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Qu'est-ce que la rage et quelle en est la cause?

La rage est une maladie virale qui se transmet des animaux à l'homme. Le virus de la rage infecte le système nerveux. Il est d'abord transporté par voie nerveuse vers le cerveau où il se reproduit, puis il migre par les nerfs vers la plupart des parties du corps. Finalement, le virus atteint les glandes salivaires ou il est excrété dans la salive. À ce stade, il y a déjà des lésions au cerveau, provoquant parfois des réactions violentes, puis la mort.


Au bout de combien de temps la rage apparaît-elle?

Chez l'homme, la période d'incubation (intervalle de temps entre le premier contact avec le virus et l'apparition de la maladie) est généralement de deux à huit semaines. Dans de rares cas, elle peut varier entre 10 jours et 2 ans. L'incubation est toutefois moins longue chez les enfants et les personnes exposées à de fortes doses du virus. La dose est fonction de la taille, de la gravité et de l'emplacement de la morsure ou de la griffure faite par l'animal. Chez les animaux, la durée de la période d'incubation dépend de l'espèce. Par exemple, chez le chien, elle dure de 14 à 60 jours, mais elle peut aussi être plus longue.


Quelle est la source du virus de la rage?

Le principal mode de contamination est le contact avec la salive, les liquides organiques ou les tissus d'animaux infectés. Tous les mammifères peuvent être porteurs de la rage, mais le virus se retrouve en particulier chez certaines espèces :

  • les animaux sauvages : surtout les renards, les moufettes, les chauves-souris et les ratons laveurs;
  • les animaux d'élevage : surtout les bovins, mais aussi les chevaux, les moutons, les chèvres et les porcs;
  • les animaux domestiques : surtout les chiens et les chats, et parfois les furets.

Au Canada, la rage a aussi été décelée chez les loups, les coyotes et autres animaux carnivores. Les rongeurs comme les souris, les écureuils, les suisses, les marmottes, les lapins, les rats, les hamsters ou les gerbilles sont rarement porteurs du virus et leurs morsures ne causent habituellement pas la rage.


La rage est-elle répandue au Canada?

Depuis que les cas ont commencé à être signalés en 1924, 24 personnes sont décédées de la rage au Canada. Récemment, une personne est décédée en 2007 (Alberta), une autre en 2003 (Colombie-Britannique), et une autre en 2000 (Québec). Cependant, la rage s'est généralisée chez les animaux sauvages au Canada et a augmenté jusqu'en 2000. Depuis 2000, les cas de rage positifs ont diminué de façon constante passant de 670 à 145 cas en 2009. Trente pour cent de tous les cas de rage confirmés touchent les chauves-souris et les moufettes en Ontario, au Manitoba et en Saskatchewan.

Depuis quelques années, la plupart des infections signalées chez les espèces sauvages de la Colombie-Britannique et de l'Alberta touchent les chauves-souris; en Saskatchewan et au Manitoba, les moufettes; en Ontario, les chauves-souris et les moufettes; au Québec, les ratons laveurs et les moufettes; et dans les Territoires du Nord-Ouest, les renards. On a signalé des cas de rage à Terre-Neuve-et-Labrador chez les renards jusqu'en 2005 et, de façon sporadique, chez les chauves-souris au Nouveau-Brunswick.

Chez les animaux domestiques, la rage est très fréquente chez les bovins et représente environ 5 à 11 % sur l'ensemble des cas confirmés depuis 2004. Les chiens et les chats représentent chacun environ 2 à 6 % et 1 à 2,5 % respectivement. Environ 60 % de l'exposition humaine à la rage se produit chez les personnes en contact avec des chiens ou des chats atteints de la rage.


Comment devient-on infecté par le virus de la rage?

