Nous entendons beaucoup parler de stress, mais qu'est-ce que c'est? Le Dictionnaire de médecine Flammarion décrit le stress ainsi : « mot désignant à la fois toute tension ou agression s'exerçant contre l'organisme, et la réponse ou réaction non-spécifique de l'organisme à cette agression. » En d'autres mots, les stress est le résultat de tout facteur émotif, physique, social, économique ou autre qui exige une réponse ou un changement. Il est généralement admis qu'un peu de stress est acceptable (ce que l'on qualifie de « défi » ou de « stress positif »), mais lorsqu'il survient avec une force que vous ne pouvez maîtriser, il peut se produire des changements à la fois mentaux et physiques.
Le « stress en milieu de travail » consiste alors en des réponses physiques et émotionnelles nuisibles qui peuvent se produire lorsqu'il y a conflit entre les demandes liées au travail de l'employé et le degré de maîtrise dont dispose cet employé pour répondre à ces demandes. En général, la combinaison de demandes élevées dans un emploi et du faible degré de maîtrise sur la situation peut entraîner du stress.
Le stress en milieu de travail peut provenir de bien des sources ou d'un seul événement. Il peut avoir un impact autant sur les employés que sur les employeurs. Comme le souligne l'Association canadienne pour la santé mentale :
« La peur liée à l'excédent de personnel, aux mises à pied en raison d'une économie incertaine et aux demandes accrues d'heures supplémentaires, suite à la réduction des effectifs, agissent comme facteurs d'agression négatifs. Les employés qui sentent la « pression d'exceller » peuvent se retrouver pris dans une spirale infernale d'efforts croissants pour répondre à des attentes élevées sans obtenir une plus grande satisfaction au travail. L'acharnement à donner un rendement à son maximum fait beaucoup de tort, p. ex. l'insatisfaction au travail, le roulement du personnel, la baisse d'efficacité, la maladie et même la mort. L'absentéisme, la maladie, l'alcoolisme, « la politique interne mesquine », les mauvaises décisions ou les décisions en toute hâte, l'indifférence et l'apathie, le manque de motivation ou de créativité sont tous des sous-produits d'un milieu de travail trop stressant. »
(Extrait de l'article « Sources of Workplace Stress ». Association canadienne pour la santé mental. Richmond, Colombie-Britannique)
Il est normal de subir un certain stress. C'est souvent ce qui nous procure l'énergie et la motivation dont nous avons besoin pour relever nos défis quotidiens à la maison et au travail. Ce genre de stress vous aide à surmonter la difficulté et à atteindre vos objectifs dans certaines situations comme les échéances à respecter, la vente, les objectifs de production ou encore la nécessité de trouver de nouveaux clients. Certaines personnes ne considèrent pas cela comme du stress, compte tenu du sentiment de satisfaction et de bonheur d'avoir relevé le défi. Toutefois, comme c'est souvent le cas, trop des stress peut avoir des répercussions négatives. Lorsque le sentiment de satisfaction devient de l'épuisement, de la frustration ou de l'insatisfaction, ou lorsque les défis au travail deviennent trop exigeants, nous commençons à voir les signes négatifs du stress.
En milieu de travail, le stress peut être le résultat d'un bon nombre de situations. En voici quelques exemples :
| Catégories de contraintes professionnelles | Exemples |
|---|---|
| Facteurs uniques à l'emploi |
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| Rôle dans l'organisation |
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| Perfectionnement professionnel |
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| Relations au travail (interpersonnelles) |
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| Structure/climat organisationnel |
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(Adapté de l'article « Occupational Stress Management: Current Status and Future Direction in Trends in Organizational Behavior », L.R. Murph, 1995, Vol 2., pp 1-14)
Oui, le stress peut avoir des répercussions sur votre santé en général. Nos corps sont tels qu'ils sont conçus, pré-programmés si vous préférez, avec des réponses automatiques pour composer avec les situations stressantes. Ce système est très efficace pour les réponses de « combat ou de fuite » à court terme dont nous avons besoin lorsque nous devons affronter un danger immédiat. Le problème c'est que notre corps réagit à tous les types de stress de la même façon. Le fait de subir un stress pendant de longues périodes de temps (comme les faibles contraintes au travail, mais constantes) active ce système, sans qu'il ait la chance d'arrêter. La réponse pré-programmée du corps au stress, ou « réponse au stress généralisé », comprend les éléments suivants :
(Extrait du document « Basic Certification Training Program: Participant's Manual », Droits d'auteur© 2006, de la Commission de la sécurité professionnelle et de l'assurance contre les accidents du travail de l'Ontario)
Heureusement, il y a habituellement des signes précurseurs pour indiquer que vous avez de la difficulté à composer avec des situations stressantes avant que des signes plus graves ne fassent leur apparition. Ces signes sont énumérés ci-dessous.
