Le rapport sur la santé et la sécuritéVol. 24, No. 03

Sujet d'actualité

Soutien aux travailleurs souffrant de lésions cérébrales acquisesprint this article

Lorsque Martina revient au bureau après plusieurs mois d’absence, ses collègues sont heureux de la revoir. Elle se sent revigorée et a hâte de reprendre ses activités habituelles. Sa première journée est plus courte afin de l’aider à s’adapter, mais le lendemain, elle a du mal à se concentrer pendant une réunion d’équipe. Le bruit l’accable et elle oublie d’accomplir une tâche qui lui a été confiée la veille. À la fin de la journée, elle est épuisée.

Martina souffre d’une lésion cérébrale acquise (LCA). Elle souhaite reprendre le travail pour des raisons financières, pour maintenir ses liens sociaux et pour retrouver un sentiment d’identité. Cependant, reprendre reprendre le travail après une lésion cérébrale est un processus de longue haleine qui nécessite de la planification, de la souplesse et un soutien.

Comprendre les causes et les symptômes

Les lésions cérébrales peuvent être d’origine traumatique, comme les commotions cérébrales causées par une chute, une collision ou une agression, ou non traumatique, comme celles causées par une maladie, un accident vasculaire cérébral ou un manque d’oxygène. Si certains symptômes sont visibles, beaucoup ne le sont pas. Les symptômes peuvent varier d’un jour à l’autre et persister pendant de longues périodes. Les travailleurs peuvent ressentir de la fatigue, avoir de la difficulté à se concentrer, souffrir de troubles de la mémoire, de maux de tête, d’une sensibilité sensorielle accrue ou de changements émotionnels. Il est essentiel de repérer rapidement les symptômes de lésion cérébrale et de consulter sans tarder un professionnel de la santé, afin de prévenir toute aggravation, de réduire le risque d’effets à long terme et de permettre un retour au travail progressif et en toute sécurité.     

Obligation de prendre des mesures d’adaptation

Selon la législation canadienne sur les droits de la personne, le handicap (y compris celui résultant d’une lésion cérébrale) est un motif de discrimination illicite. Les employeurs ont l’obligation de prendre des mesures d’adaptation, si cela n’impose pas de contraintes excessives. Prendre des mesures d’adaptation signifie modifier les règles, les politiques, les tâches ou l’environnement de travail afin qu’un employé puisse participer pleinement et de manière non discriminatoire. Chaque cas doit être évalué individuellement.

Les mesures d’adaptation peuvent inclure des horaires flexibles, des pauses supplémentaires, des espaces de travail plus calmes ou un éclairage approprié. Il peut également être bénéfique de diviser les tâches en plus petites étapes, de donner la priorité aux tâches essentielles et de prévoir les tâches exigeant davantage de capacités cognitives pendant les périodes où l’énergie est à son maximum. Discuter régulièrement avec un superviseur permet de cerner rapidement les difficultés, d’éviter les revers et de créer un environnement favorable.

Aider les travailleurs à réussir leur retour au travail

Selon une étude menée par l’Université de Toronto et le KITE – Institut de réadaptation de Toronto, les résultats d’un processus de retour au travail après avoir subi une lésion cérébrale liée au travail dépendent fortement du milieu de travail. L’âge de la personne, son état de santé avant l’incident et ses antécédents professionnels jouent un rôle, mais un retour au travail réussi nécessite un soutien, des mesures d’adaptation et une communication ouverte sur le lieu de travail. De plus, le but ultime n’est pas toujours le retour à temps plein. Pour les employeurs, la question n'est plus de savoir quand un employé pourra reprendre son travail à temps plein, mais plutôt comment favoriser un retour sûr et durable.

Un plan de retour progressif au travail peut prévoir une réduction des heures de travail, une modification des tâches ou un horaire échelonné. Une période d’essai peut donner au travailleur et à l’employeur le temps de voir comment les choses se passent et de s’adapter si nécessaire. Les premières conversations doivent avoir pour objectif de comprendre les capacités fonctionnelles actuelles du travailleur et toute restriction éventuelle. Bien que les employeurs n’aient pas le droit d’obtenir des renseignements médicaux détaillés, il est recommandé de collaborer avec les fournisseurs de soins de santé. Une attestation médicale peut également être exigée avant qu'un travailleur puisse reprendre le travail à temps plein ou effectuer des tâches à haut risque, telles que l'utilisation d'équipements lourds ou le travail en hauteur. Une description claire des exigences du poste peut aider à déterminer les tâches appropriées.

