Le rapport sur la santé et la sécuritéOctobre 2009 - Vol. 7, No. 10

Quoi de neuf?

Les produits chimiques et le bruit - une combinaison dangereuseprint this article

Il n'est pas étonnant que la perte auditive liée au travail soit due principalement à l'exposition au bruit et que la génétique et l'âge puissent également y contribuer. Cependant, le fait que l'exposition à certains produits chimiques pose un risque pour l'ouïe est moins connu. Des études expérimentales sur les animaux et des études sur les humains montrent que l'exposition à certains produits chimiques peut entraîner des effets " ototoxiques " (dommages à l'ouïe et aux fonctions d'équilibre de l'oreille). En général, on considère que les niveaux d'exposition qui entraînent ces effets sont élevés. Cependant, l'exposition simultanée à certains produits chimiques et au bruit peut augmenter de façon importante le risque de présenter des effets ototoxiques.

Qu'est-ce que les ototoxines?

Les ototoxines sont des produits chimiques qui peuvent endommager l'ouïe et causer une perte auditive allant de légère à grave, un acouphène (bourdonnement d'oreilles) ou la surdité. Une ototoxine peut être ingérée, absorbée ou inhalée. Une fois dans la circulation sanguine, l'ototoxine se rend à l'oreille et est absorbée par le nerf auditif, endommageant ce dernier et causant une perte auditive. Les ototoxines peuvent également causer une perte auditive en endommageant les cellules ciliées de la cochlée (c'est ce qui se produit dans le cas d'une perte auditive causée par le bruit).

Les effets de l'exposition à des produits chimiques sur l'ouïe

Les produits chimiques ototoxiques peuvent causer une perte auditive par eux-mêmes. Lorsqu'ils sont combinés à l'exposition au bruit, les effets peuvent être encore plus importants. Les solvants organiques sont les produits chimiques le plus souvent signalés, mais d'autres produits peuvent également être mis en cause (p. ex. les métaux et les asphyxiants chimiques). Les fréquences auditives touchées par l'exposition aux solvants sont différentes de celles qui sont touchées par le bruit. Des études semblent indiquer que les solvants peuvent interagir de manière synergique avec le bruit. Même lorsque le bruit et les produits chimiques sont à des niveaux d'exposition admissibles, l'incidence d'une exposition combinée peut causer plus de dommages qu'une forte exposition à l'un ou l'autre risque pris isolément.

Certains produits chimiques associés à une perte auditive


  • Benzène

  • Disulfure de carbone

  • Monoxyde de carbone

  • Éthylbenzène

  • Acide cyanhydrique

  • Plomb

  • Mercure

  • Hexane

  • Mélanges de solvants

  • Styrène

  • Trichloroéthylène

  • Toluène

  • Xylène


Les solvants organiques sont largement utilisés dans les carburants d'automobiles et d'aviations, dans l'industrie des plastiques, comme diluants à peinture, laques et teintures, dans la fabrication de détersifs, médicaments, parfums, tissus et revêtements de papier, encres d'imprimerie, enduits superficiels par pulvérisation et dans les insectifuges.

Les activités où le bruit et les produits chimiques peuvent se combiner sont les suivantes :

  • Fabrication de bateaux

  • Construction

  • Lutte contre l'incendie

  • Avitaillement en carburant des véhicules et des aéronefs

  • Fabrication de meubles

  • Fabrication de produits en métal, en cuir et de produits pétroliers

  • Peinture

  • Impression

  • Tir d'armes


Défis

Il peut être difficile de déterminer quels sont les effets ototoxiques des produits chimiques, particulièrement des solvants organiques, chez les travailleurs exposés. Les travailleurs étant habituellement exposés à un mélange de solvants de compositions et de concentrations diverses, il est difficile de déterminer exactement le produit chimique et le niveau d'exposition à ce produit qui peuvent causer des dommages. De plus, dans les environnements industriels où existent des expositions à des produits chimiques et à des niveaux de bruit élevés, il est difficile de faire la distinction entre l'effet des solvants et la perte auditive liée au bruit.

