L’approche Une seule santé
Sur cette page
- Qu’est-ce que l’approche Une seule santé?
- L’approche Une seule santé est-elle un nouveau concept?
- Quel est un exemple de la façon dont l’approche Une seule santé peut aider à cerner les enjeux qui touchent les milieux de travail?
- Pourquoi l’approche Une seule santé est-elle importante pour les milieux de travail?
- Quels sont les autres enjeux auxquels l’approche Une seule santé peut contribuer?
- Quel est le lien entre la santé mentale et l’approche Une seule santé?
- Où peut-on obtenir de plus amples renseignements?
Qu’est-ce que l’approche Une seule santé?
Haut de la pageUne seule santé est une approche qui reconnaît les liens entre la santé des personnes, des animaux (domestiques et sauvages), des plantes et de l’environnement. Cette approche rassemble des experts de différents secteurs, disciplines et collectivités aux échelles locale, régionale, nationale et mondiale. L’objectif de l’approche Une seule santé est d’améliorer la santé des personnes, des animaux et de l’environnement. Cette approche est importante pour prévenir, prévoir, détecter et gérer des enjeux mondiaux, comme les changements climatiques, les maladies zoonotiques (maladies qui se transmettent entre les animaux et les humains) et les pandémies.
L’approche Une seule santé est-elle un nouveau concept?
Haut de la pageL’idée d’Une seule santé n’est pas nouvelle. Voici quelques jalons importants de son histoire :
• Début du 19e siècle – Le lien entre la santé animale et la santé humaine est reconnu.
• 20e siècle – Le concept d’« une seule médecine » est introduit, et l’idée d’une collaboration entre les professionnels de la santé vétérinaire et de la santé humaine pour prévenir les maladies zoonotiques est proposée.
• 2008 – L’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) et d’autres organisations internationales élaborent le cadre « Contributing to One World, One Health™ » en réponse aux maladies infectieuses émergentes et réémergentes.
• 2012 – Le premier sommet Une seule santé a lieu en Suisse.
• Aujourd’hui – L’approche Une seule santé est utilisée par des organisations comme l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC), l’OMS et les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) afin de traiter les risques communs pour la santé des personnes, des animaux et de l’environnement.
Quel est un exemple de la façon dont l’approche Une seule santé peut aider à cerner les enjeux qui touchent les milieux de travail?
Haut de la pageLa réponse aux éclosions de grippe aviaire A(H5N1) est un exemple de l’approche Une seule santé en action. La grippe aviaire A(H5N1) se propage généralement chez les oiseaux aquatiques sauvages, mais elle peut parfois être transmise aux humains, notamment aux travailleurs des élevages de volaille et des usines de transformation laitière.
La gestion des éclosions nécessite notamment les mesures suivantes :
• surveiller la santé des animaux afin de détecter rapidement les infections,
• mettre en œuvre des mesures de biosécurité pour prévenir la propagation des maladies, comme isoler les animaux malades et entreposer la litière dans une zone désignée,
• utiliser des mesures de contrôle, comme la ventilation, des pratiques de travail sécuritaires et de l’équipement de protection individuelle, et
• collaborer avec des spécialistes de la santé animale, des responsables de la santé publique et des organismes environnementaux.
Pourquoi l’approche Une seule santé est-elle importante pour les milieux de travail?
Haut de la pageLes interactions entre les personnes, les animaux et l’environnement augmentent pour de nombreuses raisons, notamment :
• l’augmentation des déplacements des personnes, des animaux et des marchandises,
• les changements climatiques,
• l’agriculture intensive, et
• la perte d’habitats.
Des dangers qui, traditionnellement, n’étaient pas considérés comme des risques en milieu de travail, comme les virus émergents, deviennent maintenant plus pertinents.
L’approche Une seule santé peut être intégrée aux processus existants de santé et de sécurité de votre milieu de travail, comme l’identification des dangers, l’évaluation des risques et la mise en œuvre de mesures de contrôle, afin de reconnaître la façon dont la santé des travailleurs peut être touchée par les interactions avec les animaux et l’environnement.
Les exemples suivants montrent comment les éléments d’un programme de santé et de sécurité peuvent être adaptés afin de protéger les travailleurs :
Comité ou représentant de santé et de sécurité – Faire participer les comités de santé et de sécurité ou les représentants et solliciter leur avis. Les encourager à fournir de la rétroaction afin d’améliorer les procédures du milieu de travail liées aux enjeux de l’approche Une seule santé.
