Le rapport sur la santé et la sécuritéVol 24, No. 08

Sujet d'actualité

Selon une nouvelle étude, les adultes ayant un TDAH masquent leurs symptômes, mais cette stratégie a un coût  print this article

Une nouvelle étude de l’Université Simon Fraser montre à quel point il est courant et coûteux pour les adultes ayant un trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH) de dissimuler leurs symptômes afin de s’intégrer sur les plans social et professionnel. 

Qu’est-ce que le masquage? 

Le masquage, également appelé camouflage social, désigne les stratégies que les personnes ayant un TDAH utilisent pour dissimuler les caractéristiques associées à ce trouble ou en compenser les manifestations dans les situations sociales. Ces stratégies consistent notamment à faire semblant d’être attentif, à réprimer l’envie de bouger, à répéter des conversations à l’avance ou à se préparer de façon excessive pour des réunions et des activités sociales. 

Selon Marisa Mylett, auteure principale de l’étude, ces stratégies peuvent aider les personnes à se faire accepter socialement, dans leurs relations ou au travail. Toutefois, cet avantage à court terme laisse souvent les personnes épuisées et moins proches des autres. 

Méthodologie de l’étude 

Les chercheurs ont sondé 202 adultes de la Colombie-Britannique âgés de 16 ans ou plus, chez qui un pédiatre, un médecin, un psychologue ou un psychiatre avait diagnostiqué un TDAH. Les participants ont répondu à un sondage en ligne comportant des questions ouvertes sur les moyens qu’ils employaient pour camoufler les caractéristiques associées au TDAH, et leurs réponses ont été analysées afin d’en dégager les tendances récurrentes. 

L’échantillon était relativement jeune : près de 72 % des participants avaient moins de 35 ans, et environ 71 % d’entre eux s’identifiaient comme des femmes. De nombreux participants ont également déclaré avoir des troubles comme l’anxiété ou la dépression, des facteurs qui, selon les chercheurs, pourraient avoir influé sur la fréquence et l’intensité du camouflage observées dans les données. 

Constatations des chercheurs 

Les résultats étaient frappants : 91,6 % des participants ont déclaré camoufler les caractéristiques de leur TDAH dans une grande variété de contextes et de circonstances, notamment dans les situations sociales, au travail, pendant les entrevues d’emploi, dans les espaces publics, au début de nouvelles relations et même lorsqu’ils étaient seuls. Les chercheurs ont regroupé leurs constatations en trois grandes catégories : les raisons pour lesquelles les personnes masquent leurs symptômes, les façons dont elles s’y prennent et les conséquences de ce masquage. 

Les personnes recouraient au masquage pour paraître « normales », pour être appréciées et prises au sérieux, particulièrement au travail, ou pour éviter les jugements négatifs, le rejet ou la discrimination. Pour beaucoup, le masquage était une stratégie de survie qui leur permettait de se protéger dans un monde qui n’est pas adapté à leur façon naturelle de penser, de bouger ou de communiquer. 

Les méthodes courantes se répartissaient en trois catégories : la suppression ou le masquage, la préparation excessive et le recours à des substances. Certains participants dissimulaient ou masquaient directement les caractéristiques associées au TDAH, par exemple en bougeant discrètement, en se forçant à établir un contact visuel, en imitant la façon de parler et le langage corporel des autres ou en évitant complètement les situations sociales. D’autres réprimaient activement leurs impulsions en résistant à l’envie de parler, d’interrompre les autres ou de bouger. Beaucoup compensaient leurs difficultés en se préparant de façon excessive, en s’appuyant largement sur des agendas et des rappels ou, dans certains cas, en ayant recours à des substances comme le cannabis ou l’alcool pour gérer l’anxiété et la surstimulation dans les situations sociales. 