Il n'existe pas de directives fermes en ce qui concerne les limites d'exposition professionnelle les plus faibles dans le cas des solvants et de leurs effets sur l'ouïe. Par conséquent, les limites d'exposition professionnelle actuelles ainsi que les programmes de protection de l'ouïe destinés aux travailleurs exposés à des solvants peuvent être inadéquats.

Comment protéger les travailleurs

  • Réaliser une évaluation des risques comme première étape d'un programme de prévention des pertes auditives pour déterminer s'il existe sur le lieu de travail un risque d'exposition.

  • Éliminer la source d'exposition dangereuse du lieu de travail (c'est la façon la plus efficace de prévenir les troubles auditifs provenant du bruit ou de l'exposition à des produits chimiques, mais qui n'est pas toujours possible).

  • Remplacer les ototoxines par de produits chimiques moins nocifs.

  • Prendre les mesures pour réduire l'exposition éventuelle à des ototoxines par inhalation, ingestion et/ou absorption.

  • Réduire l'exposition à ces produits chimiques en modifiant les procédés, la ventilation et/ou en protégeant la peau et les voies respiratoires.

  • Réduire les niveaux de bruit à l'aide de mesures d'ingénierie et de mesures administratives.

  • Porter un dispositif de protection antibruit lorsqu'on est exposé au bruit ou à des ototoxines - même lorsque les niveaux de bruit sont sous la valeur limite - pour prévenir l'effet combiné du bruit et de l'exposition aux solvants.

  • Élaborer un programme de protection de l'ouïe à l'intention des travailleurs en adoptant des niveaux d'exposition au bruit plus faibles que ceux exigés par la réglementation en matière de santé et de sécurité au travail.

  • Faire participer les travailleurs exposés à des produits chimiques à l'élaboration du programme de protection de l'ouïe, que ces derniers soient exposés ou non au bruit. Ce programme doit prendre en considération les effets combinés possibles de l'exposition à des solvants et au bruit.


Les gens sont de plus en plus sensibilisés au risque que posent les produits chimiques pour l'ouïe, ce qui devrait aider à réduire le risque de perte auditive liée au travail. Pour en apprendre davantage, inscrivez-vous au webinaire du CCHST qui aura lieu de 28 octobre. Ce webinaire, intitulé Chemical Exposure and Hearing Loss in the Workplace, sera présenté par Mme Thais Morata du NIOSH.

Pour obtenir de plus amples renseignements :


Preventing Hearing Loss from Chemical and Noise Exposures, NIOSH ( en anglais )

Occupational Ototoxins (Ear Poisons) and Hearing Loss, U.S. Army Center for Health Promotion and Preventive Medicine ( en anglais )

Information on choosing the right hearing protection, NIOSH

Alertes au danger

Combattre la fatigue au travailprint this article

Un étudiant a accepté un emploi dans une entreprise située à 2,5 heures de son domicile - exigeant un aller-retour de 5 heures. L'étudiant avait effectué deux quarts de travail de jour lorsqu'on l'a affecté au quart de nuit. De retour à la maison après avoir travaillé huit quarts de travail consécutifs, l'auto qu'il conduisait a quitté la route. Il a été tué par l'impact. Le rapport de police a indiqué qu'il s'était probablement endormi ou avait quitté les yeux de la route au moment de l'accident.

WorkSafeBC a diffusé un bulletin d'information sur les facteurs humains liés à la fatigue et la façon de prévenir la fatigue au travail.

La majorité des gens ont besoin de 7,5 à 8,5 heures de sommeil chaque jour. Lorsqu'ils ne dorment pas suffisamment, leur rendement s'en ressent. Ils peuvent réagir plus lentement et éprouver de la difficulté à se concentrer et à prendre des décisions.