Les travailleurs qui ont subi des lésions cérébrales traumatiques soulignent l’importance de certains facteurs, tels que les relations positives avec les supérieurs et les collègues, les attitudes exemptes de jugement, le sentiment d’appartenance et la reconnaissance de leurs efforts. Lorsqu’ils se sentent compris et en confiance, ils sont plus enclins à parler des difficultés qu’ils rencontrent.

Il est également important de reconnaître que le retour au travail n’affecte pas uniquement les tâches professionnelles. Quitter un environnement contrôlé à la maison et retourner dans un lieu de travail très animé peut avoir un impact significatif sur le niveau d’énergie. Les déplacements domicile-travail, le bruit, les interactions sociales et les contraintes de temps peuvent rapidement accroître la fatigue. Il est essentiel de gérer son énergie et d’établir un emploi du temps réaliste.

Contribuer au renforcement d’une culture de santé et de sécurité

Les employeurs doivent examiner les circonstances entourant la blessure initiale, en particulier si elle s’est produite au travail. Un travailleur ne doit pas reprendre le travail si les risques n’ont pas été éliminés et si des mesures correctives doivent être prises pour éviter que d’autres travailleurs ne se blessent. Il est important de mettre en place des processus permettant d'identifier, d'évaluer et de contrôler régulièrement les risques.

Encourager l’amélioration continue dans le cadre d’une solide culture de santé et de sécurité favorise le retour au travail et contribue à prévenir les incidents. Les travailleurs doivent savoir que leur bien-être passe avant tout.

Lorsque les employeurs planifient soigneusement, communiquent ouvertement et apportent leur soutien, ils améliorent les chances d’un retour au travail durable. Mais surtout, ils contribuent au renforcement d’une culture d’inclusion, de sécurité et de respect, et envoient un message clair aux travailleurs comme Martina : votre contribution compte toujours ici.

Ressources

Conseils et outils

Huit étapes à respecter pour utiliser l’intelligence artificielle en toute sécurité sur votre lieu de travail print this article

L’intelligence artificielle (IA) joue un rôle croissant dans la santé et la sécurité au travail. La robotique alimentée par l’IA peut effectuer des travaux à haut risque. La surveillance en temps réel au moyen de l’IA peut contribuer à une intervention précoce. Les simulations de formation par IA peuvent contribuer à améliorer les compétences en matière de sécurité, et ce, sans risque réel. L’IA générative peut aider à la rédaction des politiques de sécurité. Il est nécessaire de tenir compte des étapes suivantes au moment de l’intégration de l’IA dans un lieu de travail.

  • Comprenez les risques et repérez les dangers. Veillez à ce que l’outil d’IA ne soit pas à l’origine de nouveaux risques. Les outils de gestion du rendement, par exemple, peuvent accélérer le rythme de travail, générant ainsi de la tension physique, du stress ou de l’épuisement professionnel. L’automatisation peut faire naître des sentiments liés à l’insécurité d’emploi, ce qui peut avoir une incidence sur la santé mentale des travailleurs. Une évaluation des risques peut vous aider à mesurer l’influence que l’IA pourrait avoir sur les travailleurs.
  • Tenez compte des dangers. Prenez des mesures pour éliminer les dangers ou réduire les risques en suivant la hiérarchie des mesures de contrôle. Les mesures pourraient inclure l’interdiction ou la limitation de l’utilisation de l’IA pour certaines tâches, la modification des flux de travail et des processus, ainsi que l’amélioration de la formation.
  • Intégrez des politiques et des programmes. Indiquez quels sont les outils d’IA dont l’utilisation est approuvée sur votre lieu de travail, comment ils peuvent être utilisés pour améliorer la santé et la sécurité, et comment ils seront contrôlés. La politique devrait également indiquer comment vous protégerez les renseignements personnels, les données sensibles et la propriété intellectuelle.
  • Incitez les travailleurs à participer. Demandez l’avis de votre équipe avant de choisir de nouveaux outils. Faites participer les travailleurs au processus de conception afin qu’ils contribuent à définir la manière dont l’IA sera utilisée pour améliorer le travail, et non seulement pour accélérer ce travail ou pour en accroître l’efficacité.
  • Offrez de la formation continue. Formez vos travailleurs à l’utilisation appropriée et sûre de l’IA. Il peut s’agir d’une formation à la création de messages-guides précis et à la vérification des sources de renseignements générés par l’IA. Les technologies étant en constante évolution, la formation doit être continue.
  • Examinez attentivement les données générées par l’IA. Veiller à ce que des personnes qualifiées examinent tout contenu généré par l’IA. Les informations doivent être exactes, à jour, adaptées à votre lieu de travail et conformes aux bonnes pratiques et à la législation.
  • Soyez toujours cyberprotégé. Avant d’utiliser un nouvel outil d’IA, consultez des professionnels de la cybersécurité pour remédier aux éventuelles faiblesses de vos systèmes.
  • Continuez à surveiller l’IA. Les conséquences à long terme de l’IA sur la santé et la sécurité ne sont pas entièrement connues. Procédez à des examens réguliers pour vous assurer que les outils fonctionnent comme prévu et ne nuisent pas à la santé physique ou mentale des travailleurs.

