Fiches d’information Réponses SST

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Conception d'un programme d'ÉPI efficace

Qu'est-ce que l'équipement de protection individuelle (ÉPI)?

Il s'agit d'équipement que portent les travailleurs pour réduire au minimum leur exposition à certains risques professionnels. On compte parmi ces équipements les appareils respiratoires, les gants, les tabliers, les amortisseurs de chute, les combinaisons complètes, ainsi que les dispositifs de protection pour la tête, les yeux et les pieds. Leur utilisation ne constitue que l'un des éléments d'un programme global de sécurité, qui devrait comprendre divers moyens d'assurer aux travailleurs un milieu professionnel sain et sécuritaire. Ces équipements ne réduisent pas les risques eux-mêmes et ne garantissent pas une protection permanente et totale.


Quel est le rôle des équipements de protection individuelle (ÉPI)?

Il existe des risques dans tous les lieux de travail. La protection des travailleurs est donc essentielle, et on devrait tendre en tout premier lieu à éliminer ou à contrôler le danger à la source, ou à un point donné entre la source et le travailleur. Les méthodes sont nombreuses et on doit choisir celles qui conviennent le mieux à chaque situation.

La méthode qui consiste à s'attaquer au danger à sa source devrait constituer le premier choix puisqu'elle permet d'éliminer le danger du lieu de travail ou du moins de l'isoler des travailleurs. Cette méthode pourrait entraîner le remplacement de certaines matières par d'autres moins dangereuses, l'isolement de l'élément dangereux, l'ajout de dispositifs de sécurité à l'équipement existant, la redéfinition des méthodes de travail ou l'achat de nouveaux équipements. Lorsqu'un danger ne peut être éliminé ou convenablement maîtrisé, les équipements de protection individuelle peuvent être utilisés si le procédé industriel est maintenu.

On doit considérer l'ÉPI comme le niveau de protection ultime lorsque aucune des autres méthodes de protection n'est disponible ou envisageable. Pour obtenir de l'information sur un programme de prévention des risques, consultez notre document Réponses SST intitulé Prévention des risques.


Comment entreprendre la planification d'une stratégie de protection?

Avant même de décider d'entreprendre ou d'élargir un programme d'ÉPI, il importe de comprendre les principes qui sous-tendent les stratégies de protection.

Trois éléments sont à considérer :

  • la protection des travailleurs;
  • la conformité aux lois et aux règlements applicables ainsi qu'aux normes internes de l'entreprise;
  • la faisabilité technique.

Dans la pratique, il n'existe que quelques stratégies, dont :

  • les mesures d'ingénierie;
  • la substitution de matières;
  • la modification de procédés;
  • la révision de méthodes de travail;
  • la modification de l'équipement;
  • les contrôles administratifs;
  • l'utilisation d'équipements de protection individuelle.

Une bonne stratégie globale tient compte des dangers et de toutes les méthodes de contrôle possibles, regroupe diverses approches et en prévoit la réévaluation fréquente afin de garantir des pratiques de travail sécuritaires. De plus, elle suppose des décisions, des évaluations et des réévaluations sérieuses à différentes étapes du programme.


À quel moment devrait-on fournir une protection contre les risques professionnels?

Une fois que l'on a cerné les dangers, il convient d'évaluer les principes généraux de contrôle, que l'on peut diviser en deux catégories : le contrôle avant l'exposition et le contrôle au moment de l'exposition.

Avant l'exposition

Le contrôle avant l'exposition constitue la méthode la plus importante puisqu'elle fait en sorte que le travailleur ne soit pas exposé au danger. Parmi les méthodes de contrôle avant l'exposition, on compte le remplacement de matières ou de procédés par d'autres moins dangereux, l'isolement des procédés dangereux, la modification de l'équipement existant et l'acquisition d'équipement plus sûr. On peut également maîtriser le danger avant l'exposition en protégeant les travailleurs par divers moyens : ventilation par aspiration à la source, utilisation de dispositifs de protection sur les machines, entretien adéquat et l'adoption de procédés industriels plus sûrs. Dans de nombreuses régions du Canada, les méthodes de contrôle des risques professionnels avant l'exposition sont réglementées. Si un grand nombre de dangers peuvent être prévenus grâce à des mesures efficaces prises avant l'exposition, d'autres ne sont malheureusement décelés qu'à la suite d'un accident. Il est donc essentiel de tout mettre en œuvre pour détecter les dangers afin que l'on puisse les réduire ou les éliminer à la source.