Des études montrent que les personnes qui travaillent la nuit dorment de 5 à 7 heures de moins par semaine que celles qui travaillent le jour. Les périodes de sommeil écourtées et la tendance naturelle à demeurer éveillé pendant le jour signifient que le sommeil de jour n'est pas aussi réparateur que le sommeil de nuit.

Dans ce cas, l'horaire de travail de l'étudiant ne lui offrait pas suffisamment de temps pour faire l'aller-retour et obtenir un sommeil réparateur. Il avait accumulé un déficit de sommeil de plus de 12 heures durant les huit jours qu'il avait travaillés. Lorsqu'il effectuait les six quarts de travail de nuit et qu'il dormait durant le jour, la qualité de son sommeil devait s'en ressentir. Lorsqu'il a quitté le travail pour s'en retourner chez lui après avoir été en état de veille pendant plus de 19 heures, son niveau de rendement se situait probablement près du niveau légal de conduite avec facultés affaiblies. Le bulletin de WorkSafeBC présente plus de données sur la recherche qui a comparé les heures continues en état de veille aux différents niveaux d'alcool dans le sang.

Il est important de comprendre et de reconnaître les signes de fatigue, et de prendre les mesures préventives afin de réduire le risque de blessures. Lorsqu'on aménage des horaires de travail, on doit tenir compte du nombre d'heures continues de travail et de la période de la journée (les quarts de jour par rapport aux quarts de nuit), ainsi que de la possibilité d'un déficit de sommeil accumulé ou d'un sommeil perdu. Dans le programme de gestion de la fatigue, on doit tenir compte du temps pendant lequel un travailleur doit être en état de veille - et non seulement le temps consacré au travail (p. ex. le temps consacré au déplacement, particulièrement après un quart de nuit). Ce temps peut s'ajouter à un quart de travail déjà long et augmenter le risque de déficience liée à la fatigue.

Lisez le bulletin de WorkSafeBC intitulé Human Factors Bulletin on Work Schedules and Fatigue. ( en anglais )

Lisez les Réponses SST sur la fatigue du CCHST.

Téléchargez le Guide to Safe Work: Fatigue Management, de Enform

Nouvelles sur nos partenariats

Une campagne éclair de l'Ontario qui met l'accent sur les glissades, les trébuchements et les chutesprint this article

Les chutes représentant plus de 17 pour cent des journées de travail perdues en raison de blessures, l'Ontario a multiplié les efforts pour éliminer les blessures et rendre les lieux de travail plus sécuritaires. La province effectuera en novembre une inspection éclair de certains lieux de travail afin de vérifier si des risques peuvent entraîner des glissades, des trébuchements et des chutes.

Inspection éclair ciblée

Les inspecteurs du ministère du Travail effectueront en novembre une inspection éclair de lieux de travail liés aux secteurs du transport, de l'éducation et des services industriels, ainsi qu'aux commerces de gros et de détail.

Au cours de la dernière décennie, les chutes de plain-pied (glissades et trébuchements) ont représenté environ 70 pour cent de toutes les demandes d'indemnisation en raison de chutes ayant entraîné des jours de travail perdus, demandes acceptées par la Commission de la sécurité professionnelle et de l'assurance contre les accidents du travail (CSPAAT). Les planchers ou autres surfaces utilisées par les travailleurs doivent être exemptes de tout obstacle et risque, et de toute accumulation de débris, de neige ou de glace, en prêtant une attention particulière aux allées piétonnes, aux passages et aux sorties des bâtiments.

Les inspecteurs examineront les risques de chute en hauteur, par exemple à partir d'une plate forme, d'un plancher surélevé, d'une mezzanine et d'une échelle. Ils vérifieront les dispositifs antichute et les glissières de sécurité, et ils seront à l'affût des pratiques dangereuses, telles que l'utilisation de rayonnages d'entreposage. Ils s'assureront également que les échelles sont utilisées correctement.

