« Sit, Stand, Stretch: Preventing Repetitive Strain Injuries at Work »
Ashley: Bonjour et bienvenue au tout premier épisode de Sain et sauf avec le CCHST! Après plus de 230 épisodes, nous avons relancé le balado phare du CCHST avec une nouvelle formule. De nombreux épisodes seront également disponibles dans un nouveau format visuel sur YouTube, alors n’hésitez pas à nous y rejoindre. Aujourd’hui, nous parlons de la prévention des lésions attribuables au travail répétitif. Nos spécialistes techniques reçoivent de nombreuses questions sur ces lésions très courantes, qui peuvent survenir dans les bureaux, les points de vente au détail, les installations de fabrication et bien d’autres lieux de travail.
Elaine: C’est exact. Le corps n’est pas vraiment conçu pour rester dans la même position pendant des heures, que l’on passe la majeure partie de la journée assis ou debout. Mais bouger trop peut aussi être mauvais – répéter sans cesse le même mouvement peut être néfaste. Les petits mouvements finissent par avoir un effet cumulatif, surtout lorsque les travailleurs ne bénéficient pas de pauses pour récupérer.
Ashley:Et pour les employeurs et les représentants en santé et sécurité, ces lésions sont importantes, car elles ont une incidence sur le bien-être, la productivité et, dans certains cas, sur la santé à long terme et l’absentéisme. Alors, en quoi consiste exactement une lésion attribuable au travail répétitif? Discutons-en.
Elaine: Les « lésions attribuables au travail répétitif » ou « LATR » sont parfois aussi appelées « lésions dues à des mouvements répétitifs » et constituent un type de lésion musculo-squelettique. Elles touchent les muscles, les tendons ou les nerfs – en somme, les parties du corps qui nous permettent de bouger. Les LATR apparaissent au fil du temps en raison d’une sollicitation excessive de certaines parties du corps. Les premiers symptômes sont souvent un inconfort ou une fatigue ressentis pendant un quart de travail et peuvent devenir plus pénibles ou persistants si rien n’est fait pour y remédier. D’où l’importance pour les employeurs et les travailleurs de reconnaître les signes de ces LATR, et pour les travailleurs de signaler rapidement tout problème.
Ashley: Ainsi, un exemple de tâche répétitive pourrait être, disons, le chargement et le déchargement manuels de palettes. Comment les employeurs pourraient-ils réduire le risque de lésions attribuable à des mouvements répétitifs dans ce cas précis?
Elaine: Oui, tout à fait. Alors, s’il n’est pas possible d’éliminer l’aspect manuel du chargement ou du déchargement grâce à l’automatisation, on pourrait réduire le nombre de boîtes chargées par palette ou demander aux travailleurs de changer de tâche après avoir chargé un certain nombre de boîtes. Les employeurs devraient également veiller à ce que le travail soit entrecoupé de tâches nécessitant différents types de mouvements, et à ce que les travailleurs prennent régulièrement des pauses.
Ashley: Et, comme nous le mentionnions, plus tôt les employeurs et les travailleurs reconnaissent et signalent les signes de LATR, plus il est facile d’y remédier.
Elaine: Oui, exactement. Ces lésions ont tendance à s’aggraver avec le temps en raison, par exemple, de mouvements répétitifs ou d’un rythme de travail qui ne laisse pas le temps de récupérer. Certaines postures inconfortables ou maintenues trop longtemps, que ce soit debout ou assis, peuvent également contribuer à l’apparition de LATR.
Ashley: Parlons maintenant du fait de rester debout au travail. La position debout est naturelle pour le corps, mais rester debout pendant de longues périodes peut entraîner des douleurs aux pieds, une enflure des jambes et des pieds, des raideurs au niveau du cou et du dos, ainsi qu’une fatigue générale. Cela concerne notamment les employés des commerces de détail, les opérateurs de machines ou les travailleurs sur les chaînes de montage, c’est-à-dire tout métier qui nécessite de rester longtemps debout et qui peut limiter la liberté de mouvement.
Elaine: Il s’agit là d’un facteur clé. L’aménagement des postes de travail et les exigences liées aux tâches limitent souvent les positions du corps, ce qui empêche les travailleurs de changer facilement de muscles sollicités ou de posture.
Ashley: Alors, qu’est-ce qui peut aider? Comment les employeurs peuvent-ils améliorer la sécurité et le confort de ces travailleurs?
