Ce document constitue en fait une introduction à la série de documents Réponses SST traitant de la ventilation industrielle, notamment :
Les documents susmentionnés ne traitent pas de la qualité de l'air intérieur et de la ventilation générale qui est habituellement utilisée dans les bureaux, les résidences et autres milieux non industriels. Veuillez vous reporter au document Réponses SST intitulé Qualité de l'air intérieur – Généralités pour obtenir de plus amples renseignements sur ces aspects.
La ventilation désigne le système mécanique d'un bâtiment qui fournit l'air extérieur « frais » et évacue l'air intérieur « vicié ».
Dans un lieu de travail, la ventilation sert à contrôler l'exposition aux impuretés, aussi appelées contaminants, en suspension dans l'air. Le système de ventilation choisi est couramment utilisé pour extraire les contaminants tels que les émanations, les poussières et les vapeurs dans le but d'obtenir un milieu de travail sain et sécuritaire. La ventilation peut être assurée par des moyens naturels, par l'ouverture d'une fenêtre par exemple, ou par des moyens mécaniques, tels que des ventilateurs ou des machines soufflantes.
Les systèmes industriels sont conçus pour déplacer une quantité d'air spécifique à une vitesse précise, ce qui garantit l'extraction (le soufflage) des contaminants indésirables. Bien que tous les systèmes de ventilation respectent les mêmes principes fondamentaux, chacun de ces systèmes est conçu spécifiquement pour le type de travail et le taux de rejet de contaminants caractérisant le lieu de travail desservi.
Un système de ventilation remplit essentiellement quatre grandes fonctions :
L'installation d'un système de ventilation est considérée comme une « mesure d'ingénierie » ou un mécanisme technique permettant d'enlever ou de maîtriser les contaminants libérés dans les milieux de travail intérieurs. Elle constitue l'une des méthodes privilégiées pour limiter ou maîtriser l'exposition des employés aux contaminants présents dans l'air. Les autres façons de limiter les contaminants comprennent les mesures ci-après :
Ces systèmes comportent de nombreux éléments, notamment ceux-ci :
Chacun de ces éléments est décrit de façon plus détaillée dans cette série de documents Réponses SST.
On distingue deux types principaux de systèmes de ventilation mécanique utilisés en milieu industriel, à savoir :
La ventilation avec apport d'air neuf ou ventilation générale fournit et extraie de grandes quantités d'air en direction et en provenance d'une partie d'un bâtiment. Un tel système fait habituellement appel à d'imposants ventilateurs d'extraction montés dans les murs ou dans le plafond d'une pièce ou d'un bâtiment.
Un système de ventilation avec apport d'air neuf limite les contaminants produits dans un lieu de travail en ventilant la totalité de la pièce ou des locaux. Un tel système répartit jusqu'à un certain point les contaminants dans l'ensemble des lieux de travail de sorte que même les personnes éloignées de la source de contaminants peuvent être affectées.
L'efficacité de la ventilation avec apport d'air neuf peut être accrue si le ventilateur d'extraction est installé à proximité des travailleurs exposés et que l'admission d'air neuf d'appoint est située en amont de ces travailleurs, afin que l'air contaminé soit aspiré hors de la zone respiratoire des travailleurs. Voir à la figure 1 les schémas d'un bon et d'un mauvais aménagements du système de ventilation avec apport d'air neuf.
Lorsque sa fonction consiste à limiter ou à maîtriser les contaminants chimiques présents dans l'air, la ventilation avec apport d'air neuf doit uniquement être utilisée dans les situations suivantes :
Il est par conséquent inhabituel de recommander un système de ventilation avec apport d'air neuf pour maîtriser ou limiter la concentration de produits chimiques dans l'air, sauf dans le cas de solvants dont les concentrations admissibles sont supérieures à 100 particules par million.





Il importe de garder en tête que la ventilation avec apport d'air neuf, en qualité de méthode de protection des travailleurs, est néanmoins assortie de limites et de contraintes :
Les ventilateurs de table ou sur pied ordinaires sont également utilisés à l'occasion comme matériels de ventilation, mais ces ventilateurs ont plutôt pour effet de disperser les contaminants autour de la zone de travail sans les éliminer de façon efficace. L'ouverture des portes et des fenêtres peut assurer une certaine ventilation par apport d'air neuf, mais cette méthode n'est pas très fiable puisqu'elle ne permet pas de contrôler la circulation d'air.
De façon générale, le débit d'air ou débit volumétrique de la ventilation avec apport d'air neuf dépend largement de la vitesse à laquelle les contaminants sont générés dans l'air et de l'efficacité du mélange de l'air frais avec l'air contenu dans le lieu de travail.
La ventilation par aspiration à la source est utilisée pour limiter la quantité de contaminants dans l'air en les capturant directement à la source ou à proximité de leur source, par opposition à la ventilation avec apport d'air neuf qui entraîne la propagation des contaminants dans toute la zone de travail. La ventilation par aspiration à la source est généralement beaucoup plus efficace pour maîtriser les contaminants très toxiques présents dans l'air avant qu'ils n'atteignent la zone respiratoire des travailleurs. Ce type de système constitue le plus souvent la méthode privilégiée en présence des conditions suivantes :
De façon concrète, le mode de fonctionnement d'un système de ventilation par aspiration à la source rappelle celui d'un aspirateur domestique : on installe le tuyau d'aspiration aussi près que possible de l'endroit précis où sont produites les poussières.
Un système de ventilation par aspiration à la source comprend six éléments principaux montrés à la figure 6, à savoir :

