Le fait que certaines personnes consomment des substances comme l'alcool ou des drogues illicites, ou prennent des médicaments de façon abusive n'est pas nouveau. Toutefois, on reconnaît de plus en plus que l'abus de substances peut avoir des répercussions sur le milieu de travail et inversement. Aujourd'hui, pour exécuter plusieurs activités en milieu de travail, il faut de l'attention et des réflexes rapides et précis. Une altération de ces facultés peut provoquer de graves accidents et perturber la bonne marche du travail. L'abus de substances au travail peut avoir d'autres conséquences :
Dans ce document, il est question entre autres des conséquences de l'abus de substances en milieu de travail, des coûts qui peuvent en découler pour l'entreprise et des réponses que celle-ci peut apporter.
| Catégorie | Exemples | Effets en général |
|---|---|---|
| Alcool | bière, vin, spiritueux | jugement altéré, réflexes lents, fonctions motrices altérées, torpeur ou somnolence, coma, surdose pouvant entraîner la mort |
| Cannabis | marijuana, hachisch | altération de la notion du temps, troubles de la mémoire et de la coordination |
| Dépresseurs | somnifères, sédatifs, certains tranquillisants | inattention, réflexes lents, dépression, troubles de l'équilibre, somnolence, coma, surdose pouvant entraîner la mort |
| Hallucinogènes | LSD (acide lysergique diéthylamide), PCP (phencyclidines), mescaline | inattention, illusions sensorielles, hallucinations, désorientation, psychose |
| Substances volatiles | hydrocarbures, solvants, essence | intoxication semblable à l'alcool, vertiges, mal de tête |
| Nicotine | cigarettes, tabac à chiquer et à priser | effet stimulant au départ, suivi plus tard de l'effet inverse |
| Opiacés | morphine, héroïne, codéine, certains médicaments de prescription et antidouleur | perte d'intérêt, dodelinement de la tête, surdose pouvant entraîner la mort. L'échange de seringues favorise la transmission de l'hépatite B ou C et du VIH/SIDA. |
| Stimulants | cocaïne, amphétamines | euphorie, suractivité, tension/anxiété, pouls rapide, rétrécissement des vaisseaux sanguins |
(Source: « Alcohol and Drug Abuse ». Encyclopaedia of Occupational Health and Safety, 4e éd. S.B.Blume. Bureau international du Travail, 1998.)
La conséquence économique de l'abus de substances au Canada pour les entreprises ou pour l'industrie a toujours été difficile à chiffrer. L'absentéisme en général ou la maladie, le manque non signalé de productivité ainsi qu'une incapacité ou une hésitation à établir un lien direct entre les causes d'un accident et l'abus de substances empêchent de faire une estimation précise des coûts.
De façon générale, le Centre canadien de lutte contre l'alcoolisme et les toxicomanies (CCLAT) considère que l'abus de substances a coûté à l'économie canadienne plus de 39,8 milliards $ en 2002. Ce nombre inclus aussi les coûts pour le tabac, l'alcool et les drogues illicites.
Le CCLAT indique aussi que les coûts économiques les plus importants découlent de :
Ainsi, les coûts peuvent être aussi bien directs qu'indirects pour les entreprises. Les cas signalés d'abus de substances ont souvent quatre grandes conséquences :
D'autres aspects peuvent influer sur les coûts :
es raisons personnelles et sociales pouvant jouer un rôle important sont nombreuses et variées . Cependant et de façon générale, les éléments suivants qui sont liés au travail peuvent favoriser l'abus de substances :
Le lieu de travail peut représenter un espace idéal où discuter du problème de l'abus de substances. Le personnel et les employeurs pourraient établir en commun une ligne de conduite déterminant les comportements acceptables et inacceptables. Les employeurs seraient en mesure d'aider de façon plus efficace les employés qui ont des problèmes ou de les diriger vers des services communautaires en mettant en place ou en moussant des programmes tels qu'un Programme d'aide aux employés (PAE).
Il est conseillé de mettre en place en milieu de travail une procédure ou une directive qui puisse permettre d'offrir une aide professionnelle et cohérente. Il est important que les superviseurs et les dirigeants disposent de ressources ou de procédures dont ils pourront se servir si le besoin s'en fait sentir. Les employés ont besoin de savoir qu'ils seront tous traités de façon équitable. Comme pour toute question de santé et de sécurité au travail, la planification préliminaire est la meilleure façon de procéder afin d'éviter confusion et frustration à des périodes déjà difficiles.
De plus, les gestionnaires et les superviseurs devraient être informés quant aux moyens de reconnaître les cas d'abus de substances et d'y réagir, et des programmes d'information devraient être offerts aux employés.
La politique d'une entreprise face à l'abus de substances devrait mettre l'accent sur la confidentialité et la participation conjointe du personnel et de la direction. La politique de l'entreprise devrait comprendre les éléments suivants :
Dernière mise à jour du document le 15 juin 2008
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