Pour causer une infection, le virus doit pénétrer dans l'organisme et atteindre les cellules nerveuses. Le virus peut entrer dans le corps par des lésions cutanées. Des gouttelettes infectées peuvent pénétrer par les muqueuses des yeux, du nez, de la bouche ou de l'intestin. En règle générale, la transmission a lieu lorsqu'un animal enragé, dont la salive contient le virus, mord une personne. Les agriculteurs et les vétérinaires peuvent être infectés lors d'une intervention dans la gueule d'une vache enragée qui présente des signes de suffocation. Les techniciens de laboratoire peuvent aussi contracter le virus en manipulant des aiguilles, des scalpels ou d'autres instruments de laboratoire contaminés.

Dans des situations particulières, des travailleurs ont contracté l'infection par inhalation d'air contenant une forte concentration du virus, comme par exemple dans des cavernes habitées par des chauves-souris et dans des laboratoires où des aérosols porteurs du virus ont été accidentellement libérés. L'exposition au sang, à l'urine et aux excréments d'un animal enragé ne pose pas de risque d'infection.

Le virus peut devenir inactif. La vitesse à laquelle le virus est rendu inactif dépend du taux d'humidité, du soleil et de la température. Le virus de la rage n'est pas infectieux s'il a séché ou s'il a été exposé au soleil.


Quels métiers sont associés à un risque accru de rage?

Les personnes travaillant avec des animaux sauvages, des animaux d'élevage ou des animaux domestiques constituent un groupe à risque.

  • personnes en contact avec des animaux sauvages – chasseurs, trappeurs, travailleurs forestiers, biologistes de la faune, gardes forestiers, agents préposés à la conservation, taxidermistes, vétérinaires et assistants vétérinaires, personnel de zoo et spéléologues;
  • personnes exposées au bétail – agriculteurs, travailleurs agricoles, éleveurs, vétérinaires et leurs assistants, inséminateurs, chercheurs et techniciens travaillant avec des animaux de laboratoire, employés d'abattoir et de l'industrie de la viande;
  • personnes exposées à des animaux de compagnie – vétérinaires et assistants vétérinaires, préposés aux soins des animaux, facteurs, releveurs de compteurs, chercheurs qui mènent des expériences sur des animaux de laboratoire, techniciens préposés aux animaux de laboratoire, agents de contrôle des animaux, chasseurs.

Comment reconnaît-on la rage?

Les travailleurs qui peuvent avoir été exposés à la rage ne doivent pas attendre de présenter des signes de la maladie. Une fois les signes apparus, la maladie est presque toujours fatale dans les semaines suivant l'apparition des symptômes si elle n'est pas traitée.

Il importe de reconnaître les signes de la rage chez les animaux et de prendre immédiatement des précautions après une morsure, une égratignure ou tout autre contact potentiellement infectieux.

Chez les humains, la rage passe par plusieurs stades. Au départ, la personne qui a été mordue peut ressentir une sensation inhabituelle ou un chatouillement autour de la plaie. Suit peu après une période de fatigue, pouvant être accompagnée d'une perte d'appétit, de maux de tête, de fièvre, de toux, de maux de gorge, de douleurs abdominales, de nausées, de vomissements et de diarrhée. La maladie se manifeste par la suite par une anxiété extrême, de l'irritabilité, de l'insomnie et la dépression, assorties parfois d'hallucinations. La maladie peut ensuite évoluer vers une « rage furieuse », qui se caractérise par un comportement étrange, le malade pouvant notamment mordre d'autres personnes. À ce stade, les victimes peuvent avoir une peur incontrôlable de l'eau. C'est la raison pour laquelle la rage est parfois appelée « hydrophobie ». Parfois, les personnes infectées développent une « rage paralytique » plutôt qu'une rage furieuse. Dans ce cas, une paralysie musculaire s'installe graduellement, débutant à l'endroit de la morsure ou de l'égratignure. Le patient sombre lentement dans le coma pour finalement mourir.

Chez les animaux, la rage apparaît sous deux formes différentes. Il peut s'agir d'une rage furieuse : l'animal change de comportement, devient agité, erre sans but et mord tout animal, toute personne ou tout objet à sa portée. Finalement, sa gorge et ses pattes arrières deviennent paralysées et l'animal meurt. Ou bien l'animal peut être atteint d'une « rage muette » : il change de comportement, devient replié ou plus affectueux, essaie de se cacher, a de la difficulté à avaler et meurt après quelques jours sans jamais devenir violent.

