Données nationales sur les blessures et prévention fondée sur des données probantes : entrevue avec Janet MacEachern
Introduction : Ce balado vous est présenté par le Centre canadien d'hygiène et de sécurité au travail.
Le CCHST est situé sur les territoires traditionnels des peuples Érié, Neutre, Huron-Wendat, Haudenosaunee et Mississauga. Ce territoire est couvert par le traité du bol à une seule cuiller (Dish With One Spoon Wampum Belt Covenant), une entente entre les Haudenosaunee et les Anishinabek visant à partager et à prendre soin des ressources autour des Grands Lacs. Nous reconnaissons également que ce territoire est couvert par l'achat entre les lacs (Between the Lakes Purchase) de 1792, conclu entre la Couronne et les Mississaugas de la Première Nation de Credit.
Ashley : Bonjour et bienvenue à En toute sécurité avec le CCHST. Nous recevons aujourd'hui Janet MacEachern, directrice générale de l'Association des commissions des accidents du travail du Canada (ACATC). Janet dirige les efforts nationaux visant à promouvoir l'excellence en matière d'indemnisation des travailleurs grâce à la collaboration, à la gestion des données et à l'échange de connaissances entre les commissions provinciales et territoriales du Canada. Elle est avec nous aujourd'hui pour discuter des tendances nationales en matière de blessures au travail et de la façon dont les milieux de travail peuvent utiliser ces données pour soutenir la prévention à l'échelle locale. Janet, merci beaucoup d'être avec nous.
Janet : Merci beaucoup, Ashley. Je suis très heureuse et privilégiée d'avoir été invitée à participer à ce balado aujourd'hui. Chaque occasion de collaborer avec le CCHST est toujours la bienvenue pour nous.
Ashley : Nous sommes ravis de l'entendre. Votre organisation joue un rôle clé dans la collecte et le partage de données entre les différentes administrations. Pouvez-vous nous expliquer ce que ces données comprennent?
Janet : Absolument. À l'Association des commissions des accidents du travail du Canada, ou ACATC, nous regroupons les données provenant des 12 commissions provinciales et territoriales des accidents du travail afin de dresser un portrait véritablement national de la situation. Ces données comprennent principalement des indicateurs liés aux réclamations, comme la fréquence des blessures, les demandes d'indemnisation acceptées avec perte de temps de travail, les décès professionnels reconnus, les résultats liés au retour au travail et la durée des réclamations. Nous examinons également des indicateurs financiers, notamment les prestations versées, les coûts administratifs et le financement global du système. Par l'entremise de notre Programme national de statistiques sur les accidents du travail, ou programme NWISP, nous recueillons aussi des renseignements plus détaillés et nuancés sur les blessures et maladies professionnelles dans différents secteurs d'activité et professions. Les données sont ventilées selon divers facteurs.
Ashley : D'accord.
Janet : Par exemple, selon l'âge, le genre, le type de blessure et même la partie du corps touchée. À l'ACATC, notre rôle consiste à recueillir, à normaliser et à diffuser cette information afin qu'elle puisse être comparée d'une administration à l'autre. Cette uniformité permet aux employeurs, aux décideurs et aux professionnels de la santé et de la sécurité de repérer les tendances, de mieux comprendre les risques et de soutenir des efforts de prévention fondés sur des données probantes dans leur propre contexte. Bien que nous ne développions pas nous-mêmes les politiques de prévention, nous fournissons cette base essentielle qui permet à d'autres de transformer les données en actions concrètes.
Ashley : Oui, il s'agit d'une information extrêmement importante à recueillir et à partager. Parlez-nous un peu plus de la prévention fondée sur des données probantes. Qu'est-ce que cela signifie concrètement?
Janet : Essentiellement, la prévention fondée sur des données probantes consiste à utiliser de l'information fiable pour orienter les décisions plutôt que de s'appuyer sur des suppositions. Par exemple, lorsque les employeurs ou les décideurs constatent des taux de blessures plus élevés dans un secteur particulier, ou des tendances liées à certains types de blessures, ils peuvent concentrer leurs efforts là où ils auront le plus d'impact. Il s'agit d'utiliser ces connaissances pour mieux comprendre les risques et prendre des mesures ciblées, qu'il s'agisse d'adapter la formation, d'améliorer les pratiques en milieu de travail ou de renforcer les approches de retour au travail. En fin de compte, cela permet de s'assurer que les stratégies de prévention reposent sur des données réelles et qu'elles sont plus efficaces.
