Centre canadien d'hygiène et de sécurité au travail
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La création de CHEMINFO

Une évaluation des risques pour la santé fondée sur des preuves

 

Adopter une méthode fondée sur les preuves documentaires consiste en fait à effectuer systématiquement une recherche, une appréciation critique et une interprétation des meilleurs documents publiés et rapports d'étude avant de prendre une décision. Une telle méthode permet généralement de prendre de meilleures décisions. En ce qui concerne l'évaluation des risques possibles pour la santé que pose un produit chimique, les questions soulevées peuvent porter sur des aspects très variés, depuis l'irritation des yeux ou de la peau à la cancérogénicité. Au cours des dernières années, le CCHST a élaboré un système fondé sur les preuves, qui sert à l'évaluation des risques possibles pour la santé que posent les produits chimiques répertoriés dans la base de données CHEMINFO, une source exhaustive de renseignements sur la santé et la sécurité relativement aux produits chimiques. Cette même méthode peut être utilisée par quiconque devant tirer des conclusions sur les effets des produits chimiques sur la santé, notamment des hygiénistes industriels ou des auteurs de fiches de données de sécurité (FDS).

Voici tout d'abord un survol des principales sources d'information régulièrement consultées par des chercheurs du CCHST et une explication de la méthode de recherche utilisée.

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Sources de renseignements relatifs aux risques pour la santé

La recherche et la sélection de renseignements valables constituent la première étape, bien entendu, mais encore une étape cruciale de l'évaluation des risques possibles pour la santé que pose un produit chimique particulier. Il faut, chaque fois, procéder à l'examen systématique des documents publiés en matière de toxicologie. Cette étape en soi représente dans certains cas un défi de taille, parce que les documents publiés peuvent tout aussi bien être innombrables qu'inexistants, ou encore se situer quelque part entre ces deux extrêmes. Par exemple, des recherches effectuées récemment dans la base TOXLINE® pour obtenir des renseignements sur le monoxyde de carbone (numéro de registre CAS 630-08-0) ont relevé plus de 10 000 occurrences, comparativement à moins de 20 dans le cas du sulfate de sodium et de lauryl trioxyéthylène (numéro de registre CAS 13150-00-0)! Les occurrences trouvées peuvent inclure des études de toxicité chez les animaux, des études de cas chez les humains, des études épidémiologiques et des comptes rendus. Un nombre d'occurrences très important impose souvent la nécessité de parcourir des montagnes d'articles de journaux, de traités et de documents non publiés, tandis qu'une recherche infructueuse ou un très petit nombre d'occurrences fournit rarement les éléments de solution requis.

Chaque recherche effectuée dans la base CHEMINFO exige la compilation de recherches exhaustives dans toute la littérature publiée sur le sujet. Les ressources documentaires format plein texte (p. ex. les périodiques, les livres, les monographies et la base de données RTECS®) de même que les bases bibliographiques et les collections de renseignements toxicologiques accessibles (p. ex. TOXLINE®) sont scrutées à la loupe en vue de repérer l'information pertinente. Les bases de type répertoire de produits chimiques telles que ChemIDplus® sont consultées pour obtenir les paramètres d'identification requis (p. ex. les synonymes, la formule chimique et les autres appellations), les renseignements relatifs aux listes de produits réglementés et les liens donnant accès à des bases de données particulières contenant d'autres renseignements. En outre, les membres de l'équipe CHEMINFO effectuent, de façon régulière, des recherches additionnelles dans les derniers numéros de plus de 40 périodiques traitant de la toxicologie en milieu de travail. Ce survol des parutions récentes permet de garantir que les informations les plus à jour au moment de la diffusion seront intégrées aux résultats de la recherche.

Les experts de la base CHEMINFO se fondent presque exclusivement sur les documents reconnus auxquels ils ont accès pour présenter des conclusions indépendantes et vérifiables concernant les risques possibles pour la santé que pose le produit chimique étudié. Les documents reconnus sont en fait des rapports de recherche originaux préparés par les scientifiques qui ont, de façon concrète, réalisé l'étude en question. L'utilisation de documents originaux et reconnus est privilégiée pour diverses raisons, notamment parce qu'un certain nombre de problèmes ont été associés à l'emploi de sources secondaires, notamment :

  • la simple transmission des conclusions écrites d'un document original, sans appréciation de la crédibilité globale de l'étude ou de la recherche effectuée. Lorsqu'un document original est utilisé, il est possible de voir la façon dont l'auteur est parvenu à ses conclusions.
  • l'exécution de la recherche en fonction de niveau d'exigences différents en matière d'analyse et d'interprétation des données, ce qui peut conduire à des conclusions fort différentes lors des recherches réalisées conformément aux critères prescrits par la loi, p. ex. selon que l'on se conforme au SIMDUT tel qu'il est défini dans le Règlement sur les produits contrôlés ou à la OSHA Hazard Communication Standard.
  • l'introduction accidentelle d'erreurs de transcription, telle que l'emploi d'une définition inexacte d'un produit chimique ou d'une unité de mesure erronée, par exemple, mg/kg au lieu de g/kg.

Néanmoins, les sources secondaires peuvent être fort utiles dans le but de retracer les documents d'origine pertinents, qui ne seront pas toujours cités dans les bases bibliographiques ou les sources documentaires plus récentes. Les principales sources dont sont tirés les données toxicologiques et les effets possibles sur la santé précisés dans les sections appropriées de CHEMINFO sont mentionnées dans le tableau 1. Cette liste d'information n'est pas exhaustive, mais elle cite des sources de renseignements qui ont été sélectionnées avec le plus grand soin par des spécialistes de la santé et de la sécurité au travail du CCHST en raison de leur pertinence, de leur validité, de leur exactitude, de leur utilité et/ou de leur degré d'actualité.

Pour visualiser plus facilement les méthodes que nous employons au cours d'une recherche dans CHEMINFO, imaginez un fluide circulant dans un entonnoir contenant une série de filtres (reportez-vous à la Figure 1: Traitement de l'information sur l'évaluation des risques pour la santéfigure 1). Le fluide représente la partie « information » de la recherche documentaire exécutée par l'équipe CHEMINFO. Avant de verser le liquide dans l'entonnoir, une recherche préliminaire est effectuée dans différents ouvrages en vue d'estimer le volume de documents traitant du produit chimique. Si le volume de renseignements repérés dépasse la capacité de l'entonnoir, il faut réévaluer la méthodologie retenue pour cette recherche. Diverses méthodes permettant de circonscrire une recherche seront étudiées dans les prochains chapitre de cette série.

Comme l'ouverture de l'entonnoir est large, de nombreux blocs d'information peuvent être introduits, de sorte que seuls les résultats qui, de toute évidence, ne sont pas pertinents sont exclus. Par exemple, les sources documentaires citées plus d'une fois et les références à des documents dont le principal sujet n'est pas le produit chimique visé sont repérées et rejetées. Au fur et à mesure qu'elle descend dans l'entonnoir, l'information traverse une série de filtres qui peuvent être réglés de manière à laisser passer seulement les articles répondant à certains critères, notamment le type et l'année de publication, la langue et/ou la méthodologie utilisée par l'auteur. Ces différents filtres permettent d'épurer les résultats soumis pour ne conserver qu'une petite collection d'articles clés originaux. Ces documents originaux sont ensuite scrutés à la loupe, soigneusement évalués et résumés en vue de la préparation des rubriques de CHEMINFO traitant de la toxicité et des effets sur la santé humaine.