Tous les animaux ne se comportent pas de la même manière lorsqu'ils ont la rage.

  • Les renards et les moufettes peuvent devenir moins timides et craindre moins les gens, les animaux de compagnie ou le bétail.
  • Le bétail devient habituellement agité et agressif, beugle avec force, bave, peut développer graduellement une faiblesse dans les pattes arrières et semble être en train de suffoquer.
  • Les chats peuvent devenir souvent extrêmement méchants.
  • Les chiens deviennent habituellement excitables et peuvent être méchants, errer sans but et mordre sans raison.

Tout animal dont le comportement est inhabituel devrait être considéré comme une source potentielle de rage pour les humains.


Quelles épreuves de laboratoire servent à détecter la rage?

Il existe des épreuves de laboratoire pour détecter le virus de la rage de même que les anticorps spécifiques dirigés contre ce virus. L'organisme produit des anticorps pour se protéger contre la maladie. Les tests de détection des anticorps sont parfois pratiqués pour déterminer si les personnes ont été immunisées efficacement contre la maladie.

Habituellement, les médecins n'effectuent pas de test pour voir si une personne a été infectée par le virus de la rage. En général, ce n'est que lorsque la maladie a atteint un stade avancé qu'on obtient des résultats fiables. Les médecins se fient plutôt aux tests effectués chez les animaux suspects pour déterminer si une personne a été exposée au virus.

Les laboratoires du gouvernement fédéral peuvent pratiquer plusieurs tests sur les animaux. Le principal comporte l'examen du cerveau pour détecter la présence du virus ou de changements spécifiques causés par le virus. Il est donc important d'éviter d'endommager le cerveau lorsqu'on abat l'animal soupçonné d'être enragé.


Quel est le traitement recommandé pour la rage?

Il n'existe pas de traitement efficace contre la rage une fois que le patient manifeste des signes. Dans les annales médicales, seulement trois patients parvenus à ce stade ont survécu à la maladie. Le traitement médical peut parfois prolonger la vie, mais la maladie se solde par le décès. Il est très important d'empêcher la maladie de se développer chez les personnes qui peuvent avoir été exposées au virus de la rage.


Comment peut-on protéger les travailleurs contre la rage?

Tous les travailleurs qui courent le risque de contracter la rage devraient recevoir de l'information sur la maladie, ses caractéristiques et la nature du risque.

Les autorités des secteurs de l'agriculture, de la santé publique, de la médecine vétérinaire et de la santé au travail ont ensemble la responsabilité de lutter contre la rage chez les animaux et de protéger la population.

Les programmes de vaccination établis pour immuniser les chiens et les chats ont permis de réduire l'incidence de la rage chez les animaux de compagnie. Toutefois, la rage constituera toujours une menace tant que l'on n'aura pas éliminé le virus chez les animaux sauvages qui le transmettent aux animaux de compagnie et aux humains. Des programmes de recherche ont été entrepris à cette fin. Pour qu'ils soient efficaces, il faut que les gens continuent d'être bien informés, demeurent vigilants et coopèrent.

Certains travailleurs, tels que les vétérinaires et les agents préposés aux animaux dans les municipalités, courent constamment le risque d'être exposés à un animal enragé. Ces travailleurs doivent être protégés par un vaccin avant d'être en contact avec un animal. Dans le cas d'autres travailleurs qui risquent moins d'être exposés à des animaux enragés, il peut suffire de les renseigner sur les risques et de leur apprendre à se protéger face à un animal atteint de la rage.

Les mesures recommandées varient selon les circonstances. Les recommandations générales suivantes s'appliquent à tous les travailleurs qui risquent d'être en contact avec des animaux enragés.

