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La qualité de l'air intérieur (QAI) constitue-t-elle un enjeu de santé et de sécurité?

La qualité de l'air intérieur (QAI) est devenue une question importante en matière de santé et sécurité au travail

Parmi les enjeux couramment associés à la QAI, citons :

  • les systèmes de chauffage et de ventilation inadéquats ou mal entretenus
  • la contamination attribuable aux matériaux de construction, aux colles, aux fibres de verre, aux panneaux de particules, aux peintures, aux produits chimiques, etc.
  • l'augmentation du nombre d'occupants d'un bâtiment et du nombre d'heures passées à l'intérieur

Quelles sont les causes courantes des problèmes de QAI?

Les problèmes de QAI sont issus des interactions entre les matériaux utilisés dans la construction et le mobilier de l'édifice, le climat, les occupants de l'immeuble et les activités de ces derniers. Ils peuvent être dus à l'une ou à plusieurs des causes suivantes :

  • environnement intérieur – température, humidité et éclairage inadéquats, bruit excessif
  • contaminants de l'air intérieur – substances chimiques, poussières, moisissures ou champignons, bactéries, gaz, vapeurs, odeurs
  • apport d'air extérieur insuffisant

Quels sont les contaminants de l'air intérieur?

Voici quelques exemples de contaminants courants de l'air intérieur et de leurs principales sources :

  • dioxyde de carbone (CO2), fumée de tabac, parfum, odeurs corporelles provenant des occupants de l'immeuble
  • poussières, fibres de verre, amiante, gaz (y compris le formaldéhyde) provenant des matériaux de construction;
  • vapeurs toxiques, composés organiques volatils (COV) provenant des produits d'entretien ménager, solvants, pesticides, désinfectants, colles utilisés sur les lieux de travail
  • gaz, vapeurs, odeurs – émanations des meubles, des tapis et de la peinture
  • acariens provenant des tapis, tissus, coussins de siège en mousse
  • contaminants microbiens, champignons, moisissures, bactéries provenant des zones humides, des bacs d'eau stagnante et des bacs de récupération de la condensation
  • ozone provenant des photocopieuses, des moteurs électriques, des purificateurs d'air électrostatiques

Quels sont les symptômes les plus fréquents d'une piètre qualité de l'air intérieur?

Les gens signalent souvent un ou plusieurs des symptômes suivants :

  • sécheresse et irritation des yeux, du nez, de la gorge et de la peau
  • maux de tête
  • fatigue
  • essoufflement
  • hypersensibilité et allergies
  • congestion des sinus
  • toux et éternuements
  • étourdissements
  • nausées

En général, les gens prennent conscience de leurs symptômes après plusieurs heures passées au travail, et se sentent mieux après avoir quitté l'immeuble ou après une fin de semaine ou des vacances.

Plusieurs de ces symptômes peuvent également être causés par d'autres affections, notamment par un rhume banal ou la grippe, et ne sont pas nécessairement le résultat d'une mauvaise qualité de l'air. Ces affections peuvent rendre plus difficile l'identification et la résolution des problèmes liés à la qualité de l'air.


Pouvez-vous décrire certains problèmes de santé connexes?

Les occupants des immeubles malsains font état d'un large éventail de problèmes de santé, que l'on désigne de diverses façons : syndrome des bâtiments malsains (SBM), syndrome des édifices hermétiques (SEH), maladie liée aux immeubles (BRI pour « Building Related Illness ») ou sensibilité aux agresseurs chimiques.

On parle de syndrome des bâtiments malsains (SBM) lorsque les occupants d'un immeuble éprouvent des effets indésirables sur leur santé qui sont apparemment liés au temps qu'ils passent dans l'immeuble, mais que l'on ne peut attribuer à aucune maladie ou cause particulière.

L'expression « maladie liée aux immeubles » renvoie aux cas moins fréquents (mais souvent plus graves) où les gens tombent malades après avoir été dans un immeuble donné à un certain moment. Dans ces cas, on observe en général un ensemble similaire de symptômes cliniques chez les personnes en question et on peut souvent déterminer une cause manifeste après enquête. La maladie du légionnaire est un exemple de ce genre de maladies causées par des bactéries qui peuvent contaminer le système de conditionnement d'air des immeubles.

Une proportion des travailleurs peuvent réagir à certaines substances chimiques présentes dans l'air intérieur, dont chacune peut être présente à de très faibles concentrations. Ce genre de réaction est appelée sensibilité aux agresseurs chimiques ou polytoxicosensibilité, un syndrome que plusieurs organisations médicales ne reconnaissent pas. L'opinion médicale est partagée à ce sujet et d'autres recherches doivent être faites.


La contamination de l'air est-elle la seule cause de ces symptômes?

