Fiches d’information Réponses SST

Des fiches d’information faciles à comprendre, présentées sous forme de questions et de réponses, couvrent une vaste gamme de sujets liés à la santé et à la sécurité au travail, des dangers aux maladies, en passant par l’ergonomie et la promotion de milieux de travail sains. PLUS SUR >

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Premiers soins en cas d'exposition à des produits chimiques

Pendant combien de temps faut-il rincer à l'eau la peau ou les yeux exposés à des produits chimiques?

La plupart des sources courantes recommandent un rinçage/lavage continu à l'eau de 15 à 20 minutes à la suite d'un contact de la peau ou des yeux avec un produit chimique. Cependant, les produits chimiques ne causent pas tous les mêmes effets (certains ne sont pas irritants tandis que d'autres sont très corrosifs et peuvent causer des brûlures graves). Nous disposons, en ce moment, de suffisamment de données scientifiques pour établir correctement de quelle façon le lavage à faible débit doit être poursuivi. Il est toutefois logique d'adapter la durée de rinçage aux effets connus de la substance chimique ou du produit de la façon suivante :

  • au moins 5 minutes dans le cas d'un produit chimique non irritant ou légèrement irritant;
  • de 15 à 20 minutes dans le cas d'un produit causant des irritations modérées à graves et d'un produit chimique pouvant causer une toxicité aiguë s'il est absorbé par la peau;
  • au moins 30 minutes dans le cas de la plupart des produits chimiques corrosifs;
  • au moins 60 minutes dans le cas d'un alcali fort (p. ex. sodium, potassium ou hydroxyde de calcium).

Il est très important de commencer le rinçage à l'eau immédiatement après le contact de la peau ou des yeux avec le produit chimique. Il est préférable d'effectuer un lavage à l'eau en profondeur directement sur les lieux. Toutefois, selon l'état de la victime (p. ex. obstruction des voies respiratoires, problèmes respiratoires ou circulation difficile) et/ou l'accessibilité d'une source d'alimentation en eau appropriée, il peut être nécessaire de déplacer au plus tôt la victime vers un centre de soins d'urgence. S'il est nécessaire de transporter la victime avant de terminer le lavage sur place, il faut poursuivre ce lavage pendant le transport d'urgence en prenant les précautions appropriées pour protéger l'équipe des services d'urgence.

Il importe de noter que le fabricant/fournisseur peut également spécifier un produit de nettoyage (p. ex. un savon non abrasif) si besoin est, ou recommander un produit de remplacement dans les cas exceptionnels où il est tout à fait contre-indiqué de rincer avec de l'eau.

Pour obtenir des détails additionnels, consultez le document Réponses SST intitulé Douches d'urgence et douches oculaires.


Dans quelles circonstances doit-on administrer de l'oxygène comme mesure de secours d'urgence?

Par le passé, l'administration d'oxygène d'urgence était en général recommandée comme mesure de premiers soins dans la plupart des cas d'exposition à des produits chimiques par inhalation. Plus tard, l'administration d'oxygène en soi a suscité des inquiétudes puisque l'on considérait que cette opération pouvait être nocive si elle n'était pas effectuée correctement ou dans des circonstances appropriées. On craignait, notamment, que l'administration d'oxygène à des victimes atteintes de maladies pulmonaires obstructives chroniques, comme la bronchite chronique ou l'emphysème, provoque un arrêt respiratoire. Cependant, des études récentes ont conclu que, dans une situation d'urgence, le manque d'oxygène est le problème le plus critique et que l'aggravation de l'état des personnes atteintes de maladies pulmonaires obstructives chroniques ne devrait pas susciter trop de préoccupations.

La présence de bouteilles d'oxygène sur le lieu de travail peut créer des risques additionnels. Par exemple, étant donné que l'oxygène entretient la combustion, la présence de bouteilles d'oxygène peut poser un risque d'incendie sur le lieu de travail. De plus, comme l'oxygène est conservé sous haute pression, la bouteille peut se transformer en missile si elle est percée ou si la vanne se brise. Par conséquent, il convient de bien évaluer les risques et les avantages de l'entreposage et du maintien d'un approvisionnement en oxygène d'urgence sur le lieu de travail.

Dans certaines situations, les avantages associés au maintien d'une réserve d'oxygène d'urgence sont plus importants que les éventuels risques associés au maintien et à l'entreposage de bouteilles d'oxygène sur les lieux de travail. L'oxygène d'urgence peut être bénéfique en cas d'exposition à des produits chimiques qui empêchent l'organisme d'obtenir la quantité d'oxygène dont il a besoin pour demeurer en vie et en santé. C'est le cas notamment des produits chimiques pouvant :

  • Chasser l'oxygène contenu dans l'air et ainsi réduire la quantité disponible pour une respiration normale (p. ex. hélium, argon, méthane, dioxyde de carbone ou azote).
  • Réduire la capacité du sang de transporter l'oxygène (p. ex. intoxication au monoxyde de carbone ou méthémoglobinémie ([présence d'une forme oxydée d'hémoglobine dans le sang qui ne transporte pas l'oxygène]).
  • Entraver l'utilisation de l'oxygène par les tissus comme c'est le cas lors d'une intoxication par le cyanure ou le sulfure d'hydrogène.
  • Compromettre la capacité de l'oxygène à passer des poumons à la circulation sanguine, comme dans le cas d'un œdème pulmonaire, une accumulation parfois mortelle de liquide dans les poumons. L'ammoniac, le phosgène et le chlore sont des exemples de produits chimiques qui peuvent causer un œdème pulmonaire;
  • Provoquer une grave crise d'asthme (p. ex. le toluène diisocyanate).