Au nombre des mesures de prévention figurent :

  • la prise des précautions adéquates lors de tout contact avec des animaux enragés et lorsqu'il est possible de contracter le virus de la rage;
  • l'immunisation des travailleurs soit avant ou immédiatement après l'exposition au virus;
  • l'hygiène du travail.

Quelles précautions doivent être prises pour lutter contre la rage?

Les travailleurs qui ont des contacts avec des animaux doivent savoir comment se comporter en présence d'un animal enragé et comment se protéger contre le virus de la rage.

Conduite devant un animal enragé

Il ne faut pas s'approcher d'un animal soupçonné d'avoir la rage ni le tuer sauf pour se défendre, défendre d'autres personnes ou d'autres animaux. Si un animal doit être abattu, il faut éviter d'endommager sa tête. Il importe d'avoir un cerveau en bon état pour pouvoir poser un diagnostic rapide en laboratoire. Si un animal soupçonné d'avoir la rage est docile ou contrôlable, il convient de le laisser en vie et de le mettre à l'écart des autres animaux ou des gens. Il faut éviter de le toucher avec ses mains nues. Si un animal est incontrôlable et dangereux et ne peut être maîtrisé ni tué, il faut observer ses mouvements et demander l'aide d'experts qualifiés le plus tôt possible. Si l'on doit manipuler l'animal ou la carcasse, il faut porter des gants afin d'empêcher que le matériel infectieux ne vienne en contact avec des coupures ou des éruptions cutanées. Il convient également de porter un masque protecteur et des lunettes de sécurité pour se protéger des particules infectieuses présentes dans l'air. Lorsqu'il est nécessaire de porter un équipement de protection individuelle (ÉPI), il doit y avoir un programme d'ÉPI sur le lieu de travail.

Selon la réglementation fédérale canadienne, tous les animaux de compagnie, le bétail ou les animaux sauvages soupçonnés d'être atteints de la rage, ou soupçonnés d'être en contact avec un animal qui peut être enragé, doivent être signalés sans délai au bureau de district local du Département de santé des animaux de l'Agence canadienne d'inspection des aliments (anciennement la Direction de l'inspection vétérinaire, Direction générale de la production et de l'inspection des aliments, Agriculture Canada). Le numéro de téléphone de chaque bureau de district fédéral figure dans l'annuaire téléphonique dans la section Gouvernement du Canada. En cas d'urgence, les animaux enragés doivent être signalés au vétérinaire local, au bureau de la société de protection des animaux, au préposés aux animaux de la municipalité ou aux forces de police.

Les vétérinaires du gouvernement connaissent bien les règlements fédéraux concernant la rage et, au besoin, prélèveront des échantillons et les expédieront à un laboratoire fédéral pour analyse.

Protection des travailleurs qui ont été exposés au virus de la rage

Les travailleurs qui sont venus en contact avec de la salive, des liquides organiques ou du tissu d'animaux soupçonnés d'être atteints de la rage doivent prendre sur-le-champ les mesures suivantes.

Il faut nettoyer et rincer immédiatement la plaie en profondeur avec de l'eau pendant plusieurs minutes. Le virus sera peut-être expulsé avec le liquide. Si l'on dispose de savon ou de détergent, on peut les utiliser pour détruire le virus. Le lavage de la plaie est probablement la méthode la plus efficace de prévention de la rage. Pendant le nettoyage, il importe de se protéger les yeux, le nez et la bouche de toute projection de liquide provenant de la plaie.

Après avoir nettoyé la plaie et avoir enlevé toute trace de savon, il faut appliquer une solution antiseptique à usage domestique, de l'alcool à 70 % (éthanol), de la teinture ou une solution aqueuse d'iode ou un composé d'ammonium quaternaire à 0,1 % comme le chlorure de benzalkonium.

Il faut retirer tous les vêtements susceptibles d'être contaminés, les déposer dans un sac de plastique bien étiqueté et les laver séparément sans tarder. Il convient d'appeler un médecin ou le service des urgences d'un hôpital.