L'explication des techniques de recherche exhaustive dans des bases de données bibliographiques se poursuit au chapitre 2 de CHEMINFO.

 

Une recherche exhaustive des bases de données bibliographiques

Les bases de données bibliographiques fournissent de l'information descriptive sur des citations contenues dans des documents, dont :

  • le nom de l'auteur ou des auteurs
  • le titre du document
  • le nom de l'éditeur ou la source
  • un abrégé ou un résumé, en général
  • des descripteurs ou des mots clés

Ces bases de données contiennent des références aux divers types de documents comme des articles de revues spécialisées, des rapports de recherche, des articles publiés et non publiés, des travaux de congrès et des manuels. Même si, en général, elles ne contiennent pas le corps du document comme tel, les bases de données bibliographiques sont des outils importants pour trouver des références sur une question ou un sujet précis et pour se tenir au courant des progrès récents dans un domaine d'intérêt particulier. (Note : certaines bases de données bibliographiques, comme PubMed®, fournissent un lien direct vers l'article intégral lorsque celui-ci est disponible.)

Le point de départ pour procéder à l'étude détaillée d'un produit chimique est une recherche exhaustive dans certaines bases de données bibliographiques pertinentes au domaine de la toxicologie professionnelle.

Il n'y a aucune base de données qui contient à elle seule la totalité des documents de recherche publiés. Chaque base de données diffère en ce qui a trait au nombre de périodiques et de références indexés et au système de mots clés utilisé. Ainsi, il convient de consulter plusieurs bases de données pour s'assurer qu'aucun élément important n'est oublié. Les bases de données qui doivent être consultées englobent les suivantes :

  • TOXLINE - cette base de données contient plus de 1 500 000 références de 1980 à aujourd'hui. On y trouve un important recueil de références sur les effets biochimiques, pharmacologiques, physiologiques et toxicologiques des produits chimiques de la National Library of Medicine (NLM) des États-Unis.
  • PubMed – contient plus de 19 millions de citations tirées de MEDLINE (Medical Literature Analysis and Retrieval System Online) et d'autres périodiques sur les sciences de la vie, lesquels contiennent des articles biomédicaux dont les plus anciens remontent à 1948. PubMed, qui est un service de la NLM, contient des liens vers des articles intégraux et d'autres ressources connexes.

Étapes en vue de l'élaboration d'une stratégie de recherche

Il peut parfois s'avérer difficile d'extraire des renseignements pertinents des bases de données bibliographiques. Sans une bonne stratégie de recherche, vous risquez de ne pas obtenir des études importantes (faible sensibilité), ou encore, d'obtenir des citations d'études désuètes (faible sensibilité et faible précision). Un plan d'attaque bien élaboré revêt donc une grande importance pour obtenir des renseignements pertinents.

Les principales étapes utilisées pour repérer des documents toxicologiques pertinents dans des bases de données bibliographiques sont décrites ci-dessous.

Étape 1 : Identifiez la substance ou l'agent

Une première étape cruciale dans la recherche consiste à déterminer les informations chimiques pertinentes comme le nom du produit chimique, ses synonymes et les divers numéros de registre assignés au produit chimique (p. ex. CAS, RTECS, EINECS). Le plus important numéro de registre est celui du Chemical Abstract Service (CAS), organisme qui fait figure d'autorité partout dans le monde pour le recensement des composés chimiques. Les numéros du CAS permettent une identification formelle des composés par la structure, la composition et d'autres propriétés.

Une excellente source de ce type d'information est la base de données CHEMINDEX du CCHST, un répertoire de produits chimiques qui contient des paramètres d'identification pour plus de 260 000 substances. Cette base de données est disponible gratuitement en ligne à l'adresse suivante : ccinfoweb.ccohs.ca/chemindex/search.html. CHEMINDEX indique également les bases de données du CCHST dans lesquelles il est possible de trouver des renseignements sur la substance en question. Une autre source « d'identification » utile est CHEMIDplus (également disponible en ligne à l'adresse suivante : chem.sis.nlm.nih.gov/chemidplus/) de la NLM des États-Unis.

Un excellent exemple de l'importance d'une bonne identification s'est récemment présenté durant une recherche sur le produit chimique éther de propylèneglycol et de monométhyle. « Éther de propylèneglycol et de monométhyle » est un nom général pour le produit commercial (numéro du CAS 1320-67-8 ou 28677-93-2), qui est composé d'un mélange de deux formes isométriques : alpha (méthoxy-1 propanol-2, numéro du CAS : 107-98-2), et bêta (méthoxy-2-propanol-1, numéro du CAS : 1589-47-5). Puisque l'isomère alpha est favorisé durant la préparation et constitue donc la majeure partie du produit final, cet isomère est également appelé de manière très générale « éther de propylèneglycol et de monométhyle » dans bon nombre de documents. Étant donné que les isomères alpha et bêta ont un taux de toxicité différent, il est nécessaire de déterminer la composition du mélange et de faire la distinction entre les isomères. Dans le cas présent, il est très important de trouver les synonymes précis et les numéros du CAS pour les composés chimiques ou les isomères pertinent.

Étape 2 : Préparez une stratégie initiale

Une fois que les paramètres d'identification pour un produit chimique ont été trouvés, il est possible de combiner les termes en un seul énoncé de recherche au moyen de l'opérateur booléen « OR »/« OU ». Cela peut sembler difficile, mais une recherche de ces termes séparément entraînera l'obtention de résultats répétitifs entre les bases de données et dans une même base de données. Au bout du compte, vous devrez examiner un plus grand nombre de résultats de recherche qu'il est nécessaire.

En raison de la nature imprécise et complexe des synonymes et des noms commerciaux qui peuvent être utilisés pour définir une seule substance, il est beaucoup plus efficace et précis de faire une recherche au moyen du numéro de registre CAS. L'emploi du numéro CAS permet d'éliminer la nécessité de déterminer la forme et le nom d'un synonyme qui a été utilisé par un auteur ou un fournisseur de renseignements. Cependant, si vous limitez votre recherche d'un composé chimique au numéro de registre CAS, vous omettez un grand nombre de références qui ne contiennent pas les numéros du CAS, ou pour lesquelles le numéro a été oublié ou écrit de manière erronée, de même que les sources qui n'utilisent pas le numéro de manière systématique. Il est donc nécessaire d'effectuer une recherche de synonymes et parfois de noms commerciaux ou de dénominations spéciales de façon à obtenir les meilleurs résultats possible.

Bien sûr, si vous faites une recherche de tous les termes possibles d'une substance, vous obtiendrez un plus grand nombre de résultats. Par exemple, une recherche d'informations sur l'isopropylamine qui n'inclut qu'un seul de ses noms chimiques ne permettra pas d'obtenir les documents qui font référence à cette substance sous un de ses synonymes, comme propan-2-amine ou MIPA. Il faut aussi tenir compte des différences de graphie et de terminaison (p. ex. si le terme est écrit au singulier ou au pluriel). La longueur de la liste des synonymes sera déterminée par l'exhaustivité des recherches que vous voulez obtenir.

Reportez-vous au chapitre 3 pour obtenir de plus amples renseignements sur l'élaboration d'une stratégie de recherche.

