On sait depuis longtemps que l'exposition prolongée au bruit comporte un risque de perte d'audition. Cependant, on ne sait pas encore exactement quels sont les effets non auditifs du bruit. En général, les effets présumés comprennent des anomalies de la fonction cardio-vasculaire (hypertension, modifications de la pression artérielle et/ou de la fréquence cardiaque), des anomalies respiratoires, une gêne, des troubles du sommeil, de même que des problèmes de santé physique et de santé mentale. Cette vaste gamme d'effets a porté les chercheurs à croire que le bruit peut agir comme un facteur d'agression général, non spécifique. Il est très difficile de distinguer les effets du bruit par rapport aux effets des autres facteurs d'agression généraux.
En milieu de travail, les effets non auditifs du bruit comprennent les problèmes de communication verbale. D'après certains résultats, le taux d'absentéisme des travailleurs semble plus élevé dans les industries bruyantes, mais on n'a pas pu déterminer s'il en est ainsi en raison de l'aversion psychologique pour le bruit ou en raison des effets physiologiques de l'agression sonore.
Les effets non auditifs peuvent être divisés en deux catégories : effets physiologiques et effets sur le rendement.
Les effets physiologiques peuvent être temporaires ou permanents.
Les effets temporaires sont, par exemple :
Tous ces effets sont similaires à la réponse de l'organisme en présence d'autres facteurs d'agression
Pour ce qui est des effets permanents, il n'y a pas de consensus sur la question : certains chercheurs semblent opter pour la théorie selon laquelle le bruit produit des effets permanents, alors que d'autres sont sceptiques à cet égard.
Le bruit peut nuire à la communication verbale et être une cause de distraction et de gêne. Nous donnons ci-dessous des exemples montrant comment ces facteurs peuvent nuire au rendement au travail.
L'intelligibilité de la parole est la capacité de comprendre les mots prononcés. La présence de bruit nuit à la compréhension des paroles prononcées par d'autres personnes, notamment dans les conversations face à face, dans les conversations téléphoniques et dans l'écoute de messages sur un système de diffusion publique.
Pour que la parole soit intelligible, il faut que son niveau sonore soit supérieur au bruit de fond auquel est exposée l'oreille de la personne qui écoute. Des personnes présentant une perte d'audition qui autrement passerait inaperçue éprouvent de la difficulté à comprendre les paroles prononcées dans des milieux bruyants.
Dans les milieux de travail bruyants, les personnes peuvent converser avec difficulté pendant une courte période à une distance d'un mètre en présence d'un bruit pouvant atteindre 78 dB(A). Pour que des conversations prolongées puissent être tenues, il faut que le niveau du bruit de fond soit inférieur à 78 dB(A).
Dans des activités sociales, les personnes conversent souvent à des distances de 2 à 4 mètres. En pareil cas, le niveau de bruit ne devrait pas dépasser 55 à 60 dB(A).
| Capacité de communication verbale en fonction du niveau de bruit de fond exprimé en dB(A) | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| Communication | Moins de 50 dB(A) | 50-70 dB(A) | 70-90 dB(A) | 90-100 dB(A) | 110-130 dB(A) |
| Face à face (voix non amplifiée) | Voix normale jusqu'à une distance de 6 m | Niveau de voix élevé jusqu'à une distance de 2 m | Voix très forte ou cris jusqu'à une distance de 50 cm | Niveau de voix maximal jusqu'à une distance de 25 cm | Communication très difficile ou impossible, même à une distance de 1 cm |
| Téléphone | Bonne | De satisfaisante à légèrement difficile | De difficile à insatisfaisante | Utilisation de poussoir d'émission et de cabine insonorisée | Utilisation d'équipement spécial |
| Interphone | Bonne | Satisfaisante | Insatisfaisante avec un haut-parleur | Impossible avec un haut-parleur | Impossible avec un haut-parleur |
| Type d'écouteur en complément au haut-parleur | Aucun | N'importe lequel | Utilisation de n'importe quel écouteur | Utilisation d'un écouteur quelconque dans un serre-tête ou un casque antibruit, sauf du type à conduction osseuse | Utilisation d'écouteurs à embout ou sur l'oreille dans un casque ou un serre-tête; bonne communication jusqu'à 120 dB(A) sur une courte période |
| Système de diffusion publique | Bonne | Satisfaisante | Satisfaisante à difficile | Difficile | Très difficile |
| Type de microphone requis | N'importe lequel | N'importe lequel | N'importe lequel | Tout microphone antibruit | Bon microphone antibruit |
Source : « Handbook of Noise Control », 2e édition. C.M. Harris. New York : McGraw-Hill, 1979.
Le bruit est gênant. Dans des environnements bruyants, les personnes essaient habituellement de réduire le niveau sonore, d'éviter l'exposition ou de quitter la zone bruyante s'il est possible de le faire. Le même bruit peut être gênant pour certaines personnes mais acceptable pour d'autres. Il n'existe pas de relation définie entre le niveau de gêne ou de désagrément dû à un bruit et le risque d'effets nuisibles sur la santé. Par exemple, de la musique très forte peut être agréable pour un groupe de personnes et gênante pour un autre groupe. Le risque de perte d'audition est néanmoins le même pour les deux groupes.
Outre le niveau sonore, plusieurs facteurs contribuent à la gêne. Le tableau qui suit montre des exemples de ces facteurs.
| Facteurs influant sur le niveau subjectif de gêne causée par le bruit | |
|---|---|
| Facteurs acoustiques primaires | Niveau sonore Fréquence Durée |
| Facteurs acoustiques secondaires | Complexité spectrale Fluctuations du niveau sonore Fluctuations de fréquence Temps de montée du bruit Position de la source de bruit Physiologie |
| Facteurs non acoustiques | Adaptation et expérience antérieure Façon dont l'activité du sujet influe sur le niveau de gêne Prévisibilité du moment auquel un bruit se produit Nécessité du bruit Différences individuelles et personnalité |
Source : « Handbook of Noise Control », 2e édition. C.M. Harris. New York : McGraw-Hill, 1979.
Selon le type d'activité, le bruit peut réduire beaucoup le rendement dans l'exécution d'une tâche. Les exemples qui suivent illustrent ce point.
Dernière mise à jour du document le 16 février 2007
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