par l'Association canadienne de normalisation (CSA pour Canadian Standard Association) prescrit que les établissements de soins de santé qui utilisent des lasers de classe 3 ou 4 doivent désigner un responsable de la sécurité des lasers et se doter d'un comité sur la sécurité des lasers afin d'assurer que les politiques et les marches à suivre appropriées soient élaborées, mises en application et gérées de façon adéquate. La norme ANSI Z136.1 intitulée « Safe Use of Lasers » et la norme ANSI Z136.3 intitulée « Safe Use of Lasers in Health Care Facilities » préparées par le American National Standards Institute (ANSI) comportent également des exigences concernant la désignation d'un responsable de la sécurité des lasers et la formation d'un comité sur la sécurité des lasers. Le document Réponses SST intitulé Lasers dans les établissements de santé réunit de plus amples renseignements sur les programmes de sécurité des lasers, les responsables de la sécurité des lasers et les comités sur la sécurité des lasers.
Le personnel médical doit porter des respirateurs du type approprié, des gants et une protection oculaire durant les interventions chirurgicales faisant appel au laser et les traitements effectués à l'aide d'appareils d'électrochirurgie.
Des appareils de protection respiratoire doivent être utilisés pour garantir une protection supplémentaire, et non pas en guise de remplacement du système de ventilation par aspiration. Le port de masques chirurgicaux n'élimine pas les risques d'infection ou autres associés à l'inhalation des virus, des germes, des vapeurs de produits chimiques, des minuscules particules de poussières, des aérosols ou des débris cellulaires que peuvent contenir les panaches des lasers. Lorsqu'une protection suffisante ne peut être assurée par des mesures d'ingénierie, le personnel des établissements de santé doit porter un appareil respiratoire correctement ajusté et ayant l'efficacité requise, compte tenu des contaminants aéroportés présents dans l'atmosphère de travail. D'autres documents Réponses SST contiennent davantage de renseignements sur le choix et l'entretien des appareils de protection respiratoire ainsi que les divers aspects de la mise en œuvre d'un programme complet sur l'équipement de protection individuelle (ÉPI).
Dernière mise à jour du document le 4 juin 2009
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