Ashley : Je comprends. Quelles sont certaines façons pour les employeurs et les représentants en santé et sécurité d'utiliser les données plus efficacement?
Janet : Excellente question. Il existe plusieurs moyens concrets d'améliorer leur approche. Tout d'abord, l'analyse comparative. Les employeurs peuvent utiliser les données nationales et celles de leur administration pour comprendre comment leur organisation se compare aux autres en ce qui concerne les taux de blessures ou la durée des réclamations. Cela permet de cerner les écarts. Deuxièmement, l'analyse des tendances. Il s'agit d'examiner leurs propres données au fil du temps afin de repérer les problèmes récurrents ou les risques émergents. Une fois ces tendances identifiées, ils peuvent déterminer ce qu'il faut faire différemment. Il est particulièrement important de surveiller les risques émergents afin de les détecter avant qu'ils ne se traduisent par une augmentation des blessures. Enfin, il y a l'action ciblée. Les employeurs peuvent utiliser des renseignements comme le type de blessure, la cause ou la partie du corps touchée pour adapter leurs programmes de sécurité et leur formation. L'essentiel est de passer de la simple collecte de données à leur utilisation active pour orienter les décisions, que ce soit pour améliorer les programmes de retour au travail ou pour concentrer les efforts sur les postes à risque élevé.
Ashley : Oui, c'est logique. Comment les commissions des accidents du travail, les employeurs et les autres partenaires partout au pays peuvent-ils travailler ensemble pour améliorer les résultats?
Janet : C'est une question cruciale, et tout repose sur la collaboration. Les commissions des accidents du travail fournissent les données ainsi que les analyses à l'échelle du système. Les employeurs et les professionnels de la santé et de la sécurité apportent leur expérience de première ligne. Les chercheurs, les décideurs et le milieu universitaire peuvent ensuite contribuer à transformer ces constats en mesures concrètes. En partageant les données entre les différentes administrations, tout en tenant compte des différences législatives ou sectorielles, nous pouvons cerner les tendances nationales et apprendre des succès de chacun. Ce type de collaboration favorise des approches plus cohérentes, de meilleures stratégies de prévention et, ultimement, de meilleurs résultats pour les travailleurs partout au Canada.
Ashley : C'est vraiment ce qui compte, au bout du compte.
Janet : Exactement.
Ashley : S'il y avait un seul message à retenir aujourd'hui pour nos auditeurs, quel serait-il?
Janet : C'est un sujet dont nous pourrions parler pendant une heure ou plus tellement il est important. Mais s'il y avait un point à retenir, ce serait que l'accès à une information fiable et comparable est essentiel à l'amélioration de la santé et de la sécurité au travail. Lorsque les données sont normalisées, comme nous le faisons à l'ACATC, et partagées entre les administrations, elles fournissent aux employeurs, aux décideurs ainsi qu'aux professionnels de la santé et de la sécurité les renseignements dont ils ont besoin pour prendre des décisions éclairées. Et ces décisions éclairées permettent ensuite de prendre des mesures significatives qui produisent des résultats positifs. À l'ACATC, notre rôle consiste à offrir cette perspective nationale afin d'aider les autres à mieux comprendre ce qui se passe, ainsi qu'à déterminer où les efforts auront le plus grand impact et dans quelle direction ils devraient être orientés. En fin de compte, tout cela vise à favoriser des milieux de travail plus sûrs et plus sains partout au pays. Et j'aimerais ajouter une dernière chose. Pour les personnes qui souhaiteraient en apprendre davantage sur ce que nous pouvons offrir, je les encourage à visiter notre site Web au awcbc.org. Nous y présentons une quantité impressionnante de données. Notre section L'année en bref permet notamment de mieux comprendre la situation actuelle à l'échelle des administrations et du pays. De nombreuses ressources sont également accessibles au public. Les gens peuvent aussi communiquer directement avec notre personnel. Nous pouvons les aider à répondre à des besoins particuliers en matière de données afin de soutenir leurs initiatives de prévention et leurs programmes de santé et de sécurité. Nous sommes là pour aider, et toutes ces ressources sont offertes gratuitement.
Ashley : Absolument. N'hésitez pas à profiter de ces excellentes ressources. Janet, merci beaucoup d'avoir été avec nous aujourd'hui et d'avoir partagé votre expertise.
Janet : Merci, Ashley. J'apprécie énormément cette occasion.
Ashley : Pour en savoir plus sur la prévention des incidents et sur tout ce qui touche la santé et la sécurité au travail, visitez notre site Web à cchst.ca. Merci de votre écoute et prenez soin de vous.