De nombreux signes et symptômes différents peuvent indiquer si une personne a de la difficulté à faire face au stress qu'elle subit.
Signes physiques : maux de tête, grincement des dents, mâchoire contractée, douleur thoracique, souffle court, battement précipité du coeur, pression artérielle élevée, douleurs musculaires, indigestion, constipation ou diarrhée, transpiration accrue, fatigue, insomnie, maladies fréquentes
Signes psychologiques : anxiété, irritabilité, tristesse, attitude défensive, colère, sautes d'humeur, hypersensibilité, apathie, dépression, processus de réflexion lent ou pensées affolées, état de détresse, de désespoir ou sentiment d'être coincé.
Signes liés au comportement : boulimie ou anorexie, impatience, rapidité à argumenter, renvoi au lendemain, consommation accrue d'alcool ou de drogues, consommation accrue de la cigarette, isolement des autres, négligence des responsabilités, mauvais rendement, mauvaise hygiène personnelle, changement dans les pratiques religieuses, changement dans les relations familiales.
Habituellement, non. Les signes et symptômes de stress ont tendance à passer par plusieurs phases ou étapes. Ces phases peuvent être décrites ainsi :
| Phase | Signes/symptômes | Mesure |
|---|---|---|
| Phase 1 – Avertissement Les premiers signes sont plus souvent de nature affective que physique. Il pourrait s'écouler un an et plus avant d'en prendre conscience. |
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| Phase 2 – Symptômes légers Les signes précurseurs ont progressé et ils sont plus intenses. Entre 6 et 18 mois, des signes physiques peuvent apparaître. |
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| Phase 3 – Stress cumulatif profond Cette phase se produit lorsque les symptômes précédents continuent d'être ignorés. Le stress commence à créer un impact plus profond sur la carrière, la vie familiale et le bien-être personnel. |
| L'aide de professionnels de la santé et de psychologues est grandement recommandée. |
| Phase 4 – Grave/réaction cumulative et affaiblissante au stress Cette phase est souvent considérée autodestructrice. Elle se produit en général après une période de 5 à 10 ans de stress continu. |
| Intervention significative de professionnels. |
(Extrait de l'article « The High Cost of Caring: Coping with Workplace Stress in Sharing ». B.L. Anschuetz, Epilepsy Ontario. Publié le 29 novembre 1999)
Les causes de stress en milieu de travail varient considérablement tout comme varient les stratégies pour les réduire ou les prévenir.
Lorsque le stress en milieu de travail provient, par exemple, d'un agent physique, il vaut mieux le contrôler à la source. Si le milieu de travail est trop bruyant, il faut mettre en œuvre des mesures de contrôle pour enrayer le bruit dès que possible. Si vous ressentez de la douleur à la suite d'efforts répétitifs, il est possible de concevoir des postes de travail pour réduire les mouvements répétitifs et acharnés. Vous pouvez trouver des renseignements et des suggestions détaillés dans les nombreux autres documents Réponses SST (p. ex. sur le bruit, l'ergonomie, la violence en milieu de travail, etc.) ou en vous adressant au Service de renseignements.
La conception des tâches est également un facteur important. Une bonne conception des tâches satisfait les capacités mentales et physiques de l'employé. En général, les lignes directrices suivantes sur la conception des tâches aideront à minimiser ou à faire face au stress en milieu de travail :
Les employeurs doivent évaluer le lieu de travail pour détecter les risques de stress. Être à l'affût des presssions au travail qui pourraient engendrer des niveaux de stress élevés pendant de longues périodes de temps; personnes vulnérables à ces pressions.
