Les solutions de formaldéhyde peuvent libérer du formaldéhyde gazeux. Ce gaz est extrêmement irritant et très toxique s'il est inhalé, et présente donc un très grave danger. La quantité de gaz libérée dépend de la concentration de formaldéhyde et des autres ingrédients présents dans la formulation.
L'odeur du formaldéhyde gazeux peut être reconnue à des concentrations d'aussi peu que 0,03 à 1,9 ppm. À une concentration de 0,3 à 3 ppm, le gaz cause une irritation légère à modérée du nez et de la gorge. Jusqu'à 20 % de la population y est plus sensible et pourrait avoir une réaction aiguë au formaldéhyde à des concentrations très faibles (0,25 ppm). L'exposition à une concentration de 10 ppm cause une irritation grave des voies respiratoires supérieures, qui se manifeste par une sensation de brûlure au nez et à la gorge. La toux, la suffocation et les vomissements sont d'autres effets observés. L'exposition à une concentration de 50 ppm ou plus peut causer une inflammation des poumons (pneumonite) ou une accumulation potentiellement mortelle de liquide dans les poumons (oedème pulmonaire). Les symptômes de l'oedème pulmonaire (douleur thoracique et essoufflement) peuvent apparaître de 24 à 48 heures après l'exposition.
Une étude auprès d'employés de salons funéraires a révélé que l'exposition à des concentrations de formaldéhyde de 0,25 à 1,77 ppm causait une irritation nasale, des éternuements, une toux et des maux de tête chez un nombre non précisé d'embaumeurs. Trente-trois volontaires exposés pendant 90 minutes à des concentrations de formaldéhyde de 0, 0,25, 0,5, 1 ou 2 ppm (obtenues en chauffant du paraformaldéhyde) ont subi, et ce à toutes les concentrations, une irritation du nez et de la gorge dont la gravité augmentait en fonction de la concentration. Dans une autre étude, la plupart des 23 étudiants exposés à des concentrations de 0,02 à 2,7 ppm (citées comme 0,02 à 3,3 mg/m3) et à du phénol provenant de cadavres ont éprouvé une irritation du nez et de gorge, des maux de tête, des étourdissements et une toux. De plus, on a observé une diminution importante de la fonction pulmonaire chez un des douze étudiants ayant subi des tests post-exposition. Les effets ont été attribués à l'exposition au formaldéhyde.
Aucun cas signalé de décès par inhalation de formaldéhyde n'a été relevé, mais des décès ont été observés dans le cadre d'études sur des animaux, à la suite d'une exposition à des concentrations qui produiraient une irritation intolérable.
Les solutions de formaldéhyde sont considérées comme corrosives pour la peau. Toutefois, elles n'ont causé que des irritations cutanées légères à modérées dans des études sur des animaux. On dispose de peu de données humaines sur le pouvoir irritant des solutions de formaldéhyde, quoique celui-ci soit largement admis.
Les solutions de formaldéhyde peuvent former spontanément de l'acide formique, une matière corrosive. Les matières corrosives peuvent causer des brûlures graves et entraîner la formation de cloques et de cicatrices permanentes. Tout contact cutané peut s'accompagner d'une exposition par inhalation.
Le contact de la peau avec des solutions de formaldéhyde peut causer une réaction allergique cutanée chez certaines personnes. Consulter la section relative à la sensibilisation cutanée, soit la réponse à la question « Quels sont les effets à long terme de l'exposition aux solutions de formaldéhyde? » ci-dessous.
Les solutions de formaldéhyde peuvent être toxiques si elles sont absorbées par la peau, si l'on se fie à une valeur, toutefois non confirmée, de toxicité chez l'animal.
Les solutions de formaldéhyde sont corrosives pour les yeux. Les matières corrosives peuvent causer des lésions oculaires graves, entraînant une altération permanente de la vision ou la cécité. On trouve plusieurs cas signalés de lésions oculaires causées par des solutions de formaldéhyde à la suite d'éclaboussures accidentelles dans les yeux. Habituellement, la douleur est immédiate, mais il peut arriver que l'œil semble normal pendant au moins une heure ou deux après l'exposition. Au cours des 12 heures qui suivent, des lésions oculaires très graves font leur apparition.