Étape 3 : Effectuer une recherche préliminaire

Il est préférable de commencer par une recherche préliminaire étendue, plutôt que par une recherche très précise. En effet, il est plus efficace de raffiner une recherche générale que d'élargir une recherche qui, au départ, était très limitée. Une fois que vous aurez une bonne idée de la qualité et de la quantité (volume et distribution) de renseignements pertinents sur la toxicité d'un composé chimique, vous pourrez étendre ou réduire votre recherche selon vos besoins. Des techniques vous permettant de modifier votre stratégie de recherche pour obtenir les résultats voulus seront exposées dans le prochain chapitre de cette série.

Malheureusement, étant donné que bon nombre de composés chimiques ont en commun des parties ou des fragments du nom du composé chimique que vous cherchez, un mauvais assortiment peut mener à un nombre élevé de résultats non pertinents. Par exemple, une recherche sur le composé chimique « éthylèneglycol » donnera des occurrences sur les éthers de l'éthylèneglycol (p. ex. l'éther monoéthylique de l'éthylèneglycol), ainsi que sur d'autres produits chimiques dont le nom contient ce fragment. Le nombre de résultats de recherche non pertinents est également augmenté par l'extraction d'études pouvant examiner les effets de cette substance chimique particulière comme composante d'un mélange ou produit formulé et/ou ayant pu être répertoriées d'après ce produit chimique parce qu'elles utilisaient celui-ci comme solvant ou substrat. Il est donc essentiel de procéder à un examen attentif et de vérifier la pertinence des résultats de vos recherches par rapport au produit chimique visé. De plus, une recherche dans de nombreuses bases de données entraînera l'obtention de résultats répétitifs entre les bases de données et dans une même base de données. Cela nécessitera l'identification et la suppression des résultats redondants.

Il ne faut donc pas oublier que le nombre initial de résultats ne reflète pas nécessairement la quantité de documents disponibles sur un produit chimique en particulier. L'exécution d'une recherche préliminaire vous aidera à déterminer s'il est nécessaire d'affiner davantage votre stratégie de recherche. Si un nombre relativement restreint de citations sont extraites par suite d'une recherche préliminaire, il peut être encore plus efficace de parcourir rapidement chacune d'elle plutôt que de tenter de préciser la recherche.

Conclusion

Même s'il n'y a pas de marche à suivre exacte, il est important de comprendre le processus de recherche documentaire et de bien planifier votre recherche. Dans l'élaboration de votre stratégie de recherche pour un produit chimique en particulier, l'objectif ultime est de trouver les renseignements les plus pertinents disponibles, et ce, avec la plus grande efficacité et sans compromettre la qualité ou la portée de votre recherche.

Le chapitre 3 de CHEMINFO expose les techniques et les stratégies pour préciser davantage une recherche, permettant ainsi d'affiner de façon efficace une recherche ayant donné un grand nombre de résultats, ou encore, d'étendre une recherche ayant donné peu ou pas de résultats.

 

Effectuer des recherches dans une base de données bibliographiques – une recherche améliorée

Il est essentiel de déterminer toutes les données pertinentes sur la toxicité afin de faire une évaluation juste des risques possibles d'un produit chimique sur la santé. Dans la plupart des cas, effectuer une recherche dans des bases de données bibliographiques choisies est la méthode la plus efficace pour repérer des documents originaux publiés. La « règle d'or » est d'utiliser une méthode de recherche qui permet d'obtenir le plus de citations pertinentes possibles, sinon toutes, et le moins de citations non pertinentes possibles. Le présent article examine la façon d'obtenir un juste équilibre entre une recherche trop restrictive (qui exclut des renseignements importants) et une recherche trop étendue (qui donne de nombreux résultats ou de nombreuses occurrences difficiles à gérer).

Techniques d'amélioration d'une recherche documentaire

Des directives explicites doivent être établies afin de déterminer les types de documents qui permettront de trouver les réponses recherchées. La valeur d'un document particulier dépendra entre autres des facteurs suivants :

  • le degré de spécificité de la question posée ou du problème à résoudre (p. ex. voulez-vous effectuer une évaluation exhaustive des effets d'un produit chimique sur la santé ou vous concentrer sur un effet précis tel que la cancérogénicité?);
  • la quantité d'informations déjà disponibles et leur qualité;
  • le temps et les coûts possibles associés à l'obtention de l'information.

Une fois que vous avez précisé le type d'information que vous cherchez, vous pouvez cibler votre méthode de recherche et la perfectionner à l'aide de critères spécifiques.

A. Critères non spécifiques au sujet

La technique la plus simple pour réduire le nombre de résultats de recherche consisterait à limiter votre recherche au moyen de paramètres spécifiques non liés au sujet, tels que :

  • La langue de publication – certains documents peuvent n'être disponibles que dans des langues étrangères. Dans certains cas, il peut être nécessaire de faire traduire un document.
  • La langue de publication – certains documents peuvent être disponibles seulement dans des langues étrangères. Dans certains cas, il peut être nécessaire de faire traduire un document.
  • L'année de publication – concentrez la recherche sur une période précise (voulez-vous des informations récentes ou des données historiques?).
  • Type de publication ou de document – vous voudrez peut-être concentrer votre recherche sur les revues de haute qualité

Remarque : Soyez prudents lorsque vous utilisez des critères pour limiter votre recherche.

B. Critères spécifiques au sujet
Mots clés

Vous pouvez limiter votre recherche à un sujet particulier afin d'extraire un nombre raisonnable de documents, plus facile à gérer. Par exemple, si vous ne voulez obtenir que des études qui portent sur un effet toxicologique précis (p. ex. mutagénicité), mais que vous ne voulez pas tout ce qui a été publié sur les effets du produit chimique sur la santé, il est pratique d'utiliser une méthode de recherche qui permet d'extraire seulement le type d'information voulu.

Afin d'améliorer votre méthode de recherche, vous devez, à partir des résultats d'une recherche exhaustive, dresser la liste des mots ou groupes de mots qui figurent le plus souvent dans les titres ou les résumés des citations les plus pertinentes. L'utilisation de ces mots et groupes de mots clés dans votre méthode de recherche améliorée vous aidera à extraire les citations les plus pertinentes.

Par exemple, si vous cherchez des renseignements sur les effets mutagènes de l'acrylonitrile, votre méthode de recherche devrait comprendre de l'information permettant d'identifier le produit (synonymes, numéro de registre CAS) ainsi que de la terminologie spécifique à la toxicologie génétique (p. ex. « mutagène », « chromosome », « ADN »). Si vous utilisez ces exemples, votre stratégie de recherche pourrait ressembler à ceci : (acrylonitrile OR/OU 107-13-1 OR/OU cyanoéthylène) AND/ET (mutagène OR/OU chromosome OR/OU ADN). Certaines bases de données bibliographiques utilisent des mots clés comme filtres. Par exemple, le filtre de sujet « toxicologie » de PubMed restreint la recherche aux résultats liés à la toxicologie.

Veillez à ce que la recherche que vous lancez soit la plus inclusive possible. Prenez soin d'inclure des mots clés courants qui figureraient vraisemblablement dans les documents que vous voulez trouver. Si vous omettez d'inclure un mot clé ou un synonyme important, il est probable que vous n'obtiendrez pas certains renseignements utiles.

