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Abus de substances en milieu de travail

Pourquoi le milieu du travail devrait-il se pencher sur les questions d'alcoolisme et de toxicomanie?

Le fait que certaines personnes consomment des substances comme l'alcool ou des drogues illicites, ou prennent des médicaments de façon abusive n'est pas nouveau. Toutefois, on reconnaît de plus en plus que l'abus de substances peut avoir des répercussions sur le milieu de travail et inversement. Aujourd'hui, pour exécuter plusieurs activités en milieu de travail, il faut de l'attention et des réflexes rapides et précis. Une altération de ces facultés peut provoquer de graves accidents et perturber la bonne marche du travail. L'abus de substances au travail peut avoir d'autres conséquences :

  • effets résiduels de l'abus de substances (gueule de bois, état de manque) qui peuvent perturber la qualité du travail;
  • absentéisme, maladies, baisse de productivité;
  • obsession à vouloir obtenir et consommer des substances au travail qui peut nuire à la concentration et à la vigilance;
  • activités illégales au travail comme la vente illicite de drogues aux autres salariés;
  • effets psychologiques ou stress associés à l'abus de substances par un membre de la famille, un ami ou un collègue de travail qui peuvent nuire au rendement d'un employé.

De quoi est-il question dans ce document?

Dans ce document, il est question entre autres des conséquences de l'abus de substances en milieu de travail, des coûts qui peuvent en découler pour l'entreprise et des réponses que celle-ci peut apporter.


De façon générale, quels sont les effets de ces substances?

CatégorieExemplesEffets en général
Alcool bière, vin, spiritueux jugement altéré, réflexes lents, fonctions motrices altérées, torpeur ou somnolence, coma, surdose pouvant entraîner la mort
Cannabis marijuana, hachisch altération de la notion du temps, troubles de la mémoire et de la coordination
Dépresseurs somnifères, sédatifs, certains tranquillisants inattention, réflexes lents, dépression, troubles de l'équilibre, somnolence, coma, surdose pouvant entraîner la mort
Hallucinogènes LSD (acide lysergique diéthylamide), PCP (phencyclidines), mescaline inattention, illusions sensorielles, hallucinations, désorientation, psychose
Substances volatiles hydrocarbures, solvants, essence intoxication semblable à l'alcool, vertiges, mal de tête
Nicotine cigarettes, tabac à chiquer et à priser effet stimulant au départ, suivi plus tard de l'effet inverse
Opiacés morphine, héroïne, codéine, certains médicaments de prescription et antidouleur perte d'intérêt, dodelinement de la tête, surdose pouvant entraîner la mort. L'échange de seringues favorise la transmission de l'hépatite B ou C et du VIH/SIDA.
Stimulants cocaïne, amphétamines euphorie, suractivité, tension/anxiété, pouls rapide, rétrécissement des vaisseaux sanguins

(Source: « Alcohol and Drug Abuse ». Encyclopaedia of Occupational Health and Safety, 4e éd. S.B.Blume. Bureau international du Travail, 1998.)


Combien cela coûte-t-il aux entreprises?

La conséquence économique de l'abus de substances au Canada pour les entreprises ou pour l'industrie a toujours été difficile à chiffrer. L'absentéisme en général ou la maladie, le manque non signalé de productivité ainsi qu'une incapacité ou une hésitation à établir un lien direct entre les causes d'un accident et l'abus de substances empêchent de faire une estimation précise des coûts.

De façon générale, le Centre canadien de lutte contre l'alcoolisme et les toxicomanies (CCLAT) considère que l'abus de substances a coûté à l'économie canadienne plus de 39,8 milliards $ en 2002. Ce nombre inclus aussi les coûts pour le tabac, l'alcool et les drogues illicites.

Le CCLAT indique aussi que les coûts économiques les plus importants découlent de :

  • pertes de productivité;
  • des maladies;
  • des soins directs;
  • de l'intervention de la police et d'autres représentants des forces de l'ordre;
  • autres coûts direct.