On doit communiquer avec la police, l'unité de santé locale et le vétérinaire de district ou le bureau local du Département de santé des animaux de l'Agence canadienne d'inspection des aliments. Dans la mesure du possible, il faut fournir les renseignements suivants :

  • le nom et l'adresse de toutes les personnes attaquées ou exposées à la salive, aux liquides organiques ou aux tissus de l'animal;
  • l'heure et l'endroit où est survenu l'incident;
  • toute autre information pouvant aider à trouver et à identifier l'animal en cause.

Précautions pour les laboratoires exposés à la rage

L'adoption de mesures de biosécurité de niveau 3 est recommandée lors de travaux effectués en présence du virus de la rage (y compris des tenues de protection complètes, des vêtements munis de poignets à ajustement serré protégeant le devant du corps, des gants, des appareils de protection respiratoire et des dispositifs de protection oculaire [s'il y a un risque d'éclaboussures]). Des précautions additionnelles peuvent aussi être nécessaires. Des précautions supplémentaires peuvent être nécessaires. Voir la Fiche technique Santé-Sécurité : Agents pathogènes sur le virus rabique (2011) de l'Agence de santé publique du Canada pour de plus amples renseignements.


Quelles mesures d'immunisation sont offertes aux travailleurs?

Elles sont de deux types :

1) Immunisation active

Les travailleurs qui doivent être immunisés avant d'être exposés au virus doivent recevoir trois doses du vaccin contre la rage (vaccin préparé sur cellules diploïdes humaines – VCDH ou vaccin préparé sur cellules d'embryons de poulets purifiées (VCEPP), à raison d'une dose les jours 0, 7 et 21. Les personnes qui ont besoin d'être immunisées après avoir été exposées au virus doivent recevoir cinq doses. La première injection doit être administrée le plus tôt possible et les autres doses les jours 3, 7, 14 et 28. Le vaccin confère une protection qui débute 7 à 10 jours après l'injection et qui dure plus d'un an. Le vaccin cause parfois des réactions locales au point d'injection mais rarement des réactions importantes.

2) Immunisation passive

Les immunoglobulines antirabiques (RIg), qui contiennent des anticorps neutralisant le virus, assurent une protection rapide, qui ne dure cependant que quelques semaines. Elles sont administrées en une seule dose et sont injectées directement dans la plaie le plus tôt possible après le contact. Ces plaies ne doivent pas être suturées. Le vaccin (VCDH) et les immunoglobulines (RIg) doivent être utilisés en même temps pour promouvoir une immunité active.

Immunisation avant l'exposition

Au Canada, le Comité consultatif national de l'immunisation recommande d'offrir aux travailleurs à haut risque d'être exposés à des animaux enragés le vaccin contre la rage comme mesure de prévention pré-exposition. On retrouve dans ce groupe de travailleurs les vétérinaires, les soigneurs d'animaux, certains travailleurs de laboratoire qui manipulent le virus de la rage, les travailleurs qui sont en contact avec des chauves-souris ou qui travaillent dans des grottes habitées par des chauves-souris, les gardes forestiers, les agents préposés à la conservation, les biologistes de la faune, et certains voyageurs à haut risque. Environ 35 % des doses annuelles sont utilisées pour la vaccination pré-exposition.

Les travailleurs qui sont fortement exposés en permanence doivent subir un test sérologique tous les deux ans pour déterminer s'ils ont besoin d'une dose de rappel. Les employés de laboratoire qui pourraient être exposés accidentellement au virus de la rage sans le savoir doivent subir des tests tous les six mois. Ceux qui présentent un taux d'anticorps inadéquat doivent recevoir une dose de rappel du vaccin.

Immunisation après l'exposition

Les personnes qui sont venues en contact avec le virus de la rage doivent recevoir dès que possible des immunoglobulines (RIg) et le vaccin contre la rage (VCDH ou VCEPP). Environ 65% des doses annuelles sont utilisées pour la vaccination après contact.