Lorsque les méthodes de contrôle avant l'exposition ne sont pas commodes, qu'elles ne peuvent être appliquées ou qu'elles ne sont pas entièrement efficaces, on a alors recours aux méthodes de contrôle au moment de l'exposition.

Au moment de l'exposition

Bien qu'important, le contrôle du danger au moment de l'exposition est secondaire puisqu'il n'élimine pas le danger; il s'y attaque au moment où le travailleur y est exposé. Ce type de contrôle s'effectue principalement au moyen d'équipements de protection individuelle, et on y a recours lorsque les méthodes de contrôle avant l'exposition ne sont pas pleinement efficaces. Dans de nombreux endroits au Canada, les méthodes de contrôle des risques professionnels au moment de l'exposition sont réglementées.


Quand les équipements de protection individuelle devraient-ils être utilisés?

Ces équipements sont utilisés pour réduire le plus possible l'exposition à des agents physiques, chimiques, ergonomiques ou biologiques nocifs. S'ils ne peuvent éliminer un danger, ils peuvent du moins réduire les risques de blessure. Par exemple, le port de protecteurs auriculaires réduit les risques de dommage auditif, dans la mesure où les protège-tympans ou les serre-tête antibruit conviennent au type de bruit en cause et sont utilisés adéquatement. Les protecteurs auriculaires n'éliminent cependant pas le bruit.

On ne devrait avoir recours aux équipements de protection individuelle que dans les circonstances suivantes :

  • à titre de mesure provisoire (à court terme) avant l'adoption de mesures permanentes;
  • lorsqu'il n'existe pas de méthodes de contrôles avant l'exposition;
  • lorsque les mesures de contrôle avant l'exposition ne sont pas adéquates;
  • au cours d'activités comme l'entretien, le nettoyage et la réparation, lorsqu'on ne peut avoir recours à des mesures de contrôle avant l'exposition ou que celles-ci sont inefficaces;
  • dans les situations d'urgence.

Comment conçoit-on un programme d'ÉPI?

Un programme d'ÉPI doit être exhaustif. Il exige un engagement et une participation active de la direction, du personnel d'encadrement et des travailleurs à toutes les étapes, soit celles de la planification, de l'élaboration et de la mise en œuvre. Les éléments suivants sont essentiels à un bon programme d'ÉPI :

  • évaluation du lieu de travail;
  • choix des mesures de contrôle appropriées;
  • choix des équipements de protection individuelle adéquats;
  • ajustement;
  • formation;
  • soutien de la gestion;
  • entretien;
  • évaluation du programme.

La politique de l'entreprise en matière d'hygiène et de sécurité au travail doit être un énoncé de principes et de règles générales qui serviront de guides d'action. La direction doit avoir à cœur de mettre à exécution cette politique et les mesures adoptées, et les programmes d'ÉPI doivent avoir la même importance et être considérés comme aussi importants que les autres politiques, mesures et programmes de l'entreprise.

L'embauche d'un responsable du programme, qui veillera à ce que tous les éléments du programme soient en place et opérationnels, est certes un gage de succès.

Dans sa phase préliminaire, un programme d'ÉPI doit être planifié soigneusement, élaboré en détail et mis en œuvre avec méthode. Son introduction se fera graduellement, par étapes. On exposera clairement l'intention et on accordera aux travailleurs le temps de s'habituer à porter les équipements de protection. Les effets bénéfiques du programme doivent être largement diffusés et la date cible pour s'y conformer doit être assez éloignée. On doit prévoir du temps pour que les gens se conforment au programme, sans que des mesures de mise à exécution soient prises avant la date fixée. Une fois que le programme est implanté, et seulement après consultation en bonne et due forme des travailleurs et de leurs représentants, le port des équipements de protection individuelle pourra devenir une condition d'emploi.

