On pense ordinairement que la violence est strictement une question d'agression physique, mais cette question revêt un aspect beaucoup plus étendu en milieu de travail. Il faut alors considérer qu'il y a violence dans tous les cas comme les suivants, où une personne se sent maltraitée, menacée, intimidée ou agressée dans le contexte de son travail :
La violence en milieu de travail peut prendre des formes aussi diverses que les rumeurs, les jurons, les injures, les mauvais coups, les chicanes, les dommages matériels, le vandalisme, le sabotage, la bousculade, le vol, l'agression physique ou psychologique, les accès de colère, le viol, l'incendie volontaire et le meurtre.
On peut considérer qu'il y a violence reliée au travail même si l'employé ne se trouve pas sur ses lieux de travail ordinaires. La violence peut en effet survenir lorsqu'un employé travaille hors les lieux, qu'il agit à titre professionnel ailleurs qu'au travail (p. ex. conférences, foires commerciales), qu'il assiste à des mondanités reliées au travail, qu'il se trouve chez un client ou qu'il est à domicile lorsque survient un incident relié à son travail (p. ex. menaces adressées par un client au téléphone).
Il y a des procédés, des relations et d'autres facteurs professionnels qui augmentent le risque de violence en milieu de travail. Citons comme exemples :
Le risque de violence peut être plus grand à certaines heures du jour ou de la nuit ou à certains temps de l'année, par exemple :
Le risque de violence peut augmenter selon l'emplacement du lieu de travail, par exemple :
Certaines professions, comme les suivantes, ont tendance à présenter un risque de violence plus élevé que les autres :
Prendre connaissance des antécédents de violence sur ce lieu de travail particulier.
Évaluer les antécédents de violence dans des lieux de travail semblables.
Communiquer avec les autorités législatives pour voir si des articles de législation particuliers sur la violence en milieu de travail s'appliquent dans ce cas.
Organisez et analysez l'information que vous avez recueillie. Cherchez des tendances et identifiez des tâches et des emplacements que vous considérez plus exposés aux risques. Enregistrez les résultats de votre évaluation et utilisez ce document pour mettre au point un programme de prévention renfermant des recommandations spécifiques pour réduire le risque de violence dans votre milieu de travail.
La plus importante partie de tout programme de prévention de la violence en milieu de travail est l'engagement de la direction. Pour bien faire, cet engagement devrait être exprimé sous forme d'une politique écrite qui présente les aspects suivants :
Une politique écrite informe les employés sur ce qui suit :
Une telle politique sert aussi à encourager les employés à déclarer les incidents et elle démontre l'engagement de la direction à intervenir en cas de violence, de harcèlement ou d'autre comportement inacceptable. Certains employeurs, désirant faire mieux que de répondre strictement aux exigences, ajoutent à leur politique un article concernant le « harcèlement personnel ». Ce genre de harcèlement est couvert par la définition d'usage – comportement qui abaisse, humilie ou gêne une personne – mais il n'est pas visé par la législation sur les droits de la personne qui spécifie le harcèlement fondé sur la race, l'origine ethnique, la religion, le sexe, etc.
Les mesures préventives se classent ordinairement en trois catégories : conception des lieux de travail, pratiques administratives et pratiques de travail.
La conception des lieux de travail traite de facteurs comme l'aménagement, la disposition, l'emploi d'affiches, le verrouillage ou les obstacles physiques, l'éclairage et la surveillance électronique. La sécurité des immeubles est un domaine où les questions de conception sont très importantes. Il faut, par exemple, considérer ce qui suit :
Les pratiques administratives découlent des décisions que vous prenez sur la conduite de vos affaires. Par exemple, si vous désirez réduire le risque occasionné par la manutention d'argent comptant, vous pouvez adopter des pratiques administratives comme les suivantes :
Les pratiques de travail concernent la façon dont vous vous y prenez pour exécuter votre travail. Les gens qui ne travaillent pas dans un milieu conventionnel, par exemple les agents d'immeubles et les gens qui donnent des soins à domicile, peuvent adopter différentes pratiques de travail, comme les suivantes, pour réduire le risque :
Dans la plupart des administrations canadiennes, la législation santé sécurité au travail comprend une disposition de « devoir général de diligence » voulant que les employeurs prennent toutes les précautions raisonnables pour protéger la santé et la sécurité de leurs employés. Vous trouverez des renseignements additionnels à ce sujet dans notre document Réponses SST intitulé Législation en matière d'HST – Diligence raisonnable. Cette disposition comprendrait la protection des employés contre un risque connu de violence en milieu de travail.
Les provinces qui ont des règlements précis sur la prévention de la violence en milieu de travail comprennent l'Alberta, la Colombie-Britannique, la Saskatchewan, le Manitoba, l'Ontario, la Nouvelle-Écosse, l'Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve-et-Labrador, ainsi que les milieux de travail sous réglementation fédérale (les organismes visés par le Code canadien du travail, Partie II). Le Québec a adopté une loi qui interdit le « harcèlement psychologique », ce qui peut comprendre plusieurs formes de violence au travail. De nombreux gouvernements ont aussi adopté des lois qui régissent les employés qui travaillent seul. Certaines de ces lois ont peut-être des dispositions sur la prévention de la violence en milieu de travail. Ontario a aussi adopté des dispositions législatives précises en matière de harcèlement.
Pour obtenir une liste des références précises à la violence dans les lois canadiennes, veuillez consulter le sommaire sur la violence en milieu de travail. (Remarque : Il ne vous en coûtera rien pour voir la liste, mais vous devrez obtenir un abonnement pour consulter la loi.)
Aux États-Unis, il y a une « General Duty Clause » dans la « Occupational Safety and Health Act » qui comprendrait le risque reconnu de violence en milieu de travail.
La Californie a de la législation sur la prévention des blessures au travail et une loi spécifique pour combattre la violence dans les hôpitaux. L'état de Washington et la Floride ont des lois sur la protection contre certains genres de violence dans le commerce au détail.
La plupart des administrations Nord-américaines ont aussi de la législation contre le harcèlement, les menaces et l'agression physique.
Cette liste ne saurait être complète. Communiquez avec les autorités de votre région pour savoir quelles sont les lois spécifiquement applicables à la violence dans l'administration dont vous relevez.
Bien des législations internationales santé sécurité comprennent aussi une clause de «Responsabilité générale» voulant que les employeurs protègent leurs employés contre les risques reconnus.
Le CCHST a produit un document intitulé Guide de prévention de la violence en milieu de travail. Ce guide a été préparé pour toute personne qui désire se renseigner sur la violence en milieu de travail et sur les moyens de la prévenir. Il est particulièrement utile pour les personnes qui participent à l'élaboration de programmes de prévention de la violence en milieu de travail.
Nous avons aussi développé trois cours en ligne basés sur ce guide. Ces cours sont intitulés:
La violence en milieu de travail – Sensibilisation (Gratuit)
La violence en milieu de travail – Établir un programme de prévention
La violence en milieu de travail – Reconnaître les risques et prendre les mesures appropriées
Dernière mise à jour du document le 18 janvier 2012
Droit d'auteur ©1997-2012 Centre canadien d'hygiène et de sécurité au travail