La plupart des sources courantes recommandent un rinçage continu à l'eau de 15 à 20 minutes à la suite d'un contact de la peau ou des yeux avec un produit chimique. Cependant, les produits chimiques ne causent pas tous les mêmes effets (certains ne sont pas irritants tandis que d'autres sont très corrosifs et peuvent causer des brûlures graves). Il est toutefois logique d'adapter la durée de rinçage aux effets connus de la substance chimique ou du produit de la façon suivante :
Il est très important de commencer le rinçage à l'eau immédiatement après le contact de la peau ou des yeux avec le produit chimique. Il est préférable que la décontamination complète de la peau ou des yeux soit effectuée sur les lieux. Il peut toutefois être nécessaire de transporter la victime plus rapidement vers un établissement de soins d'urgence, à cause de son état (p. ex. voies respiratoires obstruées, respiration ou circulation altérée), et/ou de l'accès en approvisionnement en eau. Au besoin, le rinçage de la région touchée devrait se poursuivre pendant le transport d'urgence, en prenant les précautions nécessaires pour protéger le personnel des services d'urgence.
Pour obtenir des détails additionnels, consultez le document Réponses SST intitulé Douches d'urgence et douches oculaires.
Par le passé, l'administration d'oxygène d'urgence était en général recommandée comme mesure de premiers soins dans la plupart des cas d'exposition à des produits chimiques par inhalation. On a craint par la suite que l'administration d'oxygène puisse en elle-même être dommageable si elle était effectuée de façon inadéquate ou dans des circonstances inappropriées. On craignait, notamment, que l'administration d'oxygène à des victimes atteintes de maladies pulmonaires obstructives chroniques (MPOC), comme la bronchite chronique ou l'emphysème, provoque un arrêt respiratoire. Cependant, des études récentes ont conclu que, dans une situation d'urgence, le manque d'oxygène est le problème le plus critique et que l'aggravation de l'état des personnes atteintes de maladies pulmonaires obstructives chroniques ne devrait pas susciter trop de préoccupation.
La présence de bouteilles d'oxygène sur le lieu de travail peut créer des risques additionnels. Par exemple, étant donné que l'oxygène entretient la combustion, la présence de bouteilles d'oxygène peut poser un risque d'incendie sur le lieu de travail. De plus, comme l'oxygène est conservée sous haute pression, la bouteille peut se transformer en missile si elle est percée ou si la vanne se brise. Par conséquent, il convient de bien évaluer les risques et les avantages de l'entreposage et du maintien d'un approvisionnement en oxygène d'urgence sur le lieu de travail.
Dans certaines situations, les avantages de maintenir et d'entreposer des bouteilles d'oxygène d'urgence sur le lieu de travail l'emportent sur les risques potentiels. L'oxygène d'urgence peut être bénéfique en cas d'exposition à des produits chimiques qui empêchent l'organisme d'obtenir la quantité d'oxygène dont il a besoin pour demeurer en vie et en santé. C'est le cas notamment des produits chimiques pouvant :
Étant donné que les cours de base en premiers soins ne comprennent pas l'administration d'oxygène, une formation additionnelle doit être donnée aux secouristes. Ces derniers doivent bien connaître les lois régissant l'usage de l'équipement servant à administrer l'oxygène sur le lieu de travail.
Les signes visibles et le bon sens montrent qu'il n'est PAS nécessaire de faire vomir dans la plupart des cas d'ingestion de produits chimiques en milieu de travail. Voici certains des arguments invoqués contre l'incitation au vomissement :
En cas d'ingestion de produits chimiques, la meilleure façon de procéder consiste à appeler le centre anti-poison local ou un médecin et à suivre leurs conseils. Ces derniers vous poseront des questions précises, comme le nom du produit ingéré, la quantité ingérée et l'état de la victime. Ces renseignements les aideront à déterminer les meilleures mesures à prendre.
Vous ne devez PAS supposer d'emblée que vous devez faire vomir une personne qui a ingéré un produit chimique.
On croit souvent à tort que des antidotes sont disponibles pour la plupart des intoxications aux produits chimiques. Les vrais antidotes sont l'exception plutôt que la règle. Les trois antidotes recommandés couramment sont le « contrepoison universel », le charbon actif et le lait.
Le contrepoison universel consiste en un mélange d'acide tannique, d'oxyde de magnésium et de charbon actif. Pour citer une source : « Il n'existe pas la moindre preuve objective, contrôlée ou quantitative dans ce témoignage ». En d'autres mots, ça ne fonctionne pas.
Le charbon actif agit en liant le produit chimique dans l'estomac de sorte qu'il ne puisse être absorbé par ce dernier. Selon l'American Academy of Clinical Toxicology et l'Association européenne des centres anti-poisons, « L'administration de charbon actif peut être envisagée si un patient a ingéré une quantité potentiellement toxique d'un poison (que l'on sait être absorbé par le charbon) au maximum une heure auparavant...». En général, l'administration de charbon actif n'est PAS considérée comme une mesure de premiers soins. Le charbon actif peut être administré dans un service d'urgence ou sous supervision médicale.
Certaines études montrent que la dilution ou la neutralisation d'un agent caustique ingéré avec de l'eau ou du lait peut réduire les lésions des tissus. Cependant, aucune étude montre les avantages d'une telle pratique chez les humains. Il est préférable pour l'instant de ne PAS administrer quoi que ce soit de façon systématique à la victime qui a ingéré un produit chimique. On doit appeler plutôt le centre anti-poison local ou un médecin et suivre les conseils de ces derniers.
Il existe de véritables antidotes pour certaines classes de produits chimiques – les cyanures et les pesticides organophosphatés en sont de bons exemples. Vous pouvez déterminer quels sont les produits chimiques utilisés sur votre lieu de travail pour lesquels on connaît des antidotes, en consultant un médecin spécialisé en toxicologie ou en santé au travail, ou le fabricant/fournisseur du produit. Ces spécialistes peuvent vous donner des conseils sur les situations où il est approprié d'entreposer un antidote sur le lieu de travail.Une formation particulière donnée aux secouristes pourrait se révéler nécessaire.
Afin de savoir quelles mesures de premiers soins prendre, il est essentiel que vous sachiez quels produits chimiques sont présents sur votre lieu de travail. Pour ce faire, consultez l'inventaire des produits chimiques de votre entreprise ainsi que la section sur les premiers soins des fiches signalétiques (FS). Établissez une liste des produits chimiques, de leurs propriétés et de leurs exigences relativement aux premiers soins. Assurez-vous que les secouristes sur votre lieu de travail possèdent la formation et le pouvoir nécessaires (le cas échéant) pour faire face aux types de produits chimiques utilisés au travail.
Enfin, assurez-vous que votre hôpital local connaît les produits chimiques utilisés sur votre lieu de travail qui peuvent exiger des mesures de premiers soins particulières, des antidotes ou un suivi médical.
Le personnel du CCHST a préparé La fiche signalétique : un guide pratique en matière de premiers soins, une source de renseignements à l'intention des personnes intéressées à élaborer des recommandations en matière de premiers soins pour les fiches signalétiques ou à évaluer ces recommandations. Ce guide est également utile pour élaborer des programmes de premiers soins relatifs à l'intervention lors d'expositions à des produits chimiques sur les lieux de travail.
Dernière mise à jour du document le 31 octobre 2007
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