Le rapport sur la santé et la sécuritéVol 19, No. 07

Sujet d'actualité

La sécurité des serveurs est toujours de saisonprint this article

Alors que le soleil brille encore et que les clients de l’après-midi rentrent chez eux, une équipe de serveurs prépare la terrasse pour les clients du soir et de la fin de soirée. Légèrement incommodée par la chaleur, une serveuse, Chantel, informe son responsable qu’elle prend sa pause bien méritée. Elle s’assied à l’ombre, boit un verre d’eau et remet de la crème solaire. Après une journée fort occupée à la chaleur, une pause assise est bien nécessaire, surtout si l’on considère qu’elle fait deux quarts de travail aujourd’hui.

« Prêt pour la deuxième partie? » demande Carlo, le barman de ce soir.

« Bien sûr que oui », répond-elle, et elle se relève, reposée et prête à se remettre au travail.

Ce scénario n’est qu’un aperçu de la journée ou de la soirée (et parfois des deux) des serveurs. Avec des horaires chargés et des risques pour la sécurité qui vont des risques physiques et ergonomiques, comme le stress thermique, le bruit, les rayons UV, la position debout ou la marche pendant de longues heures, aux risques psychosociaux, comme le stress, les serveurs ont beaucoup à faire. Les employeurs doivent évaluer les dangers auxquels leurs serveurs peuvent être exposés quotidiennement et mettre en place des contrôles pour réduire le risque et protéger la santé et la sécurité de leurs travailleurs.

Au service de la sécurité des travailleurs

Les travailleurs comme Chantel peuvent se retrouver à faire des quarts supplémentaires sous le soleil brûlant ou la soirée étoilée – deux situations qui présentent leurs propres risques. Par exemple, si les employeurs manquent de personnel, les serveurs peuvent être amenés à travailler de plus longues heures ou à faire des quarts de travail doubles, et si le travail se fait à l’extérieur sur des terrasses, il y a d’autres risques à prendre en compte, comme le stress thermique.

  • Le fait de travailler dans des environnements chauds sans prendre de mesures de précaution et de pauses peut entraîner des maladies liées à la chaleur, la déshydratation, des coups de soleil et la fatigue. Les lieux de travail qui obligent le personnel à travailler dans des environnements chauds doivent fournir un accès à l’eau et encourager les pauses dans des zones ombragées et bien ventilées.
  • Il est nécessaire de porter des chaussures adéquates pour éviter tout inconfort ainsi que les glissades et les trébuchements. Les employeurs doivent prendre en compte le choix des chaussures dans le cadre de leur politique en matière d’uniformes et veiller à ce que leurs travailleurs portent des chaussures confortables et antidérapantes.
  • Le travail de soir ou de nuit peut augmenter le risque de violence et de harcèlement, en particulier pour les personnes travaillant seules ou dans un environnement où de l’alcool est servi. Les employeurs doivent évaluer les risques et fournir une formation sur les procédures de travail sûres en cas de travail tard dans la soirée et, dans la mesure du possible, s’assurer que les travailleurs ne sont jamais seuls.

Les employeurs sont tenus de veiller non seulement à la santé et à la sécurité de leurs serveurs, mais aussi à la santé et à la sécurité des clients. Ils doivent former le personnel pour s’assurer que les travailleurs comprennent parfaitement les techniques du métier, comme le fait de ne toucher que le manche des couverts et des ustensiles au moment de mettre la table, et de ne jamais utiliser son tablier pour se sécher les mains. Ce type de formation permet de préserver la santé et la sécurité de tous.

Au fur et à mesure que les entreprises rouvrent leurs portes, il faut veiller à informer le personnel et les clients des mesures supplémentaires prises en raison de la COVID-19, telles que :

  • Garder la plus grande distance possible (au moins deux mètres) avec les autres, y compris les collègues de travail et les clients
  • Garder les interactions aussi courtes que possible
  • Modifier les processus, comme le paiement, pour qu’il soit sans contact
  • Augmenter la fréquence du nettoyage et de la désinfection des surfaces fréquemment touchées comme les tables, les chaises, les poignées, etc.
  • Évaluer la ventilation intérieure et extérieure et s’assurer que toute structure d’ombrage, comme les tentes, est conçue pour permettre à l’air de circuler librement dans l’espace de repas extérieur.