Formation et éducation – Former les travailleurs sur les menaces pertinentes liées à l’approche Une seule santé et sur la façon d’effectuer leur travail en toute sécurité.
Inspections du milieu de travail – Mettre à jour les inspections du milieu de travail, au besoin. Par exemple, votre liste de vérification peut comprendre la vérification et l’élimination régulière des sources d’eau stagnante afin de réduire l’exposition aux moustiques.
Identification, évaluation et maîtrise des dangers – Effectuer des évaluations des risques afin de déterminer les dangers et les mesures de contrôle associés aux dangers biologiques (comme les bactéries, les virus et les champignons), chimiques (comme les médicaments antiviraux) et environnementaux (comme les phénomènes météorologiques extrêmes). Utiliser ces évaluations des risques afin de mettre en œuvre des mesures de contrôle efficaces adaptées à votre milieu de travail. Examiner régulièrement les dangers présents dans le milieu de travail et vos évaluations des risques afin de vous assurer qu’aucun danger n’est négligé.
Planification des mesures d’urgence – Élaborer des plans d’intervention d’urgence qui tiennent compte de diverses situations d’urgence possibles, notamment les pandémies, les éclosions de maladies zoonotiques et les phénomènes liés au climat.
Promotion de la santé et de la sécurité – Fournir des ressources en santé mentale, notamment l’accès à un programme d’aide aux employés (PAE), s’il est offert, aux travailleurs qui sont malades. Le fait de contracter une maladie zoonotique peut avoir des répercussions sur la santé d’un travailleur, notamment des symptômes physiques et psychologiques comme une augmentation du stress, de l’anxiété et de la dépression.
Une autre façon d’intégrer l’approche Une seule santé dans votre milieu de travail consiste à collaborer avec d’autres secteurs, disciplines et collectivités. Les milieux de travail peuvent le faire en communiquant avec des organismes externes, comme des organismes environnementaux, des autorités de santé publique et des fournisseurs de soins de santé, afin d’obtenir de l’information et du soutien.
Quels sont les autres enjeux auxquels l’approche Une seule santé peut contribuer?
Haut de la pageL’approche Une seule santé aide à traiter toute menace commune aux personnes, aux animaux et à l’environnement. Voici quelques-unes de ces menaces :
Maladies transmises par les moustiques et les tiques, comme la maladie de Lyme et le virus du Nil occidental, qui sont en augmentation en raison de la hausse des températures et de l’expansion des habitats des moustiques et des tiques.
Maladies chez les animaux utilisés pour la production alimentaire humaine, comme la volaille, les bovins et les porcs, qui sont en augmentation en raison de facteurs comme la croissance des populations d’animaux destinés à l’alimentation et les exploitations d’élevage intensif. Des maladies comme la grippe aviaire A(H5N1) peuvent se propager rapidement parmi les volailles domestiques et les bovins laitiers, menaçant ainsi la santé des travailleurs et des animaux, tout en ayant des répercussions négatives sur la sécurité alimentaire.
Maladies zoonotiques associées aux animaux sauvages dont la fréquence et la gravité ont considérablement augmenté au fil du temps, ce qui expose les travailleurs à des risques, particulièrement ceux qui travaillent à l’extérieur avec des animaux sauvages ou à proximité de ceux-ci. L’empiétement sur les habitats fauniques et leur destruction, ainsi que l’augmentation des déplacements humains, comptent parmi les raisons de cette hausse.
Maladies chez les animaux de compagnie qui peuvent présenter un risque pour les travailleurs, notamment les employés des refuges pour animaux, les promeneurs de chiens, les toiletteurs et les travailleurs des cliniques vétérinaires. Le travail avec des chats et des chiens ou à proximité de ceux-ci peut entraîner la transmission à l’humain de maladies comme la salmonellose, la toxoplasmose et la rage.
Risques liés à la salubrité des aliments, notamment les bactéries, les virus, les parasites, les métaux, les pesticides et les corps étrangers qui entrent dans la chaîne alimentaire et exposent les travailleurs ou le public à Salmonella, Listeria et E. coli. Les changements climatiques, les pratiques agricoles non sécuritaires et les mauvaises pratiques d’assainissement peuvent accroître ce risque.