Vedettes-matières

De nombreuses bases de données bibliographiques indexent les articles au moyen d'un vocabulaire contrôlé. Les vedettes-matières de la National Library of Medicine's Medical (MeSH®), qui sont incluses dans PubMed, en sont un exemple, ainsi que certains sous-répertoires TOXLINE. En incorporant ces mots clés dans votre recherche, tous les articles sur le sujet en question seront extraits, peu importe les mots utilisés par l'auteur dans l'article original. Consultez le guide d'utilisateur pour vous aider à mettre au point une méthode de recherche appropriée à la base de données dans laquelle vous faites vos recherches. Pour obtenir plus de renseignements sur l'utilisation de MeSH, consultez le site Web suivant : http://www.nlm.nih.gov/mesh/.

L'indexation limite parfois la recherche, particulièrement en ce qui concerne les renseignements historiques. Par conséquent, il vaut mieux utiliser une combinaison de méthodes telles que la recherche par vedettes-matières de MeSH et les mots clés généralement utilisés.

Options de recherche et opérateurs

Les bases de données sont conçues à partir de « champs » de façon à ce que le même type d'information (p. ex. auteur, titre, résumé, CAS) paraisse au même endroit dans les documents repérés. Vous pouvez utiliser cette structure de base de données pour vous aider lorsque vous lancez vos recherches. La recherche d'un mot clé précis parmi tous les champs permet d'extraire le maximum de résultats, mais cette méthode donne également un grand nombre de résultats non pertinents. Essayez de limiter votre recherche par mot clé à un champ ou à un index particulier (p. ex. résumé, titre, mots clés). Par exemple, si vous cherchez « monoxyde de carbone » dans le champ Titre, vous augmentez les chances d'obtenir des articles qui portent spécifiquement sur ce produit, plutôt que sur son utilisation dans d'autres contextes (p. ex. comme produit dérivé). Consultez la rubrique d'aide des bases de données que vous utilisez pour voir la façon dont les champs sont structurés et pour savoir comment faire une recherche par champ. Par exemple, pour obtenir de l'information sur la façon de lancer une recherche par champ dans PubMed, reportez-vous à la rubrique « Search Field Descriptions and Tags » dans l'aide de PubMed à l'adresse suivante : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK3827/#pubmedhelp.Search_Field_Descrip.

De plus, les opérateurs « OR/OU », « AND/ET » et « NOT/NON » peuvent être combinés aux termes de recherche appropriés pour cibler les études qui vous intéressent, comme dans l'exemple de l'acrylonitrile plus haut. Cette technique est particulièrement utile lorsqu'il existe de nombreux renseignements sur un sujet. Les effets toxicologiques spécifiques de certains produits chimiques ont peut-être été largement étudiés, alors qu'il y a peu ou pas d'informations sur d'autres effets. Autre exemple, beaucoup d'informations sont disponibles sur les propriétés irritantes de la peau d'un détergent à base de sulfate sodique de lauryle, propriétés qui sont très bien documentées comparativement à d'autres. Afin de repérer facilement d'autres types d'informations et de réduire le nombre de documents extraits, vous devrez peut-être éliminer les études qui se concentrent sur l'irritation de la peau (au moyen de l'opérateur « NOT/NON »). Vous devrez toutefois être vigilant lorsque vous utilisez l'opérateur « NOT/NON » pour éviter d'exclure certains résultats pertinents si le mot non voulu est utilisé dans un contexte non pertinent ou inattendu.

Sélection d'une base de données ou d'un sous-répertoire

Pour repérer de l'information, il est bon de comprendre quelles bases de données ou quels sous-répertoires sont les plus susceptibles de fournir le maximum de résultats pertinents. Comme les bases de données bibliographiques importantes telles que PubMed répondent aux besoins d'un large éventail d'utilisateurs, les risques d'extraire de nombreux résultats non voulus sont élevées. Par conséquent, vous pouvez obtenir les meilleurs résultats de recherche et les résultats les plus pertinents si vous limitez votre recherche à une base de données spécialisée plus petite ou à un sous-répertoire axée sur le sujet, tel que le sous-répertoire EMIC (Environmental Mutagen Information Centre) de TOXLINE, lequel renferme des informations sur la toxicité génétique.

Détails et méthodologie de l'étude

D'autres critères d'inclusion ou d'exclusion, dans le cadre d'une recherche, peuvent comprendre les groupes d'âge (enfants ou adultes), les études sur les animaux vs les humains, les études in vivo vs in vitro, ou les voies d'exposition (p. ex. orale vs intraveineuse). Par exemple, pour CHEMINFO, toutes les études concernant des voies d'exposition qui ne sont pas pertinentes au travail (p. ex. voie intraveineuse) sont exclues. Malheureusement, des détails tels que la méthodologie de l'étude ne sont pas toujours inclus dans les renseignements bibliographiques. Par conséquent, il se peut que vous deviez lire l'article en entier de manière à intégrer de tels critères d'exclusion.

Portée

Parfois, peu importe le degré de précision de votre recherche, vous pourriez quand même devoir examiner attentivement des milliers de résultats pertinents. Dans ce cas, il est utile de choisir les articles bien dirigés et exhaustifs à partir desquels il est possible de déterminer les données de recherche de la meilleure qualité. Par exemple, lorsqu'il existe un nombre impressionnant de documents pertinents sur un produit chimique étudié en profondeur, comme le benzène, le personnel de CHEMINFO met de côté temporairement les résultats de recherche et utilise des revues crédibles et reconnues à l'échelle internationale, comme le Chemicals Screening Information Dataset (SIDS) for High Volume Chemicals, publié dans le cadre du PNUE, ou les rapports d'évaluation des risques (RAR) de l'Union européenne (UE), afin de trouver les articles clés. Dans la mesure du possible, le personnel de CHEMINFO peut obtenir et examiner en détail des articles originaux afin d'appuyer les conclusions et les décisions concernant la classification ou pour résoudre ou mieux comprendre les questions controversées ou complexes.

Une fois que l'examen a permis de déterminer les renseignements qui sont disponibles, et que les études clés ont été passées en revue, vous pouvez mener des recherches supplémentaires très précises afin de trouver de nouveaux renseignements, des renseignements manquants ou des renseignements qui n'ont pas été évalués adéquatement.

En conclusion, il faut garder à l'esprit qu'une méthode de recherche efficace pour un produit chimique peut ne pas s'appliquer à un autre produit. Dans tous les cas, il est essentiel d'évaluer soigneusement l'ensemble des résultats obtenus lors de votre recherche préliminaire. À partir de là, vous pouvez utiliser une méthode de recherche approfondie spécifique au produit chimique qui vous intéresse et aux aspects abordés dans les résultats obtenus. Peu importe la stratégie que vous adoptez, prenez soin de consigner la démarche que vous avez suivie pour déterminer et sélectionner les informations. De cette façon, la recherche pourra servir de nouveau à l'avenir, le cas échéant.

Des détails supplémentaires sur la façon de mettre en pratique une méthode de recherche fondée sur les preuves afin d'évaluer les études portant sur l'évaluation des risques pour la santé paraîtront dans

le chapitre 4 : Évaluation de l'information sur la toxicologie et la santé humaine.

 

Évaluation de l'information sur la toxicité animale

Il existe une multitude d'études de toxicité animale qui nous aident à comprendre comment les produits chimiques affectent les personnes qui y sont exposées au travail. En fait, un grand nombre de systèmes de réglementation utilisés pour évaluer et classer les risques potentiels pour les humains sont en grande partie fondés sur des données concernant la toxicité animale (p. ex. essais de létalité aiguë (DL50), essais d'irritation de la peau et des yeux et études de carcinogénicité).