Une mise en œuvre graduelle n'est pas acceptable lorsqu'il faut pénétrer dans une atmosphère dangereuse ou lorsque l'absence d'équipements de protection entraîne des risques considérables de blessure grave.

Plus la participation des travailleurs sera grande à toutes les étapes du programme, plus sa mise en œuvre et sa gestion en seront facilitées. Il importe d'expliquer aux usagers le pourquoi des équipements de protection individuelle et de leur donner la formation nécessaire pour les utiliser correctement. L'efficacité et l'acceptation de l'ensemble du programme tiennent en grande partie à la méthode utilisée pour sa mise en œuvre.

En outre, les travailleurs risquent de ne pas se conformer de bon gré au programme si un élément des équipements n'est pas esthétique, s'il n'est pas confortable ou si on le leur impose sans qu'ils aient eu leur mot à dire dans son choix.

Si un travailleur retire son équipement, ne serait-ce que pendant une courte période, sa protection sera considérablement réduite. Et la perte de protection durant cette période pourrait dépasser largement la protection assurée pendant que les équipements sont portés.

À titre d'exemple, pour être pleinement efficaces, les protecteurs auriculaires doivent être portés sans arrêt durant l'exécution d'un travail bruyant. S'ils sont retirés ne serait-ce qu'un bref instant, la protection est fortement réduite. Le tableau qui suit illustre la protection maximale assurée par le port interrompu d'un protecteur auriculaire d'une efficacité idéale de 100 %. Par exemple, si un travailleur retire son protecteur auriculaire durant cinq minutes au cours d'un poste de travail de huit heures, la protection maximale sera de 20 dB.

Tableau 1
Protection maximale obtenue du port interrompu d'un protecteur auriculaire
Pourcentage d'utilisationProtection maximale
50 % 3 dB
60 % 4 dB
70 % 5 dB
80 % 7 dB
90 %10 dB
95 % 13 dB
99 % 20 dB
99,9 % 30 dB

Pour être parfaitement efficaces, les protecteurs auriculaires doivent être portés EN TOUT TEMPS.

La souplesse est de mise dans le choix des équipements de protection, dans la mesure où ils sont conformes aux normes de sécurité pertinentes (par exemple, le choix entre plusieurs respirateurs d'usage personnel).


Pourquoi procéder d'abord à une évaluation du lieu de travail?

La première étape de l'élaboration d'un programme d'ÉPI consiste à relever les risques particuliers du lieu de travail. Certains risques peuvent être évidents, mais il convient néanmoins de procéder à une inspection sur place. Les pratiques et les méthodes de travail, l'équipement, la disposition des lieux et certains facteurs individuels peuvent jouer un rôle décisif dans le type de mesures recommandées pour un travail donné. La détection des dangers potentiels ne va pas sans un examen des procédés de fabrication ou autres, un inventaire des agents physiques et chimiques avec lesquels les travailleurs sont régulièrement ou périodiquement en contact, une évaluation des différentes activités d'une aire de travail et une étude des mesures de contrôle existantes. Autant que possible, on doit tendre à éliminer les dangers à la source.

Une attention particulière doit être accordée aux exigences du travail, qui peuvent jouer considérablement dans le choix des équipements de protection individuelle. Certains types de dangers exigent en effet des solutions multiples. Par exemple, le fait de travailler avec du chlore commande l'utilisation d'un appareil respiratoire et d'un protecteur oculaire car le chlore irrite à la fois les voies respiratoires et les muqueuses de l'oeil. Dans le cadre de l'inspection, il importe de revoir les fiches signalétiques (FS), qui indiquent les types de risques associés aux différentes substances.