Tous les systèmes de ventilation industriels conçus de façon adéquate doivent permettre d'assurer la protection à long terme des travailleurs. Les deux principaux types de systèmes sont mis en comparaison ci-après.
| Comparaison des systèmes de ventilation | |||
|---|---|---|---|
| Ventilation avec apport d'air neuf | Ventilation par aspiration à la source | ||
| Avantages | Inconvénients | Avantages | Inconvénients |
| Coûts du matériel et de son installation habituellement moins élevés. | N'assure pas l'extraction complète des contaminants. | Aspire les contaminants à la source et les extraie du lieu de travail. | Coûts de la conception, du matériel et de son installation plus élevés. |
| Entretien moins important. | Ne peut être utilisée en présence de produits chimiques très toxiques. | Constitue le seul système adapté aux produits chimiques très toxiques en suspension dans l'air. | Exige un nettoyage, une inspection et un entretien réguliers. |
| Maîtrise efficace de quantités restreintes de produits chimiques de faible toxicité. | N'est pas efficace dans le cas de poussières, de fumées contenant des particules métalliques et de forts volumes de gaz ou de vapeurs. | Peut extraire divers types de contaminants, dont les poussières et les fumées contenant des particules métalliques. | |
| Maîtrise efficace des gaz et des vapeurs inflammables ou combustibles. | Exige de grands volumes d'air d'appoint chauffé ou refroidi. | Exige de moins grands volumes d'air d'appoint, puisqu'elle évacue moins d'air. | |
| Meilleur système de ventilation pour les sources de contaminants mobiles ou dispersées. | N'est pas efficace pour le traitement de débit de crête de gaz ou de vapeurs, ou les émanations produites de façon irrégulière. | Coût énergétique moins élevé, étant donné les moindres volumes d'air d'appoint à chauffer ou à refroidir. | |
Certaines de ces contraintes peuvent être résumées comme suit :
Voici un exemple de modifications pouvant affecter le fonctionnement d'un système de ventilation :

Une nouvelle hotte ainsi qu'une gaine de dérivation sont ajoutées au réseau de conduits du système. Le système de ventilation par aspiration à la source extraie l'air de la nouvelle zone desservie et la propulse dans le système, ce qui réduit le débit d'air en provenance d'autres zones plus éloignées du ventilateur d'extraction. Le débit d'air s'en trouve donc modifié. Cette intervention entraîne plus rapidement le blocage du système et les débits d'air assurés par les autres hottes ne seront peut-être pas suffisants pour assurer l'évacuation des contaminants.
La nécessité d'introduire suffisamment d'air frais pour remplacer celui qui est extrait du lieu de travail est un aspect important, mais parfois négligé, d'un système de ventilation par aspiration à la source. Si l'on n'assure pas une alimentation suffisante en air d'appoint lorsque d'importants volumes d'air sont extraits, l'air ambiant dans le lieu de travail est « appauvri » et cette ambiance passe en pression négative (en dépression).
Dans une zone de travail, la pression négative augmente la résistance que doit surmonter le système de ventilation et réduit de ce fait le volume d'air qu'il peut en extraire. À cause de cette pression négative, une certaine quantité d'air pénétrera également dans le bâtiment par les fissures autour des portes et des fenêtres ou par diverses petites ouvertures pour « compenser » le volume d'air extrait. Ce phénomène a pour résultat d'exposer les travailleurs à de l'air froid en hiver et d'entraîner une hausse des coûts de chauffage. On peut aussi déterminer facilement si un bâtiment est soumis à une trop forte pression négative en évaluant la difficulté de pousser une porte qui ouvre vers l'intérieur d'une pièce ou du bâtiment (l'air ambiant tente de refermer la porte).
Un ventilateur de soufflage distinct, monté à bonne distance des ventilateurs d'extraction, doit être utilisé pour assurer l'alimentation en air frais et non contaminé provenant de l'extérieur. Cet air doit être propre et chauffé en hiver ou refroidi en été, selon les besoins.
Dernière mise à jour du document le 10 janvier 2008
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