Plusieurs facteurs doivent être pris en considération durant l'analyse des études de toxicité animale et l'évaluation de leur pertinence à l'égard du produit chimique en question et de la santé et de la sécurité au travail. Parmi ces facteurs, notons la substance étudiée, la voie d'exposition, les doses utilisées, les animaux ou espèces animales sélectionnés en vue de l'étude, le recours à des groupes témoins, le nombre d'animaux par groupe et la durée de l'exposition et de la période d'observation.

Identification de la substance étudiée

Il est important d'identifier correctement la substance en question afin de déterminer si les résultats de l'étude s'appliquent au produit chimique ou au mélange qui vous intéresse. Bien qu'on soit porté à croire que cette tâche ne consiste qu'à vérifier la correspondance des noms, ce n'est pas toujours le cas.

Comme il est indiqué au chapitre 2, à titre d'exemple, la dénomination chimique générique « éther monométhylique du propylène glycol » désigne, de façon générale, deux formes (isomères) différentes de ce produit chimique – les isomères alpha et bêta. Des études menées sur des animaux ont montré que l'isomère alpha (1-méthoxy-2-propanol; numéro de registre CAS 107-98-2) n'est pas tératogène, contrairement à l'isomère bêta (2-méthoxy-1-propanol; numéro de registre CAS 1589-47-5). Les produits commerciaux sont principalement constitués de l'isomère alpha. Une recherche sur la dénomination générique « éther monométhylique du propylène glycol » donne des études qui traitent d'un ou de l'autre des isomères. Il faut donc prendre soin de vérifier lequel des isomères a été étudié en examinant les synonymes employés par l'auteur, le numéro de registre CAS (identificateur unique) et les propriétés physiques.

La présence d'impuretés ou d'additifs peut également fausser les résultats d'une étude toxicologique. Par exemple, on ajoute souvent des inhibiteurs aux produits chimiques instables. Dans le cas de l'acrylamide, on se sert de sels de cuivre. Or, il a été établi que certains sels de cuivre provoquent une sensibilisation de la peau. Par conséquent, des résultats positifs à un test de sensibilisation cutanée effectué à l'aide d'acrylamide inhibée ne permettent pas de prouver que l'acrylamide est un agent de sensibilisation de la peau à moins qu'il soit possible d'exclure l'utilisation de sels de cuivre.

Voie d'exposition

On procède à des études toxicologiques pour un grand nombre de raisons, ce qui fait qu'on a recours à une variété de voies d'exposition (p. ex. ingestion, inhalation, voie intrapéritonéale, voie intraveineuse et voie intracrânienne). Il est important que les sociétés pharmaceutiques se penchent sur les risques posés par les médicaments injectés directement dans la circulation sanguine (par voie intraveineuse) ou dans l'abdomen (par voie intrapéritonéale). Les bases de données comme TOXLINE et RTECS® renferment des études durant lesquelles on a administré un produit chimique de nombreuses manières, notamment par voie intraveineuse et par voie intrapéritonéale. Cependant, dans l'évaluation des risques pour la santé au travail, seules quatre voies d'exposition ont une influence directe – l'inhalation, le contact cutané, le contact oculaire et l'ingestion. D'autres types d'études peuvent éclaircir les mécanismes de la toxicité, mais elles ne sont pas aussi pertinentes dans l'évaluation des risques professionnels.

Même si le produit chimique est inhalé ou ingéré ou s'il entre en contact avec la peau ou les yeux, il faut s'assurer que la méthode d'exposition concerne le produit chimique étudié. Par exemple, il arrive parfois que des mesures « extrêmes » soient nécessaires pour administrer aux animaux certains produits chimiques normalement difficiles à inhaler. Bien qu'on ne s'attende pas à ce qu'un gaz soit « ingéré », certaines études ont porté sur des gaz refroidis jusqu'à ce qu'ils soient liquéfiés. On a broyé, brûlé ou fait bouillir certains solides et liquides non volatils afin de produire des concentrations dans l'air pouvant être inhalées. Ces études peuvent être pertinentes si la méthode d'exposition se compare à la manière dont le produit chimique est traité ou utilisé dans le milieu de travail (p. ex. broyé, chauffé ou fondu). Les études dans lesquelles on a exposé des animaux aux produits de combustion et de décomposition thermique d'un produit chimique brûlé présentent un intérêt pour les pompiers. Cependant, ces études doivent être évaluées soigneusement dans un contexte d'évaluation des risques associés à un produit chimique durant le traitement et la manipulation typiques de celui-ci dans le milieu de travail.

Niveaux de dose

Idéalement, une étude toxicologique bien menée compare au moins trois doses : une forte dose, qui entraînent des signes évidents de toxicité; une dose intermédiaire, qui entraîne des signes minimes de toxicité; et une faible dose, qui ne produit aucun signe de toxicité. On effectue parfois des études pour déterminer les niveaux de dose appropriés.

L'utilisation de trois doses aide à définir la courbe dose-réponse, qui montre le mode de toxicité du produit chimique. Si l'on n'utilise qu'une seule dose, l'expérience ne donnera pas suffisamment d'information sur la toxicité à des doses plus fortes ou plus faibles. En général, la toxicité augmente proportionnellement avec la dose administrée. Si une observation donnée ne suit pas la courbe dose-réponse, il est possible qu'elle soit due au hasard et non à un effet réel. Si une seule dose est administrée, les résultats de l'étude peuvent avoir une utilité limitée.

Cependant, il arrive parfois qu'après avoir analysé en profondeur des études antérieures, des chercheurs sélectionnent une dose hautement ciblée. Ce type d'étude très poussée vise à montrer si un produit chimique peut causer un effet particulier à une dose précise. Cette technique permet au chercheur d'établir une relation de cause à effet tout en réduisant le nombre d'animaux de laboratoire nécessaires. L'utilisation d'une seule dose n'invalide donc pas nécessairement les résultats d'une étude s'ils sont interprétés en prenant compte d'études antérieures.

Espèces

Certaines espèces animales sont fréquemment utilisées dans certains types d'études toxicologiques. Par exemple, on a souvent recours aux lapins pour les études d'irritation cutanée et oculaire. Par conséquent, il existe une quantité considérable de données comparatives permettant d'évaluer les effets sur la peau et les yeux des lapins. Les résultats obtenus en menant des études sur d'autres espèces ne sont pas nécessairement exclus des études d'irritation cutanée et oculaire, mais il est plus difficile d'effectuer des comparaisons et des évaluations.

Il peut arriver qu'une espèce animale soit très sensible à certains effets d'un produit chimique. Par exemple, les rats mâles sont très sensibles à des effets toxicologiques particuliers sur le rein (néphropathie par hyalinisation), effets pouvant entraîner un cancer du rein par suite d'une exposition à certains hydrocarbures. Une réponse positive à de tels effets chez des rats mâles n'est pas jugée pertinente sur le plan toxicologique pour l'humain.

Conditions ambiantes

Parmi les facteurs environnementaux qui peuvent influer sur les résultats d'une expérience, notons :

  • la température – des températures extrêmes peuvent affecter les résultats aux tests de fécondité;
  • l'humidité – peut agir sur la quantité de particules du produit chimique dans l'air ou sur leur taille;
  • les cages – l'entassement peut causer des affections liées au stress;
  • l'alimentation – des carences alimentaires (p. ex. déficience en zinc) peuvent avoir des effets nuisibles, tout comme la présence d'impuretés dans la nourriture ou dans l'eau;
  • l'acclimatation – un changement dans les conditions ambiantes peut influer sur les comportements reproducteurs.