Bien que l’IA ne remplace pas le jugement humain, elle peut être un outil précieux pour soutenir la santé et la sécurité dans toute une gamme d’industries lorsqu’elle est mise en œuvre et utilisée de manière appropriée.

Ressources :

Balados

Quatre conseils pour améliorer la sécurité sur le lieu de travail grâce à un langage simpleprint this article

Balado de retour : Quatre conseils pour améliorer la sécurité sur le lieu de travail grâce à un langage simple   

Utilisez-vous du jargon et des acronymes partout dans votre lieu de travail? Adoptez un langage simple pour créer un environnement plus sûr et plus inclusif. Voici quatre conseils pour commencer.

Écoutez le balado maintenant. 

Consultez la liste complète des sujets de balado ou, mieux encore, abonnez-vous à la série sur YouTube, iTunes ou Spotify et ne manquez aucun épisode. 

 

CCHST Forum

Premier aperçu de la liste des conférenciers du Forum du CCHST print this article

Laissez-vous inspirer par les conférenciers experts qui viendront discuter de l’évolution du monde du travail lors du Forum du CCHST, les 28 et 29 octobre à St. John’s, Terre‑Neuve‑et‑Labrador.

Alan Doyle, musicien, acteur et auteur à succès, surtout connu comme chanteur principal du groupe canadien emblématique Great Big Sea, se joindra à nous pour une conférence inoubliable. À travers ses récits captivants et sa musique, Alan nous livrera des leçons de vie essentielles sur la façon de s’ouvrir aux possibilités et d’adopter un état d’esprit axé sur l’excellence.

Mary Ann Baynton, experte en santé et sécurité psychologiques, discutera de ce que signifie pour votre lieu de travail l’évolution des risques psychosociaux, des discussions fondées sur les valeurs jusqu’à la gestion des risques opérationnels.

Janet MacEachern, cheffe de la direction de l’Association des commissions des accidents du travail du Canada (ACATC), examinera les tendances en matière de blessures et les risques émergents dans l’ensemble du Canada. Janet discutera de la manière dont l’évolution des modes de travail et des conditions environnementales peut influencer les tendances en matière de blessures et comment une perspective nationale peut aider à cerner les risques et à favoriser des discussions éclairées sur la prévention.

Inscrivez-vous avant le 26 juin pour économiser 100 $ et réserver votre place.

Restez à l’affût, d’autres conférenciers seront bientôt annoncés. Pour connaître les dernières nouvelles, visitez le site www.cchst.ca/forum

Dernière parole

Jour de deuil national : S’engager à prévenir les blessures et les décès au travailprint this article

Le 28 avril, le Jour de deuil national rend hommage aux personnes qui ont perdu la vie, ont été blessées ou sont devenues malades au travail.

C’est aussi l’occasion de renouveler notre engagement à améliorer la santé et la sécurité dans notre milieu au travail et à prévenir la survenue de blessures, de maladies et de décès au travail.

Le CCHST vous propose des ressources pour souligner le Jour de deuil, notamment des vignettes pour les réseaux sociaux, des balados et des affiches.

Pour en apprendre davantage sur le Jour de deuil national, visitez la page cchst.ca/events/mourning.

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