L'importante cohorte de la génération du « baby-boom », née après la Seconde Guerre mondiale, se fait vieillissante. Cela signifie qu'une grande part de la population active est maintenant d'âge moyen ou a dépassé cet âge. La population du « baby-boom » a une influence sur la répartition selon l'âge de la main-d'œuvre et sur la taille de la population qui prendra sa retraite au cours des 30 prochaines années. D'ici 2008, ce groupe fera passer la moyenne d'âge des travailleurs à 41 ans, alors qu'elle était de 35 ans en 1980. Parallèlement à ces retraits de la population active, on observe une augmentation du nombre de personnes âgées qui travaillent à temps partiel.
Nombre d'études explorent l'influence des travailleurs âgés sur la population active. Elles abordent également la façon dont les différents emplois influent sur la condition physique des travailleurs âgés et recherchent des moyens de garantir leur sécurité et de les prémunir contre les blessures.
Il n'existe pas d'âge généralement admis à partir duquel une personne est considérée comme un travailleur âgé. Certaines études ciblent surtout les 55 ans et plus, d'autres, la catégorie des 45 ans et plus.
Oui et non. Un milieu de travail bien conçu profite à tous. Il est toujours préférable que les postes de travail et les tâches soient adaptés aux besoins de chaque employé. Des conditions différentes pour des travailleurs différents peuvent être nécessaires. Pour combler les besoins de chacun, il peut s'avérer nécessaire d'adapter les conditions aux différents travailleurs, pas seulement aux plus âgés.
Cela étant dit, il se peut qu'il soit nécessaire de prendre certaines mesures pour assurer la sécurité et le confort au travail des travailleurs âgés.
Quelques-uns. La plupart des études sur le sujet disent que les travailleurs âgés sont généralement moins sujets aux accidents, mais que, lorsqu'ils se blessent, leurs blessures sont souvent plus graves. Il se peut aussi que leur rétablissement soit plus long. En outre, la nature des blessures peut être différente : les jeunes travailleurs subissent surtout des blessures aux yeux ou aux mains, tandis que les travailleurs âgés, qui ont de nombreuses années de service, signalent davantage de blessures au dos.
Un grand nombre de blessures professionnelles sont attribuables à la répétition continuelle des mêmes mouvements. Les microtraumatismes répétés, par exemple, surviennent avec le temps. Ainsi, un travailleur âgé est susceptible de signaler davantage de blessures musculo-squelettiques, puisque son état a pu évoluer pendant plus longtemps.
Il y a risque de blessures lorsqu'un travailleur, peu importe son âge, est contraint à un effort de travail tel qu'il met en péril sa sécurité. Étant donné que les travailleurs âgés sont généralement blessés plus gravement, il importe de revoir l'aménagement des postes de travail ou le régime de travail, afin qu'ils soient des plus sécuritaires. Il importe également de s'assurer qu'une personne a les capacités requises pour exécuter une tâche donnée et qu'elle peut s'en acquitter de façon sécuritaire.
En règle générale, les études révèlent que les travailleurs âgés sont moins enclins à changer d'emploi, font preuve d'un plus grand dévouement envers l'entreprise et attachent une plus grande valeur au travail. Ces travailleurs s'absentent moins souvent, même si la période d'absence est plus longue lorsqu'ils le font.
Aucune étude n'a révélé l'existence d'un lien causal entre le vieillissement et le rendement au travail. Les raisons principales d'un piètre rendement sont les suivantes :
Il importe de se rappeler que ces situations, qui affectent le rendement au travail, peuvent survenir à tout âge.
On a fait observer, dans certaines études, que les travailleurs âgés travaillent plus lentement et ont du mal à prendre des décisions rapides; toutefois, ces lacunes sont compensées par le fait que ces travailleurs font preuve d'une plus grande minutie dans leur travail et prennent de meilleures décisions que leurs collègues, plus jeunes et plus rapides.
En vieillissant, le corps change. Une personne atteint sa pleine maturité physique, ou son plein développement, vers l'âge de 25 ans. Puis, après une période de relative stabilité, l'organisme commence à montrer des signes de vieillissement. La plupart de ces changements sont observés pour la première fois à l'âge de 40 ou 50 ans, mais en fait, ils peuvent survenir ou débuter) dès l'âge de 20 ou 25 ans. Ces changements affectent, entre autres :
(Adapté du document Les travailleurs âgés, Encyclopédie de sécurité et de santé au travail, 4e édition. A. Laville et coll. Bureau international du travail, 1998.)