Non. La sensation d'inconfort et la maladie peuvent être associées à plusieurs facteurs de l'environnement intérieur global. Parmi les autres causes courantes peuvent figurer les niveaux sonores, le confort thermique (température, humidité et circulation de l'air), l'éclairage et les caractéristiques ergonomiques. Il importe d'examiner toutes les causes possibles lorsqu'on évalue une plainte.

Au nombre des autres documents Réponses SST portant sur le sujet figurent les suivants :


Pourquoi relève-t-on ces symptômes chez certaines personnes seulement?

Comme c'est le cas pour toute maladie professionnelle, les gens ne montrent pas tous les mêmes symptômes et ils peuvent être affectés à des degrés divers. Certaines personnes peuvent être plus sensibles que d'autres. Des personnes peuvent être exposées davantage aux contaminants présents dans le bâtiment et éprouver des symptômes plus rapidement que d'autres. Les symptômes apparaîtront souvent plus tôt chez les sujets les plus sensibles ou les plus exposés. À mesure que la qualité de l'air se dégrade ou que la durée de l'exposition augmente, le nombre de gens touchés tend cependant à augmenter et les symptômes, à s'aggraver.


Peut-on développer avec le temps une sensibilité aux contaminants de l'air intérieur?

Cela semble possible. Certaines personnes qui n'étaient pas sensibles aux problèmes de QAI pendant les premières années d'exposition peuvent le devenir avec le temps.


Dans quelles circonstances doit-on vérifier si la qualité de l'air intérieur est la cause du problème?

Lorsqu'il y a un problème de QAI, les gens peuvent présenter certains des états pathologiques énumérés ci-dessus. Comme nombre de ces symptômes ressemblent beaucoup à ce que l'on ressent lorsqu'on commence un rhume ou une grippe (influenza), il est souvent difficile de les attribuer avec certitude à une mauvaise qualité de l'air intérieur.

Toutefois, il serait prudent d'examiner la QAI lorsque les occupants d'un immeuble développent ces symptômes quelques heures après le début de leur journée de travail et se sentent mieux une fois qu'ils ont quitté l'immeuble, ou après une fin de semaine ou des vacances. Il faut également soupçonner la qualité de l'air lorsque de nombreuses personnes signalent des symptômes semblables ou que toutes travaillent dans le même secteur du bâtiment.


Y a-t-il des lois ou des lignes directrices sur la QAI?

De nombreuses régions administratives au Canada n'ont adopté aucune législation particulière sur les questions de qualité de l'air intérieur. En l'absence d'une telle législation, c'est la disposition visant «l'obligation générale » de l'employeur qui s'applique. Cette disposition, commune à toutes les législations canadiennes sur la santé et la sécurité au travail, prescrit que l'employeur doit fournir un lieu de travail sûr et sain. C'est donc à l'employeur qu'il incombe de s'assurer de la bonne qualité de l'air.

Plusieurs organisations* ont publié des lignes directrices sur la qualité de l'air intérieur. Santé Canada a rédigé plusieurs publications sur la qualité de l'air. Aux États-Unis, l'Occupational Safety and Health Administration (OSHA) a compilé de l'information (en anglais seulement) sur les normes relatives à la qualité de l'air intérieur.

En outre, la plupart des codes du bâtiment et des critères d'exploitation tiennent compte de la QAI. Au Canada et aux états-Unis, les codes du bâtiment renvoient en général à la norme 62.1-2010 « Ventilation for Acceptable Indoor Air Quality » de l'American Society of Heating, Refrigerating, and Air Conditioning Engineers* (ASHRAE) (on aux versions précédentes), ou à toute autre norme acceptable.

Il est important de retenir que la plupart des normes et des directives sur la qualité de l'air intérieur sont établies dans le but d'assurer le confort des travailleurs. Par conséquent, ces valeurs tendent à être plus faibles que celles prescrites dans la réglementation, qui sont établies pour protéger les travailleurs contre les éventuels risques pour la santé.

(* Nous mentionnons ces organisations parce qu'elles peuvent fournir des références potentiellement utiles. Vous devez les contacter directement pour en savoir davantage sur les informations qu'elles transmettent et les services qu'elles offrent.)


Pourquoi ne peut-on pas utiliser les limites usuelles d'exposition professionnelle aux substances chimiques pour les contaminants de l'air intérieur?

Il n'est pas recommandé d'utiliser les limites d'exposition en milieu de travail usuelles (p. ex. LEMT, TLV®, PEL) pour déterminer si la qualité générale de l'air intérieur répond à une certaine norme. Les limites d'exposition en milieu de travail mentionnées dans les règlements sur la santé et la sécurité au travail et les valeurs limites d'exposition (TLV®) recommandées par l'American Conference of Governmental Industrial Hygienists (ACGIH) servent de repères pour prévenir les maladies ou certains effets (comme l'irritation des yeux ou du nez) dans un contexte industriel. Ces limites pourraient ne pas convenir dans les bureaux ou à la maison.