Tolérance zéro pour la violence et le harcèlement

Une politique de prévention de la violence et du harcèlement au travail doit être élaborée par l’employeur avec un membre du comité de santé et de sécurité ou le représentant en santé et sécurité. Cette politique s’applique à la direction, au personnel et à toute personne ayant une relation avec votre entreprise, y compris les vendeurs et les clients. Elle doit définir clairement ce que l’on entend par violence, harcèlement et intimidation au travail, et donner des exemples de comportements et de conditions de travail inacceptables. La politique doit indiquer la position de votre entreprise sur le harcèlement et la violence sur le lieu de travail et la manière dont les travailleurs seront protégés et soutenus après avoir signalé un incident. Elle doit également indiquer que tous les rapports seront examinés en fonction du protocole d’enquête.

Faites connaître votre politique de prévention du harcèlement et de la violence sur le lieu de travail. Pensez à accrocher des affiches indiquant la politique de votre lieu de travail et la tolérance zéro à l’égard des contrevenants sur la terrasse, dans les toilettes, la cuisine, les entrées, etc. Ce visuel, accompagné d’actions concrètes de la part de la direction, témoigne d’un engagement envers la sécurité de vos travailleurs.

La formation des serveurs peut également porter sur des situations telles que la manière de rester en sécurité lorsqu’on travaille seul ou de faire face à un client en colère. Les restaurants peuvent envisager de mettre en place un système de « mot-code » qui permettrait d’alerter les autres employés qu’une aide est nécessaire. En outre, tout le personnel doit connaître les systèmes de communication d’urgence, et tous les téléphones et codes d’accès doivent être maintenus en état de marche.

Établissez des procédures de fermeture sûres. Certaines administrations ont des réglementations précises concernant le travail en solitaire. Une personne est « seule » au travail lorsqu’elle ne peut être vue ou entendue par une autre personne. Les serveurs peuvent travailler seuls s’ils sont la dernière personne du restaurant et qu’ils ferment pour la nuit. Les lieux de travail devraient établir une procédure d’enregistrement ou s’assurer qu’il y a toujours deux personnes pour fermer.

Assurez-vous que le personnel sache comment signaler et corriger les dangers, qu’il s’agisse de sols glissants ou d’une machine cassée, ou encore de signaler des incidents de harcèlement ou de violence.

Le personnel doit pouvoir signaler rapidement et facilement les incidents en toute confiance, sans crainte de représailles. Le personnel doit comprendre les étapes à suivre pour résoudre les incidents et les plaintes, ou enquêter sur ceux-ci, et la direction doit soutenir le processus.

Il incombe à l’employeur de veiller à ce que le personnel soit toujours en sécurité, quels que soient le lieu et le moment où il travaille. Pour les serveurs, cela peut être sur une terrasse, lors d’un événement, dans un bar, en travaillant tôt le matin ou en fermant à la fin de la soirée. Les risques sont nombreux, c’est pourquoi la formation, l’évaluation des risques, les mesures de contrôle et l’engagement en faveur de la sécurité doivent être considérés comme un « plat principal » plutôt que comme un « plat d’accompagnement ». Sur le lieu de travail, la sécurité doit toujours être au menu.

Ressources du Centre canadien d’hygiène et de sécurité au travail :

Conseils et outils

Maintien en bon état du casque de sécurité print this article

L’impact causé par la chute d’objets ou d’outils ou encore le risque de choc découlant de la présence de dangers d’électrocution sont de très bonnes raisons de veiller à ce que votre casque de sécurité soit en bon état.

Certains lieux de travail exigent le port du casque de sécurité pour tous. La classe et le type de protection dépendront de l’évaluation que fait chaque lieu des risques associés aux tâches qui y sont effectuées ainsi que des lois en vigueur dans l’administration. La majorité des lois renvoient à la norme CAN/CSA Z94.1 Casques de sécurité pour l’industrie : tenue en service, sélection, entretien et utilisation pour la conformité des casques. En l’absence d’exigence à cet égard, la norme offre une bonne orientation à suivre.

Les employeurs ont la responsabilité de former et de sensibiliser les travailleurs à la sélection, à l’ajustement, à l’entretien et à l’utilisation appropriés de toute pièce d’équipement de protection individuelle.

Ajustement

Assemblez les pièces du casque de sécurité et ajustez-les conformément aux instructions du fabricant. Le casque est porté adéquatement lorsque l’ajustement du serre-tête est confortable et tient le casque bien en place de sorte qu’il ne risque pas de tomber ou de bouger lorsque vous vous penchez vers l’avant ou que vous tournez la tête. Fixez la doublure, au besoin, à l’intérieur du casque. Le port d’un bandana, d’une visière de soudure ou de tout autre accessoire avec le casque ne doit jamais nuire à l’ajustement de celui-ci.