Le vieillissement a une incidence sur les facultés mentales d'une personne. Les personnes âgées peuvent ne pas penser aussi rapidement ou clairement qu'autrefois. En outre, il se peut qu'elles mettent plus de temps à acquérir de nouvelles habiletés. La majorité des recherches portant sur le fonctionnement cognitif (la façon dont les gens pensent et la rapidité avec laquelle il le font) ont été effectuées en laboratoire. Par conséquent, si nous disposons de données sur les taux de réussite des gens en fonction de tâches ou de tests précis, peu de tests ont été réalisés pour vérifier la pertinence de ces résultats dans le « monde réel ». Plus précisément, en contexte de travail, les gens acquièrent naturellement différentes habitudes qui leur permettent d'adapter leur style d'apprentissage et leur style de travail.
En général, l'intelligence fluide (p. ex. le raisonnement inductif, l'attention sélective, les activités « tandem » et le traitement de l'information) décline avec l'âge, tandis que les fonctions verbales et le vocabulaire (langage et capacité de s'exprimer) demeurent constants ou s'améliorent. Les tâches qui font appel à la mémoire à court terme demandent habituellement plus de temps. Généralement, en contexte de travail, les travailleurs âgés utilisent leur expérience et leur savoir-faire, et ils peuvent donc trouver difficile de travailler dans un environnement complexe ou en présence de nombreux stimuli. Autrement dit, il peut leur être pénible d'accomplir des tâches dans lesquelles ils doivent faire plusieurs choses différentes (ou penser à plusieurs choses différentes) rapidement ou simultanément. Il est également possible qu'ils trouvent déroutant de travailler dans un environnement bondé de gens se livrant à une foule d'activités. Ils peuvent éprouver plus de difficultés à se concentrer sur ce qu'ils doivent faire, en particulier lorsqu'ils sont confrontés à des situations « nouvelles »; autrement dit, dans de telles situations, il peut y avoir tant à faire qu'ils ont du mal à établir des priorités et à distinguer ce qui mérite leur attention et ce qu'ils doivent ignorer.
Les travailleurs âgés peuvent avoir des besoins en formation différents. Étant donné que leur apprentissage est fondé sur l'expérience acquise, il faudra peut-être insister davantage sur une formation « pratique ». Les nouvelles notions doivent être expliquées en faisant appel à ce qu'ils connaissent déjà. En outre, les raisons et la logique qui sous-tendent l'information (pourquoi telle chose doit être faite) prennent davantage d'importance. La formation d'un travailleur âgé peut aussi être plus longue que celle d'un jeune travailleur. Une aide et de la pratique additionnelles peuvent s'avérer nécessaires. Cependant, plusieurs études révèlent qu'une fois dépassé le stade de l'apprentissage, il n'y a aucune différence dans la qualité du travail accompli.
Nous apprenons et pensons tous différemment, peu importe notre âge. Ces fonctions, dites « cognitives », sont fortement tributaires de la personne et des expériences qu'elle a vécues au cours de sa vie. Les gens qui, durant leur vie, ont acquis des connaissances multiples et atteint un niveau de scolarisation élevé ou qui ont eu à accomplir une variété de tâches sont des apprenants chevronnés. Ils sont généralement doués pour acquérir de nouvelles compétences et améliorer celles qu'ils détiennent déjà. Parmi les personnes qui, à un âge avancé, ont peut-être plus de difficultés à apprendre, on compte celles qui sont peu scolarisées ou qui ont accompli des tâches relativement simples et répétitives pendant de nombreuses années. Elles ont l'habitude de faire les mêmes choses, de la même façon, et peuvent trouver pénible d'assimiler de nouvelles connaissances ou façons de faire.
(Adapté du document Les travailleurs âgés, Encyclopédie de sécurité et de santé au travail, 4e édition. A. Laville et coll. Bureau international du travail, 1998.)
Dernière mise à jour du document le 12 juillet 2002
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