Le formaldéhyde gazeux est également irritant pour les yeux. Une irritation oculaire légère peut être causée à un seuil de 0,01 ppm seulement. Toutefois, une exposition continue peut entraîner une certaine acclimatation. Douze volontaires exposés pendant 5 minutes à du formaldéhyde (composition non précisée) mélangé à d'autres polluants non irritants ont pu détecter une concentration de 0,01 ppm et ont eu une réaction soit une irritation oculaire légère à modérée, à une concentration de 0,2 ppm, et une irritation modérée à grave, à une concentration de 0,6 ppm. L'exposition à une concentration de 1 ppm de formaldéhyde gazeux (obtenue en chauffant du paraformaldéhyde) pendant 6 minutes a causé une irritation oculaire légère à modéré chez 27 volontaires. Trente-trois volontaires exposés à des concentrations de 0, 0,25, 0,5, 1 ou 2 ppm de formaldéhyde gazeux (obtenues en chauffant du paraformaldéhyde) pendant 90 minutes ont subi, et ce à toutes les concentrations, une irritation des yeux dont la gravité augmentait en fonction de la concentration.
Selon des données tirées d'études chez l'animal et chez l'humain, les solutions de formaldéhyde sont toxiques si elles sont ingérées. L'ingestion de formaline (solution aqueuse contenant 37 à 50 % de formaldéhyde et 0 à 5 % de méthanol) par accident ou dans des cas de suicide ou d'homicide a causé des brûlures par corrosion à la bouche, à la gorge et au tube digestif, ainsi que des vomissements de tissus et de sang. Une fois ingéré, le formaldéhyde est rapidement converti en acide formique, lequel peut causer une acidose métabolique, de même que des lésions au foie et aux reins entraînant une jaunisse et le gonflement des tissus de l'organisme. Dans des cas graves, il peut y avoir des convulsions, une dépression du système nerveux central et le décès. On estime que la dose mortelle pour l'humain est d'environ 60 à 90 ml de formaline (317 à 475 mg/kg de formaldéhyde, en supposant une solution de formaline à 37 % et une personne pesant 70 kg). La présence de méthanol peut contribuer à la toxicité générale de la formaline ingérée. L'ingestion n'est pas une voie courante d'exposition professionnelle au formaldéhyde.
On dispose de très peu de données sur les effets potentiels de l'exposition professionnelle prolongée au formaldéhyde. La plupart des études disponibles portent sur des expositions mixtes et/ou un petit nombre de travailleurs, ce qui en limite la portée.
Des études sur l'exposition professionnelle indiquent que l'exposition au formaldéhyde entraîne des baisses temporaires et réversibles de la fonction pulmonaire, mais aucun effet à long terme. Il existe aussi suffisamment de preuves que le formaldéhyde cause le cancer naso-pharyngien chez l'humain. Les preuves sont toutefois limitées dans le cas du cancer de la cavité nasale et des sinus paranasaux, et elles sont fortes mais insuffisantes dans le cas de la leucémie (pour plus d'information, consulter la réponse à la question « Les solutions de formaldéhyde sont-elles cancérogènes? » ci-dessous). Le formaldéhyde n'est pas un sensibilisant des voies respiratoires, mais il peut provoquer les symptômes de l'asthme chez les personnes susceptibles, sans doute en raison de l'irritation des voies respiratoires. Des études chez l'animal et chez l'humain démontrent que les solutions de formaldéhyde entraînent une sensibilisation cutanée.
Des effets sur le système nerveux ont été signalés dans des études menées chez des techniciens en histologie ou en anatomie exposés au formaldéhyde. On ne peut toutefois pas tirer de conclusions solides à partir des ces études, en raison des limites qu'elles présentent, par exemple l'exposition concomitante des sujets à d'autres substances chimiques.
SYSTÈME NERVEUX : On ne peut tirer de conclusions définitives au sujet des effets potentiels du formaldéhyde sur le système nerveux. Des anomalies neurologiques ont été signalées dans deux études chez des travailleurs (pour la plupart des techniciens en histologie et en anatomie) exposés au formaldéhyde. Dans tous les cas, les sujets étaient également exposés à d'autres solvants, notamment le phénol, le xylène, le chloroforme et l'éthanol. Une troisième étude n'a révélé aucun effet neurologique important chez un vaste groupe de techniciens en histologie et en anatomie.