Groupes témoins

Un groupe témoin fournit un point de référence avec lequel on peut comparer les résultats des groupes expérimentaux (lesquels sont exposés aux produits chimiques en question). Les caractéristiques du groupe témoin (p. ex. espèce, âge, sexe) devraient correspondre à celles des groupes expérimentaux. Le groupe témoin doit être traité de la même manière que les groupes expérimentaux, sauf qu'il n'est pas exposé aux produits chimiques. Les résultats des groupes expérimentaux sont comparés entre eux (les trois groupes de dose) et avec ceux du groupe témoin afin de déterminer si des différences statistiquement significatives se sont présentées.

On peut utiliser un animal comme son propre témoin, mais seulement dans le cadre d'études sur l'irritation cutanée/oculaire, car l'expérience vise un effet local sur le lieu de l'application. Par exemple, un œil peut être utilisé pour vérifier l'irritation tandis que l'autre sert de témoin.

On utilise un véhicule témoin si le produit chimique n'est ni liquide ni hydrosoluble et s'il faut le dissoudre dans un véhicule ou un porteur pour en faciliter l'administration aux animaux. Dans un tel cas, un véhicule témoin est nécessaire pour démontrer que l'exposition au véhicule n'a pas causé d'effets néfastes.

Nombre d'animaux

Le nombre d'animaux approprié varie selon le type d'étude. En général, plus l'étude dure longtemps et plus l'effet mesuré est subtil, plus il faudra d'animaux par groupe de dose. On a généralement besoin de cinq animaux par groupe de dose pour les essais de létalité aiguë, tandis qu'il en faut 100 par groupe de dose pour les études de carcinogénicité. Plus un groupe est composé d'un grand nombre d'animaux, plus l'étude a une grande puissance statistique et plus il est probable qu'un effet rare ou subtil soit observé. Toutefois, en raison de préoccupations relatives au bien-être des animaux, le nombre d'animaux requis par groupe de dose a été réduit, dans certains cas, jusqu'à un seul animal selon le type d'essai.

Durée de l'exposition/période d'observation

La durée de l'exposition dépend du type d'étude et, parfois, de la voie d'exposition. La période d'observation qui suit l'exposition doit être assez longue pour permettre de déterminer l'étendue complète des effets de l'exposition et de vérifier si les effets observés sont réversibles.

Les essais de létalité aiguë par voie orale (DL50) consistent en une seule exposition au produit chimique à l'étude, tandis que l'exposition dans le cadre des essais de létalité aiguë par inhalation (CL50) est de quatre heures. Les études sur la carcinogénicité sont habituellement menée tout au long de la vie des animaux (18 mois pour les souris et les hamsters et 24 mois pour les rats). Si la durée de l'exposition est trop courte, les effets sur une longue période de latence (p. ex. cancer) ne se manifesteront pas.

Dans les essais de létalité aiguë, on observe les animaux durant les 14 jours qui suivent l'exposition. L'inhalation d'un irritant des poumons peut mener à une mort tardive, étant donné que l'affection pulmonaire met un certain temps à se développer. Si la période d'observation dure seulement sept jours, on risque de sous-estimer les effets de l'inhalation du produit chimique.

Lignes directrices

Comment savoir si l'on a un nombre suffisant d'animaux? Quelle est l'espèce la plus appropriée? Quelle durée d'exposition convient le mieux à une étude donnée?

Heureusement, un groupe d'experts internationaux s'est réuni sous les auspices de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) pour répondre à ces questions. Leurs discussions ont mené à l'élaboration d'une série de lignes directrices reconnues à l'échelle internationale relatives au déroulement et à l'évaluation des essais toxicologiques : les « Lignes directrices de l'OCDE pour les essais de produits chimiques – Effets sur la santé ». Pour obtenir de plus amples renseignements sur l'OCDE, y compris la liste complète des lignes directrices, veuillez vous reporter à l'adresse suivante : http://www.oecd.org/fr/securitechimique/essais/.

Attention – si le plan d'une étude que vous examinez n'est pas entièrement conforme aux lignes directrices de l'OCDE, cela ne signifie pas nécessairement que les résultats sont invalides. Au moment d'évaluer la fiabilité et la pertinence générales des observations, il importe de prendre en considération la qualité de la méthodologie et des résultats ainsi que d'autres facteurs tels que le comportement des produits chimiques étroitement apparentés et l'évaluation de toute la documentation existante. Par exemple, si on suit à la lettre les lignes directrices de l'OCDE, il serait erroné de rejeter ou de minimiser les résultats d'une étude toxicologique bien menée sur le développement, mais pour laquelle chaque groupe ne comptait que 17 ou 18 animaux (au lieu des 20 recommandés). Cependant, si une étude toxicologique sur le développement ne fait appel qu'à une seule dose (au lieu de trois) et à seulement huit animaux par groupe, elle ne devrait pas servir à déterminer si un produit chimique est une toxine développementale ou non.

Conclusion

Les études de toxicité animale présentent de nombreux avantages pour l'évaluation des risques présents dans un milieu de travail. Voici les caractéristiques d'une étude rigoureuse :

  • utilisation d'un groupe témoin;
  • utilisation d'un nombre suffisant d'animaux pour mesurer et évaluer statistiquement les réactions mineures;
  • exposition prolongée à un seul produit chimique ou mélange bien défini;
  • corpus important de données comparatives;
  • essais sur les animaux permettant d'anticiper grandement les effets sur les humains.

Les études de toxicité animale comportent toutefois des inconvénients. En effet, peu importe la rigueur de l'étude, il faut toujours extrapoler les observations aux humains. Or, quelques-uns des effets signalés sont propres à des espèces, par exemple, la néphropathie par hyalinisation chez les rats mâles. On utilise souvent dans les expériences sur des animaux des niveaux d'exposition élevés qui pourraient ne jamais exister dans un milieu de travail. Les scénarios d'exposition sont rarement « réels », car les humains ne sont généralement pas exposés à un seul produit chimique six heures par jour, cinq jours par semaine. De plus, une panoplie de facteurs liés au style de vie entrent en jeu, notamment l'alimentation, l'activité physique, le tabagisme et la consommation d'alcool.

Le chapitre 5 du document CHEMINFO explique comment adopter une approche d'évaluation fondée sur des preuves permettant d'évaluer les risques potentiels sur la santé humaine attribuables à l'utilisation d'un produit chimique en milieu de travail.

 

Évaluation de l'information sur les humains

Les données recueillies chez l'humain concernant les effets possibles sur la santé des expositions professionnelles à des produits chimiques sont essentiellement tirées de trois sources : études épidémiologiques, expériences contrôlées chez l'humain et études de cas. À première vue, l'évaluation des données sur les humains peut sembler beaucoup plus facile à faire que l'évaluation des données sur les animaux, car il n'est pas nécessaire de songer à l'extrapolation entre espèces. Toutefois, l'évaluation des données sur les humains est beaucoup plus complexe qu'elle ne le paraît au premier abord. Cet article ne vise pas à fournir une revue complète de tous les facteurs devant être pris en compte, mais plutôt d'expliquer brièvement l'importance de procéder à une évaluation critique des données probantes recueillies chez les humains.

Études épidémiologiques

L'épidémiologie est l'étude de la santé et des maladies au sein de populations humaines. Les études épidémiologiques se penchent sur la relation existant entre des expositions dans des conditions réelles et la santé.

