La qualité de l'air intérieur (QAI) est devenue une question importante en matière de santé et sécurité au travail. Au cours des dernières décennies, les mesures de conservation de l'énergie ont entraîné la construction de bâtiments étanches à l'air qui peuvent créer des problèmes liés à la qualité de l'air intérieur. Les systèmes de ventilation sont souvent réglés afin de réduire la quantité d'air frais qui entre et circule dans le bâtiment. Ce réglage a une incidence sur la qualité de l'air intérieur du bâtiment en permettant une accumulation de contaminants qui ne sont pas éliminés de façon appropriée.
Des gens passent une bonne partie de leur temps à l'intérieur – par exemple, de nombreux travailleurs de bureau passent leur journée de travail entière à l'intérieur d'un bâtiment. Les gens qui travaillent à l'intérieur éprouvent souvent divers symptômes, tels que maux de tête, essoufflement, toux ou nausées, pour n'en nommer que quelques-uns. Il est rare, cependant, que l'on puisse prouver que ces symptômes sont liés à un contaminant particulier de l'air intérieur. En fait, les occupants des immeubles sont exposés en même temps à un large éventail de contaminants de l'air intérieur.
Les problèmes de QAI sont issus des interactions entre les matériaux utilisés dans la construction et le mobilier de l'édifice, le climat, les occupants de l'immeuble et les activités de ces derniers. Ils peuvent être dus à l'une ou à plusieurs des causes suivantes :
Voici quelques exemples de contaminants courants de l'air intérieur et de leurs principales sources :
Les gens signalent souvent un ou plusieurs des symptômes suivants :
En général, les gens prennent conscience de leurs symptômes après plusieurs heures passées au travail, et se sentent mieux après avoir quitté l'immeuble ou après une fin de semaine ou des vacances.
Nombre de ces symptômes peuvent également être causés par d'autres affections, notamment par un rhume banal ou la grippe, et ne sont pas nécessairement le résultat d'une mauvaise qualité de l'air. Ces affections peuvent rendre plus difficile l'identification et la résolution des problèmes liés à la qualité de l'air.
Les occupants des immeubles malsains font état d'un large éventail de problèmes de santé, que l'on désigne de diverses façons : syndrome des bâtiments malsains (SBM), syndrome des édifices hermétiques (SEH), maladie liée aux immeubles (BRI pour « Building Related Illness ») ou sensibilité aux agresseurs chimiques.
On parle de « syndrome des bâtiments malsains » (SBM) lorsque les occupants d'un immeuble éprouvent des effets indésirables sur leur santé qui sont apparemment liés au temps qu'ils passent dans l'immeuble, mais que l'on ne peut attribuer à aucune maladie ou cause particulière.
L'expression « maladie liée aux immeubles » renvoie aux cas moins fréquents (mais souvent plus graves) où les gens tombent malades après avoir été dans un immeuble donné à un certain moment. Dans ces cas, on observe en général un ensemble similaire de symptômes cliniques chez les personnes en question et on peut souvent déterminer une cause manifeste après enquête. La maladie du légionnaire est un exemple de ce genre de maladies causées par des bactéries qui peuvent contaminer le système de conditionnement d'air des immeubles.
Une proportion des travailleurs peuvent réagir à certaines substances chimiques présentes dans l'air intérieur, dont chacune peut être présente à de très faibles concentrations. Ce genre de réaction est appelée sensibilité aux agresseurs chimiques ou polytoxicosensibilité, un syndrome que plusieurs organisations médicales ne reconnaissent pas. L'opinion médicale est partagée à ce sujet et d'autres recherches doivent être faites.
Non. La sensation d'inconfort et la maladie peuvent être associées à plusieurs facteurs de l'environnement intérieur global. Parmi les autres causes courantes peuvent figurer les niveaux sonores, le confort thermique (température, humidité et circulation de l'air), l'éclairage et les caractéristiques ergonomiques. Il importe d'examiner toutes les causes possibles lorsqu'on évalue une plainte.
Au nombre des autres documents Réponses SST portant sur le sujet figurent les suivants :
Comme c'est le cas pour toute maladie professionnelle, les gens ne montrent pas tous les mêmes symptômes et ils peuvent être affectés à des degrés divers. Certaines personnes peuvent être plus sensibles que d'autres. Des personnes peuvent être exposées davantage aux contaminants présents dans le bâtiment et éprouver des symptômes plus rapidement que d'autres. Les symptômes apparaîtront souvent plus tôt chez les sujets les plus sensibles ou les plus exposés. À mesure que la qualité de l'air se dégrade ou que la durée de l'exposition augmente, le nombre de gens touchés tend cependant à augmenter et les symptômes, à s'aggraver.
Cela semble possible. Certaines personnes qui n'étaient pas sensibles aux problèmes de QAI pendant les premières années d'exposition peuvent le devenir avec le temps.
Lorsqu'il y a un problème de QAI, les gens peuvent présenter certains des états pathologiques énumérés ci-dessus. Comme nombre de ces symptômes ressemblent beaucoup à ce que l'on ressent lorsqu'on commence un rhume ou une grippe (influenza), il est souvent difficile de les attribuer avec certitude à une mauvaise qualité de l'air intérieur.
Toutefois, il serait prudent d'examiner la QAI lorsque les occupants d'un immeuble développent ces symptômes quelques heures après le début de leur journée de travail et se sentent mieux une fois qu'ils ont quitté l'immeuble, ou après une fin de semaine ou des vacances. Il faut également soupçonner la qualité de l'air lorsque de nombreuses personnes signalent des symptômes semblables ou que toutes travaillent dans le même secteur du bâtiment.