Le comité mixte de santé sécurité au travail devrait faire partie intégrante de l'équipe d'évaluation du lieu de travail.


Quelles sont les étapes du choix des ÉPI?

Une fois la nécessité des équipements de protection individuelle établie, on procédera au choix du bon type d'équipement selon deux critères :

  • le degré de protection nécessaire;
  • la pertinence des équipements en fonction de la situation (ainsi que la facilité d'utilisation et de maintien en bon état de l'équipement).

Le degré de protection et la conception des équipements de protection sont intimement liés, les deux agissant de façon générale sur leur efficacité, leur portabilité et leur acceptation.

Voici quelques lignes directrices concernant le choix des ÉPI.

a) Choisir les ÉPI correspondant au danger.

Il n'existe pas de méthode rapide pour choisir des équipements de protection individuelle et il faut choisir les équipements en fonction du danger. Dans certains cas, la même tâche se répète tout au long d'un cycle de travail, ce qui facilite le choix d'équipements appropriés. Dans d'autres, les travailleurs peuvent être exposés à plus d'un danger à la fois. Par exemple, un soudeur peut avoir besoin de protection contre les gaz de soudage, les rayons lumineux nocifs, le métal liquide et les éclats. Une protection multiple s'impose alors : masque et lunettes de soudage et appareil respiratoire approprié ou casque de soudage à alimentation d'air.

b) Demander conseil.

Prenez vos décisions en fonction d'une évaluation exhaustive des dangers, de l'acceptation par les travailleurs et des équipements sur le marché. Une fois que vous avez déterminé vos besoins, voyez ce est offert sur le marché, discutez de vos besoins avec des vendeurs compétents et demandez-leur ce qu'ils vous recommandent. Exigez toujours des solutions de rechange, vérifiez les réclamations à l'égard des produits et consultez les résultats d'essais. Avant de les approuver, essayez les équipements et mettez-les à l'épreuve afin de vous assurer qu'ils répondent à tous vos critères.

c) Faire participer les travailleurs aux évaluations.

La participation des travailleurs à la sélection de différents modèles d'ÉPI est extrêmement importante. Elle peut se faire en introduisant dans le milieu de travail les modèles approuvés afin que les travailleurs puissent en faire l'essai et les évaluer. On obtient ainsi de l'information sur l'ajustement, le confort et l'acceptation des travailleurs. Ceux-ci devraient pouvoir choisir entre deux ou trois modèles, selon leurs préférences, et les équipements devraient être attribués de façon individuelle.

d) Tenir compte du confort des ÉPI (ergonomie).

Si un équipement est inutilement lourd ou mal ajusté, il est peu probable qu'il soit porté. S'il n'est pas esthétique, s'il est inconfortable ou s'il est imposé sans que les travailleurs aient le choix entre différents modèles, la réaction ne sera pas favorable. Lorsque plusieurs types d'équipements sont portés ensemble, tenez compte des interactions. La souplesse est de mise dans le choix des équipements, dans la mesure où ceux-ci répondent aux normes pertinentes, conformément aux dispositions législatives.

e) Évaluer les coûts.

Le prix des ÉPI peut constituer un problème. Dans certains programmes, on utilise des respirateurs jetables, qui semblent bon marché. Il se peut toutefois qu'à l'usage un masque respiratoire à deux cartouches soit plus économique. À long terme, les mesures d'ingénierie peuvent s'avérer encore plus rentables et il faut les considérer avant les équipements de protection individuelle.

f) Consulter les normes.

Vérifiez les exigences de rendement reliées à toutes les normes afin de vous assurer que les équipements de protection réduiront ou élimineront l'exposition aux blessures. Exposés à des dangers plus graves que ceux pour lesquels ils sont conçus, les équipements ne procureront pas une protection adéquate.

