Fiches d’information Réponses SST

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Protection des voies respiratoires contre les agents infectieux aéroportés pour les travailleurs de la santé

Les travailleurs de la santé doivent-ils porter une protection respiratoire?

Les travailleurs et les professionnels de la santé peuvent être exposés à des patients atteints d'une infection. Pour réduire l'exposition aux agents infectieux aéroportés, les établissements de santé utilisent des chambres d'isolement et des systèmes de ventilation par aspiration ainsi que des systèmes de filtration de l'air et de désinfection. Toutefois, dans certaines situations, les mesures administratives et les mesures d'ingénierie ne peuvent pas protéger adéquatement les travailleurs de la santé contre les gouttelettes contaminées aéroportées. C'est pour cette raison que les travailleurs et les professionnels de la santé doivent utiliser une protection respiratoire.


Les masques chirurgicaux protègent-ils les travailleurs de la santé?

Les professionnels de la santé utilisent régulièrement des masques chirurgicaux comme équipement de protection individuelle. Toutefois, les masques chirurgicaux ne constituent pas des appareils respiratoires et ne sont pas homologués comme tels. Ils ne protègent pas les utilisateurs contre l'inhalation de petites particules pouvant demeurer en suspension dans l'air pendant de longues périodes. Les masques chirurgicaux constituent des barrières efficaces pour retenir de grosses gouttelettes projetées lorsque l'utilisateur parle, tousse ou éternue. Ils sont utiles dans de nombreux endroits où l'on administre des soins aux patients. En fait, ils peuvent réduire la contamination des plaies pendant les interventions chirurgicales ou dentaires. Par contre, les masques chirurgicaux ne peuvent pas être utilisés comme protection contre nombre d'agents dangereux aéroportés. Les filtres de ces masques ne retiennent pas ou ne filtrent pas les particules submicroniques. De plus, les masques chirurgicaux ne sont pas conçus pour éliminer les fuites d'air sur le pourtour du masque.


Quel type d'appareil de protection respiratoire les travailleurs de la santé doivent-ils utiliser?

Dans les établissements de santé, les appareils respiratoires utilisés doivent être choisis en fonction du type d'intervention à réaliser et de l'efficacité des filtres pour faire obstacle aux aérosols.

Les Normes et lignes directrices canadiennes sur la biosécurité énoncent ceci : « Le cas échéant, les appareils de protection respiratoire devraient être conformes à la norme CAN/CSA Z94.4, Choix, utilisation et entretien des respirateurs. Le mauvais choix ou la mauvaise utilisation d'un appareil de protection respiratoire peuvent s'avérer aussi dangereux que l'absence de protection respiratoire. »

Aucun respirateur unique (ou tout type d'équipement de protection individuelle (ÉPI) ne peut offrir une protection contre tous les types de dangers. Vous devez donc vous assurer de porter l'ÉPI approprié pour la tâche à accomplir.

Un des appareils respiratoires les plus fréquemment utilisés dans les établissements de santé est l'appareil respiratoire jetable muni d'un filtre N95. Par le passé, ces masques étaient appelés masques antipoussière ou masques antibrouillard et ils avaient été homologués dans une norme antérieure. Les filtres N95 appartiennent à un groupe de filtres à adduction d'air filtré. Le NIOSH (National Institute for Occupational Safety and Health) est l'organisme chargé d'homologuer les masques et autres appareils respiratoires aux É.-U.; les produits homologués par le NIOSH sont utilisés au Canada.

La lettre « N » dans N95 est l'une des trois catégories de filtres – N, R et P. Elle renvoie au degré de résistance à la perte d'efficacité d'un filtre lorsqu'il est exposé à différents types de particules aéroportées, brouillards, etc. Pour aider les personnes à se rappeler quels filtres utiliser pour se protéger contre différents types de particules aéroportées (p. ex. poussière, fumée et brouillard), le NIOSH fournit le guide suivant :

NNon résistant à l'huile

RRésistant à l'huile

P – À l'épreuve de l'huile

Le chiffre « 95 » dans la désignation N95 renvoie à l'efficacité du filtre. Il existe trois degrés d'efficacité du filtre – 95 % (N95), 99 % (N99) et 99,97 % (N100 ou filtre HEPA) – testés contre les gouttelettes en suspension dans l'air (brouillard) de 0,3 micromètre. Selon Santé Canada et les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) aux États-Unis, les appareils respiratoires munis d'un filtre N95 sont ceux que les travailleurs de la santé doivent utiliser lorsqu'ils sont en contact avec des patients atteints d'une infection transmise par l'inhalation de gouttelettes aéroportées (p. ex. la tuberculose). Ces appareils sont également ceux recommandés pour soigner les patients ayant contracté ou suspecté d'avoir contracté le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS).

Les interventions comportant de hauts risques, comme une bronchoscopie et une autopsie, exigent de prendre des mesures de protection additionnelles. Par exemple, le dispositif de protection peut comprendre un appareil respiratoire à pression négative à masque complet, un appareil respiratoire à adduction d'air alimenté par piles et un appareil respiratoire à pression positive à adduction d'air muni d'un demi-masque ou d'un masque complet. Un appareil respiratoire à adduction d'air muni d'une cagoule peut être nécessaire pour le personnel dont le masque de l'appareil respiratoire ne peut être ajusté correctement. Lors des interventions médicales pouvant générer des aérosols, le personnel doit également utiliser des lunettes étanches ou un écran facial (muni de lunettes de sécurité ou de lunettes étanches) dans le but de prévenir la contamination par les yeux.

Le document Réponses SST intitulé Panache des lasers – Établissements de santé contient des renseignements additionnels connexes sur la manière de réduire l'exposition à certains contaminants aéroportés dans ces établissements.


Est-il obligatoire de mettre sur pied un programme de protection des voies respiratoires?

Un programme de protection respiratoire est obligatoire si les travailleurs de la santé doivent utiliser un tel appareil. Le programme doit comprendre les éléments suivants :

  • Choix et utilisation d'un appareil respiratoire
  • Formation destinée aux utilisateurs d'un appareil respiratoire
  • Ajustement d'un appareil respiratoire
  • Inspection, nettoyage, entretien et entreposage d'un appareil respiratoire

De plus, conformément à la norme CSA CAN/CSA Z94.4, l'employeur doit veiller à ce que le travailleur ait obtenu une attestation médicale l'autorisant à porter un respirateur.

D'autres documents Réponses SST, notamment Conception d'un programme d'ÉPI efficace, Choix des appareils respiratoires et Entretien des appareils respiratoires, contiennent des renseignements additionnels qui aideront à élaborer un excellent programme de protection respiratoire.


Que doivent faire les utilisateurs si le port d'un respirateur est obligatoire?

Tel qu'il est indiqué dans les Normes et lignes directrices canadiennes en matière de biosécurité :

  • Suivre une formation sur les appareils de protection respiratoire et s'assurer de leur bon ajustement par des essais qualitatifs ou quantitatifs avant d'amorcer toute activité nécessitant le port d'un appareil de protection respiratoire.
  • Vérifier l'étanchéité à chaque utilisation de l'appareil de protection respiratoire.
  • Décontaminer l'appareil de protection respiratoire ou la cartouche après chaque usage, même s'ils sont rangés dans la zone de confinement.
  • Ne jamais réutiliser un masque ou un appareil de protection respiratoire jetable.
  • Retirer l'appareil de protection respiratoire après avoir quitté la zone de confinement, quand une évaluation des risques permet de conclure qu'il n'y a plus de danger.

Dernière mise à jour du document le 28 août 2013

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