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> 2-Effets du dioxyde de soufre sur la santé

 

Quels sont les principaux dangers pour la santé liés à l'inhalation de dioxyde de soufre?


Quels sont les principaux dangers pour la santé liés à l'inhalation de dioxyde de soufre?

Le dioxyde de soufre (SO2) est un agent irritant moyen ou fort. La majeure partie du SO2 inhalé ne se rend pas plus loin que le nez et la gorge; d'infimes parties seulement atteignent les poumons, à moins que la personne ne prenne de grandes respirations, qu'elle ne respire que par la bouche ou que la concentration de SO2 soit élevée.

La sensibilité varie selon l'individu, cependant, une exposition de courte durée (de 1 à 6 heures) à des concentrations de seulement 1 ppm peut causer une diminution réversible de la fonction respiratoire. Une exposition de 10 à 30 minutes à une concentration de seulement 5 ppm a causé une constriction des bronchioles. Des effets ont été observés chez un seul des onze volontaires exposés à une concentration de 1 ppm. Une exposition de 20 minutes à une concentration de 8 ppm a causé une rubéfaction de la gorge et une légère irritation de la gorge et du nez. Une concentration d'environ 20 ppm est désagréablement irritante, même si certaines personnes travaillent en présence de concentrations dépassant 20 ppm. Une concentration de 500 ppm est tellement désagréable qu'une personne ne peut même pas prendre une seule inspiration profonde.

Dans les cas graves, où des concentrations élevées ont été produites en milieu clos, le SO2 a causé de graves obstructions des voies aériennes, de l'hypoxémie (insuffisance d'oxygénation du sang), un oedème du poumon (rétention d'un liquide dans les poumons constituant un danger mortel) et la mort dans les minutes suivant l'exposition. Les symptômes d'oedème pulmonaire, comme l'essoufflement et la difficulté à respirer, peuvent être retardés de plusieurs heures, voire des jours, après l'exposition. Ces symptômes peuvent être aggravés par l'effort physique. Des expositions plus graves peuvent causer des lésions pulmonaires permanentes.

Qu'arrive-t-il lors d'un contact cutané avec le dioxyde de soufre?

Le gaz réagit avec l'humidité de la peau et cause l'irritation. Le SO2 sous forme liquide peut causer des brûlures dues au gel (engelures). Une engelure légère se manifeste notamment par un engourdissement, un picotement et une démangeaison de la peau dans la zone touchée. La peau peut devenir cireuse ou jaunâtre. Dans les cas graves, on peut constater la présence d'ampoules, de nécrose (peau morte) et de gangrène.

Le dioxyde de soufre est-il dangereux pour les yeux?

Des volontaires exposés à une concentration de 5,4 ppm de SO2 ont éprouvé une faible irritation, tandis qu'une exposition à une concentration de 9,1 ppm a causé une irritation modérée ou grave. À des concentrations de 8 à 12 ppm, des douleurs cuisantes aux yeux et un larmoiement (pleurs) se sont manifestés. Une concentration de 50 ppm cause une forte irritation. Dans les cas graves (concentrations très élevées et espaces confinés), le SO2 a causé des brûlures temporaires de la cornée. Le SO2 liquide peut brûler l'oeil et affecter la vision de façon permanente. Les lésions causées par le contact avec le SO2 liquide peuvent ne pas être remarquées immédiatement par la victime puisque le SO2 endommage les nerfs de l'oeil. Tout contact avec l'oeil devrait être traité comme étant très grave.

Qu'arrive-t-il en cas d'ingestion accidentelle de dioxyde de soufre (pénétration dans l'appareil digestif)?

Sans objet. L'ingestion du SO2 sous forme de gaz ou de liquide est fortement improbable.

Quels sont les effets à long terme de l'exposition au dioxyde de soufre?

EFFETS sur l'APPAREIL respiratoire : Plusieurs études effectuées chez les humains ont démontré que des expositions répétées à de faibles concentrations de SO2 (moins de 5 ppm) causent une insuffisance pulmonaire permanente. Cet effet peut sans doute être attribué à des crises répétées de bronchoconstriction. Une étude chez des ouvriers de fonderie exposés, pour une période de plus d'un an, à des concentrations de SO2 allant de 1 à 2,5 ppm a démontré une diminution de la fonction respiratoire. Au cours de la même étude, aucun effet ne fut observé chez les ouvriers exposés à une concentration de moins de 1 ppm. Lors d'une autre étude, une incidence élevée de symptômes respiratoires fut signalée chez les ouvriers exposés pour une période moyenne de quatre ans à des concentrations de 20-30 ppm. Les ouvriers exposés quotidiennement à des concentrations moyennes de 5 ppm de SO2 (avec des pointes de 53 ppm à certaines occasions) laissaient voir, par rapport aux témoins, une augmentation de l'incidence des bronchites.