Nettoyage et entretien

Le nettoyage du casque de sécurité en prolonge la durée de vie et facilite son inspection pour déceler tout dommage. Il ne faut jamais utiliser de produits abrasifs ou à base de pétrole, car ils affaiblissent le plastique. L’idéal est d’utiliser un savon doux et de l’eau chaude et de nettoyer principalement la calotte du casque et la doublure pour en éliminer la sueur et les huiles.  

Quand remplacer son casque

Inspectez la calotte et le dispositif d’amortissement du casque chaque jour avant de le porter pour déceler toute entaille, encoche, rayure ou tout autre signe d’endommagement ou d’usure. Exposée à la chaleur, au soleil ou aux produits chimiques, la calotte peut prendre une apparence crayeuse ou terne ou encore perdre de la flexibilité. Si votre casque montre de tels signes, cessez de l’utiliser et remplacez-le immédiatement. Vous devez également remplacer votre casque en cas d’impact avec un objet, même si aucun dommage n’est apparent sur le casque.

Vérifiez les codes dateurs du fabricant sur la coquille et le dispositif d’amortissement pour vous assurer que la durée de vie utile de votre casque n’est pas dépassée. Pour la coquille, cette durée est généralement de cinq ans, bien qu’elle puisse être moindre en cas d’utilisation intensive. Remplacez le dispositif d’amortissement au moins tous les douze mois.

Le port adéquat d’un casque de sécurité bien entretenu peut vous épargner d’une blessure grave. Vous devriez inspecter votre casque chaque jour, prendre les mesures quotidiennes nécessaires pour le maintenir en bon état, et savoir lorsqu’il est temps de le remplacer.   

Si vous avez des questions propres à votre lieu de travail, appelez sans frais l’Infoligne sécurité du CCHST pour obtenir un service d’aide confidentiel et direct.  

Ressources

Nouvelles sur nos partenariats

Des trousses de tests rapides de dépistage de la COVID-19 offertes aux milieux de travailprint this article

Pour s’assurer que les organisations ont accès rapidement et facilement aux tests rapides de dépistage de la COVID-19, le gouvernement du Canada, certains gouvernements provinciaux et territoriaux, et des partenaires de distribution offrent gratuitement des tests antigéniques rapides que les milieux de travail peuvent utiliser dans le cadre de leurs initiatives de dépistage.

Les personnes qui ont la COVID-19 ne présentent pas toutes des symptômes. En effet, des études indiquent que les personnes asymptomatiques peuvent causer jusqu’à 50 % de la transmission de la COVID-19. Ainsi, les milieux de travail peuvent réduire le risque d’éclosion en dépistant régulièrement leurs employés.

L’utilisation des tests rapides comme outil de dépistage constitue une autre couche de protection contre la COVID-19. Conjugués à d’autres mesures de santé publique, comme le port du masque, l’hygiène des mains, l’éloignement physique, la ventilation adéquate et la vaccination, les tests rapides contribuent à protéger les travailleurs contre le virus.

Le gouvernement du Canada fournit des trousses de tests de dépistage de la COVID-19 directement aux grandes organisations qui souhaitent les utiliser dans le cadre de leurs initiatives de dépistage en milieu de travail. Ces tests rapides sont gratuits, et il est possible d’en faire la demande en ligne.

Les petites et moyennes entreprises et organisations peuvent également obtenir des tests rapides par l’entremise de leur gouvernement provincial ou territorial, de pharmacies et de chambres de commerce. Les organisations sans but lucratif, les organismes de bienfaisance et les organisations communautaires autochtones peuvent communiquer avec la Croix-Rouge canadienne pour obtenir des tests rapides.

Apprenez-en plus sur les tests rapides de dépistage de la COVID-19 en milieu de travail.

Liens

Balados

Rappels en milieu de travail pour prévenir la déshydratationprint this article

Le CCHST diffuse chaque mois de nouveaux balados pour vous permettre de rester informés et au fait des questions de santé, de sécurité et de mieux-être en milieu de travail au Canada.

Balado en vedette : Rappels en milieu de travail pour prévenir la déshydratation

Peu importe la saison ou le type de travail, toute personne qui ne boit pas suffisamment de liquides pour remplacer ce qui est perdu durant la journée peut se déshydrater. Même une légère déshydratation peut entraîner une perte d’énergie, et toute déshydratation sévère constitue une urgence médicale. Apprenez en davantage sur la sécurité des travailleurs, y compris des conseils sur la reconnaissance et la prévention.

