Les travailleurs devraient utiliser un appareil respiratoire pour se protéger contre les polluants qui se trouvent dans l'air seulement lorsqu'il n'est pas possible ou pratique dans les circonstances de faire autrement pour limiter les risques. Les appareils respiratoires ne sont pas un premier choix pour protéger les travailleurs. Ils ne devraient servir que dans les cas suivants :
Les voies respiratoires risquent d'être endommagées lorsque l'air renferme des polluants sous forme de contaminants biologiques, de poussières, de fumées ou de gaz, ou lorsque l'atmosphère est pauvre en oxygène. Il faut savoir qu'il est possible que plus d'un risque respiratoire soit présent au même moment. Après les étapes de l'élimination et de la substitution, la meilleure façon de protéger les travailleurs contre l'exposition aux contaminants aériens dangereux est de mettre en place des mesures d'ingénierie bien conçues et bien entretenues. Ces mesures comprennent :
Des mesures administratives peuvent aussi être ajoutées aux mesures d'ingénierie. On pourra par exemple limiter la durée d'exposition des employés qui travaillent dans les zones où l'air est contaminé en modifiant leurs horaires ou en adaptant autrement leur travail. L'efficacité de ce genre de mesure est parfois très limitée du fait que le risque n'est pas éliminé. Les mesures administratives ne connaissent pas beaucoup de faveur parce qu'elles sont souvent difficiles à implanter ou à maintenir et qu'elles ne sont pas fiables.
Certains types d'atmosphères contiennent des concentrations de substances dangereuses qui peuvent mettre le travailleur en situation de danger immédiat en compromettant la capacité du travailleur à évacuer la zone de travail (par lui-même) ou en causant d'éventuels dommages irréversibles sur la santé, notamment des blessures graves ou la mort, en quelques minutes seulement.
Certaines conditions particulières sont considérées comme un « danger immédiat pour la vie ou la santé » (DIVS). Parmi celles-ci figurent :
Pour déterminer le niveau de DIVS d'un contaminant, consulter le guide de poche du NIOSH sur les produits chimiques intitulé « NIOSH Pocket Guide to Chemical Hazards » (disponible en anglais seulement).
Adaptation tirée du document de WorkSafe BC intitulé « Breathe Safer » (disponible en anglais seulement).
Les employeurs devraient mettre par écrit leur programme de protection des voies respiratoires, décrivant la marche à suivre dans le choix et l'emploi des appareils respiratoires appropriés, car ces deux aspects sont aussi importants l'un que l'autre. Certaines parties du programme traiteront donc du genre de danger qui existe et de la protection dont les travailleurs ont besoin; d'autres parties décriront la façon de porter et d'entretenir les appareils respiratoires.
Sans un programme complet de protection des voies respiratoires, les travailleurs n'obtiendront sans doute pas toute la protection possible, même si le bon appareil a été choisi pour la tâche qu'ils effectuent. Les éléments suivants feront partie du programme de protection des voies respiratoires :
Un médecin devrait vérifier la forme physique et psychologique des travailleurs appelés à porter des appareils respiratoires avant qu'ils ne soient affectés à des zones où ces appareils sont nécessaires. La forme physique et la disposition psychologique du travailleur doivent en effet lui permettre de porter l'appareil pour effectuer ses tâches sans être trop incommodé ni se sentir claustrophobique.
L'étanchéité du masque d'un appareil respiratoire peut être détruite par une barbe (même de deux jours), des favoris, des lunettes, des cicatrices ou des éruptions cutanées qui empêchent le rebord du masque de bien s'adapter au visage. Si l'étanchéité du masque est compromise, l'air pourrait s'infiltrer dans le masque, empêchant ainsi le porteur d'obtenir la protection nécessaire.
Les principaux genres d'appareils respiratoires sont les appareils d'épuration d'air et les appareils à adduction d'air.
Les appareils d'épuration d'air filtrent l'air vicié et retiennent les particules de poussières, de fumées, de brouillards, et ainsi de suite. Certains d'entre eux peuvent également retenir des gaz et des vapeurs au moyen d'un sorbant situé dans une cartouche. Ces appareils ne doivent pas avoir de jeu et ils prennent diverses formes comme les suivantes :
Les appareils munis d'un masque complet empêchent également les yeux d'être exposés aux produits chimiques irritants.
Les appareils à adduction d'air apportent de l'air frais au moyen d'une tuyau flexible relié soit à une bouteille d'air comprimé, soit à un ventilateur situé hors de la zone de travail. L'air frais ainsi apporté doit répondre à certaines normes de pureté et d'humidité (voir la norme CSA Z180.1-00 (C2010), Air comprimé respirable et systèmes connexes).