Certaines études épidémiologiques en milieu de travail comparent la fréquence d'apparition de maladies précises ou d'effets sur la santé chez un groupe de travailleurs exposés vs chez un groupe de travailleurs non exposés. Le groupe non exposé est appelé « groupe témoin ». Le groupe exposé et le groupe témoin doivent être les plus similaires possible, sauf en ce qui a trait à leur exposition à un produit chimique. Lorsqu'un épidémiologiste compare des personnes soumises à différents degrés d'exposition, il doit demander si l'exposition au produit chimique X est liée à la survenue de l'effet Y sur la santé (ou à tout autre effet sur la santé).

Une autre méthode consiste à comparer deux groupes les plus similaires possible, sauf en ce qui a trait à la présence ou à l'absence d'une maladie ou d'un trouble précis. Par exemple, l'épidémiologiste peut étudier un groupe de femmes ayant déjà fait des fausses couches, puis évaluer les expositions auxquelles elles ont été soumises pendant leurs grossesses. Lorsqu'un épidémiologiste compare des personnes présentant des différences au niveau de leur état de santé, il doit demander si la survenue de l'effet Y sur la santé est liée à une exposition à un produit chimique particulier ou à une méthode de travail.

Données d'exposition

Bon nombre d'études épidémiologiques sont rétrospectives, c'est-à-dire qu'elles étudient les expositions qui se sont produites de nombreuses années auparavant. Un inconvénient courant des études rétrospectives est que des données d'exposition réelles, notamment la dose ou concentration du produit chimique à laquelle la personne a été exposée et la durée d'exposition, ne sont souvent pas connues avec exactitude ou ne sont pas connues du tout. Les données d'exposition doivent habituellement être reconstruites selon des hypothèses éclairées, les connaissances sur le travail ou la méthode de travail utilisée et/ou des données historiques (qui peuvent être incomplètes).

Force du lien

Les résultats d'études épidémiologiques sont statistiquement analysés pour déterminer s'il existe un lien entre un certain effet sur la santé et l'exposition à un produit chimique ou à groupe de produits chimiques particulier (ou vice versa). Le mot clé à retenir est « lien ». L'épidémiologie révèle si deux facteurs (p. ex. exposition professionnelle au plomb et infertilité) sont interreliés, ou non, de même que la force de cette relation ou de ce lien.

Il peut être très difficile d'interpréter les statistiques mêmes présentées. Par exemple, un rapport de risques (RR) ou un rapport de cotes (RC) bien supérieur à 1,0 ne signifie pas nécessairement qu'une exposition particulière a produit un effet précis sur la santé. Il est essentiel d'avoir une formation spéciale pour comprendre et interpréter les statistiques présentées et pour savoir ce qu'elles signifient (et ne signifient pas). Lorsque très peu de personnes sont recensées au cours d'une étude, il est très difficile d'établir un lien véritable. Plus le nombre de personnes recensées au cours d'une étude est grand, plus il probable qu'un rapport de risque élevé ait une signification importante. Même si les statistiques semblent incontestables et étayer un lien fort, il se peut tout de même que l'incidence accrue d'une maladie soit attribuable au hasard ou à d'autres facteurs, appelés facteurs de confusion.

Facteurs de confusion

Même si le lien entre deux facteurs est très fort, il ne s'agit pas forcément d'un lien causal (p. ex. l'exposition à un produit chimique A cause le cancer des poumons). D'autres raisons valides peuvent expliquer ce lien fort. Par exemple, il existe un lien bien établi entre le tabagisme et le cancer du poumon. Le statut de tabagisme des travailleurs exposés au produit chimique A doit être pris en compte et ajusté à cet égard dans le plan de l'étude. Dans le cas contraire, un lien positif entre l'exposition au produit chimique A et le cancer du poumon pourrait être établi en raison du nombre important de travailleurs qui fument.

Le statut à l'égard du tabagisme est un facteur de confusion assez évident. D'autres facteurs de confusion possibles liés au mode de vie peuvent toutefois être moins évidents, notamment la consommation d'alcool ou la participation à des sports comme la chasse, qui peut donner lieu à une exposition au plomb.

La sélection d'un groupe de comparaison (groupe témoin) approprié est très importante afin de minimiser ou d'éliminer le plus grand nombre de facteurs de confusion possible.

Définition d'un « cas »

Il est important de tenir compte de la méthode utilisée pour déterminer la présence ou l'absence d'une maladie particulière ou d'un effet particulier sur la santé. Une méthode fiable permettant de déterminer si un travailleur est atteint d'une maladie particulière ou ressent un effet sur sa santé est le diagnostic posé par un médecin, surtout lorsque celui-ci repose sur des données tirées de tests diagnostiques spéciaux. Une méthode moins fiable est l'« autodéclaration ». L'autodéclaration signifie que le travailleur (ou parfois un parent survivant ou un collègue) affirme qu'il est ou était atteint de ladite maladie ou qu'il ressent ou ressentait ledit effet sur sa santé, sans que cette affirmation soit appuyée par les données probantes d'un diagnostic médical. Une définition de « cas » plus précise et concrète est préférable.

Résumé

Il est clair que l'épidémiologie est une science très complexe. L'établissement d'un lien de cause à effet manifeste peut prendre plusieurs années et reposer sur de nombreuses études. L'épidémiologie a toutefois permis de détermiiner que le chloroéthène cause une forme rare de cancer du foie (hémangiosarcome) et que l'amiante cause un type de cancer particulier (mésothéliome).

Expériences contrôlées

Les expériences contrôlées sont menées dans un laboratoire, où les sujets volontaires sont exposés à une substance chimique. Les effets possibles sur la santé sont ensuite évalués.

Au cours de ces expériences, les chercheurs maîtrisent parfaitement le plan de l'étude, notamment les niveaux d'exposition, la durée d'exposition, l'exposition à un produit chimique ou à un mélange particulier et la sélection des sujets de l'étude. De plus, les conditions dans lesquelles l'étude est réalisée peuvent être modifiées afin de mettre à l'essai différentes théories ou pour présenter des observations plus précises. Les expériences contrôlées sur les humains sont habituellement de très courte durée (quelques heures ou jours) pour des raisons bien évidentes.

Cependant, très peu d'expériences contrôlées sont menées, en grande partie en raison des questions éthiques liées à l'exposition d'humains à des produits chimiques potentiellement dangereux. En général, les expériences contrôlées nécessitent un très petit nombre de sujets volontaires, et elles ont été menées il y a de nombreuses années. La littérature fait état d'expériences contrôlées historiques au cours desquelles les sujets volontaires (souvent les scientifiques mêmes) étaient exposés à des produits chimiques potentiellement très toxiques. Les effets de ceux-ci sur la santé ont bien été documentés. Plus récemment, les expériences contrôlées ont tendance à étudier des critères d'évaluation « plus sûrs », comme la perception des odeurs, l'irritation sensorielle (irritation des yeux et du nez), et l'absorption d'un produit chimique dans l'organisme, par exemple, par contact cutané.

Études de cas

Les études de cas décrivant les conséquences d'expositions réelles en milieu de travail figurent plus souvent dans la littérature que les résultats des expériences contrôlées.

Les études de cas ont l'« avantage » exclusif de porter sur des expositions « réelles ». Elles ont toutefois tendance à traiter des effets de fortes expositions sur de courtes périodes, comme lors de la libération accidentelle d'un produit chimique.