La durée du balado est de 7 min 2s.  Écoutez le balado maintenant.

Balado : Protéger les travailleurs qui œuvrent en hauteur

Il va de soi que le travail en hauteur comporte des risques. Chaque année, des travailleurs sont soit blessés, soit tués parce qu’ils sont tombés d’une échelle, d’un échafaudage, d’un toit ou d’un autre point surélevé. Dans cet épisode, le CCHST présente les étapes que les employeurs et les employés devraient suivre afin de réduire au minimum les risques, et ainsi prévenir les chutes et les blessures.

La durée du balado est de 7 min 14s. Écoutez le balado maintenant.

Consultez la liste complète des sujets de balados, ou mieux encore, abonnez-vous à la série sur iTunes ou Spotify afin de ne pas manquer un seul épisode.

Législation

Demeurer au fait des changements législatifsprint this article

Les lois sur la santé et la sécurité au travail sont en constante évolution. Les faits saillants de ce mois-ci comprennent les abrogations et les modifications de la Workers Compensation Act en Colombie‑Britannique, de la Loi sur les accidents du travail au Nouveau-Brunswick, du Règlement sur la santé et la sécurité au travail au Nunavut et de la Loi sur la qualité de l’environnement au Québec.

Colombie-Britannique

Firefighters' Occupational Disease Regulation (Workers Compensation Act), B.C. Reg. 89/2021 : abrogation et remplacement de l’article 2, « Prescribed occupational diseases », et modification des clauses citées aux articles 3 et 4.

Nouveau-Brunswick

Loi sur les accidents du travail, L.N.-B. 2020, ch. 29, art. 118 : abrogation et remplacement de l’article 71 et de l’intertitre qui le précède (nouvel intertitre : « Exercice du privilège en vertu de la Loi sur les recours dans le secteur de la construction »).

Nunavut

Règlement sur la santé et la sécurité au travail (Loi sur la sécurité), R-003-2021 : modification de différents articles dans l’ensemble du texte.

Québec

Loi sur la qualité de l’environnement, L.Q. 2021, ch. 5, et L.Q. 2021, ch. 7 : remplacement du libellé dans différents articles et ajout de plusieurs nouveaux articles.

Pour obtenir plus de renseignements sur les changements récents à la réglementation, le CCHST offre un service d’abonnement payant, Législation enviroSST canadienne plus Standards, qui regroupe en un seul endroit tous les textes législatifs dont vous avez besoin en matière de santé, de sécurité et d’environnement.

Bourses d'études

Dernière chance de présenter une demande de bourse d’études en santé et sécurité print this article

Si vous êtes une femme inscrite à un programme postsecondaire en santé et sécurité au travail, vous pourriez être admissible à la bourse d’études Chad Bradley du CCHST.

Maintenant à sa deuxième année, la bourse de 3 000 $ est ouverte aux femmes inscrites, à temps plein ou partiel, dans un programme collégial ou universitaire au Canada menant à une désignation en santé et sécurité au travail. Vous êtes invitée à présenter une demande en ligne. Vous devrez également soumettre un texte de 500 à 800 mots expliquant pourquoi vous poursuivez des études en santé et sécurité au travail; votre motivation et votre inspiration; ce que vous vous comptez apporter ou comment vous comptez contribuer au domaine ou aux pratiques de travail sécuritaires, en plus de toute réalisation ou activité qui témoigne de votre engagement et de votre participation à l’égard de votre communauté, de votre lieu de travail ou de votre école.

Le Conseil des gouverneurs du CCHST a créé la bourse d’études pour rendre hommage à l’ancienne gouverneure Catherine (Chad) Bradley et à ses efforts en tant que chef de file en santé et sécurité. La bourse d’études vise à inspirer et à encourager les femmes à l’échelle du Canada à faire carrière dans le domaine de la santé et sécurité au travail qui est dominé par les hommes.

La date limite de présentation d’une demande pour la bourse d’études Chad Bradley est le 31 août 2021, à 23 h 59, HAE, et les gagnantes seront annoncées à l’automne 2021. 

Pour en savoir davantage sur Chad Bradley et obtenir toute l’information sur la bourse d’études et sur la façon de présenter une demande, accédez au site www.cchst.ca/scholarships.

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