Les inspecteurs s'assureront du respect des exigences relatives à l'assujettissement des travailleurs qui sont transportés en hauteur sur une plate forme par un équipement mobile, par exemple une grue, un chariot élévateur ou un équipement similaire. Des problèmes particuliers seront pris en considération, notamment l'utilisation de chariots élévateurs rétractables, et le calcul de la distance de chute, où des cordons d'assujettissement utilisés à une hauteur inférieure à l'usage prévu peuvent poser un risque pour les travailleurs.

Cette inspection éclair sur les lieux de travail fait partie de la stratégie de conformité Sécurité au travail en Ontario.

Lisez la nouvelle diffusée par le ministère du Travail sur le site Web.

Pour en savoir davantage sur la stratégie Sécurité au travail en Ontario, consultez le site Web.

La prévention des chutes par glissade et par trébuchement en Ontario, cours en ligne

Nouvelles du CCHST

Des occasions d'apprentissageprint this article

Préparez-vous au SGH grâce aux cours en ligne gratuits

En raison de l'adoption du Système général harmonisé de classification et d'étiquetage des produits chimiques (SGH) prévu au Canada, des modifications seront apportées au Système d'information sur les matières dangereuses utilisées au travail (SIMDUT) et à d'autres systèmes d'étiquetage.

Alors que les organismes de réglementation des gouvernements fédéral et provinciaux s'apprêtent à adopter le SGH, les employeurs et les fournisseurs de produits chimiques et autres produits contrôlés doivent se préparer à satisfaire aux règles modifiées relatives à la communication de l'information sur les matières dangereuses utilisées au travail.

Élaborés par le CCHST en collaboration avec le Bureau national du SIMDUT de Santé Canada, deux nouveaux cours en ligne destinés aux fournisseurs, aux employeurs et aux travailleurs présentent les répercussions prévues du SGH.

Le SIMDUT après le SGH : introduction offre un aperçu des modifications qui peuvent être apportées au SIMDUT après l'adoption du SGH. Ce cours de 20 minutes fournit également des liens menant à des ressources utiles, par exemple des fiches de renseignements sur le SIMDUT après le SGH.

Les fournisseurs de produits chimiques seront intéressés à suivre le cours plus détaillé intitulé Le SIMDUT après
le SGH : comment les fournisseurs peuvent s'y préparer
qui présente les répercussions du SGH sur la classification des matières dangereuses, la préparation des fiches signalétiques et les étiquettes. Ce cours de 60 minutes offre également des liens vers une variété de ressources.

Consultez la liste des cours en ligne gratuits offerts par le CCHST.

À la recherche d'une bourse d'études? Ne cherchez plus!

Le Centre canadien d'hygiène et de sécurité au travail (CCHST) accepte les candidatures pour les bourses d'études annuelles Dick Martin. Si vous êtes inscrit à un programme en santé et sécurité au travail (menant à l'obtention d'un certificat ou d'un diplôme en santé et sécurité au travail) dans un collège ou une université canadienne, vous êtes admissible. Cette année, le CCHST offre trois bourses de 3 000 $ chacune.

Comment poser sa candidature

Tout ce qu'il faut faire est de soumettre une rédaction de 1 000 à 1 200 mots sur un sujet lié au domaine de la santé et de la sécurité au travail. Les rédactions seront jugées en fonction de leur contenu, de leur valeur pratique et théorique, et de la présentation et du style.

Agissez maintenant! - La date limite pour poser sa candidature est le 31 janvier 2010.

Apprenez-en davantage sur les bourses d'études Dick Martin.

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Votre rétroaction et vos idées de sujets sont les bienvenues.

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Préparé par le Centre canadien d’hygiène et de sécurité au travail, le Rapport sur la santé et la sécurité est un bulletin de nouvelles mensuel qui fournit des renseignements, des conseils et des ressources pour aider à maintenir un milieu de travail sain et sécuritaire, et assurer le mieux-être global des travailleurs.

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