Au cours d'interventions médicales, les travailleurs de la santé uvrant dans différents secteurs peuvent être exposés à des fuites de gaz anesthésiques. Ces gaz et ces vapeurs sont appelés gaz anesthésiques résiduels (GAR).
Partout au Canada, des milliers de gens qui exercent dans les salles d'opération, de réveil et d'accouchement des hôpitaux et au sein de cabinets dentaires ou de cliniques vétérinaires peuvent être exposés à des concentrations dangereuses et nocives de gaz anesthésiques résiduels.
Le tableau 1 énumère quelques-uns des gaz (anesthésiques volatils) couramment utilisés qui sont source de préoccupation.
| Tableau 1 Gaz anesthésiques | ||
|---|---|---|
| Dénomination commune ou chimique | Nom commercial | Apparition sur le marché |
| Protoxyde d'azote | Protoxyde d'azote | 1844 |
| Halothane | FluothaneMD | 1954 |
| Méthoxyflurane | PenthraneMD | 1960 |
| Enflurane | EthraneMD | 1974 |
| Isoflurane | ForaneMD | 1980 |
| Desflurane | SupraneMD | 1992 |
| Sévoflurane | UltaneMD | 1995 |
Parmi les effets attribuables à l'exposition à des GAR, on compte les suivants : étourdissements, état vertigineux, nausées, fatigue, céphalées, irritabilité et dépression. Les travailleurs exposés peuvent éprouver des troubles cognitifs, moteurs et de perception, et mettre ainsi en danger leur propre sécurité et celle des autres. Chez les travailleurs exposés, des effets graves peuvent être observés, tels qu'une stérilité, un cancer, des maladies du foie et du rein et, chez les travailleuses exposées de même que les conjointes des travailleurs, des cas d'avortement spontané et d'anomalies congénitales.
Les travailleurs et travailleuses de la santé peuvent être exposés de multiples façons, entre autres :
Une chirurgie au niveau du visage, de la gorge ou du cou peut occasionner des fuites de GAR d'autant plus importantes qu'il est très difficile d'assurer l'étanchéité autour de ces parties du corps.
Un programme efficace de gestion des gaz anesthésiques comporte les volets suivants :
Mesures d'ingénierie
Pratiques de travail
Contrôle de la qualité de l'air
Communication des renseignements et formation à l'égard des risques
Des pratiques de travail adéquates sont vitales si l'on veut réduire l'exposition du personnel soignant aux GAR.
Parmi les techniques d'anesthésie fautives, on compte : le choix, l'ajustement ou le positionnement inadéquat du masque; le gonflement insuffisant du ballonnet du tube trachéal; le mauvais branchement des tubes et raccords de l'appareil d'anesthésie; l'omission de couper l'alimentation en gaz après avoir retiré le masque du patient.
Le contrôle de la qualité de l'air est l'un des principaux outils utilisés pour mesurer l'exposition à des gas anesthésiques résiduels. L'information obtenue par le biais de cette surveillance est extrêmement importante pour l'élaboration et la mise en application de mesures d'ingénierie et de pratiques de travail adéquates.
Ce contrôle peut se faire en continu ou de façon périodique; toutefois, il devrait permettre de mesurer précisément l'exposition dans les zones de travail comme dans les zones avoisinantes.
Le contrôle peut aider à déceler et à localiser une fuite de gaz, ainsi qu'à accroître l'efficacité des mesures correctives.
Étant donné que la plupart des anesthésiques volatils sont inodores (sauf si leur concentration est très élevée), il est primordial d'assurer un contrôle rigoureux de la qualité de l'air.
Les employeurs doivent élaborer, rédiger et mettre en uvre un programme de communication des renseignements portant sur les GAR, qui comprenne les éléments suivants : une description des risques pour la santé et la sécurité associés aux agents anesthésiques utilisés; la compilation et la disponibilité de fiches signalétiques à jour traitant de tous les gaz anesthésiques employés; l'étiquetage approprié des bouteilles, réservoirs et conteneurs; un programme complet de formation et de communication des renseignements destiné aux employés.
Le programme de formation doit contenir une liste des mesures que peuvent prendre les travailleurs pour se prémunir contre les dangers associés aux GAR. Il devrait comporter de l'information sur les dispositions prises par l'employeur, telles que les mesures d'ingénierie, préciser clairement la procédure d'urgence pour maîtriser les fuites de gaz, décrire des pratiques de travail sécuritaires, le mode d'emploi de tout équipement de protection individuelle, et expliquer en détail le mode d'utilisation des appareils de surveillance en continue.
En outre, le programme de formation doit énoncer clairement toutes les méthodes et tous les indices observables permettant de détecter la présence et la fuite de gaz anesthésiques.
L'élimination et le contrôle des fuites de gaz ne doivent être effectués que par des employés qualifiés, munis de l'équipement nécessaire.
À la lumière de la recherche sur les effets tératogènes des GAR et de l'incidence des avortements spontanés, le transfert des travailleuses enceintes dans une zone non exposée doit être autorisé.
Dernière mise à jour du document le 29 avril 2002
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