Une formation additionnelle de secouristes est nécessaire, puisque les cours de formation élémentaires en premiers soins ne traitent pas de l'administration d'oxygène. Les secouristes doivent connaître la réglementation qui régit l'administration d'oxygène sur les lieux de travail.


Dans quels cas faut-il provoquer un vomissement après l'ingestion d'un produit chimique?

Le vomissement NE DOIT PAS être provoqué à la suite de l'ingestion d'un produit chimique sur les lieux de travail, à moins que cela ne soit recommandé par un médecin ou un centre anti-poisons. Voici quelques-uns des arguments invoqués contre le vomissement :

  • On estime généralement que la quantité de produit chimique ingérée accidentellement par un adulte est très petite (de 14 à 21 mL ou environ 0,5 à 0,75 oz).
  • Il n'existe pas de preuve concluante que les victimes d'ingestion de produits chimiques dont l'estomac a été vidé se portent mieux que celles dont l'estomac n'a pas été vidé.
  • Il peut exister des risques importants associés au fait de provoquer le vomissement, particulièrement dans les situations d'urgence.
  • Il ne semble pas exister de mesures de premiers soins fiables et sécuritaires pour provoquer le vomissement chez les adultes.
  • Une assistance médicale est habituellement disponible assez rapidement dans la plupart des situations.

En cas d'ingestion de produits chimiques, la meilleure façon de procéder consiste à appeler le centre anti-poisons local ou un médecin et à suivre leurs conseils. Ces derniers vous poseront des questions précises, comme le nom du produit ingéré, la quantité ingérée et l'état de la victime. Ces renseignements les aideront à déterminer les meilleures mesures à prendre.


Doit-on faire boire de l'eau ou du lait pour diluer les produits chimiques ingérés?

La majorité des données recueillies concernant les avantages de diluer un produit chimique ingéré avec de l'eau ou du lait est fondée sur des études in vitro (éprouvettes) et ex vitro (à l'aide d'œsophages de rats d'élevage).

Après l'examen des données probantes recueillies concernant la dilution d'un poison avec du lait ou de l'eau, l'American Heart Association et la American Red Cross recommandent de ne rien prendre par la bouche pour diluer un poison ingéré, à moins d'avoir reçu d'un médecin ou d'un centre anti-poisons des instructions précises à cet effet.


Comment savoir quels antidotes doivent être conservés en fonction des produits chimiques présents sur les lieux de travail?

On croit souvent, à tort, qu'il existe des antidotes pour la plupart des empoisonnements causés par des produits chimiques. Les véritables antidotes constituent plutôt des exceptions, et non pas la règle générale.

Le charbon actif est parfois considéré comme un antidote. Le charbon actif agit en liant le produit chimique dans l'estomac de sorte qu'il ne puisse être absorbé par ce dernier. Selon l'American Academy of Clinical Toxicology et l'Association européenne des centres anti-poisons, « L'administration de charbon actif peut être envisagée si un patient a ingéré une quantité potentiellement toxique d'un poison (que l'on sait être absorbé par le charbon) au maximum une heure auparavant...». En général, l'administration de charbon actif n'est PAS considérée comme une mesure de premiers soins. Le charbon actif peut être administré dans un service d'urgence ou sous supervision médicale.

Il existe néanmoins de vrais antidotes pour certaines classes de produits chimiques – les pesticides organophosphorés ou contenant des dérivés de cyanure en sont de bons exemples. Vous pouvez déterminer quels sont les produits chimiques utilisés sur votre lieu de travail pour lesquels on connaît des antidotes, en consultant un médecin spécialisé en toxicologie ou en santé au travail, ou le fabricant/fournisseur du produit. Ces spécialistes peuvent vous donner des conseils sur les situations où il est approprié d'entreposer un antidote sur le lieu de travail. Une formation particulière donnée aux secouristes pourrait se révéler nécessaire.


Comment peut-on trouver les mesures de premiers soins à prendre au sujet des produits chimiques utilisés sur les lieux de travail?

Afin de savoir quelles mesures de premiers soins prendre, il est essentiel que vous sachiez quels produits chimiques sont présents sur votre lieu de travail. Pour ce faire, consultez l'inventaire des produits chimiques de votre entreprise ainsi que la section sur les premiers soins des fiches signalétiques (FS). Établissez une liste des produits chimiques, de leurs propriétés et de leurs exigences relativement aux premiers soins. Vérifiez que les fournisseurs de premiers soins désignés sur votre lieu de travail possèdent l'autorité (au besoin) et la formation appropriée pour faire face aux types de produits chimiques utilisés sur votre lieu de travail.

Enfin, assurez-vous que votre hôpital local connaît les produits chimiques utilisés sur votre lieu de travail, lesquels peuvent exiger des mesures de premiers soins particulières, des antidotes ou un suivi médical.


Le CCHST offre-t-il des renseignements additionnels sur les premiers soins lors d'incidents liés à une exposition à des produits chimiques?

Le personnel du CCHST a préparé un document intitulé La fiche signalétique : un guide pratique en matière de premiers soins, qui sert de source de renseignements à l'intention des personnes intéressées à élaborer des recommandations en matière de premiers soins pour les fiches signalétiques ou à évaluer ces recommandations. Ce guide est également utile pour élaborer des programmes de premiers soins relatifs à l'intervention lors d'expositions à des produits chimiques sur les lieux de travail.

Dernière mise à jour du document le 4 juillet 2012

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