Pollution de l’eau, y compris les proliférations d’algues nuisibles, qui peut entraîner une accumulation soudaine de microalgues pouvant provoquer des maladies chez les travailleurs et les animaux. Les proliférations d’algues nuisibles sont attribuables à la pollution des eaux par les nutriments, au réchauffement de l’eau et aux conditions d’eau stagnante. L’exposition peut se produire par :
• contact direct avec l’eau,
• inhalation de gouttelettes d’eau, de brouillard ou d’embruns marins, ou
• ingestion d’eau ou d’aliments contaminés.
Les travailleurs qui passent du temps dans l’eau ou à proximité d’une eau touchée par une prolifération d’algues nuisibles, comme les lacs, les rivières ou les océans, sont les plus à risque d’exposition.
Résistance aux antimicrobiens, qui se produit lorsque les médicaments utilisés pour traiter les maladies causées par des agents pathogènes (bactéries, virus, champignons ou parasites) deviennent moins efficaces ou complètement inefficaces. L’utilisation inadéquate de médicaments antimicrobiens chez les animaux destinés à l’alimentation (comme la volaille) et les rejets non contrôlés de déchets comptent parmi les facteurs pouvant entraîner l’apparition d’agents pathogènes résistants aux antimicrobiens. Les agriculteurs, les travailleurs des usines de transformation de la viande et les travailleurs de la santé sont des exemples de professions à risque d’exposition à des agents pathogènes résistants aux antimicrobiens.
Changements climatiques, qui peuvent aggraver certains enjeux, comme la pollution de l’eau et les maladies zoonotiques. Les changements climatiques peuvent également avoir des répercussions directes sur les travailleurs et les ressources naturelles, puisqu’ils peuvent entraîner une exposition accrue à des phénomènes météorologiques extrêmes, comme des tempêtes violentes, la chaleur et le froid extrêmes, ainsi qu’une exposition accrue à la pollution atmosphérique découlant de catastrophes naturelles comme les feux de végétation. Les changements climatiques peuvent également entraîner une perte de ressources naturelles ou de cultures en raison de changements dans les niveaux de précipitations, ou de variations de la température de l’eau qui touchent les poissons ou d’autres espèces marines élevées ou pêchées. Pour obtenir de plus amples renseignements sur les changements climatiques et leurs répercussions sur les milieux de travail, veuillez consulter notre publication gratuite Changements climatiques : répercussions sur le milieu de travail.
Quel est le lien entre la santé mentale et l’approche Une seule santé?
Haut de la pageLa santé mentale est influencée par de nombreux facteurs, notamment la santé au travail, la santé biologique et la santé environnementale. Les menaces pour la santé humaine, animale et environnementale augmentent, et les connaissances sur le lien entre ces menaces et le bien-être psychologique sont encore limitées, mais elles progressent.
Il est complexe de mesurer les résultats en matière de santé mentale liés aux menaces environnementales, et il existe actuellement peu de documentation sur le sujet. Certaines études ont montré que des facteurs de stress environnementaux, comme la pollution atmosphérique et les changements climatiques, sont associés à des effets négatifs sur la santé mentale, notamment :
• Anxiété
• Dépression
• Traumatisme
• Isolement social
Les milieux de travail devraient accorder aux risques psychologiques liés à l’approche Une seule santé la même priorité et la même attention qu’aux dangers pouvant causer des dommages physiques.
Où peut-on obtenir de plus amples renseignements?
Haut de la pageDe plus amples renseignements sont disponibles auprès des sources suivantes :
• Une seule santé – Santé Canada
• Une seule santé – Organisation mondiale de la Santé
• À propos de l’approche Une seule santé – Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis
• Une seule santé – Australian Centre for Disease Control
(*Nous mentionnons ces organismes à titre de sources de référence potentiellement utiles. Vous devez communiquer directement avec les organismes pour obtenir de plus amples renseignements sur leurs services. Veuillez noter que la mention de ces organismes ne constitue pas une recommandation ni une approbation de la part du CCHST en faveur de ces organismes par rapport à d’autres dont vous pourriez avoir connaissance.)
- Date de la première publication de la fiche d’information : 2026-08-21
- Date de la dernière modification de la fiche d’information : 2026-08-21