Une seule dose d'immunoglobulines antirabiques suffit. Dans le cas des personnes qui ont déjà été vaccinées, seulement deux doses du vaccin doivent être administrées après une morsure, une sur-le-champ et une autre trois jours plus tard.

On peut envisager d'immuniser une personne exposée dans les circonstances suivantes :

  • L'animal semblait avoir la rage.
  • L'animal peut avoir eu la rage.
  • L'animal était sauvage, venant d'une région où la rage constitue un problème.
  • Il s'agit d'un chien ou d'un chat qui s'est échappé après le contact sans avoir pu être testé.

Il est habituellement recommandé d'immuniser la personne si l'animal l'a mordue ou si la salive, les liquides organiques ou les tissus de l'animal sont venus en contact avec une éruption cutanée, une égratignure, une plaie ouverte, les yeux, le nez ou la bouche.

Les animaux sauvages ou les chiens ou les chats errants soupçonnés d'avoir la rage sont abattus rapidement et sans cruauté. Leur tête est soumise à un examen en laboratoire. La vaccination peut être interrompue si les tests effectués chez l'animal tué au moment de l'attaque sont négatifs.

Les professionnels de la santé ne recommandent pas généralement d'immuniser la personne si la peau ou les muqueuses de celle-ci n'a pas été en contact avec l'animal. Une immunisation n'est pas non plus recommandée si les travailleurs n'ont eu que de simples contacts avec l'animal (p. ex. caresse), sans possibilité de contamination de lésions cutanées ou des muqueuses.

Les chiens ou les chats en santé qui ont mordu quelqu'un sont gardés en observation pendant 10 à 14 jours, conformément aux règlements provinciaux. Si la rage ne se manifeste pas à l'intérieur de cette période, il n'est pas nécessaire d'immuniser le travailleur concerné. Si des signes de rage se développent, le Département de santé des animaux de l'Agence canadienne d'inspection des aliments doit être avisé, l'animal doit être abattu sans cruauté et faire l'objet d'analyses; l'immunisation doit débuter sans tarder.


Quelles mesures d'hygiène du travail sont recommandées?

Il faut élaborer des méthodes pour prévenir l'exposition au virus de la rage en milieu de travail. S'il y a lieu, on doit afficher les méthodes de désinfection ou de stérilisation des aires de travail pouvant être contaminés par le virus de la rage.

Il faut mettre en quarantaine tous les animaux sauvages avant de les admettre dans un programme de recherche sur les animaux. On évitera d'utiliser pour des études scientifiques des animaux qui proviennent d'une fourrière.

La prudence est de mise lorsqu'on manipule les animaux tués le long de la route, car ils peuvent avoir la rage.

Il faut porter un masque protecteur, des gants, des vêtements et des chaussures de sécurité lorsqu'on manipule tout matériel provenant d'un animal soupçonné d'avoir la rage ou lorsqu'on nettoie les zones où ont été gardés des animaux soupçonnés d'être enragés.

Le virus de la rage ne survit pas longtemps à l'extérieur des animaux. Il est généralement détruit par la chaleur, les rayons du soleil ou l'air. Les détergents, l'alcool éthylique ou encore une solution de javellisant à usage domestique (dilution d'un pour dix) peuvent également détruire le virus de la rage.

Il faut désinfecter systématiquement les surfaces de travail, les outils et les instruments, les planchers et les murs qui peuvent avoir été contaminés par des liquides provenant d'animaux en suivant le protocole établi de lutte contre l'infection.

Il est recommandé d'utiliser des rayons ultraviolets pour désinfecter certaines zones, comme les laboratoires, où le virus de la rage peut être transporté dans l'air. Ces lampes ne doivent être utilisées que durant la nuit ou la fin de semaine lorsque les travailleurs sont absents.

Il faut déposer les déchets infectés dans des contenants étanches non perforables. Ceux-ci seront clairement étiquetés et stérilisés avant d'être éliminés conformément aux méthodes élaborées pour les substances biologiques dangereuses.

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Dernière mise à jour du document le 11 juillet 2012

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