Fiches d’information Réponses SST

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Pratiques courantes

Que désigne-t-on par pratiques courantes?

Les pratiques courantes se composent d'une série de règles et de méthodes de lutte contre les infections conçues en vue de protéger les travailleurs contre une exposition à d'éventuelles sources de maladies infectieuses. Les pratiques courantes reposent sur le postulat selon lequel le sang et tous les liquides organiques, les sécrétions et les excrétions corporelles, les muqueuses, la peau non intacte ou les autres éléments souillés peuvent être infectieux. Ces pratiques, bien qu'elles soient largement répandues chez les fournisseurs de soins de santé, visent toutes les professions au sein desquelles des travailleurs peuvent être exposés à des microorganismes infectieux à la suite d'un contact avec du sang ou des liquides organiques. Ces professions englobent ainsi les agents de police, les équipes de nettoyage de scène de crime ou d'accident, les préposés d'un zoo, les techniciens de laboratoire et les embaumeurs.


Les pratiques courantes diffèrent-elles des précautions universelles, des précautions applicables aux liquides organiques et des précautions normalisées?

Les précautions universelles désignent une série de méthodes mises au point en vue de prévenir la transmission de pathogènes à diffusion hématogène. Les précautions universelles visent essentiellement le sang et certains liquides organiques tels que le liquide céphalorachidien, le liquide pleural et le liquide amniotique. Les sécrétions corporelles telles que l'urine, les vomissures, les matières fécales ou le crachat ne sont pas assujetties aux mesures de précaution universelles, mais elles font plutôt l'objet d'une série de lignes directrices appelées précautions applicables aux liquides organiques.

Les pratiques courantes se composent d'une combinaison de précautions universelles et de précautions applicables aux liquides organiques. Les pratiques courantes sont d'une portée beaucoup plus large et visent à protéger contre la propagation de tous les microorganismes par un contact avec les liquides organiques, les excrétions, les muqueuses, la peau non intacte et les autres éléments souillés, en plus des mesures de précaution contre tout contact avec le sang.

Fréquemment utilisée aux États-Unis, l'expression « précautions normalisées » désigne en fait les mesures habituellement englobées dans l'expression « pratiques courantes ».


Quels éléments regroupe-t-on dans les pratiques courantes?

Les pratiques courantes englobent 5 éléments principaux, soit l'évaluation des risques, l'hygiène des mains, l'équipement de protection individuelle, les mesures environnementales et les mesures administratives.

Évaluation des risques

Avant d'entamer l'exécution d'une tâche, il importe de toujours procéder à une évaluation des risques afin de déterminer quels sont les risques de transmission de maladies. L'évaluation des risques doit prendre en compte les aspects suivants :

  • le temps nécessaire pour exécuter la tâche
  • le type de liquides organiques avec lesquels le travailleur peut entrer en contact
  • la présence éventuelle de microorganismes dans les liquides organiques
  • l'éventuelle voie d'exposition à ces microorganismes
  • la sensibilité du travailleur à ces microorganismes
  • l'environnement dans lequel cette tâche est exécutée

Les stratégies appropriées telles qu'une hygiène des mains adéquate, une bonne gestion des déchets et l'utilisation d'un équipement de protection individuelle approprié sont ensuite retenues en vue de réduire les risques d'exposition et de transmission des maladies.

Le ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l'Ontario propose aux fournisseurs de soins de santé de poser les questions suivantes en vue d'évaluer les risques :

1. Quelle tâche dois-je effectuer?

2. Quels sont les risques d'exposition aux éléments suivants :

  • au sang et aux liquides organiques, y compris les sécrétions du tractus respiratoire?
  • à la peau non intacte?
  • aux muqueuses?
  • aux tissus humains?
  • à un équipement contaminé?