Les limites d'exposition en milieu de travail se fondent sur des données dose-réponse qui illustrent les effets sur la santé des expositions répétées à une substance chimique particulière. On ne possède aucune donnée similaire pour les expositions à long terme à de faibles concentrations d'une combinaison de contaminants, comme c'est le cas dans les problèmes de QAI. À l'heure actuelle, on ne possède pas suffisamment d'informations pour prévoir les effets d'une exposition simultanée à plusieurs gents potentiellement nocifs.


Comment puis-je vérifier les problèmes possibles liés à la QAI?

En général, les gens signalent les symptômes qu'ils ressentent et qu'ils croient causés par des problèmes liés à la QAI. Malheureusement, il est souvent difficile d'en déceler la source ou la cause. Voici, entre autres, les mesures à prendre, qui pourraient cependant varier d'une situation à l'autre :

  • Examiner le système de ventilation pour voir s'il fonctionne correctement (p. ex. bon équilibre entre l'air frais et l'air de reprise, distribution adéquate, bon fonctionnement des systèmes de filtration, etc.)
  • Rechercher les causes possibles (p. ex. source d'un produit chimique, rénovations, moisissures, etc.) (Voir ci-après un exemple de liste de vérification servant aux inspections).
  • Confirmer que les symptômes ne sont pas attribuables à des causes courantes telles que le bruit, le niveau de confort thermique, l'humidité, l'ergonomie, l'éclairage, etc.
  • Effectuer un sondage pour déterminer exactement les conditions et pratiques les origines et les causes de travail (un modèle de sondage se trouve ci-après)
  • Songer à demander de l'aide d'un professionnel qualifié et/ou l'exécution d'une analyse de la qualité de l'air par ce dernier.

Pouvez-vous donner un exemple de liste d'inspection de la QAI?

Exemple d'une liste de vérification pour les inspections

Qui doit effectuer une enquête?

Beaucoup de personnes peuvent contribuer à la résolution d'un problème lié à la qualité de l'air, y compris le propriétaire du bâtiment, l'employeur, le gestionnaire du bâtiment et les occupants. La personne qui dirigera l'enquête dépend de votre milieu de travail. Cependant, de façon générale, elle doit être menée par un chef, parfois aidé d'une petite équipe, y compris un représentant du comité de santé et de sécurité au travail ou un représentant syndical, le cas échéant. L'expertise de nombreuses autres personnes, notamment en santé et sécurité ou en entretien de bâtiment, ainsi que l'expérience de tous les employés dans le lieu de travail sont importants pour identifier la cause première du problème lié à la qualité de l'air intérieur.


À quoi ressemble une grille d'évaluation et de résolution de problèmes relative à la QAI?

Grille d'évaluation

Quel exemple d'enquête sanitaire peut-on utiliser pour tenter de déterminer si la qualité de l'air intérieur est liée aux problèmes signalés?

Nous donnons ci-dessous un exemple de questionnaire qui pourrait servir à cerner un problème de qualité de l'air intérieur dans un bureau ou un immeuble.

  • Utiliser ce questionnaire en consultation avec un professionnel de la santé et de la sécurité ou un autre spécialiste en la matière.
  • Modifier ou adapter le questionnaire en fonction des conditions et des pratiques professionnelles propres à son milieu de travail.
  • Analyser les réponses de concert avec un spécialiste.

EXEMPLE DE QUESTIONNAIRE SUR L'ÉTAT DE SANTÉ (d'après le Guide de santé sécurité sur la qualité d'air des locaux, préparé par le CCHST)

Questionnaire sur les états de santé
Questionnaire sur les états de santé

Que dois-je faire si je crois que mes malaises sont attribuables à une piètre qualité de l'air intérieur?

Si vous croyez être malade à cause de problèmes de QAI, il est important de noter à quels moments vos symptômes (courbatures, douleurs, maux de tête, etc.) apparaissent et disparaissent. Ce relevé aidera votre agent de santé et de sécurité ou le professionnel de la santé à mieux cerner l'origine du problème. Il serait peut-être bon aussi de parler de vos symptômes à votre médecin pour écarter tout lien à un autre état pathologique.

Comme pour tout autre problème de santé et de sécurité au travail, vous pouvez faire part de vos préoccupations au représentant de la santé et de la sécurité, au comité de santé et de sécurité, à votre superviseur, au coordonnateur de la santé et de la sécurité, à l'hygiéniste industriel ou à tout autre membre de votre entreprise responsable de la santé et de la sécurité.

Le gouvernement de votre province ou de votre territoire peut également être en mesure de fournir de l'information et des conseils sur la santé et la sécurité au travail.

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Dernière mise à jour du document le 1 juillet 2013

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