Bien que le masquage ait parfois aidé les personnes à nouer des relations et à réussir profession de déconnexion avec leur véritable identité nellement, il avait un coût. Les participants ont décrit un profond épuisement, une anxiété et une dépression accrues, ainsi qu’un sentiment grandissant d’être coupés de ce qu’ils étaient vraiment. Certains se demandaient qui ils étaient après avoir passé des années à imiter les autres. De nombreux participants ont également indiqué qu’avec le temps, le masquage se retournait contre eux et aggravait des caractéristiques du TDAH comme l’inattention et les oublis, puisque l’effort nécessaire laissait moins de ressources mentales pour la tâche à accomplir. Plutôt que de réduire la stigmatisation, certains participants estimaient que le camouflage de leurs symptômes ne faisait que la renforcer, puisqu’il gardait le TDAH invisible et rendait plus difficile, pour les autres, de les comprendre ou de tenir compte de leurs besoins. 

Pourquoi c’est important 

Selon Grace Iarocci, coauteure de l’étude et professeure de psychologie, il est essentiel que les cliniciens qui travaillent auprès d’adultes susceptibles d’avoir un TDAH reconnaissent les comportements de camouflage. Selon elle, les personnes ayant un TDAH ne perçoivent pas mal le monde qui les entoure : elles réagissent à de véritables pressions sociales, et le masquage est leur façon d’y faire face. 

L’étude souligne que les éducateurs, les employeurs, les membres de la famille et les amis devraient être attentifs à la façon dont leurs réactions aux caractéristiques neurodivergentes peuvent renforcer les comportements de camouflage et devraient chercher à créer des milieux où divers comportements sociaux et diverses façons d’interagir sont acceptés. En milieu de travail, prendre des mesures pour comprendre les caractéristiques du TDAH chez les adultes peut contribuer à réduire la stigmatisation et à soutenir les travailleurs qui, autrement, pourraient penser devoir recourir au masquage. 

Les chercheurs soulignent également que le caractère généralisé du masquage pourrait expliquer en partie pourquoi le TDAH chez les adultes est si souvent diagnostiqué tardivement ou n’est pas diagnostiqué du tout. Lorsque les symptômes sont bien dissimulés, il est plus difficile pour les cliniciens, les enseignants et même les membres de la famille de les reconnaître et de soutenir les personnes concernées. 

La nécessité d’un changement 

Les constatations témoignent d’un enjeu social plus large. Comme l’explique Marisa Mylett, le fait qu’un si grand nombre d’adultes ayant un TDAH estiment devoir recourir au masquage comme stratégie de survie montre qu’il reste beaucoup à faire pour réduire la stigmatisation et faire évoluer les normes afin de favoriser l’acceptation des travailleurs neurodivergents. 

Les chercheurs font valoir que la responsabilité du changement ne devrait pas reposer exclusivement sur les personnes ayant un TDAH. Ils considèrent plutôt les lieux de travail, les écoles et les cliniques comme des milieux clés où une meilleure connaissance des caractéristiques du TDAH et un soutien accru pourraient réduire la pression qui pousse les personnes à recourir au masquage. 

Ressources  

Balados

Signaux de fumée : Comment la qualité de l’air extérieur nuit à la sécurité au travailprint this article

Balado en vedette : Signaux de fumée : Comment la qualité de l’air extérieur nuit à la sécurité au travail 

Les épisodes de mauvaise qualité de l’air sont en hausse, ce qui nuit à la santé et à la sécurité des personnes travaillant à l’extérieur et à l’intérieur. Avoir un plan clair avant que la fumée ou la poussière ne se répande n’est qu’une des choses que les employeurs peuvent faire pour maintenir les travailleurs en santé. Matea Kokorovic, spécialiste technique principale du CCHST, se joint à nous pour discuter de ce que les employeurs et les travailleurs doivent savoir. 

Écoutez le balado maintenant 

Balado en rappel : « Creating Safe Workplaces for International Workers »  

Les travailleurs étrangers font partie intégrante de l’économie canadienne. Un certain nombre de facteurs comme les barrières linguistiques et les craintes entourant les permis de travail et la sécurité d’emploi les rendent particulièrement vulnérables et peuvent les empêcher de dénoncer des conditions dangereuses. Francy Munoz du programme C.A.R.E. for International Workers (C.A.R.E pour les travailleurs étrangers) discute de moyens d’améliorer la sécurité des travailleurs étrangers en milieu de travail.  