De nombreuses provinces canadiennes n'ont adopté aucune législation particulière sur les questions de qualité de l'air intérieur. En l'absence d'une telle législation, c'est la disposition visant l'« obligation générale » de l'employeur qui s'applique. Cette disposition, commune à toutes les législations canadiennes sur la santé et la sécurité au travail, prescrit que l'employeur doit fournir un lieu de travail sûr et sain. C'est donc à l'employeur qu'il incombe de s'assurer de la bonne qualité de l'air.
Plusieurs organisations* ont publié des lignes directrices sur la qualité de l'air intérieur, dont les suivantes :
En outre, la plupart des codes du bâtiment et des critères d'exploitation tiennent compte de la QAI. Au Canada et aux Etats-Unis, les codes du bâtiment renvoient en général à la norme 62.1-2007 « Ventilation for Acceptable Indoor Air Quality » de l'American Society of Heating, Refrigerating, and Air Conditioning Engineers* (ASHRAE) (on aux versions précédentes), à la norme Z204-F94 de CSA International* Lignes directrices pour la gestion de la qualité de l'air à l'intérieur des bâtiments à usage de bureaux, ou à toute autre norme acceptable.
Il est important de retenir que la plupart des normes et des directives sur la qualité de l'air intérieur sont établies dans le but d'assurer le confort des travailleurs. Par conséquent, ces valeurs tendent à être plus faibles que celles prescrites dans la réglementation, qui sont établies pour protéger les travailleurs contre les éventuels risques pour la santé.
(* Nous mentionnons ces organisations parce qu'elles peuvent fournir des références potentiellement utiles. Vous devez les contacter directement pour en savoir davantage sur les informations qu'elles transmettent et les services qu'elles offrent. (ASHRAE, CSA)
Il n'est pas recommandé d'utiliser les limites d'exposition en milieu de travail usuelles (p. ex. LEMT, TLV®, PEL) pour déterminer si la qualité générale de l'air intérieur répond à une certaine norme. Les limites d'exposition en milieu de travail mentionnées dans les règlements sur la santé et la sécurité au travail et les valeurs limites d'exposition (TLV®) recommandées par l'American Conference of Governmental Industrial Hygienists (ACGIH) servent de repères pour prévenir les maladies ou certains effets (comme l'irritation des yeux ou du nez) dans un contexte industriel. Ces limites pourraient ne pas convenir dans les bureaux ou à la maison.
Les limites d'exposition en milieu de travail se fondent sur des données dose-réponse qui illustrent les effets sur la santé des expositions répétées à une substance chimique particulière. On ne possède aucune donnée similaire pour les expositions à long terme à de faibles concentrations d'une combinaison de contaminants, comme c'est le cas dans les problèmes de QAI. À l'heure actuelle, on ne possède pas suffisamment d'informations pour prévoir les effets d'une exposition simultanée à plusieurs agents potentiellement nocifs.
En général, les gens signalent les symptômes qu'ils ressentent et qu'ils croient causés par des problèmes liés à la QAI. Malheureusement, il est souvent difficile d'en déceler la source ou la cause. Voici, entre autres, les mesures à prendre, qui pourraient cependant varier d'une situation à l'autre :
Beaucoup de personnes peuvent contribuer à la résolution d'un problème lié à la qualité de l'air, y compris le propriétaire du bâtiment, l'employeur, le gestionnaire du bâtiment et les occupants. La personne qui dirigera l'enquête dépend de votre milieu de travail. Cependant, de façon générale, elle doit être menée par un chef, parfois aidé d'une petite équipe, y compris un représentant du comité de santé et de sécurité au travail ou un représentant syndical, le cas échéant. L'expertise de nombreuses autres personnes, notamment en santé et sécurité ou en entretien de bâtiment, ainsi que l'expérience de tous les employés dans le lieu de travail sont importants pour identifier la cause première du problème lié à la qualité de l'air intérieur.

Nous donnons ci-dessous un exemple de questionnaire qui pourrait servir à cerner un problème de qualité de l'air intérieur dans un bureau ou un immeuble.
ÉCHANTILLON DE QUESTIONNAIRE SUR LES ÉTATS DE SANTÉ
(d'après le Guide de santé sécurité sur la qualité d'air des locaux, préparé par le CCHST)

Si vous croyez être malade à cause de problèmes de QAI, il est important de noter à quels moments vos symptômes (courbatures, douleurs, maux de tête, etc.) apparaissent et disparaissent. Ce relevé aidera votre agent de santé et de sécurité ou le professionnel de la santé à mieux cerner l'origine du problème. Il serait peut-être bon aussi de parler de vos symptômes à votre médecin pour écarter tout lien à un autre état pathologique.
Comme pour tout autre problème de santé et de sécurité au travail, vous pouvez faire part de vos préoccupations au représentant de la santé et de la sécurité, au comité de santé et de sécurité, à votre superviseur, au coordonnateur de la santé et de la sécurité, à l'hygiéniste industriel ou à tout autre membre de votre entreprise responsable de la santé et de la sécurité.
Le gouvernement de votre province ou de votre territoire peut également être en mesure de fournir de l'information et des conseils sur la santé et la sécurité au travail.
Dernière mise à jour du document le 4 juillet 2011
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