Les tuyaux souples qui apportent l'air frais aux appareils à adduction d'air peuvent avoir un point d'arrivée plus ou moins ajusté au porteur, par exemple un demi-masque ou un couvre-face étanche, une cagoule ou un casque couvrant la tête et le cou, ou encore un couvre-face aux parois souples en caoutchouc ou en tissu.
Ces appareils appartiennent aux catégories suivantes :
Appareils d'épuration d'air :
Appareils à adduction d'air :
Les caractéristiques des appareils respiratoires autonomes et de ceux qui sont reliés à une source d'air frais par un tuyau flexible peuvent être combinées pour permettre au porteur de travailler de façon soutenue dans une atmosphère pauvre en oxygène ou contaminée par des polluants toxiques. Si la source d'air externe faisait défaut, le travailleur pourrait faire appel à la réserve de son appareil autonome pour quitter les lieux.
Il existe aussi des appareils combinant les caractéristiques de l'épuration de l'air vicié et de l'adduction d'air frais. À condition d'avoir été bien choisi, le dispositif d'épuration d'air pourra servir d'appoint en cas de panne du dispositif d'adduction d'air frais. Ces appareils ne peuvent toutefois pas servir dans des atmosphères pauvres en oxygène ou renfermant une concentration de polluant supérieure à la limite fixée comme présentant un danger immédiat pour la vie ou la santé (DIVS).
Comme les filtres capturent des particules, il vaut mieux faire preuve de prudence et toujours vérifier qu'ils ne sont pas colmatés, car une telle situation rendrait le passage de l'air plus difficile et augmenterait la probabilité que de l'air vicié s'infiltre à l'intérieur du masque. Les cartouches peuvent également se « remplir » ou arriver à saturation. Le cas échéant, elles ne feront plus leur travail, et on parlera alors de « claquage », terme qui signifie que les gaz et les vapeurs pourront s'infiltrer à travers la cartouche. Les cartouches et les filtres doivent être remplacés régulièrement, selon les recommandations du fabricant (habituellement déterminées par la détectabilité ou l'indicateur de fin de vie utile).
Neuf classes de filtres à particules ont été établies, en fonction du matériau particulaire. Les filtres sont également classés selon leur résistance à l'huile et leur efficacité de filtration. L'huile peut causer la dégradation de certains types de filtres; par conséquent, il est important de connaître à tout moment les matériaux avec lesquels vous travaillez et de toujours choisir la bonne cartouche pour votre appareil de protection respiratoire.
Voici les principales catégories de filtres :
Il est tout aussi important de bien choisir le filtre et la cartouche utilisés.
Les filtres sont fabriqués à partir d'un matériel conçu pour emprisonner les particules pendant que vous respirez. Les cartouches contiennent un matériau qui absorbe les gaz et les vapeurs. Il est très important de s'assurer d'utiliser le bon filtre ou la bonne cartouche qui correspond aux produits chimiques ou aux substances présentes dans le milieu de travail.
Le choix d'un appareil respiratoire est une question complexe qui devrait être confiée à des professionnels de la sécurité expérimentés ou à des hygiénistes du travail qui connaissent bien le milieu de travail où ces appareils doivent servir. Ils devront d'abord évaluer tous les facteurs pertinents, y compris les limites de chaque genre d'appareil respiratoire.
Ne procédez au choix d'un appareil respiratoire qu'en présence des conditions suivantes :
Les situations possibles sont trop nombreuses pour être toutes prévues, mais les professionnels de la sécurité et les hygiénistes du travail suivront une logique comme la suivante dans leur choix d'un appareil respiratoire approprié :
Consultez les FS/FDS pour plus d'information sur les exigences concernant un risque respiratoire en particulier. La norme CSA Z94.4-11, « Selection, Use and Care of Respirators » décrit plus en détail un modèle de décision logique de choix d'appareils respiratoires. Veuillez noter que cette nouvelle version de la norme n'est disponible qu'en anglais pour l'instant.
Communiquez avec les autorités publiques chargées d'hygiène et sécurité du travail dans votre région pour plus d'information sur leurs exigences en matière de protection des voies respiratoires. Au Canada, les gens peuvent aussi communiquer avec l'Association canadienne de normalisation (CSA) au 416 747-4044 ou au 1 800 463-6727 pour acheter un exemplaire de la norme Z94.4-11, portant sur le choix, l'utilisation et l'entretien des appareils respiratoires.
Dernière mise à jour du document le 1 mars 2012
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