Écoutez le balado maintenant    

Parcourez la liste complète des sujets traités dans les balados. Mieux encore, abonnez-vous sur  YouTube et iTunes afin de ne pas manquer un seul épisode. Écoutez sur Spotify.

Nouvelles du CCHST

Une nouvelle trousse d’outils pour un milieu de travail plus sécuritaire et plus sainprint this article

Vous avez besoin de conseils pratiques pour élaborer et maintenir un programme de santé et de sécurité efficace? Vous cherchez des idées de réunions d’information en santé et sécurité pour sensibiliser les travailleurs aux dangers? Faites passer votre programme de santé et de sécurité au travail au niveau supérieur avec notre nouvelle trousse d’outils sur la santé et la sécurité.

Cette collection de ressources triées sur le volet – dont des guides, des modèles, des réunions d’information en santé et sécurité et des affiches imprimables – vous aidera :

  • à élaborer et à améliorer votre programme de santé et de sécurité;
  • à déterminer les dangers, à évaluer les risques et à mettre en œuvre des mesures de contrôle;
  • à animer des réunions d’information en santé et sécurité efficaces et à promouvoir une culture de sécurité positive.

Toutes les ressources sont accessibles immédiatement, ce qui permet de commencer sans tarder à améliorer la sécurité en milieu de travail.

Commencez dès aujourd’hui à utiliser la trousse d’outils sur la santé et la sécurité.

Législation

Se tenir au courant de la nouvelle législationprint this article

Les lois relatives à la santé et à la sécurité au travail sont en constante évolution. Les faits saillants du mois portent sur les modifications apportées aux lois et aux règlements en Ontario, en Colombie-Britannique, en Nouvelle-Écosse et au Québec.

Ontario

Le Règl. de l’Ont. 113/26 : Contrôle de l’exposition à des agents biologiques ou chimiques (Loi sur la santé et la sécurité au travail) est entré en vigueur le 1er juillet 2026. Les modifications apportées sont les suivantes : ajout d’une définition du terme « CSA » à l’article 1; abrogation et remplacement de la disposition 1 du paragraphe 10(1) concernant les exigences relatives aux appareils de protection respiratoire; et modification de l’alinéa b) du paragraphe 10(3) par remplacement de « N-100, R-100 ou P-100 » par « N100, CA-N100, R100, CA-R100, P100 ou CA-P100 ».

Colombie-Britannique

Entrée en vigueur du Emergency and Disaster Management Regulation (Emergency and Disaster Management Act) : B.C. Reg. 79/2026, Sched. 1 le 11 mai 2026. Les modifications apportées sont les suivantes : ajout du paragraphe 6.1(3); ajout de l’article 7.1 intitulé « Disclosure of personal information » à la Division 1; ajout de la Division 1.1 intitulée « Emergency Management Planning by Provincial Administrator » et de la Division 3 intitulée « Emergency Management Planning by Local Authorities »; et abrogation et remplacement de « Fire Safety Act » dans la colonne 1 du tableau figurant à l’annexe.

Nouvelle–Écosse

Le Air Quality Regulations (Environment Act): N.S. Reg. 95/2026 est entré en vigueur le 1er juin 2026. Les modifications apportées sont les suivantes : ajout de définitions pour les termes « ambient air quality objectives » et « ambient air quality standards » à l’article 2; abrogation du paragraphe 3(2) et son remplacement par les nouveaux paragraphes 3(2), (3) et (4); abrogation de la « Schedule A — Maximum Permissible Ground Level Concentrations » et remplacement de celle-ci par la « Schedule A: Ambient Air Quality Standards »; et ajout de la « Schedule AA: Ambient Air Quality Objectives ».

