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Fièvre Q

Qu'est-ce que la fièvre Q et quelle en est la cause?

La fièvre Q est une maladie infectieuse qui se transmet de l'animal à l'homme. Elle est causée par un microbe appelé Coxiella burnetii, qui peut survivre pendant des mois, voire des années dans la poussière ou le sol.

Certains animaux comme les bovins, les moutons et les chèvres peuvent porter le microbe responsable de la fièvre Q dans les tissus de leur appareil reproducteur : l'utérus, le placenta et les liquides produits lors de la mise bas. Les animaux infectés éliminent également le microbe dans leur lait et leurs excréments. Les humains contractent l'infection en inhalant des particules infectieuses transportées dans l'air (aérosols) et des poussières contaminées provenant d'animaux ou de produits d'origine animale.

Dans bon nombre de cas, l'infection est asymptomatique. Les symptômes courants évoquent une forte grippe s'accompagnant d'une fièvre élevée, de frissons et de transpiration. Certaines personnes infectées peuvent développer une maladie du foie et du cœur. L'infection peut parfois évoluer vers une forme chronique grave dont l'issue peut être fatale en l'absence de traitement adéquat.


Comment la fièvre Q se transmet-elle?

Les gens contractent habituellement la fièvre Q par inhalation du microbe, qui est très infectieux. Il ne faut que dix de ces microbes pour provoquer une infection. Les humains peuvent également être infectés en buvant du lait contaminé ou par contact cutané, mais la plupart des infections sont propagées par l'air. La transmission interhumaine est rare, voire inexistante.


Quels sont les symptômes de la fièvre Q?

Les personnes peuvent avoir la fièvre Q sans le savoir ou la confondre avec une grippe légère. Il est souvent impossible d'établir un diagnostic de fièvre Q sans avoir recours à des analyses de laboratoire.

Il arrive parfois que la fièvre Q frappe soudainement un grand nombre de personnes travaillant au même endroit. Les signes et symptômes courants rappellent ceux d'une forte grippe :

  • apparition soudaine d'une fièvre élevée;
  • fatigue;
  • douleurs musculaires;
  • frissons et transpiration;
  • maux de tête;
  • malaise général et perte d'appétit;
  • toux non productive;
  • perte de poids;
  • douleurs gastriques;
  • douleurs thoraciques.

Certains patients présentent une légère toux sèche causée par une inflammation des poumons appelée pneumonite. La plupart des symptômes disparaissent après 7 à 10 jours. Toutefois, les personnes infectées peuvent se sentir malades et avoir peu d'appétit pendant plusieurs semaines.

Une faible proportion de patients développe une hépatite ou une maladie du foie et un ictère (coloration jaunâtre de la peau) s'accompagnant d'urines foncées, lesquels sont attribuables à un mauvais fonctionnement du foie.

D'autres syndromes cliniques rares ont été signalés, notamment une endocardite (inflammation de la membrane tapissant l'intérieur des cavités cardiaques).

Il peut exister des différences régionales dans le tableau clinique de la maladie. On n'en connaît pas très bien les raisons, mais des études sur les animaux suggèrent que le type de souches pourrait être en cause.


Quels tests permettent de détecter la fièvre Q?

Les analyses de laboratoire utilisées pour détecter la fièvre Q permettent de mesurer la quantité d'anticorps qui circulent dans le sang. Les anticorps sont des substances que l'organisme produit pour se protéger contre les maladies infectieuses. Il est possible de diagnostiquer la fièvre Q chez les patients dont le sang est porteur de l'anticorps après une période de maladie inexpliquée accompagnée de fièvre.


Quel est le traitement recommandé pour la fièvre Q?

La plupart des patients atteints de fièvre Q aiguë se rétablissent sans traitement antibiotique. Lorsqu'un traitement est nécessaire, une antibiothérapie par tétracycline (doxycycline) est souvent prescrite. En général, les patients se remettent rapidement si le traitement est mis en route sans tarder. Dans le cas de la fièvre Q chronique, une association doxycycline-hydroxychloroquine peut être utilisée pendant plusieurs mois. La fièvre Q est rarement mortelle. Cependant, si elle n'est pas traitée, elle peut entraîner la mort, surtout chez les personnes souffrant d'une maladie cardiaque.


La fièvre Q constitue-t-elle un problème au travail?

La fièvre Q constitue une préoccupation professionnelle pour les travailleurs qui sont exposés à des animaux, à des produits d'origine animale ou à des déchets animaux. Le risque est accru chez les travailleurs qui présentent une maladie cardiaque ou dont le système immunitaire est affaibli.

Les travailleurs peuvent contracter la fièvre Q au contact de différents animaux :

  • animaux sauvages;
  • bétail – en particulier les bovins, les moutons et les chèvres;
  • animaux de laboratoire – surtout les moutons;
  • animaux de compagnie – surtout les chats.

Les tiques hématophages (qui sucent le sang) transmettent le microbe responsable de la fièvre Q aux animaux sauvages, mais rarement aux humains. Le bétail, les animaux de laboratoire et les animaux de compagnie peuvent contracter le virus de la fièvre Q directement d'autres animaux infectés ou dans un environnement contaminé.

