Les moisissures et les champignons sont des éléments naturels de l'environnement et jouent un rôle essentiel dans la décomposition des feuilles, des arbres et des débris végétaux. Ces microorganismes peuvent pénétrer directement dans un bâtiment ou encore s'y introduire sous la forme de spores en suspension dans l'air. Dans une maison ou un bâtiment, les moisissures et les champignons se logeront généralement sur les murs, les cloisons sèches telles que plaques ou enduits de plâtre et panneaux Sheetrock®, le mobilier, les tissus, le papier peint, les tentures, les carreaux d'un revêtement de plafond ainsi que les tapis et les moquettes.
L'humidité est l'élément vital de la croissance des champignons et des moisissures. C'est pourquoi on les retrouve si souvent au sous-sol, dans la cuisine et dans la salle de toilette.
Dans les bâtiments modernes, la présence de moisissure peut être causée par divers facteurs, notamment :
*Dans le répertoire Réponses SST, le terme moisissure désigne indistinctement les champignons, les levures, le mildiou et tous les types de moisissures.
Bien qu'il puisse être intéressant de déterminer le type de moisissures observées dans un bâtiment, leur identification n'est en aucun cas nécessaire. Le Centers for Disease Control and Prevention (CDC) indique que toutes les moisissures doivent être traitées de la même façon en ce qui concerne les risques qu'elles posent pour la santé et la façon de les éliminer.
Voici les types de moisissures les plus couramment relevées dans les maisons et les bâtiments :
La présence de moisissures ne se traduit pas toujours par l'apparition de problèmes de santé. Toutefois, l'inhalation des particules ou des spores de moisissures ou encore des moisissures elles-mêmes peut causer des problèmes de santé, aggraver une maladie ou détériorer l'état de santé de certaines personnes.
De plus, un bon nombre de ces moisissures produisent des mycotoxines : ce sont des métabolites ou des produits de transformation issus des moisissures qui sont reconnus toxiques chez l'être humain. Ces toxines peuvent, avec le temps, affaiblir le système immunitaire et entraîner allergies et difficultés respiratoires.
De façon générale, les symptômes les plus courants sont les suivants :
Les moisissures peuvent aussi exacerber les symptômes d'allergies, notamment la respiration sifflante, la gêne respiratoire, l'essoufflement de même que la congestion nasale et l'irritation oculaire. Les personnes immunodéprimées ou ayant récemment subies une intervention chirurgicale sont habituellement plus susceptibles d'éprouver des problèmes de santé attribuables aux moisissures.
En présence d'humidité, les moisissures peuvent se développer dans n'importe quel endroit et sur n'importe quelle matière ou presque. C'est pourquoi la meilleure manière de les prévenir consiste à réduire le degré d'humidité.
Le degré optimal d'humidité relative se trouve entre 30 % et 50 %. Voici quelques mesures de prévention qui faciliteront le maintien de ce niveau d'humidité :
*Il importe de garder en tête que les déshumidificateurs et les appareils de conditionnement de l'air utilisés doivent être maintenus en bon ordre. Vider les collecteurs d'eau régulièrement afin que le liquide ainsi recueilli ne contribue pas à l'accumulation d'humidité et nettoyer fréquemment les humidificateurs que vous utilisez.
L'inspection visuelle demeure la méthode de diagnostic la plus fiable pour déceler la présence de moisissures. Les signes courants de dommages causés par l'eau sont la décoloration et les taches observées sur les surfaces. Les moisissures se manifestent souvent sous la forme de cernes, de zones plus foncées ou de salissures. Si vous repérez une zone suspecte, vous pouvez vérifier s'il s'agit de champignons ou de moisissures en tamponnant cette zone avec une petite quantité d'agent de blanchiment. Si la surface change de couleur ou que le cerne, la zone foncée ou la salissure disparaît, il s'agit vraisemblablement d'éléments organiques et probablement de moisissures (Société canadienne d'hypothèques et de logement, 1999).
Au cours d'une inspection, il est important de vérifier différentes surfaces en observant non seulement leur aspect, mais aussi en examinant à l'intérieur et en dessous des surfaces énumérées ci-après :
Il importe aussi de recherche toute forme d'eau stagnante, telle qu'une accumulation d'eau autour ou sous les éviers, les baignoires, les bacs collecteurs des déshumidificateurs, des appareils de conditionnement d'air et des réfrigérateurs, pouvant contribuer à la formation ou encore favoriser la croissance de moisissures dans une maison ou un bâtiment.
Un échantillonnage des surfaces peut être exécuté en raclant ou en essuyant les zones jugées suspectes lorsqu'une évaluation médicale le prescrit; ces prélèvements doivent cependant être effectués par un spécialiste qualifié. L'analyse de la qualité de l'air peut également être réalisée, mais ne fait pas partie des mesures usuelles (New York City Department of Health, 2000).
Des dispositifs d'analyse peuvent mesurer le degré d'humidité des cloisons sèches, des éléments en bois, etc. Ces instruments aident à déterminer le degré de l'humidité ambiante et, de ce fait, si cette dernière pourrait ou non contribuer à l'apparition de moisissures.
Il est généralement recommandé, une fois la présence de moisissures constatée, de jeter ou de remplacer autant que possible, plutôt que de les nettoyer, tous les éléments faits de matières poreuses telles que les cloisons sèches, les carreaux de plafond, les éléments en tissus, les tapis et les moquettes. Les matériaux non poreux, le métal, le verre et les matières plastiques rigides par exemple, ainsi que les matériaux semi-poreux tels que le bois et le béton peuvent fort bien être nettoyés et conservés si leur structure n'est pas attaquée.
La méthode de nettoyage recommandée varie en fonction de l'étendue et de la gravité des dommages.
Dans le cas de projets de décontamination ou de mesures correctrices de grande envergure, il est préférable de confier les travaux à des spécialistes qualifiés. Néanmoins, les méthodes de travail recommandées prévoient en outre les dispositions suivantes :
Pour obtenir un relevé plus détaillé des différents travaux de nettoyage et de décontamination recommandés, se reporter aux documents énumérés ci-après.
Guidelines on Assessment and Remediation of Fungi in Indoor Environments (Lignes directrices applicables à l'évaluation et l'élimination de la contamination fongique en milieu intérieur). New York City Department of Health and Mental Hygiene. (É.-U.)
Contamination fongique dans les immeubles publics. Guide facilitant la détermination et la gestion des problèmes. Direction de l'hygiène du milieu de Santé Canada
L'air et l'humidité : guide du propriétaire – problèmes et solutions. Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL)
(*Les documents de ces organismes sont cités dans le seul but de vous fournir d'autres sources de renseignements utiles. Vous devez communiquer directement avec ces organismes pour obtenir de plus amples renseignements sur les services et les publications qu'ils offrent. La mention de ces documents et de ces organismes ne doit en aucun cas être assimilée à une recommandation ou à un endossement des organismes en question par le CCHST et ne signifie pas qu'ils doivent avoir préséance sur d'autres entreprises ou organisations que vous pourriez connaître.)
Dernière mise à jour du document le 5 avril 2006
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