Au Canada, il existe diverses normes; le processus de sélection doit être guidé par les plus récentes normes. Les deux organismes de normalisation les plus connus sont le Groupe CSA et le Bureau de normalisation du Québec (BNQ). Par exemple, la norme CSA Z94.3.07 (Protecteurs oculaires et faciaux) indique les types de protecteurs oculaires recommandés pour certains risques professionnels et les classe selon le type de danger. Cette norme permet de classer dans diverses catégories les nombreux équipements sur le marché. L'étude de l'évaluation des procédés industriels et de ces catégories permettra de choisir les protecteurs oculaires adaptés à chaque type de risque professionnel.

g) Vérifier l'ajustement.

Après la sélection, le processus d'ajustement s'impose. Chaque travailleur devrait bénéficier d'un ajustement individuel et apprendre comment porter et entretenir convenablement les ÉPI.

Des programmes d'ajustement individuels devraient être mis sur pied et exécutés par des personnes qualifiées. Par exemple, pour la protection des yeux on pourrait faire appel à un optométriste, à un opticien, à un agent du fabricant ou à un membre du personnel spécialement formé, comme une infirmière.

Si des lunettes de sécurité sont posées bas sur le nez, la protection contre le risque de particules projetées est réduite, voire inexistante. En pratique, le degré de protection calculé ne sera pas atteint si les ÉPI ne sont pas portés correctement en tout temps dans les situations à risque.

h) Effectuer un entretien et des inspections réguliers.

Sans un entretien adéquat, on ne peut assurer l'efficacité des ÉPI. Cet entretien devrait comprendre l'inspection, le soin, le nettoyage, la réparation et le rangement adéquat.

L'inspection continue est sans doute l'élément le plus important de l'entretien. Effectuées avec soin, les inspections permettront de déceler les équipements endommagés ou défectueux avant qu'ils soient utilisés. On mettra au rebut les équipements qui ne répondent plus aux indications du fabricant, par exemple des lunettes aux verres rayés qui ne supportent plus les impacts.

Les travailleurs doivent avoir à leur disposition des moyens d'obtenir le remplacement de pièces endommagées et de les garder propres. Les appareils de protection des voies respiratoires nécessitent un programme minutieux de réparation, de nettoyage, d'entreposage et d'essais périodiques.

Il est parfois plus dangereux de porter des ÉPI mal entretenus ou défectueux que de n'en pas porter. Les travailleurs développent un faux sentiment de sécurité et se croient protégés alors qu'en réalité ils ne le sont pas.

i) Donner de la formation.

Aucun programme ne peut être complet sans une formation axée sur l'utilisation optimale des équipements. Un programme de formation permet aux travailleurs d'apprendre comment ajuster et porter les ÉPI, comment en tirer la protection maximale et comment en prendre soin.

La formation peut se faire individuellement ou en groupe. Elle doit souligner les grands objectifs du programme et le fait que les mesures d'ingénierie ont d'abord été considérées comme premier moyen de prévention. Il ne sert à rien d'inciter quelqu'un à porter un respirateur parce que la direction ou les lois l'exigent. Si le respirateur a pour fonction de prévenir les troubles pulmonaires, les travailleurs doivent être informés des risques.

Les travailleurs et leurs surveillants devront apprendre quand, où, pourquoi et comment utiliser l'équipement pour obtenir le degré de protection nécessaire. La formation devrait s'adresser aux travailleurs régulièrement exposés au danger et à ceux qui peuvent l'être à l'occasion, par exemple en cas d'urgence ou lorsqu'ils ont à effectuer un travail temporaire dans une zone dangereuse. Les besoins et les méthodes de formation sont essentiellement les mêmes pour tous.

j) Obtenir l'appui de tous les services.

Lorsque le programme est en cours, vous devrez compter sur la participation de la direction, du personnel médical et du personnel de sécurité, du personnel de supervision, du comité de santé sécurité, des travailleurs et même des fournisseurs des équipements choisis.

Les programmes de formation devraient être continus. L'incapacité de contrer les objections au port des équipements est le plus souvent la cause de l'échec d'un programme d'ÉPI. Chaque problème devrait être étudié individuellement.

k) Vérifier l'efficacité du programme.