La fièvre Q est particulièrement préoccupante dans le cas des animaux gravides, surtout au moment de la mise bas ou d'un avortement causé par la maladie. En effet, chez les animaux gravides, le microbe responsable de la fièvre Q s'accumule dans certains tissus et liquides, atteignant des concentrations énormes. Au nombre de ces tissus et liquides figurent :

  • l'utérus;
  • le placenta, qui entoure le fœtus dans l'utérus;
  • les glandes mammaires ou le pis;
  • les produits liquides de mise bas;
  • le lait.

Le microbe est transporté dans l'air sous forme de minuscules gouttelettes ou d'aérosols et est transmis aux travailleurs :

  • lorsque les animaux mettent bas;
  • durant le traitement des tissus infectés provenant d'animaux abattus;
  • lors de la traite ou durant la transformation du lait;
  • durant des interventions chirurgicales chez des animaux.

Après avoir mis bas, les animaux mangent habituellement leur placenta et d'autres produits de mise bas. Le microbe responsable de la fièvre Q survit alors à la digestion. Il chemine le long de l'intestin de l'animal et est expulsé dans les excréments, ce qui permet à l'infection de se propager à grande échelle dans tout l'environnement.

Le microbe est facilement transporté dans l'air avec la poussière provenant de tissus ou d'excréments d'animaux infectés, ou encore de terre contaminée. Par conséquent, les travailleurs peuvent être exposés à la fièvre Q par contact avec diverses matières contaminées telles que :

  • la poussière provenant d'animaux, de litière ou d'excréments;
  • le sol près des enclos;
  • le cuir, la laine et les fourrures d'animaux;
  • les vêtements portés par les travailleurs qui ont été exposés à des animaux infectés ou à des matières contaminées.

Quels sont les métiers associés à un risque accru de fièvre Q?

La fièvre Q se propage facilement dans les régions agricoles, infectant les personnes qui travaillent à l'extérieur et qui sont exposées à de la terre ou de la poussière contaminées. Les particules transportées dans l'air qui contiennent le microbe responsable de la fièvre Q peuvent être déplacées par le vent sur de longues distances – un demi-mille ou plus.

La fièvre Q se propage aussi aisément à l'intérieur des immeubles, d'une pièce à l'autre. Les travailleurs dans les centres de recherche peuvent contracter la fièvre Q même s'ils ne se rendent qu'une ou deux fois dans une pièce ou un corridor contaminé.

Normalement, les employés des services de médecine générale ne contractent pas la fièvre Q d'un patient infecté.

Parmi les travailleurs qui courent un risque accru de fièvre Q, on retrouve :

  • les agriculteurs, les éleveurs et les travailleurs agricoles en contact avec des bovins, des moutons et des chèvres;
  • les travailleurs des marchés à bestiaux, les camionneurs, les employés qui entretiennent les camions et les participants aux encans d'animaux;
  • les exploitants d'abattoirs, les travailleurs des usines d'équarrissage, et les personnes qui manipulent le cuir et la laine;
  • les chasseurs et les trappeurs;
  • les chercheurs travaillant sur des animaux de laboratoire et le personnel de soutien;
  • les travailleurs qui prennent soin des animaux de compagnie et du bétail – le personnel vétérinaire, les employés d'animaleries et les préposés dans les jardins zoologiques;
  • certains groupes de travailleurs de la santé et de membres du personnel médical qui sont en contact avec du sang, des expectorations (crachats) ou des tissus provenant de patients infectés.

Comment peut-on prévenir la fièvre Q en milieu de travail?

Les mesures de prévention les plus efficaces consistent à éliminer le microbe responsable de la fièvre Q chez les animaux. Toutefois, il n'existe pas encore de programme d'éradication de la maladie, car la fièvre Q se propage très facilement chez les animaux.

Les travailleurs qui sont exposés même de façon minime à des animaux, à des produits d'origine animale ou à des déchets animaux doivent être renseignés sur la maladie, ses caractéristiques et la nature du risque. Les travailleurs nouvellement embauchés dont le travail est associé à un risque accru de fièvre Q doivent être invités à subir des analyses sanguines pour que l'on détermine s'ils sont résistants à la fièvre Q. Lorsqu'un travailleur à haut risque présente une maladie inexpliquée accompagnée de fièvre, en particulier s'il a une infection pulmonaire, il faut rechercher la présence possible d'une fièvre Q. La fièvre Q est une maladie à déclaration obligatoire dans la plupart des provinces et territoires du Canada.

Le risque d'infection en milieu de travail peut être réduit grâce aux mesures suivantes :

  • vaccination des travailleurs, le cas échéant;
  • précautions individuelles;
  • hygiène du travail.

Vaccination des travailleurs

Il existe un vaccin contre la fièvre Q, mais il est difficilement accessible au Canada. L'administration du vaccin doit être réservée aux travailleurs qui présentent un risque élevé d'exposition à la maladie et dont les analyses sanguines ont établi que le travailleur n'est pas résistant à la fièvre Q. Avant de vacciner un travailleur, il faut lui faire passer des tests pour s'assurer qu'il n'est pas déjà immunisé contre la fièvre Q, faute de quoi le vaccin pourrait provoquer une réaction grave. Enfin, si le travailleur n'est pas déjà immunisé, il faut lui faire passer un autre test pour déterminer s'il est allergique à l'un des composants du vaccin.