Les inconvénients des études de cas englobent :

  • Le manque de renseignements concrets sur l'exposition.
  • Les biais de rappel. (Il se peut que la personne exposée ne se souvienne plus de tous les détails de l'exposition ou de tous les effets importants sur sa santé qui devraient être attribuables à l'exposition.)
  • En général, très peu de personnes (souvent une seule personne) y prennent part. Il est difficile d'évaluer l'incidence des troubles préexistants ou les personnes sensibles.
  • Il arrive parfois que la personne ne soit pas exposée à un seul produit chimique, mais plutôt à un mélange de produits chimiques dont les composants spécifiques ne sont pas toujours connus.

Pour ces raisons, les études de cas ont très peu de poids dans le cadre d'une approche véritable fondée sur des données probantes. Toutefois, les études de cas peuvent donner des précisions importantes sur les effets possibles de produits chimiques sur un environnement réel. Les études de cas sont parfois considérées comment des « événements sentinelles » au cours desquels d'importants effets, auparavant inconnus, d'un produit chimique sont découverts. Cette observation entraîne la conduite de recherches plus poussées chez les humains ou les animaux. Les études de cas sont également très importantes pour déceler des effets sur la santé lorsqu'il n'existe aucun modèle animal (p. ex. sensibilisation des voies respiratoires).

Conclusion

Lorsqu'on évalue les données sur les humains tirées d'études épidémiologiques, d'expériences contrôlées et d'études de cas, il est important de tenir compte des facteurs ci-dessous :

  • Force du lien. Par exemple, plus le rapport de risques est élevé, plus l'intervalle de confiance est rapproché. De même, plus le groupe étudié est grand, plus le lien est fort.
  • Logique. L'étude est-elle la seule ayant montré un tel lien? Le lien logique a-t-il été établi dans de nombreuses études par suite d'une exposition au produit chimique dans différentes industries ou situations de travail?
  • Lien temporel approprié. La cause doit précéder l'effet sur la santé. Si la période de latence est connue ou prévue (p. ex. un cancer se développe généralement sur une période de 10 à 20 ans), la période entre l'exposition et l'apparition de l'effet doit être la même que celle prévue (c.-à-d. de 10 à 20 ans, et non pas 6 mois).
  • Gradient biologique ou courbe dose-réponse. Les travailleurs soumis à une plus forte exposition sont-ils plus souvent atteints de la maladie que les travailleurs soumis à une plus faible exposition ou qui ne sont pas exposés?
  • Plausibilité biologique. Les connaissances scientifiques actuelles sur le produit chimique permettent-elles d'étayer le lien? Par exemple, des études sur les animaux révèlent qu'un produit chimique a des effets toxiques sur le foie, et des études épidémiologiques établissent le même lien.
  • Cohérence. La cohérence est l'utilisation de toutes les données disponibles (information sur la toxicité animale, études de cas et épidémiologie) pour déterminer s'il existe ou non un lien véritable entre elles.
  • Spécificité du lien. L'effet observé ne se produit pas (ou se produit rarement) en l'absence de la cause présumée.

Une fois que toutes les données probantes sur l'humain et l'animal sont réunies, évaluées et résumées, la prochaine étape du processus consiste à déterminer si les risques pour la santé posés par le produit chimique satisfont aux critères particuliers de la réglementation selon lesquels un risque doit être « classifiable ».

Au Canada, les critères permettant de déterminer si les risques pour la santé posés par des produits chimiques utilisés au travail sont classifiables figurent dans le Règlement sur les produits contrôlés (RPC). Santé Canada donne des directives sur la façon d'interpréter la réglementation dans son Manuel de référence, lequel est accessible sur Internet. Pour le trouver, entrez les critères de recherche suivants : « Manuel de référence du SIMDUT ».

Les États-Unis ont mis en œuvre le Système général harmonisé de classification et d'étiquetage des produits chimiques (SGH) et l'ont intégré à la norme de l'OSHA sur la communication des risques (le HazCom 2012 de l'OSHA). Le HazCom 2012 de l'OSHA indique les critères de classification des risques pour la santé posés par les produits chimiques utilisés dans des milieux de travail aux États-Unis. De nombreux autres pays ont aussi mis en œuvre le SGH et l'ont intégré à leur réglementation en matière de santé et de sécurité au travail. Des directives sur la façon d'appliquer les critères du SGH liés aux risques pour la santé sont décrites dans le « livre mauve » du SGH, de même que dans la publication de l'European Chemicals Agency (ECHA) « Guide sur l'application des critères CLP ».

 

Pour plus de renseignements sur la base de données CHEMINFO ou tout autre produit offert, visitez le site Web www.cchst.ca ou communiquez avec les services à la clientèle au 1 800 668-4284 ou par courriel à l'adresse suivante : serviceclientele@cchst.ca.

Tableau 1
SOURCES DE RENSEIGNEMENTS TOXICOLOGIQUES EN MILIEU DE TRAVAIL UTILISÉES DANS LES RECHERCHES DE CHEMINFO

BASES DE TYPE RÉPERTOIRE DE PRODUITS CHIMIQUES

CHEMINDEX GRATUIT !

ChemIDplus GRATUIT !

BASES BIBLIOGRAPHIQUES

PubMed GRATUIT !

TOXLINE® GRATUIT !

RESSOURCES D'INFORMATIONS DIRECTES

ATSDR Toxicological Profiles GRATUIT !

Agency for Toxic Substances and Disease Registry (ATSDR) : Public Health Service, U.S. Department of Health and Human Services
URL: http://www.atsdr.cdc.gov/toxprofiles/index.asp

Concise International Chemical Assessment Documents (CICADs) GRATUIT!

Programme international sur la sécurité des substances chimiques (PISC) – Organisation mondiale de la Santé (OMS)
Distribué par : IPCS INCHEM
URL: http://www.inchem.org/pages/cicads.html

ECETOC Monographs and Technical Reports

Centre européen d'écotoxicologie et de toxicologie des produits chimiques (ECETOC).
URL: http://www.ecetoc.org/

ECHA – base de données sur les substances enregistrées GRATUIT !

Monographies – Critères d'hygiène de l'environnement (CHE) GRATUIT !

Programme international sur la sécurité des substances chimiques (PISC) – Organisation mondiale de la santé (OMS)
Distribué par : IPCS INCHEM
URL: http://www.inchem.org/pages/ehc.html

Hazardous Substances Databank (HSDB®)

Monographies du CIRC sur l'évaluation des risques de cancérogénicité chez les humains GRATUIT !

Integrated Risk Information System (IRIS) GRATUIT !

International Uniform Chemical Information Database (IUCLID) GRATUIT !

Patty's Toxicology. 6e édition. Édité par E. Bingham et al., vol. 1-9.

John Wiley and Sons, Inc. 2012.
URL: http://onlinelibrary.wiley.com/book/10.1002/0471125474

Priority Existing Chemical Assessment Reports GRATUIT !

Australian National Industrial Chemicals Notification and Assessment Scheme (NICNAS)
URL: http://www.nicnas.gov.au/Industry/AICS/Search.asp

Registry of Toxic Effects of Chemical Substances (RTECS®)

Risk Assessment Reports (RAR) GRATUIT !

Screening Information Data Sets (SIDS) for High Volume Chemicals GRATUIT !

Partie intégrante du OECD HPV Chemicals Programme, publié dans le cadre du PNUE
URL: http://webnet.oecd.org/hpv/ui/Search.aspx