POUMONS/APPAREIL RESPIRATOIRE : Des études sur l'exposition professionnelle indiquent que l'exposition au formaldéhyde entraîne une baisse temporaire et réversible de la fonction pulmonaire, mais aucun effet à long terme. Le formaldéhyde est considéré comme une substance cancérogène probable pour l'appareil respiratoire (consulter la réponse à la question « Les solutions de formaldéhyde sont-elles cancérogènes? » ci-dessous). Dans plusieurs études, on a évalué la fonction pulmonaire d'employés affectés à la fabrication de panneaux de particules agglomérées et de panneaux de contreplaqué, de travailleurs utilisant des peintures durcies à l'acide, d'embaumeurs, de producteurs de résine urée-formaldéhyde, d'étudiants en médecine et de techniciens en anatomie et en histologie. Les concentrations allaient de moins de 0,02 ppm à plus de 5 ppm, et bon nombre des sujets étaient également exposés à d'autres substances. Dans la plupart de ces études, l'exposition a causé des baisses temporaires et réversibles de la fonction pulmonaire, mais aucun effet à long terme.
SENSIBILISATION DES VOIES RESPIRATOIRES : On trouve très peu de preuves convaincantes que le formaldéhyde peut causer l'asthme, étant donné le petit nombre de cas signalés par rapport au grand nombre de travailleurs potentiellement exposés au formaldéhyde. Très peu des cas signalés se sont révélés positifs dans le cadre de tests de provocation bronchique effectués adéquatement. Il y a en général peu de liens entre la présence d'anticorps spécifiques du formaldéhyde et la présence de symptômes asthmatiques chez les sujets exposés. Des données indiquent toutefois que le formaldéhyde peut causer de tels symptômes chez les personnes susceptibles, sans doute en raison de l'irritation des voies respiratoires.
PEAU : On peut s'attendre à ce que l'exposition à long terme à des solutions de formaldéhyde assèche la peau et cause des rougeurs et une irritation cutanée (dermatite).
SENSIBILISATION DE LA PEAU : Les solutions de formaldéhyde causent une sensibilisation de la peau dans un contexte professionnel. Une fois qu'une personne est sensibilisée, le contact avec ne serait-ce qu'une petite quantité de solution peut causer des poussées de dermatite s'accompagnant de symptômes comme des rougeurs, une éruption cutanée, des démangeaisons et l'enflure. Cette réaction peut s'étendre à partir des mains ou des bras jusqu'au visage et au reste du corps.
De nombreux cas de dermatite de contact allergique ont été associés à l'exposition à des solutions de formaldéhyde. Dans un contexte professionnel, on compte des exemples parmi le personnel infirmier, les embaumeurs et les travailleurs de l'industrie du papier journal. Dans le cadre d'une étude auprès de plus de 4 700 patients consécutifs à qui l'on a fait subir des épidermotests sur une série standard élargie comprenant jusqu'à 34 substances chimiques, le formaldéhyde s'est révélé la neuvième cause la plus courante de réactions allergiques, 3 % des patients y ayant réagi. On estime que 3 à 6 % de la population réagit à du formaldéhyde à 2 %. Des études sur des cobayes et des souris ont également démontré que les solutions de formaldéhyde causent une sensibilisation de la peau.
Le formaldéhyde est cancérogène pour l'humain. Le Centre international de recherche sur le cancer a conclu qu'il existe des preuves suffisantes que le formaldéhyde cause le cancer naso-pharyngien chez l'humain. Les données sont limitées dans le cas du cancer de la cavité nasale et des sinus paranasaux, et l'on a obtenu « des preuves solides mais insuffisantes » dans le cas de la leucémie. Il existe de nombreuses études sur l'augmentation de cas de cancer de l'appareil respiratoire chez les personnes ayant subi une exposition professionnelle au formaldéhyde. Ces études ont déjà été rigoureusement examinées dans le cadre d'autres travaux et ne seront pas passées en revue ici.
Un nombre excessif de cancers naso-pharyngiens a été associé à l'exposition professionnelle au formaldéhyde dans deux études de cohorte sur six, dans trois études cas-témoins sur quatre et dans des méta-analyses. De plus, deux études cas-témoins sur six ont révélé une association positive entre l'exposition professionnelle au formaldéhyde et le cancer des cavités nasales et des sinus paranasaux, tandis que trois ont abouti à un résultat négatif et une a révélé une association légèrement positive. Des études de cohorte chez des embaumeurs et d'autres professionnels qui utilisent du formaldéhyde ont démontré un certain risque accru de cancer du cerveau. Ce risque n'augmentait toutefois pas avec l'exposition. On n'a noté aucun risque accru pour ce qui est des autres types de cancer. Certains études bien conçues menées à grande échelle ont mis en lumière une association entre l'exposition au formaldéhyde et la leucémie, tandis que d'autres n'en ont révélé aucune.