Précautions individuelles

La prise de précautions individuelle peut réduire l'exposition au microbe responsable de la fièvre Q et prévenir éventuellement sa propagation dans le milieu de travail :

  • L'accès aux milieux de travail associés à un risque accru d'exposition à la fièvre Q doit être limité aux seuls travailleurs dont la présence est requise.
  • Les tissus animaux doivent être manipulés avec soin, en particulier ceux de l'appareil reproducteur. Les travailleurs exposés à des tissus d'origine animale doivent porter des vêtements protecteurs, surtout lorsque les animaux mettent bas, ainsi que des gants et des manchettes jetables. Les vêtements contaminés doivent être munis d'une étiquette indiquant qu'il s'agit de substances biologiques dangereuses, et ils doivent être lavés conformément aux règles prévues pour la désinfection des vêtements.
  • Il doit être interdit de consommer des aliments, des boissons, du tabac ou de se ronger les ongles dans les animaleries. Il faut se laver souvent les mains.
  • Le matériel doit être lavé et, dans la mesure du possible, désinfecté de manière à ce qu'il ne reste aucune trace d'excrément, d'urine, de lait ou de tout autre liquide organique d'origine animale.
  • Il faut garder à l'intérieur de la grange les vêtements et l'équipement de protection qui y sont portés et les laver séparément, à l'eau chaude; on évitera de porter ces vêtements et cet équipement dans la maison.
  • Il convient de réduire au minimum la production d'aérosols provenant de tissus animaux et l'exposition à ces aérosols. Pour ce faire, on peut :
    • enfouir et composter les produits de mise bas ou les mort-nés (si la réglementation locale le permet);
    • laisser le fumier composter pendant au moins 90 jours;
    • éviter d'épandre du fumier lorsqu'il vente;
    • empêcher l'accès aux granges qui abritent des animaux infectés (en particulier aux enfants, aux femmes enceintes, aux personnes âgées et aux personnes dont le système immunitaire est affaibli).
  • Les travailleurs qui présentent un risque accru d'inhalation de gouttelettes contaminées doivent porter un appareil de protection respiratoire tel qu'un masque N-95 (ou un appareil comparable) dont l'ajustement a été vérifié et qui permet de prévenir l'inhalation d'aérosols. Le port d'un appareil de protection respiratoire doit toujours se faire dans le cadre d'un programme de protection individuelle, et les travailleurs doivent savoir comment bien choisir leur appareil, comment l'ajuster et comment l'entretenir.
  • Les techniques de laboratoire acceptables décrites dans la Norme canadienne sur la biosécurité, 2e édition, et dans le Guide canadien sur la biosécurité, 2e édition, doivent être utilisées dans les laboratoires de recherche ou de diagnostic qui traitent du sang et des tissus provenant d'animaux ou d'humains infectés par la fièvre Q.
  • Il ne faut pas boire de lait ni de produits laitiers non pasteurisés.

Hygiène du travail

Il faut élaborer des procédures permettant de prévenir la libération et la propagation du microbe responsable de la fièvre Q dans les milieux de travail. À chaque endroit, des procédures doivent être établies aux fins de la désinfection ou de la stérilisation des zones qui peuvent être contaminées par le microbe.

  • Dans les laboratoires de recherche médicale affiliés à des hôpitaux, les animaux doivent être gardés dans des installations distinctes de manière à réduire le risque de transmission du microbe au personnel et aux patients. Il faut éviter d'utiliser les mêmes ascenseurs et les mêmes quais de chargement.
  • Les brebis gravides ne doivent pas être utilisées dans les laboratoires de recherche à moins que des tests aient révélé qu'elles ne sont pas porteuses de l'anticorps dirigé contre l'agent responsable de la fièvre Q.
  • L'équipement et les installations de bioconfinement doivent être utilisés conformément aux recommandations de la Norme canadienne sur la biosécurité, 2e édition, et du Guide canadien sur la biosécurité, 2e édition.
  • Lorsque les animaux d'élevage mettent bas, il faut les confiner et les observer de près. Le placenta et les autres produits de mise bas doivent être recueillis avant que les animaux ne les mangent, puis ils doivent être éliminés de façon sûre. Dans la mesure du possible, la mise bas doit avoir lieu à l'intérieur, dans un endroit qui peut être nettoyé et désinfecté.
  • Les déchets infectieux doivent être placés dans des contenants étanches, bien étiquetés, stérilisés et à l'épreuve des perforations avant d'être éliminés conformément aux procédures établies pour les substances biologiques dangereuses.
  • Les surfaces, les planchers et les murs contaminés par des liquides ou de la poussière provenant d'animaux doivent être désinfectés conformément aux procédures de lutte contre l'infection en vigueur.

Dernière mise à jour du document le 3 avril 2017

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