Elaine:Prévoir des surfaces de travail réglables est essentiel. La possibilité de modifier la hauteur d’une surface aide les travailleurs à conserver une posture équilibrée.
Ashley: Et pour les tâches qui exigent de rester debout, le fait de disposer d’un endroit où s’asseoir de temps en temps peut faire toute la différence. Le simple fait de s’asseoir pour effectuer quelques tâches peut contribuer à réduire la fatigue.
Elaine:On peut également encourager les travailleurs à répartir leur poids à l’aide d’un repose-pieds ou d’une barre d’appui, à se placer directement face à l’objet de leur travail et à organiser leurs outils de manière à ce qu’ils soient à portée de main.
Ashley: Les chaussures et le revêtement de sol ont aussi leur importance. Des semelles rembourrées, des chaussures bien ajustées ainsi qu’un revêtement de sol ou des tapis adaptés peuvent tous contribuer à réduire la tension sur les articulations et les muscles.
Elaine:Parlons un instant de la position assise. Outre le fait que le travail assis est moins physique, on ne considère pas toujours la position assise comme un risque pour la santé. Même si des lésions attribuables au travail répétitif peuvent survenir à force de rester debout trop longtemps au travail, rester assis pendant de longues périodes peut également entraîner des lésions musculo-squelettiques.
Ashley: Tout à fait. Lorsque vous êtes assis, les muscles du cou, des épaules et du dos maintiennent le corps en position verticale. Lorsqu’ils doivent maintenir une position fixe pendant trop longtemps, ces muscles se fatiguent et la circulation sanguine ralentit. Cela peut entraîner une impression d’inconfort, des raideurs, voire parfois des engourdissements dans les jambes ou l’apparition de varices.
Elaine:Une grande partie de la solution réside dans l’organisation du travail de manière à ce que les personnes ne restent pas assises sans bouger pendant de longues périodes. Idéalement, pour chaque période de 40 à 50 minutes passées en position assise, il faudrait prévoir cinq minutes de marche ou d’activité modérée.
Ashley: Et la formation est utile. Les travailleurs doivent savoir comment régler leur chaise et leur poste de travail (ou à qui s’adresser pour obtenir de l’aide), et quand changer de position.
Elaine: Bien sûr.
Ashley: Un aspect qui revient souvent lorsqu’on parle d’ergonomie et de prévention des lésions attribuables au travail répétitif, c’est la conception des tâches. Il ne s’agit pas seulement de la posture, mais aussi de la manière dont le travail est organisé.
Elaine: Oui. Le meilleur moyen de prévenir les lésions attribuables au travail répétitif est de s’attaquer à la source même du danger. Pour ce type de lésions, cela signifie souvent réduire la répétition des gestes et les positions fixes du corps grâce à une bonne conception des tâches.
Ashley: Comment cela se traduit-il concrètement?
Elaine: Il peut s’agir d’alterner les tâches entre les employés, d’introduire davantage de variété dans les activités professionnelles ou d’accorder plus d’autonomie aux employés afin qu’ils puissent prendre des pauses avant de ressentir de l’inconfort.
Ashley: Ou, dans certains lieux de travail, cela pourrait signifier utiliser de l’équipement pour effectuer certaines tâches très répétitives.
Elaine: Tout à fait. La mécanisation peut être une option, si cela convient au travail.
Ashley: Et n’oublions pas la formation. Les travailleurs doivent savoir comment adapter leur poste de travail et comprendre l’importance des pauses, surtout lorsque leurs tâches sont répétitives.
Elaine: 100 % d’accord. Donc, pour résumer : prévenir les lésions attribuables au travail répétitif ne se résume pas à demander aux travailleurs d’améliorer leur posture ou de se tenir différemment. Il s’agit plutôt de leur fournir le bon équipement, de bien aménager leur poste de travail et de leur proposer suffisamment de variété dans leurs tâches.
Ashley: Et pour les employeurs et les représentants en santé et sécurité, le point essentiel à retenir est que bon nombre de ces risques peuvent être évités grâce à une bonne conception des tâches, à des pratiques de travail adaptées et à la formation. De petits changements peuvent grandement contribuer à assurer le confort, la productivité et la santé des travailleurs sur le long terme.
Elaine: Absolument.
Ashley: Voilà pour cet épisode. Vous trouverez de nombreux renseignements sur les lésions attribuables au travail répétitif, l’ergonomie et bien d’autres sujets sur notre site web, CCHST.ca. Merci d’avoir été des nôtres. Soyez prudents!