Ainsi, les coûts peuvent être aussi bien directs qu'indirects pour les entreprises. Les cas signalés d'abus de substances ont souvent quatre grandes conséquences :

  • morts prématurées, accidents mortels;
  • proportion de blessures et d'accidents;
  • absentéisme, augmentation des congés de maladie;
  • perte de productivité.

D'autres aspects peuvent influer sur les coûts :

  • retards fréquents, assoupissement au travail;
  • vol;
  • faiblesse dans la prise de décisions;
  • perte d'efficacité;
  • démoralisation des collègues de travail;
  • augmentation des probabilités de conflit avec les autres travailleurs et superviseurs ou des problèmes dans l'accomplissement des tâches;
  • roulement plus élevé;
  • formation de nouveaux employés;
  • procédures disciplinaires;
  • programmes de dépistage des drogues;
  • programmes de soins, de réadaptation et d'aide aux employés.

Certaines conditions au travail favorisent-elles l'abus de substances?

es raisons personnelles et sociales pouvant jouer un rôle important sont nombreuses et variées . Cependant et de façon générale, les éléments suivants qui sont liés au travail peuvent favoriser l'abus de substances :

  • stress important;
  • perte d'intérêt dans son travail;
  • longue journée de travail ou changement de quart sur une base irrégulière;
  • fatigue;
  • fonctions répétitives;
  • périodes d'inactivité ou monotonie;
  • isolement;
  • supervision lointaine et irrégulière;
  • facilité d'accès aux substances.

Quelles sont les solutions à apporter en milieu de travail?

Le lieu de travail peut représenter un espace idéal où discuter du problème de l'abus de substances. Le personnel et les employeurs pourraient établir en commun une ligne de conduite déterminant les comportements acceptables et inacceptables. Les employeurs seraient en mesure d'aider de façon plus efficace les employés qui ont des problèmes ou de les diriger vers des services communautaires en mettant en place ou en moussant des programmes tels qu'un Programme d'aide aux employés (PAE).

Il est conseillé de mettre en place en milieu de travail une procédure ou une directive qui puisse permettre d'offrir une aide professionnelle et cohérente. Il est important que les superviseurs et les dirigeants disposent de ressources ou de procédures dont ils pourront se servir si le besoin s'en fait sentir. Les employés ont besoin de savoir qu'ils seront tous traités de façon équitable. Comme pour toute question de santé et de sécurité au travail, la planification préliminaire est la meilleure façon de procéder afin d'éviter confusion et frustration à des périodes déjà difficiles.

De plus, les gestionnaires et les superviseurs devraient être informés quant aux moyens de reconnaître les cas d'abus de substances et d'y réagir, et des programmes d'information devraient être offerts aux employés.


Quels éléments devraient faire partie de la politique de l'entreprise face à l'abus de substances?

La politique d'une entreprise face à l'abus de substances devrait mettre l'accent sur la confidentialité et la participation conjointe du personnel et de la direction. La politique de l'entreprise devrait comprendre les éléments suivants :

  • énonciation des buts et objectifs du programme;
  • définition de l'abus de substances;
  • identification des personnes visées par cette politique ou ce programme;
  • reconnaissance du droit à la confidentialité des employés;
  • des dispositions ont été prises pour offrir des programmes d'information aux employés (p.ex. : programme visant à les aider à s'affranchir des drogues et autres substances);
  • des dispositions ont été prise pour montrer aux employés, aux superviseurs et aux autres, comment détecter les problèmes de comportement et les cas d'abus de substances;
  • aide des personnes qui font un usage abusif chronique de substances;
  • ligne de conduite face aux travailleurs ayant les facultés affaiblies;
  • si besoin est, définition des situations où des tests de dépistage de substances (alcool, drogues) seront effectués;
  • prise de mesures disciplinaires.

Dernière mise à jour du document le 15 juin 2008

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