Il y a de nombreuses études portant sur les effets possibles du SO2 en tant que polluant atmosphérique. Ces études sont difficiles à interpréter puisqu'elles comportent des facteurs de confusion et des incertitudes quant aux concentrations d'exposition.

EFFETS CUTANÉS : Deux rapports décrivent le cas d'individus chez qui des éruptions cutanées sont apparues à la suite de l'inhalation répétée de concentrations élevées de SO2. Des essais plus récents ont montré qu'une exposition de seulement 30 minutes à une concentration de 10 ppm de SO2 ou d'une heure à une concentration de 4 ppm de SO2 pouvait causer des éruptions cutanées. Les éruptions cutanées disparaissaient lorsque l'exposition était interrompue. Ce type de réaction est probablement rare puisqu'il n'est mentionné dans aucun autre rapport.

Le dioxyde de soufre est-il cancérogène?

Plusieurs études épidémiologiques ont évalué la possibilité que le dioxyde de soufre cause des cancers tels un cancer du poumon, un cancer de l'estomac ou des tumeurs cérébrales. Toutes les études comportaient des facteurs de confusion non contrôlés comme une exposition concomitante à d'autres produits chimiques. Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a passé en revue ces études et décidé que les données actuelles ne permettent pas d'établir la cancérogénicité chez l'humain. Cependant, il y a quelques signes de cancérogénicité chez les animaux. Évaluation globale faite par le CIRC : Il est impossible de classer le SO2 en fonction de sa cancérogénicité chez l'humain (groupe 3).

Le dioxyde de soufre a-t-il des effets nocifs quelconques sur l'appareil reproducteur?

Un certain nombre d'études épidémiologiques ont indiqué qu'une exposition au SO2 peut être reliée à des effets nocifs sur l'appareil reproducteur. Cependant, aucune de ces études n'a fourni des données indiquant clairement que le SO2 soit responsable des effets observés. Aucune conclusion ne peut être tirée du peu d'information recueillie chez les animaux.

Le dioxyde de soufre agit-il sur le foetus/bébé avant sa naissance?

Aucune information concernant les humains n'est disponible. Au cours des études chez les animaux, aucun effet tératogène n'a été observé. Cependant, une légère foetotoxicité, manifestée par une réduction du poids à la naissance et des déficits fonctionnels, a été signalées à des doses vraisemblablement toxiques pour la mère.

Le dioxyde de soufre a-t-il un effet de synergie avec d'autres matières (c'est-à-dire : est-ce que les effets ressentis sont plus prononcés que la somme des effets de l'exposition à chaque produit chimique seul)?

L'information disponible n'est pas suffisante. Des études chez l'humain ont porté sur l'observation des effets d'une exposition au SO2 ainsi que d'autres gaz irritants tels que l'ozone et le dioxyde d'azote. Aucun signe concluant de synergie n'a été observé chez l'humain. Des études chez les animaux ont signalé une augmentation de l'action toxique du SO2 lors d'une exposition concomitante à des particules solubles de fer ferreux, et de manganèse et de vanadium.

Y a-t-il possibilité d'accumulation du dioxyde de soufre dans l'organisme?

Le SO2 peut pénétrer dans l'organisme par les voies respiratoires ou par dilution dans la salive. La plupart des études, faites chez l'humain et l'animal, ont démontré que de 40 à 90 % ou plus du SO2 inhalé est absorbé par l'humidité des voies respiratoires supérieures. Il est rapidement transformé en acide sulfureux au contact des muqueuses humides. Le SO2 inhalé est lentement éliminé des voies respiratoires. Une fois absorbé dans le circuit sanguin, l'acide sulfureux est largement diffusé dans tout l'organisme, puis transformé rapidement en sulfites et en bisulfites, qui à leur tour sont oxydés en sulfates et excrétés dans l'urine.

Dernière mise à jour du document le 29 décembre 1997

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