Québec

Une modification importante a été apportée au Règlement sur la santé et la sécurité au travail dans les mines (Loi sur la santé et la sécurité du travail) (D. 815-2026). Le libellé de plusieurs articles a été modifié, et plusieurs articles ont été ajoutés.

Le saviez-vous? Grâce au tout nouveau Service de législation enviroSST, il est maintenant plus facile et plus rapide de s’y retrouver dans les lois sur la santé, la sécurité et l’environnement. Ce service par abonnement, qui fait l’objet d’une mise à jour quotidienne, vous permet de rester au courant de la législation en matière de santé, de sécurité et d’environnement partout au Canada. Les abonnés reçoivent un résumé mensuel des propositions et abrogations de lois, des amendements et des nouveaux documents.

Bourses d'études

Dernier appel de candidatures pour une bourse d’étudesprint this article

Il s’agit du dernier appel pour présenter une demande de bourse d’études Chad Bradley, qui s’élève à 3 000 $. Mais dépêchez-vous, car le temps est presque écoulé. Présentez votre demande au plus tard le 31 août.  

Si vous êtes une femme inscrite à un programme d’études postsecondaires en santé et sécurité au travail dans un collège ou une université du Canada, cette offre est pour vous.  

Pour en savoir plus sur la bourse et savoir comment présenter une demande : https://www.cchst.ca/scholarships/cbradley

CCHST Forum

D’autres spécialistes de l’industrie se joignent à la programmation du Forumprint this article

La liste des conférenciers du Forum 2026 du CCHST s’allonge. Découvrez de nouvelles voix et apprenez-en plus sur les principaux enjeux liés à la santé et à la sécurité au travail, du 28 au 29 octobre, à St. John’s, Terre-Neuve-et-Labrador. 

Nouveaux conférenciers

  • Table ronde avec Lori LeDrew, directrice générale, Office to Advance Women Apprentices Newfoundland and Labrador, Martha MacDonald, coordonnatrice du leadership, Yukon Women in Trades & Tech (YWITT), et Alison Ng, gestionnaire du programme relatif aux femmes dans les métiers, First Peoples Development Inc. 

Lori, Martha et Alison expriment leurs points de vue sur les problèmes de santé et de sécurité auxquels font face les femmes dans les métiers, discutent de stratégies visant à créer des milieux de travail inclusifs et mettent en lumière ce qu’il reste encore à faire. 

  • Rob Stewart, Conseiller scientifique en chef – Services des connaissances en recherche appliquée, Intactix Systems Inc. 

Rob établit un lien entre les applications concrètes des sciences sociotechniques et la façon dont elles favorisent une responsabilité accrue en vertu du Code criminel, la discipline opérationnelle, l’assurance de la sécurité et l’excellence opérationnelle – avant qu’une tragédie ne se produise. 

  • Paul DemersDirecteur scientifique, Occupational Cancer Research Centre 

Paul aborde les possibilités et les conséquences pour le Canada de la mise à jour des lignes directrices relatives aux statistiques sur la sécurité et la santé au travail de l’Organisation internationale du travail (OIT). Cette mise à jour vise à mieux prendre en compte les maladies professionnelles, les expositions au travail et les risques émergents. 

Pour obtenir de plus amples renseignements, y compris la liste des conférenciers et les sujets abordés jusqu’à maintenant, visitez ce qui suit : www.cchst.ca/forum. 

Dernière parole

Se protéger du soleil au travailprint this article

Saviez-vous qu’environ 1,6 million de travailleurs au Canada sont exposés aux rayons ultraviolets (UV) du soleil? Il s’agit de travailleurs issus d’un large éventail de secteurs – de la construction au tourisme, en passant par l'aménagement paysager et l’accueil.

Une surexposition au soleil peut causer des coups de soleil, un vieillissement prématuré de la peau, le cancer de la peau et des lésions oculaires. Le travail au soleil peut également entraîner des maladies liées à la chaleur, comme une insolation. Ces ressources peuvent vous aider à faire de la sensibilisation et à protéger vos travailleurs des effets nocifs du soleil.

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