3. Est-ce que je possède l'expérience et les compétences nécessaires pour exécuter cette tâche?

4. Est-ce que je peux compter sur la coopération du malade pendant l'exécution de cette tâche?

Hygiène des mains

L'hygiène des mains désigne l'enlèvement ou la destruction des microorganismes présents sur les mains tout en préservant l'intégrité des tissus de la main (protéger la santé des mains). Une bonne hygiène des mains peut être assurée à l'aide d'un produit de nettoyage pour les mains à base d'alcool ou avec de l'eau et du savon. Vous pouvez obtenir d'autres précisions en consultant le document Réponses SST traitant du lavage des mains.

Équipement de protection individuelle

L'équipement de protection individuelle (ÉPI) englobe les gants, les blouses d'hôpital, les sarraus de laboratoire, les couvre-chaussures, les lunettes, les lunettes à coques, les masques et les ballons de réanimation. L'ÉPI est particulièrement important lorsque la transmission des maladies peut avoir lieu par contact direct, par pulvérisation, par aérosolisation ou par éclaboussure de sang, de liquides organiques, de muqueuses, de peau non intacte, de tissus humains ou encore par contact avec des surfaces et des équipements contaminés. L'ÉPI peut aider à créer une barrière entre le travailleur exposé et la source de microorganismes.

Gants

Les gants doivent être remplacés après chaque intervention auprès d'un malade et entre chaque malade. Seuls des gants jetables doivent être utilisés en vue de prévenir la transmission des maladies. Les gants doivent être retirés et remplacés dès qu'ils sont très sales, après une tâche ou une intervention salissante même si le malade doit recevoir un autre traitement ou une autre intervention plus propre, et avant d'entamer quelque intervention que ce soit auprès d'un autre malade. Les gants doivent toujours être retirés selon une technique gant-contre-gant ou peau-contre-peau, laquelle préviendra la contamination des mains.

L'utilisation de gants ne remplace pas la nécessité de conserver une bonne hygiène des mains. Les gants créent souvent un environnement humide qui favorise la croissance des microorganismes. Les mains doivent être correctement nettoyées avant que les gants ne soient enfilés et après qu'ils aient été retirés. L'hygiène des mains est également importante avant et après le changement de gants au cours d'une intervention ou entre deux tâches effectuées auprès d'un malade.

Blouses d'hôpital

Les blouses d'hôpital peuvent être jetables ou réutilisables. Les étapes suivantes doivent cependant être respectées au moment de revêtir et de retirer une blouse :

Pour revêtir une blouse

  1. Procéder au lavage des mains.
  2. Revêtir la blouse d'hôpital, ouverture au dos.
  3. Attacher les courroies autour du cou et de la taille.

Pour retirer rune blouse

  1. Détacher les courroies et tirer la blouse à partir du cou.
  2. Glisser les doigts d'une main sous la bande d'un poignet et insérer la main à l'intérieur.
  3. Avec la main insérée à l'intérieur de la blouse, pousser la manche pour la retirer à l'aide de l'autre bras.
  4. Replier les surfaces sales les unes contre les autres et rouler la blouse en boule (ne pas secouer).
  5. Jeter dans un panier à linges.
  6. Procéder au lavage des mains.

Protection pour le visage

La protection pour le visage peut offrir une barrière efficace en vue de protéger les yeux, le nez ou la bouche d'un travailleur de tout contact avec des liquides organiques pulvérisés ou aérosolisés. On trouve différents types et diverses combinaisons de dispositifs de protection pour le visage, tels qu’un masque facial doté de lunettes de sécurité, des lunettes étanches et des écrans faciaux (munis de lunettes de sécurité ou de lunettes étanches), ou un masque auquel est fixé une visière (et des lunettes de sécurité ou des lunettes étanches).

Marche à suivre pour retirer l'ÉPI

Le respect des différentes étapes de la marche à suivre pour retirer l'ÉPI souillé est essentiel pour prévenir la contamination du travailleur. Le retrait de l'ÉPI doit être effectué dans l'ordre suivant :

  1. Retirer les gants.
  2. Retirer la blouse d'hôpital.
  3. Procéder au lavage des mains.
  4. Retirer la protection oculaire.
  5. Retirer le masque.
  6. Procéder au lavage des mains.