Comme pour tout autre programme ou procédé adopté dans une entreprise, on doit surveiller l'efficacité du programme d'ÉPI par l'inspection de l'équipement et la vérification des modes de fonctionnement.

Il est d'usage de procéder à des vérifications annuelles, mais on recommande de vérifier plus fréquemment les zones critiques.

Il serait utile de comparer le rendement actuel en matière de sécurité à celui obtenu avant le début du programme afin d'en déterminer le succès ou l'échec. Sans une vérification minutieuse, les recommandations concernant la modification ou le maintien d'un programme pourraient ne pas être suffisamment étayées.


Comment faire la promotion d'un programme d'ÉPI?

L'objectif général d'un programme d'accroissement de la sécurité des lieux de travail devrait être soutenu par une stratégie de promotion soigneusement élaborée. Celle-ci sera axée sur les points suivants :

  • la participation active de la direction et des travailleurs au programme et leur sentiment de responsabilité à son égard;
  • le bien-fondé du programme;
  • le déroulement du programme.

Le succès du programme d'ÉPI sera à la mesure de la collaboration et de l'appui de tous les intéressés. On obtiendra plus facilement cette collaboration en aidant les travailleurs à comprendre la nécessité de porter les ÉPI et en les incitant à les porter de bon gré plutôt qu'en exigeant qu'ils le fassent. Et les chances de réussite seront plus grandes si on démontre que les mesures de contrôle à la source et tout au long du procédé industriel ont été évaluées d'une façon globale et avec efficacité. Il pourrait être utile d'adopter un programme de sensibilisation dans le milieu de travail comprenant des ateliers, des films et, surtout, des discussions individuelles. Les affiches et la documentation écrite peuvent contribuer à la promotion du programme, mais elles ne devraient pas constituer le seul moyen de promotion.

Les fournisseurs d'équipements de sécurité, de façon générale, peuvent prêter leur concours, tout comme les associations et les organismes gouvernementaux de sécurité. Il va de soi que le processus de sensibilisation devrait être étayé par une politique claire de l'entreprise, qui s'appuie sur une base solide, exposant les responsabilités de chacun quant à l'utilisation des ÉPI.


Pourquoi tant de précautions à l'égard des ÉPI?

Les programmes d'ÉPI entraînent souvent un faux sentiment de sécurité; on croit en effet à tort qu'un travailleur est entièrement protégé du seul fait qu'il porte un équipement de protection. Or il ne faut pas négliger les principes élémentaires de sécurité tels l'entretien des locaux et la surveillance de la pollution.

Les ÉPI répondent à des critères qui ne reposent que sur une évaluation sommaire des conditions de travail réelles. On ne doit pas les utiliser en présence de dangers plus graves que ceux pour lesquels ils sont conçus, et l'évaluation des dangers potentiels doit tenir compte des incertitudes. Malheureusement, les critères qui président à la conception des ÉPI ne peuvent prévoir toutes les éventualités.

L'utilisation de plusieurs types de protection à la fois (casque protecteur, serre-tête antibruit, lunettes de sécurité, par exemple) ne doit ni augmenter le danger ni diminuer la capacité du travailleur d'accomplir sa tâche. Le port d'équipements de protection individuelle ne doit pas en soi créer un danger plus grand. Les gants protègent la peau pendant la manipulation d'équipement mobile, mais ils peuvent causer un risque d'empêtrement dans le maniement d'une perceuse à colonne ou d'un tour à métaux.

La plupart des organismes de réglementation demandent qu'on utilise les ÉPI uniquement lorsque l'employeur a pris toutes les dispositions nécessaires quant aux mesures d'ingénierie, aux pratiques de travail, aux contrôles administratifs et à l'hygiène.