Dans une méta-analyse récente sur l'incidence du cancer du pancréas portant sur 14 études épidémiologiques, une hausse légère mais constante a été décelée chez les embaumeurs, les anatomistes et les pathologistes, mais pas chez les travailleurs industriels, pour qui l'exposition moyenne et maximale était paradoxalement plus élevée. La hausse de l'incidence pourrait être attribuable à un meilleur diagnostic dans le premier groupe ou à l'exposition à des produits chimiques autres que le formaldéhyde.
On ne dispose pas de preuves suffisantes pour affirmer que le formaldéhyde est toxique pour la reproduction.
Dans une étude rétrospective chez des femmes travaillant dans l'industrie du bois, on comptait 288 sujets non exposés au formaldéhyde et 235 sujets exposés, dont 119 avaient subi une exposition faible, 77 une exposition modérée et 39 une exposition élevée. Le classement du sujet dans l'une ou l'autre des ces catégories était fondé sur une auto-déclaration, vérifiée par la mesure des concentrations dans le lieu de travail du sujet ou dans un milieu de travail comparable. Dans le groupe hautement exposé, l'exposition au formaldéhyde était associée à des délais plus long avant une grossesse et à un risque accru d'endométriose. On ne peut toutefois pas tirer de conclusions solides à partir de cette étude en raison des limites qu'elle présentait, par exemple le biais associé à l'auto-déclaration, le nombre relativement peu élevé de sujets et l'exposition concomitante à d'autres produits chimiques potentiellement nocifs.
Dans une autre étude, des irrégularités du cycle menstruel et un taux plus élevé d'infertilité ont été signalés chez des travailleuses exposées au formaldéhyde, à partir d'auto-déclarations et d'examens. Cette étude est limitée en raison de la mauvaise description de la méthodologie employée, du biais lié à l'auto-déclaration, de la non prise en compte des facteurs confusionnels et de l'absence d'une définition de l'infertilité.
Dans une étude finlandaise sur les effets de la profession du père sur le taux de fausses-couches, l'exposition au formaldéhyde n'a pas été associée à une hausse des fausses-couches.
Bien qu'elles présentent certaines limites, les quelques études animales disponibles ne donnent pas à penser que l'exposition au formaldéhyde a des effets sur la fertilité.
Les données recueillies chez l'humain et chez l'animal ne donnent pas à penser que le formaldéhyde est toxique pour le développement.
On compte plusieurs études sur les issues défavorables de la grossesse chez les femmes exposées au formaldéhyde au travail. Les études ayant révélé des taux significativement plus élevés de fausses-couches chez les femmes exposées au formaldéhyde au travail comportent toutes les limites de l'auto-déclaration de l'exposition et du petit nombre de sujets étudiés. Les études plus vastes et les études dans lesquelles l'exposition au formaldéhyde a été déterminée par une évaluation des tâches n'ont pas démontré de risque accru de fausses-couches. Aucune association importante entre l'exposition au formaldéhyde et un faible poids à la naissance (moins de 2 500 g) n'a été relevée dans le cadre de trois études auprès de groupes humains.
Il existe de nombreuses études animales sur la toxicité potentielle du formaldéhyde pour le développement. Bon nombre de ces études comportent des limites, comme le petit nombre de sujets, le manque de données détaillées sur la méthodologie employée et le manque d'information sur la toxicité maternelle. Des études bien conçues ne démontrent aucun effet sur le développement en l'absence de toxicité maternelle.
Dans plusieurs études, on a exposé des animaux à du formaldéhyde en combinaison avec d'autres substances cancérogènes. Dans certaines de ces études, le formaldéhyde a amplifié les effets d'autres substances cancérogènes, causant plus de tumeurs ou accélérant la croissance de celles-ci. Des études animales donnent aussi à penser que le formaldéhyde peut faciliter la sensibilisation des voies respiratoires à d'autres allergènes.
Le formaldéhyde ne s'accumule pas. Il s'agit d'un métabolite intermédiaire normal et on le trouve dans toutes les cellules. Il est très réactif et se fixe facilement aux protéines et aux acides nucléiques. Sa demi-vie dans le sang est d'environ 90 secondes et il est rapidement métabolisé en acide formique (lequel est excrété dans l'urine), converti en dioxyde de carbone (lequel est exhalé) ou utilisé pour synthétiser des protéines et des acides nucléiques.
Dernière mise à jour du document le 7 juillet 2006
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