Mesures environnementales

Les mesures environnementales visent à maîtriser et à limiter le plus possible le niveau de microorganismes dans l'environnement. Ces mesures de maîtrise des risques pour l'environnement comprennent ce qui suit :

  • nettoyage rigoureux et régulier de l'équipement et des surfaces de travail, y compris le respect des marches à suivre et des horaires établis pour la blanchisserie
  • élimination adéquate des déchets tels que les aiguilles, les déchets biomédicaux et enfin les déchets anatomiques et infectieux
  • ventilation appropriée et autres mesures d'ingénierie
  • installation de contenants à déchets faciles d'accès et clairement marqués, distributeurs de savon à main, et lavabos réservés au lavage des mains
  • disposition et isolement efficaces des sources de contamination - Cette mesure de maîtrise des risques englobe la chambre privée et la toilette réservée pour les malades qui contaminent leur environnement, ou encore l'utilisation d'une hotte de biosécurité réservée à la manipulation de « produits sanguins » pour les travaux de laboratoire associés aux échantillons de sang

Mesures administratives

Les mesures administratives englobent la formation des employés, les compétences de supervision, l'immunisation, les règles de politesse en cas de toux, la mise en application stricte des politiques et des marches à suivre en milieu de travail, et enfin une dotation suffisante. Les mesures administratives de maîtrise des risques sont cruciales en vue de garantir que les principes fondamentaux des pratiques courantes sont mis en œuvre de façon adéquate et efficace sur les lieux de travail.


Quelles autres précautions doit-on prendre?

En plus des pratiques courantes, certains milieux de travail adoptent des mesures de précaution additionnelles en vue de prévenir la présence d'agents infectieux spécifiques et de les maîtriser. Les méthodes sur lesquelles reposent ces précautions additionnelles se rapportent au mode de transmission de ces agents – par contact direct, sous formes de gouttelettes ou par suspension dans l'air. Certains microorganismes exigent l'adoption de précautions additionnelles, en outre le Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline (SARM), l'entérocoque résistant à la vancomycine (ERV) (inclus dans les microorganismes résistant aux médicaments), le Clostridium difficile (C. difficile), la maladie du charbon (anthrax), la malaria et le virus West Nile.

Ces précautions additionnelles comprennent les pratiques courantes mentionnées auxquelles s'ajoutent les mesures ci-après :

  • installations spécialisées et dispositifs de signalisation appropriés
  • équipement formant une barrière (ÉPI spécifiques)
  • équipement réservé et mesures de nettoyage supplémentaires
  • réduction des déplacements des malades
  • bonnes communications entre les divers services et unités

Les pratiques courantes sont-elles prescrites par la loi?

Au Canada, la santé et la sécurité au travail sont réglementées par chacune des quatorze sphères de compétence – compétence provinciale, compétence territoriale et compétence fédérale – en vigueur au pays. Les lignes directrices sur la prévention des infections peuvent également avoir fait l'objet de modifications particulières dans certaines sphères de compétence. Pour obtenir davantage de précisions à ce sujet, vous pouvez communiquer avec les ministères responsables de la santé et de la sécurité en milieu de travail ainsi que de la santé publique de la province ou du territoire où vous habitez.


Où puis-je trouver des renseignements additionnels?

Comité consultatif provincial des maladies infectieuses (CCPMI) - Documents de pratiques exemplaires. Santé publique Ontario

« Guideline for Routine Practices and Additional Precautions » (en anglais seulement). Ministère de la Santé et des Services communautaires, Division de la lutte contre les maladies, Terre-Neuve-et-Labrador

« Infection Prevention and Control » (en anglais seulement). College and Association of Registered Nurses of Alberta

(*Nous avons cité ces organismes dans le but de fournir des références pouvant vous être utiles. Vous devriez communiquer directement avec les organismes concernés pour obtenir des précisions sur les services offerts. Veuillez prendre note que le fait de citer ces organismes ne constitue d'aucune manière une quelconque forme de recommandation ou d'accréditation de ces organismes par le CCHST et ne doit pas avoir préséance sur d'autres organismes que vous connaissez.)

Dernière mise à jour du document le 28 août 2013

Avertissement

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