L'objectif d'un programme d'hygiène et de sécurité au travail étant de prévenir les maladies et les accidents professionnels, le premier choix en matière de protection ne doit pas porter sur les ÉPI. Ceux-ci, en effet, n'empêchent pas les accidents et n'éliminent pas les dangers. Ils n'influent aucunement sur les activités de contrôle avant l'exposition. Ils ne font que réduire au minimum l'exposition et diminuer la gravité des blessures ou des maladies possibles. Les ÉPI constituent une bonne stratégie de maîtrise des risques au moment de l'exposition. Mais, même bien utilisés, ils ne seront jamais pleinement efficaces sans la connaissance et la collaboration du travailleur. Les ÉPI constituent dans la pratique les derniers moyens de protection.


Exemple d'une liste de vérification d'un programme d'ÉPI

Le responsable du programme d'ÉPI devrait tenir compte des éléments suivants :

Conception d'un programme d'ÉPI

  • Assurer la « hiérarchie des mesures de maîtrise » des risques, comme l'élimination, la substitution, les mesures d'ingénierie et les mesures administratives, qui doivent être appliquées en premier lieu. L'ÉPI demeure une mesure de dernier recours.
  • Obtenir la participation active de tous les intéressés.
  • Veiller à la désignation d'un responsable de programme.
  • Procéder à la mise en place graduelle du programme selon un calendrier établi.
  • Réévaluer le programme de façon continue.

Stratégie de promotion

  • Faire connaître l'engagement de la direction à l'égard du programme.
  • Veiller à l'adoption par l'entreprise d'une politique claire et concise.
  • Évaluer le programme de sensibilisation.

Évaluation des lieux de travail

  • Étudier les pratiques de travail, les méthodes de travail, le matériel et l'aménagement des installations.
  • Recourir à des techniques d'analyse des risques professionnels afin d'intégrer à certaines opérations des principes et des pratiques de santé et de sécurité reconnus.

Choix des ÉPI

  • Choisir des ÉPI correspondant aux dangers.
  • Demander conseil sur les meilleurs choix possibles.
  • Procéder à des tests en milieu de travail.
  • Tenir compte du confort des ÉPI.
  • Évaluer les coûts de leur utilisation.
  • Veiller à ce qu'ils correspondent aux normes (p. ex., CSA, ONGC, NIOSH, ANSI).

Ajustement et utilisation

  • Veiller à ce que l'ajustement individuel des ÉPI fasse partie du programme.
  • Vérifier auprès des travailleurs qu'ils portent correctement les ÉPI.

Entretien

  • Veiller à ce que les travailleurs sachent comment procéder régulièrement à l'entretien et à l'inspection de leurs ÉPI.
  • Veiller à ce que les travailleurs puissent reconnaître les problèmes ou les défauts de leurs ÉPI pendant l'inspection préalable ou pendant qu'ils portent/utilisent leurs ÉPI.

Formation

  • Voir à ce que tous les utilisateurs, les superviseurs, les responsables du choix, de l'achat et de l'entreposage des ÉPI reçoivent une formation.

Soutien

  • Veiller à ce que des programmes de sensibilisation soient offerts de façon continue.

Vérification du programme

  • Évaluer le programme au moins une fois l'an.
  • Comparer les dossiers de production et les registres de sécurité.

Responsabilités des travailleurs :

Utilisation des ÉPI appropriés

  • Veiller à porter les ÉPI convenant à la tâche. En cas de doute, s'adresser au responsable de la sécurité.

Entretien et inspection

  • Inspecter les ÉPI avant et après chaque utilisation.
  • Prendre soin des ÉPI en tout temps.
  • Nettoyer tous les ÉPI après usage.
  • Réparer ou remplacer les ÉPI brisés ou endommagés.
  • Ranger les ÉPI dans un endroit propre et sec, à l'abri des rayons du soleil et des contaminants.

Formation

  • S'assurer que l'on a reçu une formation sur la façon d'ajuster, de porter et d'entretenir les ÉPI.
  • S'assurer que le programme de formation explique bien quand porter des ÉPI, lesquels porter et pour quelles raisons.

Dernière mise à jour du document le 6 janvier 2011

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