Les employeurs peuvent prévenir le stress de nombreuses manières :
À FAIRE
À ÉVITER
Dans bien des cas, la cause du stress ne peut être changée immédiatement. Il est donc essentiel de trouver des moyens de maintenir une bonne santé mentale. Il existe plusieurs moyens d'être proactif pour composer avec des situations stressantes. Au travail, vous pouvez essayer certains des conseils suggérés par l'Association canadienne pour la santé mentale suivants :
« Le rire est l'un des moyens les plus faciles pour diminuer le stress. Partagez une blague avec un collègue, regardez une comédie à la maison avec des amis, lisez des bandes dessinées et essayez de voir l'humour dans les situations.
Apprenez à relaxer, prenez plusieurs respirations profondes durant la journée ou ayez des pauses régulières d'étirement. L'étirement est simple : les exercices peuvent se faire partout et ils ne prennent que quelques secondes.
Prenez en main votre situation en consacrant 10 minutes au début de la journée pour établir les priorités et organiser votre journée. Soyez honnête avec vos collègues, mais soyez constructif et faites des suggestions pratiques. Soyez réaliste par rapport à ce que vous pouvez changer. »
(Extrait de l'article « Sources of Workplace Stress », Association canadienne pour la santé mentale, Richmond, Colombie-Britannique
Oui, il y en a plusieurs. Votre médecin de famille peut souvent vous recommander un professionnel. Parmi les exemples mentionnons, entre autres, le Programme d'aide aux employés (PAE) ou des associations telles l'Association canadienne pour la santé mentale (ACSM) ou le Centre canadien de lutte contre l'alcoolisme et les toxicomanies (CCLAT).
(*Nous avons mentionné ces organismes à titre de référence pratique ultérieure. Communiquez directement avec eux pour obtenir de plus amples renseignements sur leurs services. Prenez note que la mention de ces organismes ne constitue pas une recommandation ou une approbation du CCHST par rapport à d'autres organismes que vous connaissez peut-être.)
| Dix conseils généraux pour la santé mentale | ||
|---|---|---|
| 1. | ayez confiance en vous | déterminez vos points forts et vos points faibles, acceptez-les, tirez-en parti et faites de votre mieux avec ce que vous avez. |
| 2. | mangez bien, gardez la forme | un régime équilibré, des exercices et du repos peuvent vous aider à diminuer le stress et à aimer la vie. |
| 3. | réservez du temps pour les membres de la famille et les amis | nous devons entretenir ces relations; si nous manquons d'égard envers ces personnes, elles ne seront pas là pour partager nos joies et nos peines. |
| 4. | offrez votre aide et acceptez d'en recevoir | les relations avec nos amis et les membres de notre famille sont renforcées lorsqu'elles sont « mises à l'épreuve». |
| 5. | établissez un budget sensé | les problèmes financiers sont une source de stress. Souvent, nous dépensons pour des choses « souhaitées » plutôt que pour des choses « nécessaires ». |
| 6. | faites du bénévolat | participer à des activités communautaires donne souvent un but précis à notre vie, et nous en tirons une satisfaction que le travail rémunéré ne peut apporter. |
| 7. | gérez votre stress | nous avons tous des éléments stressants dans notre vie, mais nous devons apprendre à les surmonter afin de conserver notre santé mentale. |
| 8. | trouvez la force dans le nombre | le fait de partager un problème avec des personnes qui ont vécu des expériences semblables peut vous aider à trouver une solution et à vous sentir moins isolé. |
| 9. | identifiez vos humeurs et faites-leur face | nous avons tous besoin de trouver des façons constructives et sécuritaires d'exprimer notre colère, notre peine, notre joie et notre peur. |
| 10. | soyez en paix avec vous-même | apprenez à vous connaître, à savoir ce qui vous rend vraiment heureux, et trouvez un équilibre entre ce que vous pouvez changer en vous et ce que vous ne pouvez changer. |
(Adapté de l'article Dix conseils pour la santé mentale, Association canadienne pour la santé mentale.
Dernière mise à jour du document le 1 septembre 2008
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